Frankly Speaking: «Les Saoudiens se sentent trahis par les États-Unis», affirme le prince Turki al-Faisal

Le prince Turki al-Faisal, l’ancien chef de la Direction générale du renseignement de l’Arabie saoudite,  sur Frankly Speaking. (Photo, AN)
Le prince Turki al-Faisal, l’ancien chef de la Direction générale du renseignement de l’Arabie saoudite, sur Frankly Speaking. (Photo, AN)
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Publié le Lundi 02 mai 2022

Frankly Speaking: «Les Saoudiens se sentent trahis par les États-Unis», affirme le prince Turki al-Faisal

Le prince Turki al-Faisal, l’ancien chef de la Direction générale du renseignement de l’Arabie saoudite,  sur Frankly Speaking. (Photo, AN)
  • Le prince Turki impute la pénurie d’énergie aux États-Unis à la politique du président Biden et déclare que les Saoudiens veulent seulement servir de médiateur dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine
  • Il estime que la relation entre l’Arabie saoudite et la Turquie « devrait être l’une des meilleures en termes d’avantages pour les deux pays », que ce soit pour le commerce ou les investissements transfrontaliers

DJEDDAH : Les Saoudiens se sentent abandonnés à un moment où ils pensent que les États-Unis et l’Arabie saoudite doivent faire face ensemble aux menaces qui pèsent sur la stabilité et la sécurité de la région du Golfe, déclare à Arab News le prince Turki al-Faisal, ancien chef de la Direction générale du renseignement saoudien et ancien ambassadeur du Royaume à Londres et à Washington.

Il définit ces menaces comme étant l’influence iranienne au Yémen et leur utilisation des Houthis comme outil « non seulement pour déstabiliser l'Arabie saoudite mais aussi pour compromettre la sécurité et la stabilité des voies maritimes internationales » le long de la mer Rouge, du Golfe et de la mer d’Arabie.

« Le fait que le président Biden ait retiré les Houthis de la liste des terroristes a enhardi les Houthis et les a rendus encore plus agressifs dans leurs attaques contre l’Arabie saoudite et contre les Émirats arabes unis (EAU) », explique le prince Turki à Katie Jensen, nouvelle présentatrice de l’émission Frankly Speaking d’Arab News. Il faisait allusion à la révocation par la nouvelle administration démocrate, le 12 février 2021, de la désignation de la milice soutenue par l’Iran comme organisation terroriste étrangère.

Frankly Speaking présente des entretiens avec des décideurs politiques et des chefs d’entreprise de premier plan, plongeant au cœur des plus grands titres de l’actualité au Moyen-Orient et dans le monde. Lors de son apparition dans l’émission, le prince Turki donne son avis sur les relations saoudo-américaines, la guerre entre la Russie et l’Ukraine et la dynamique toujours changeante de la géopolitique du Moyen-Orient à l’heure de la hausse des prix du pétrole et des tensions diplomatiques.

« Nous avons toujours considéré notre relation avec les États-Unis comme étant stratégique », répond-il à la question de savoir si de nombreux Saoudiens ont le sentiment d’avoir été trahis par l’un de leurs plus proches alliés.

« Nous avons eu des hauts et des bas au fil des ans et peut-être qu’en ce moment, c’est plutôt un bas, en particulier depuis que le président des États-Unis a déclaré, lors de sa campagne électorale, qu'il ferait de l'Arabie saoudite un paria. Bien sûr, il a mis en pratique ce qu’il prêchait : tout d’abord, en arrêtant les opérations conjointes entre les États-Unis et le Royaume visant à faire face à la rébellion menée par les Houthis au Yémen contre le peuple yéménite. Ensuite, parmi d’autres actions similaires, en refusant de rencontrer le prince héritier saoudien et en déclarant publiquement qu’il ne le rencontrerait pas et, à un moment donné, en retirant les batteries de missiles anti-aériens du Royaume alors que nous étions confrontés à une augmentation des attaques par les Houthis qui utilisaient du matériel iranien comme des missiles et des drones. »

Soulignant que l’Arabie saoudite « appelle, depuis le début du conflit au Yémen, à une solution pacifique », le prince Turki indique : « Malheureusement, les Houthis n’ont jamais répondu à cet appel, l’ont simplement ignoré ou s’y sont opposés. Comme nous pouvons le voir maintenant, un soi-disant cessez-le-feu a été instauré par l’ONU, mais les Houthis continuent à enfreindre ce cessez-le-feu et à en profiter pour repositionner leurs forces et les renforcer. »

« Donc, en gros, c’est ainsi que la situation en est arrivée à ce stade », poursuit-il, faisant référence à l’état actuel des relations saoudo-américaines. « J’espère que nous nous en remettrons comme nous nous sommes remis de tant d’autres obstacles dans nos relations. »

