Lula se lance dans la bataille présidentielle au Brésil

Douze ans après avoir quitté le pouvoir avec un taux d'approbation stratosphérique (87%), Luiz Inacio Lula da Silva, icône de la gauche brésilienne toujours sans successeur, relève le gant (Photo, AFP).
Douze ans après avoir quitté le pouvoir avec un taux d'approbation stratosphérique (87%), Luiz Inacio Lula da Silva, icône de la gauche brésilienne toujours sans successeur, relève le gant (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 07 mai 2022

Lula se lance dans la bataille présidentielle au Brésil

  • Lula doit aussi combler, au moins un peu, son déficit sur les réseaux sociaux face à un clan Bolsonaro qui les utilise comme une machine de guerre
  • Déjà, sur Instagram, il se jette avec entrain dans les vagues et porte des lunettes fluo très tendance

SAO PAULO: Le vieux lion Lula se lance samedi dans la bataille présidentielle au Brésil, prêt à en découdre, à 76 ans, avec le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, dans un duel qui s'annonce féroce et dont il est pour l'instant le favori.

Douze ans après avoir quitté le pouvoir avec un taux d'approbation stratosphérique (87%), Luiz Inacio Lula da Silva, icône de la gauche brésilienne toujours sans successeur, relève le gant.

Il doit annoncer sa candidature devant 4 000 sympathisants réunis dans un centre de conventions de Sao Paulo, levant ainsi ce qui était un secret de polichinelle.

Il s'agit de la sixième candidature à l'élection présidentielle du chef du Parti des travailleurs (PT), figure aussi résiliente qu'incontournable du paysage politique du Brésil, qu'il a dirigé lors de deux mandats (2003-2010).  

Faute de candidat qui rendrait viable une troisième voie, Lula est le seul à pouvoir battre dans les urnes un Jair Bolsonaro (67 ans) qu'il distance dans tous les sondages, mais qui semble prêt à tout pour conserver le pouvoir.

Le combat promet donc d'être âpre entre deux hommes que tout oppose, et qui se détestent.

La présidentielle des 2 et 30 octobre témoignera de l'extrême polarisation de l'immense pays émergent de 213 millions d'habitants.

"Quand j'ai quitté la présidence, je ne pensais plus être candidat de nouveau", a confié cette semaine Lula au magazine américain Time.    

Mais l'ancien syndicaliste estime que son héritage --réduction des inégalités, politiques sociales, promotion de l'éducation-- a été "détruit, démantelé".

"Je crois être capable de faire plus et de faire mieux que ce que j'ai déjà fait", a-t-il dit à Time.

Mais le contexte était alors tout autre. La croissance, avec l'envolée des cours des matières premières avait permis à Lula d'extraire 30 millions de Brésiliens de la pauvreté.

Dérapages

Cette nouvelle candidature a un goût de revanche pour l'ex-président, dont le bannissement de la course en 2018 avait permis l'élection facile de Jair Bolsonaro. 

Alors qu'il était emprisonné un an et demi pour corruption jusqu'en novembre 2019, la carrière politique de l'ex-métallo semblait terminée. Jusqu'à ce que la Cour suprême annule ses condamnations en mars 2021.

Lula s'est toujours dit victime d'une conspiration politique destinée à l'empêcher de concourir en 2018 alors qu'il était --déjà-- le favori dans les sondages. 

Mais pour des millions de Brésiliens, Lula et le PT incarnent toujours une corruption insupportable.

Une image à gommer pour Lula, de même que le malaise créé par ses nombreux dérapages récemment: déclarations polémiques sur l'avortement, sur la police ou sur les classes moyennes.

Dans son interview à Time, il s'en prenait aussi au président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce "bon humoriste (...) qui se donne en spectacle" et est "aussi responsable" de la guerre dans son pays que son homologue russe Vladimir Poutine.

L'écrivain Paulo Coelho a dénoncé dans un tweet l'"incontinence verbale" de Lula et, selon The Intercept, l'entourage même de l'ancien chef d'Etat l'incite à prendre un peu de repos.

«Plus près des électeurs»

Mais dès la semaine prochaine, Lula va partir en campagne et sillonner le pays --comme le fait depuis des mois le président-candidat Bolsonaro-- en commençant par l'Etat du Minas Gerais (sud-est).

"S'il veut vraiment gagner l'élection, Lula doit aller dans la rue, comme Bolsonaro, être plus près des électeurs", dit à l'AFP Sylvio Costa, fondateur du site Congresso em foco.

Il a formé un ticket avec Geraldo Alckmin (69 ans, centre droit), comme vice-président. L'ancien gouverneur de Sao Paulo, s'il n'a pas le charisme de Lula, est là pour rassurer l'électeur du centre et de la droite modérée. 

Il ira prochainement à la rencontre du puissant agronégoce et des évangéliques, qui ont joué un rôle majeur dans l'élection de Bolsonaro.

Mais Alckmin a été testé positif à la Covid-19 vendredi et c'est de chez lui, en visioconférence, qu'il va participer au lancement de la campagne.

Lula doit aussi combler, au moins un peu, son déficit sur les réseaux sociaux face à un clan Bolsonaro qui les utilise comme une machine de guerre.

Déjà, sur Instagram, il se jette avec entrain dans les vagues et porte des lunettes fluo très tendance.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.