"La fête est finie": début du couvre-feu pour presque 20 millions de Français

Patrouille de la gendarmerie devant les terrasses de restaurants fermés à Montpellier le 17 octobre (Pascal Guyot/AFP)
Patrouille de la gendarmerie devant les terrasses de restaurants fermés à Montpellier le 17 octobre (Pascal Guyot/AFP)
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Publié le Dimanche 18 octobre 2020

"La fête est finie": début du couvre-feu pour presque 20 millions de Français

  • Le gouvernement français défend les couvre-feux comme la seule mesure qui permette d'éviter un reconfinement, au moment où les indicateurs évaluant l'épidémie de coronavirus se dégradent un peu partout en Europe
  • Le couvre-feu fragilise une nouvelle fois les restaurateurs, déjà soumis à rude épreuve avec le confinement, et pour qui la deuxième partie de la soirée représente une importante partie de leur chiffre d'affaires

PARIS : "Il est 21H00. Merci de rentrer chez vous". Près de 20 millions d'habitants en région parisienne et dans huit métropoles se sont pliés samedi à l'obligation de couvre-feu, mesure prise par le gouvernement pour enrayer la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus.

"Il est 21h00 et il n'y n'a plus personne. La situation est quasi propre", constate le commissaire Patrick Caron, de la DOPC (La Direction de l'ordre public et de la circulation), en patrouille aux abords du Quartier Latin, à Paris.

"Avec l'expérience du confinement, je suis relativement optimiste. On l'a vu, le Parisien est respectueux", affirme-t-il, alors qu'autour de lui, restaurants comme habitants semblent s'être pliés de bonne grâce à l'ordre de tirer le rideau ou de rentrer chez soi.

Même sentiment à Lille. "Le couvre-feu est plutôt bien respecté" et les personnes qui doivent être dehors après 21H00 ont le réflexe de l'attestation", s'est félicité samedi soir le préfet du Nord Michel Lalande, s'exprimant près de la gare Lille-Flandres, quasi-déserte.

Le Directeur départemental de la sécurité publique, Jean-François Papineau, évoque lui aussi des règles "très bien observées" et des "manquements très marginaux".

Ce confinement nocturne -- jusqu'à 06H00 -- concerne les habitants d'Île-de-France et des métropoles de Lyon, Lille, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne, Aix-Marseille, Rouen et Grenoble.

Sont exemptées les personnes qui rentrent du travail ou d'un lieu d'études ou s'y rendent, font valoir un impératif de santé, doivent rendre visite à un proche en situation de dépendance, garder des enfants, répondre à une convocation judiciaire ou promener leur animal de compagnie. Sur le chemin ou à la sortie des gares et aéroports, les billets d'avion et de train feront foi.

Colère des restaurateurs

Une mesure qui fragilise une nouvelle fois les restaurateurs, déjà soumis à rude épreuve avec le confinement, et pour qui la deuxième partie de la soirée représente une importante partie de leur chiffre d'affaires.

"Un restaurant commence à travailler entre 19H00 et 21H00. On ne comprend pas pourquoi on n’a pas mis le couvre-feu à 23H00, au moins que l’on puisse faire vraiment un premier service", s'insurge Hubert de Faletans, patron du restaurant L'Esprit du Sud-ouest à Blagnac.

Le monde de la culture est lui aussi en émoi après le veto du Premier ministre, Jean Castex, de procéder à un assouplissement du couvre-feu pour ce secteur frappé de plein fouet par la crise sanitaire. Et tente de s'adapter en proposant des horaires, tôt le matin ou en fin de journée.

Comme pendant le confinement au printemps, les personnes sortant pendant le couvre-feu doivent se munir d'attestations de déplacements (à imprimer ou télécharger sur téléphone). Tout contrevenant s'expose à une amende de 135 euros puis, en cas de double récidive (trois fraudes au total), à six mois de prison et 3.750 euros d'amende.

Quelque 12.000 policiers et gendarmes, auxquels s'ajoutent les équipes de police municipale, doivent être déployés pour faire respecter ces règles.

Les policiers ont toutefois été invités à faire preuve de "pédagogie" et de "discernement", en évaluant "la bonne ou la mauvaise foi" des personnes contrôlées, a expliqué à l'AFP une source policière.

32.000 cas positifs

Alors que débutent les vacances de la Toussaint, le gouvernement n'a en revanche pas interdit les déplacements dans le pays, mais certains territoires ont voulu anticiper un afflux de touristes, comme la station balnéaire du Touquet, qui va instaurer à son tour un couvre-feu.

Le gouvernement défend les couvre-feux comme la seule mesure qui permette d'éviter un reconfinement, au moment où les indicateurs évaluant l'épidémie de coronavirus se dégradent un peu partout en Europe.

Prévu pour au moins quatre semaines, le couvre-feu pourrait être étendu si l'épidémie ne donne pas de signe d'accalmie. Le président Macron a déjà évoqué la date du 1er décembre.

La France a enregistré samedi un nouveau record, avec plus de 32.000 cas positifs, et voit le nombre de malades en réanimation (près de 1.900) grimper jour après jour, faisant craindre une saturation prochaine des hôpitaux.

En région Rhône-Alpes, les interventions non urgentes ont été déprogrammées pour 15 jours, l'intensification de la circulation du virus affectant "fortement l'offre de soins", selon l'Agence régionale de santé, pour qui "le risque de saturation de ces services est désormais réel à court terme".

Depuis le début de l'épidémie, 33.392 personnes sont décédées du Covid-19, qui tue en moyenne un peu moins de cent personnes par jour aujourd'hui en France.

 


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
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  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
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  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.