À première vue, Washington semble tout à fait désireux de maintenir ouverts ses canaux de communication avec Riyad, avec des appels téléphoniques et des visites de responsables, mais, selon le prince Turki, « il ne faut pas se fier qu’à une seule chose. »

« C’est le ton général de l’atmosphère qui compte, et les États-Unis, par exemple, ont affirmé, ou plutôt les responsables américains ont affirmé qu’ils soutenaient l’Arabie saoudite et qu’ils l’aideront à se défendre contre les agressions extérieures, entre autres. Nous sommes reconnaissants pour ces déclarations, mais nous devons voir davantage en termes de relations entre les dirigeants des deux pays. »

Il rejette l’affirmation selon laquelle l'Arabie saoudite n'a pas réagi à la question des problèmes pétroliers auxquels Washington est confronté, la contrant avec l’argument que les États-Unis eux-mêmes « sont responsables de l’état dans lequel ils se trouvent en raison de leur politique énergétique. »

« Le président Biden a fait en sorte que le gouvernement américain ait pour politique de couper tous les liens avec ce qu’on appelle l’industrie pétrolière et gazière. Il a réduit la production de pétrole et de gaz aux États-Unis et, comme nous le savons, les États-Unis ont été ces dernières années le plus grand producteur de ces deux sources d’énergie », ajoute le prince Turki.

Pourtant, précise-t-il, leur réduction a contribué à faire remonter les prix du pétrole et à créer l’Opep+ après le début de la pandémie de Covid-19. Il s’agissait d’un « accord pour réduire la production afin de stabiliser les prix, dans l’intérêt de tout le monde et de la stabilité des prix du pétrole. »

Le prince Turki insiste sur le fait que l’Arabie saoudite ne veut pas être « un instrument ou une raison de l’instabilité des prix du pétrole», indiquant que des actions comme l’embargo de 1973 appartiennent au passé.

« C'est pourquoi le Royaume, les autres membres de l’Opep et les membres de l’Opep+ s’en tiennent aux quotas de production qu’ils se sont fixés. J’ai lu que la récente décision de l’Opep+ d’augmenter progressivement la production de pétrole tant que l’accord est en vigueur est une réponse aux difficultés actuelles rencontrées dans le secteur de l’énergie. Un autre facteur qui s’ajoute à tout cela est bien sûr la question de la sécurité, les taux d’assurance élevés qui résultent de la guerre en Ukraine, ainsi que les restrictions et les sanctions européennes et américaines imposées à l’industrie pétrolière russe. Tous ces éléments ont contribué à la hausse des prix du pétrole. »

À cet égard, le prince Turki exprime par ailleurs son vif mécontentement à l’égard des commentaires formulés par Hillary Clinton, l’ancienne secrétaire d’État américaine, dans l’émission « Meet the Press » de la chaîne NBC, en faveur d’une approche «de la carotte et du bâton » visant à forcer l’Arabie saoudite à accroître sa production de pétrole afin de réduire les prix durant cette période qu’elle a qualifiée de « crise existentielle ».

Réitérant qu’il ne pouvait pas parler au nom de tous les Saoudiens, le prince Turki lance : « Nous ne sommes pas des écoliers que l’on traite avec une carotte et un bâton. Nous sommes un pays souverain et lorsque nous sommes traités de manière juste et équitable, nous répondons de la même manière. Il est donc regrettable que de telles déclarations soient faites par des politiciens, où qu’ils soient. Tout ce que je peux dire, c’est que j’espère que les relations entre le Royaume et les États-Unis ne s’articuleront pas autour de ce principe ou ne seront pas fondées sur celui-ci. »

De même, le prince Turki rejette l’accusation selon laquelle Riyad a choisi de se ranger du côté de Moscou dans le conflit ukrainien, notant que « Le Royaume a publiquement déclaré et voté à l’Assemblée générale de l’ONU en faveur de la condamnation de l’agression contre l’Ukraine. Cette résolution a été adoptée par l’Assemblée générale. »

Rappelant que le Royaume a proposé de servir de médiateur entre la Russie et l’Ukraine, il souligne : « En tant que médiateur, il devra maintenir un certain lien et être capable de parler aux deux parties. Voilà donc la position du Royaume et sa façon de traiter de la question de l’Ukraine. Nous entretenons de bonnes relations avec les deux pays depuis des années, et en général, comme je l’ai mentionné, le Royaume est contre l’agression en Ukraine. Mais aussi, plus récemment, le Royaume a contribué au fonds qui a été établi par l’ONU pour fournir un soutien aux réfugiés ukrainiens en Europe. Voilà donc la position du Royaume. »

