La Commission du film saoudien participe au Festival du film arabe de Malmö 2022

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Publié le Samedi 07 mai 2022

La Commission du film saoudien participe au Festival du film arabe de Malmö 2022

  • Le festival projettera cinq longs métrages saoudiens
  • Le secteur du cinéma emploie 4 439 jeunes Saoudiens, hommes et femmes

RIYAD : Des cinéastes saoudiens participent au Festival du film arabe de Malmö 2022 avec 16 films, et espèrent présenter une image positive du développement de l'industrie cinématographique du Royaume.

L'événement, qui a débuté mercredi et se poursuit jusqu'au 9 mai dans la ville suédoise, a choisi l'Arabie saoudite pour invité d'honneur. En conséquence, les films saoudiens feront l'objet de projections spéciales et des séminaires seront organisés pour mettre en évidence le développement du cinéma saoudien.

Les cinéastes saoudiens présenteront des longs métrages dans le cadre de la compétition, en plus d'autres formats.

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Les films saoudiens participant à la compétition sont « Junnah » des réalisateurs Maan Abdul Rahman et Yasser Abdul Rahman dans la catégorie compétition de longs métrages ; « Phone Kharban » des réalisateurs Raghad Al-Barqi, « Diyar Hisma » de Fahd Fayez, « a » des réalisateurs Noura Al-Mawlid, Ragheed Al-Nahdi et Ruba Khafaji dans la catégorie des courts métrages ; et un film de Nour Al-Amir et Fatima Al-Hazmi dans la catégorie « Arabian Nights ».

Le festival projettera cinq longs métrages saoudiens : « Quarante ans et une nuit » de Mohammed Al-Halil, « Le Tambour du châtiment » d'Abdulaziz Al-Shalahi, « Le Voyage » de Kibon Shizuno (une coproduction saoudo-japonaise), « Shams Almaarif » de Faris Quds, « La 10e voie » d'Omar Naim, ainsi que sept courts métrages : « Umm Al-Saaf and Al-Lif » de Hala Al-Haid (une coproduction américano-saoudienne), « Hawas » de Khaled Zeidan, « Zawal » de Mujtaba Saeed (une production saoudienne, avec une contribution franco-allemande), « Saaf » de Wijdan Al-Marzouq, « Shams 89 »de Mansour Al-Badran, « The Little Bird » de Khaled Fahd et « Noor Shams » de Fayza Amba.

La participation au festival s'inscrit dans le cadre du plan de l'industrie cinématographique saoudienne visant à faire sa promotion sur les plateformes mondiales et à établir des partenariats qui renforcent le secteur, a déclaré Abdullah Al-Eyaf, PDG de la Commission du film saoudien.

Il a ajouté que les festivals internationaux de cinéma représentent un espace pour mettre en valeur les talents saoudiens et attirer les talents mondiaux dans le domaine de la réalisation de films, surtout après le changement remarquable de l'environnement industriel dans le Royaume grâce à un système gouvernemental qui soutient et stimule l'industrie.

Al-Eyaf a déclaré que des partenariats importants du secteur privé et la grande diversité géographique du Royaume ont également permis cette transformation.

Mansour Al-Badran, réalisateur de « Shams 89 », a déclaré : « Je suis très heureux de la participation de ce film au festival. Je pense que l'exploit national qui a été réalisé avec ce film mérite d'être regardé et salué, au niveau local et international. »

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Il a déclaré à Arab News que la Commission saoudienne du film a fait de gros efforts pour permettre aux talents nationaux de participer à l'événement de Malmö, se disant confiant sur le soutien de la commission qui se poursuivra dans d'autres forums internationaux pour célébrer la créativité cinématographique saoudienne.

La présence saoudienne au festival de Malmö est « distinguée », a déclaré M. Al-Badran, ajoutant que la sélection des films qualifiés pour participer a été « décidée objectivement. »

Il a ajouté : « Je pense que le cinéma saoudien est en pleine ascension, et les films saoudiens participant au festival actuel en sont une bonne preuve .... Je pense que nous sommes sur la bonne voie ».

L’ordre du jour de l'invité d'honneur comprend un symposium visant à présenter la Commission du film saoudien et ses initiatives, ainsi que le programme de formation intensive Talents Bridge. L'événement se terminera par une nuit artistique saoudienne, au cours de laquelle un orchestre musical saoudien se produira.

L'événement de Malmö est le plus grand festival du film arabe en Europe. Depuis sa création en 2011, il suscite un intérêt croissant vu son emplacement en Suède. Malmö abrite une grande diversité de cultures, et le festival vise à jeter des ponts entre les gens en se basant sur le film comme langage visuel universel.

Les cinémas d'Arabie saoudite se sont beaucoup développés au cours des quatre dernières années, les ventes au guichet dépassant 30,8 millions de billets, a récemment rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Depuis son lancement en avril 2018, la Commission saoudienne du film a accordé des licences à 56 cinémas comprenant 518 écrans dans 20 villes, dans lesquels 1 144 films ont été projetés, dont 22 films saoudiens. Le nombre de ventes de billets s'est élevé à 30 860 956 pour des films en 22 langues provenant de 38 pays.

Le secteur du cinéma emploie également 4 439 jeunes Saoudiens, hommes et femmes, dans le cadre des efforts visant à accroître la taille du marché des médias, à fournir un environnement favorable à la diversification des sources de revenus économiques et à créer des milliers d'emplois pour les jeunes Saoudiens.

L'utilisation des médias en tant qu'affluent stratégique de l'économie nationale est également conforme à la Vision 2030, a déclaré la SPA.

