Tunisie: le syndicat UGTT appelle à un dialogue de la «dernière chance»

Le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, prononce un discours le 19 février 2021 à Tunis, en Tunisie. (AFP).
Le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, prononce un discours le 19 février 2021 à Tunis, en Tunisie. (AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 01 mai 2022

Tunisie: le syndicat UGTT appelle à un dialogue de la «dernière chance»

  • À l'occasion du 1er mai, la fête du Travail, le chef de l'UGTT, Noureddine Taboubi a tiré la sonnette d'alarme face au risque de «démantèlement de l'Etat et (d')un effondrement financier et économique»
  • Le secrétaire général de l'UGTT a appelé M. Saied «à superviser» ce dialogue auquel doivent participer «tous les partis politiques», selon le leader syndical

TUNIS : La puissante centrale syndicale tunisienne UGTT a appelé dimanche le président Kais Saied à lancer un dialogue national, probablement de la "dernière chance", pour sortir de la crise socio-économique et politique qui secoue le pays.

Dans un discours prononcé à l'occasion du 1er mai, la fête du Travail, le chef de l'UGTT, Noureddine Taboubi a tiré la sonnette d'alarme face au risque de "démantèlement de l'Etat et (d')un effondrement financier et économique" du fait de la crise dans laquelle est plongée la Tunisie.

D'où, selon M. Taboubi, "la nécessité de lancer un dialogue national sincère et profond qui traite tous les éléments de la crise (...) et serait une chance, peut-être la dernière, pour rassembler toutes les forces nationales".

Le secrétaire général de l'UGTT a appelé M. Saied, qui s'est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021, "à superviser" ce dialogue auquel doivent participer "tous les partis politiques", selon le leader syndical.

Un tel dialogue est "le seul choix pour les Tunisiens quels que soient les divergences et les désaccords", a affirmé M. Taboubi, en apportant son soutien au coup de force de M. Saied, qui a permis, selon lui, de "rompre avec une décennie d'échec politique".

M. Taboubi a cependant regretté une position "hésitante et pas claire" du président Saied, qui a donné la priorité à une consultation populaire en ligne entre janvier et mars plutôt qu'à un dialogue national.

La consultation, largement boudée par l'électorat, doit servir de base à un référendum prévu le 25 juillet pour amender la Constitution, avant des législatives en décembre.

Depuis l'été 2021, la Tunisie est divisée en deux clans: celui du président --qui conserve un soutien solide dans l'opinion publique-- et ses opposants qui sont parvenus à rassembler jusqu'à 6 ou 7.000 manifestants à l'automne dernier contre ce qu'ils ont qualifié de "coup d'Etat" et de "dérive" vers une nouvelle dictature dans la seule démocratie du monde arabe.

Fin avril, des associations et des partis opposés à M. Saied, dont le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, ont créé une coalition sous l'égide d'une figure de gauche, Ahmed Nejib Chebbi, 78 ans, avec l'ambition d'attirer d'autres formations et personnalités "influentes" pour "sauver le pays".

Outre l'impasse politique, la Tunisie connait une profonde crise socio-économique et est en pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un nouveau prêt.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Short Url
  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.