Il décrit l’offre de médiation saoudienne comme « l’offre d’un ami à des amis — l’Ukraine et la Russie — avec lesquels nous entretenons d’excellentes relations depuis quelque temps. »

Passant à ce qu’il considère comme une hypocrisie internationale exposée par le conflit russo-ukrainien, le prince Turki estime que cela a été prouvé « par la façon dont les réfugiés d’Ukraine sont décrits en termes de civilisation comme faisant partie de l’Occident et de l’Europe, comme si les autres réfugiés du Moyen-Orient ou d’autres parties du monde n’étaient pas aussi humains que les Ukrainiens. C’est une des différences dans la manière dont les médias occidentaux dépeignent la question des réfugiés. »

« Un autre exemple d’hypocrisie est le fait que l’ONU ait imposé des sanctions à la Russie pour avoir envahi l’Ukraine, mais qu’aucune sanction n’ait été imposée à Israël lorsqu’il a envahi les pays arabes il y a quelques années. Ce sont les deux poids deux mesures et les injustices qui, selon moi, ont eu lieu au fil des ans. »

Sur la question de savoir si Israël doit être traité sur un pied d’égalité avec la Russie en matière de sanctions, le prince Turki ne mâche pas ses mots. « Absolument. Je ne vois pas quelle est la différence entre les deux », répond-il. « Une agression est une agression, qu’elle soit commise par la Russie ou par Israël. »

En outre, le prince Turki remet en question la théorie selon laquelle la normalisation des relations avec Israël — la voie empruntée par un plusieurs pays arabes, dont l’Égypte, la Jordanie, les EAU et Bahreïn — pourrait être une politique plus productive. « Je n’en ai pas vu la preuve », dit-il. « Le peuple palestinien est toujours sous occupation et il est toujours emprisonné bon gré mal gré par le gouvernement israélien. Les attaques et les assassinats de Palestiniens ont lieu presque quotidiennement. Le pillage des terres palestiniennes par Israël se poursuit malgré les assurances données par Israël aux signataires de l’accord de paix entre les EAU et Israël. Il n’y a donc aucun signe qu’apaiser Israël va changer son attitude. »

En ce qui concerne des questions plus locales, le prince Turki considère la récente visite du président turc, Recep Tayyip Erdogan, comme une évolution positive. « Je pense que les dirigeants turcs ont pris conscience que leur ancienne animosité à l’égard du Royaume ne servait le bien-être et les intérêts de personne, en particulier ceux du peuple turc », observe-t-il, faisant référence aux différends et aux désaccords de ces dernières années.

« Des liens historiques nous unissent à la Turquie, non seulement en termes de géographie mais aussi en termes de relations humaines, de liens familiaux entre les deux pays. Ma propre grand-mère était d’origine turque, circassienne. »

À l’avenir, selon le prince Turki, cette relation « devrait être l’une des meilleures en termes d’avantages pour les deux pays », que ce soit sur le plan commercial, de la construction, des projets de développement, ou des investissements de l’Arabie Saoudite et de la Turquie.

« J'espère donc que tout cela sera rétabli maintenant que la relation est, je l’espère, revenue à la normale », ajoute-t-il.

Il exprime un optimisme prudent similaire quant à la probabilité de parvenir à un accord de paix durable au Yémen sur la base de l’accord de Riyad récemment conclu et du cessez-le-feu instauré pendant le ramadan.

« J’ai toujours soutenu que les accords de cessez-le-feu, tels que ceux tentés par l’ONU, notamment en ce qui concerne le Yémen, manquaient d’un aspect crucial qui ne leur a pas permis de porter leurs fruits, à savoir un mécanisme permettant de faire respecter les cessez-le-feu. »

« Nous avons constaté, après la réunion du Koweït en 2016, qu’il y avait un cessez-le-feu mais qu’il ne menait nulle part. Ensuite, il y a eu la tentative de cessez-le-feu sous l’égide de la Suède en 2018, qui n’a pas abouti non plus. Les propres efforts de l’Arabie saoudite en matière de cessez-le-feu unilatéraux ces dernières années n’ont mené nulle part parce qu’il n’y avait pas de mécanisme pour les mettre en œuvre. »

Néanmoins, le prince Turki espère qu’avec le nouvel élan international pour mettre fin aux combats au Yémen, une sorte d’instrument pourra être mis en œuvre afin que toute partie qui ne respecte pas les termes du cessez-le-feu soit publiquement déshonorée par la communauté internationale.

« Cela ne s’est pas encore produit. Je n’ai pas encore entendu l’ONU dire que les Houthis ne respectent pas le cessez-le-feu », précise-t-il avant de poursuivre : « J’espère qu’ils auront le courage et le courage moral de se lever et de dire qui est fautif ici. »

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.