« Cela conforte la croissance qui a été réalisée en quatre ans, et prouve que le secteur du cinéma est un élément attractif pour les investisseurs locaux et internationaux, à la lumière des initiatives et des projets offerts par la commission qui permettent aux bénéficiaires de s'engager facilement dans des activités médiatiques de toutes sortes »", ajoute-t-elle.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Paris s’inquiète des évolutions au Liban et tente un déblocage

Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants
  • Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention international

PARIS: Soucieuse des évolutions alarmantes de la situation au Liban, Paris a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité, alors que l’envoyé spécial du président français, Jean-Yves Le Drian, doit se rendre à Beyrouth demain mercredi.

La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants, notamment les centaines de milliers de déplacés disséminés à travers le territoire au gré des ordres d’évacuation israéliens.

Derrière cette initiative, une question centrale se pose : à quoi peut encore servir une réunion d’urgence à l’ONU dans un contexte où les rapports de force semblent verrouillés ?

Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention internationale, alors que les regards sont largement tournés vers l’Iran.

Il est clair, pour la diplomatie française, que la situation a franchi un seuil critique ces derniers jours. D’autant que, déjà fragile, le cessez-le-feu apparaît désormais vidé de sa substance.

Les frappes se poursuivent, les menaces israéliennes s’intensifient, y compris contre Beyrouth, et les conditions minimales d’un dialogue crédible semblent s’effondrer.

Canal de discussion entre le Liban et Israël

On ne peut même plus parler de cessez-le-feu, reconnaît-on en substance du côté français, et cette dégradation inquiète d’autant plus qu’elle intervient au moment où un canal de discussion s’est ouvert entre le Liban et Israël sous médiation américaine.

Un choix jugé courageux par la diplomatie française, mais qui place Beyrouth dans une position extrêmement délicate car, faute de réciprocité sur le terrain, ces négociations risquent de perdre toute crédibilité.

Paris insiste sur ce point : si l’on veut que les autorités libanaises puissent avancer dans ces discussions, encore faut-il leur en laisser la possibilité. Or, l’intensification des opérations militaires israéliennes réduit cet espace politique à néant.

Pire encore, elle pourrait renforcer les acteurs que ces négociations cherchent précisément à contenir, au premier rang desquels figure le Hezbollah.

Dans cette équation, la France tente de défendre une approche pragmatique. Elle continue de rappeler la responsabilité du Hezbollah dans l’engrenage du conflit, tout en soulignant que la stratégie actuelle d’Israël est contre-productive, estimant que, s’il fallait saboter les discussions, on ne s’y prendrait pas autrement.

Dès lors, la priorité affichée est le rétablissement d’un cessez-le-feu « robuste », condition indispensable à toute avancée politique, ainsi que la réactivation et l’amélioration du mécanisme mis en place fin 2024, aujourd’hui largement inopérant.

Paris insiste sur le fait que, sans cadre crédible de vérification et de désescalade, les initiatives diplomatiques risquent de rester lettre morte.

Mais au-delà de l’urgence immédiate, la France travaille sur une stratégie de plus long terme qui repose notamment sur un renforcement de l’État libanais, à commencer par son armée. L’objectif est d’aider le Liban à retrouver progressivement sa souveraineté en limitant l’influence des acteurs armés non étatiques.

Cela passe par un soutien accru — financier, logistique mais aussi politique — aux forces armées libanaises, sans pour autant leur demander une confrontation directe avec le Hezbollah, jugée irréaliste dans le contexte actuel. Il s’agit plutôt de renforcer leur présence sur le terrain, de contrôler les flux logistiques et financiers et de sécuriser des zones clés, notamment la frontière avec la Syrie.

Sur ce dernier point, Paris voit un levier important car, contrairement aux années précédentes, un certain niveau de coopération avec les autorités syriennes semble possible, ouvrant la voie à un meilleur contrôle des flux qui alimentent le Hezbollah.

Autre chantier majeur du point de vue français : l’avenir de la présence internationale au Liban. Le retrait annoncé de la FINUL d’ici à la fin de l’année suscite de vives inquiétudes.

Les leviers de la France demeurent limités

La France estime qu’un tel vide sécuritaire serait dangereux et plaide donc pour une réflexion rapide sur un nouveau dispositif, potentiellement plus adapté aux réalités actuelles.

Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large consistant à remobiliser les partenaires internationaux. À ce propos, Paris travaille étroitement avec plusieurs pays de la région, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar, ainsi qu’avec certains partenaires européens, afin de tenter de recréer une dynamique collective autour du Liban.

Reste toutefois une réalité difficile à contourner : les leviers de la France demeurent limités face au rôle central des États-Unis dans la médiation. La diplomatie française s’efforce néanmoins de peser indirectement en multipliant les échanges avec Washington et en délivrant un message constant : sans cessez-le-feu, aucune avancée durable n’est possible.

Par ailleurs, Paris explore d’autres pistes de pression, notamment au niveau européen. Le débat sur l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël pourrait ainsi évoluer sous l’effet conjugué des situations à Gaza, en Cisjordanie et désormais au Liban.

Enfin, la mission de l’envoyé spécial Jean-Yves Le Drian à Beyrouth revêt une dimension politique essentielle puisque, au-delà du soutien affiché, il s’agira pour lui de dialoguer avec l’ensemble des forces politiques libanaises afin de favoriser un minimum de cohésion interne.

Un enjeu jugé crucial par la diplomatie française dans un pays profondément fragmenté, où les divisions communautaires affaiblissent toute stratégie nationale.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.