Le régime iranien sous pressions pour libérer les enseignants détenus à la suite de protestations salariales

Les enseignants ont pris part à des manifestations dans tout le pays et à une grève ces derniers mois. (ISNA)
Les enseignants ont pris part à des manifestations dans tout le pays et à une grève ces derniers mois. (ISNA)
Short Url
Publié le Vendredi 06 mai 2022

Le régime iranien sous pressions pour libérer les enseignants détenus à la suite de protestations salariales

  • Human Rights Watch a appelé les autorités iraniennes à libérer les enseignants détenus dans le pays après qu'au moins trente-huit d'entre eux ont été arrêtés
  • «Tenter de réduire au silence la mobilisation et les protestations pacifiques ne fera pas disparaître la sombre réalité économique de l'Iran»

LONDRES: Human Rights Watch a appelé les autorités iraniennes à libérer les enseignants détenus dans le pays après qu'au moins trente-huit d'entre eux ont été arrêtés pour avoir organisé des manifestations pacifiques le 1er mai. 

L'organisation a révélé qu'au moins dix-sept d’entre eux étaient toujours en détention, selon des rapports publiés par l'agence de presse Emtedad. Parmi eux figure Mohammed Habibi, porte-parole de l'Association professionnelle des enseignants iraniens (Iran’s Teachers’ Trade Association ou Itta). 

Le conseil de coordination des associations d'enseignants de la culture iranienne avait appelé à une manifestation nationale en réponse aux préoccupations liées aux bas salaires de ces deux dernières années. Le régime de Téhéran a répondu au mécontentement croissant des enseignants par des arrestations et des interrogatoires. 

Un certain nombre de syndicats ont été créés en Iran depuis 2005 par divers groupes au titre de l'article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de l'article 8 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Téhéran est signataire de ces deux pactes, mais cela n'a pas empêché le régime d'exercer des pressions importantes sur les membres dirigeants des syndicats, notamment l'organisation des enseignants, car le droit du travail iranien ne reconnaît pas celui de former des syndicats sans l'approbation du gouvernement. 

Au mois d’avril dernier, les autorités ont arrêté trois membres éminents de l'Itta: Rasoul Bodaghi à Téhéran, Latif Roozikhah dans la province de l'Azerbaïdjan oriental et Jafar Ebrahimi. Bodaghi a été condamné à cinq ans de prison et Ebrahimi à quatre pour «rassemblement et collusion en vue d'agir contre la sécurité nationale» ainsi que «propagande contre l'État». 

Mahmoud Behesti Langroudi, vice-président de l'Itta, et Rasoul Kargar, membre du syndicat originaire de Fars, ont également été arrêtés; ils attendent leur jugement. Neuf autres enseignants ont été déférés auprès des procureurs de la province du Kurdistan. 

En 2016, le régime a pris pour cible le secrétaire général de l'Itta, Ismaël Abdi, qui a organisé des manifestations, l'accusant de «diffusion de propagande contre l'État» et de «rassemblement et collusion contre la sécurité nationale». Il a été emprisonné pendant six ans et a également été condamné à dix ans de prison avec sursis. S’il a été libéré en 2020, il a de nouveau arrêté un mois plus tard, les autorités ayant activé son sursis. Il fait actuellement la grève de la faim, selon l'organisation Human Rights Activists in Iran. 

«Les autorités iraniennes ont une fois de plus décidé d'enfermer des personnes qui cherchent à s'organiser pour faire valoir leurs droits collectifs au lieu de travailler avec des associations indépendantes pour garantir le respect des droits économiques et sociaux des Iraniens», déplore Tara Sepehri Far, chercheuse principale à Human Rights Watch. 

«Tenter de réduire au silence la mobilisation et les protestations pacifiques ne fera pas disparaître la sombre réalité économique de l'Iran», conclut-elle. 


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.