Fin de campagne présidentielle aux Philippines, Marcos Jr grand favori

Le candidat présidentiel philippin Ferdinand Marcos Jr salue ses partisans lors du dernier jour du rassemblement de campagne à Paranaque City, dans la banlieue de Manille, le 7 mai 2022 (Photo, AFP).
Le candidat présidentiel philippin Ferdinand Marcos Jr salue ses partisans lors du dernier jour du rassemblement de campagne à Paranaque City, dans la banlieue de Manille, le 7 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 08 mai 2022

Fin de campagne présidentielle aux Philippines, Marcos Jr grand favori

  • Une victoire au scrutin de lundi couronnerait des décennies d'efforts pour réhabiliter l'héritage de son père
  • Dix candidats sont en lice pour succéder au président Rodrigo Duterte

MANILLE: Le fils et homonyme de l'ancien dictateur philippin Ferdinand Marcos, donné large vainqueur de l'élection présidentielle par les sondages, a conclu sa campagne samedi par un meeting géant dans la banlieue de Manille.

Une victoire au scrutin de lundi couronnerait des décennies d'efforts pour réhabiliter l'héritage de son père, le dictateur Marcos renversé en 1986 et mort en exil aux Etats-Unis.

La perspective de voir arriver Ferdinand Marcos Junior dans le palais présidentiel inquiète cependant les militants des droits de l'homme, les dignitaires religieux et les analystes politiques, qui craignent un gouvernement "sans contrainte".

Dix candidats sont en lice pour succéder au président Rodrigo Duterte dans un scrutin à un tour où la majorité relative suffit pour être élu.

Des dizaines de milliers de partisans de Marcos vêtus de rouge ont bravé le soleil brûlant et le vent samedi pour se rassembler sur un terrain vague poussiéreux surplombé par un casino de luxe, une image symbole des immenses écarts de richesse de ce pays que beaucoup quittent pour travailler à l'étranger.

Au pied d'un écran géant où le candidat est apparu tout sourire dans un déluge de musique pop, reggae et hip hop philippin à plein volume, la foule agitait des petits drapeaux aux couleurs nationales.

"Nous allons gagner à condition que vous restiez vigilants lundi pour qu'il n'y ait pas de nouvelle tragédie", a lancé Marcos Jr, 64 ans, dans une allusion à la victoire qu'il estime s'être faite voler à la présidentielle 2016.

Parmi ses supporters, Mary Ann Oladive, 37 ans, employée d'un centre d'appels, espère que Junior fera l'unité du pays et donnera des emplois. "Nous lui faisons confiance, nous espérons qu'après les élections, ils nous donneront un meilleur avenir aux Philippines", a-t-elle expliqué.

Pour son retour, le clan Marcos s'est nourri de la colère populaire contre la corruption et la pauvreté persistant sous les différents gouvernements depuis la dictature.

Selon les sondages, M. Marcos Jr pourrait remporter la présidentielle avec la majorité absolue, ce qui serait une première depuis le départ de son père.

Les observateurs craignent qu'un tel résultat affaiblisse l'équilibre des pouvoirs, favorise la corruption et mène à une nouvelle tentative de révision de la Constitution de 1987, pour notamment mettre fin à la limite d'un seul mandat pour les présidents.

"S'il remporte une victoire vraiment écrasante, cela pourrait lui donner cette sorte confiance et d'élan pour changer plus radicalement le système politique des Philippines", estime Richard Heydarian, professeur de sciences politique à l'Université De la Salle à Manille.

Selon le dernier sondage de Pulse Asia Research, M. Marcos Jr l'emporterait avec 56% des suffrages contre 33% pour sa plus proche rivale, Leni Robredo qui l'avait battu en 2016 pour le poste de vice-président.

Entrée tardivement en campagne, Mme Robredo, 57 ans, qui a martelé que "l'avenir du pays" est en jeu, espère encore créer la surprise au vu de sa récente ascension dans les enquêtes d'opinion.

Réhabilitation 

Son dernier meeting s'est déroulé dans une ambiance de carnaval, ses partisans se rassemblant par dizaines de milliers dans le quartier d'affaires de Manille, vêtus de rose. "La victoire nous attend", a-t-elle lancé à ses supporters.

"Je pense que cette élection est très importante, le six prochaines années de notre vie en dépendront", explique à l'AFP Charmaigne Ang, 18 ans, qui votera pour la première fois et ne croit pas aux sondages. 

Encore sous le coup de sa défaite de 2016, Marcos Jr a mené une campagne très encadrée.

Evitant les débats télévisés avec ses rivaux et fuyant les interviews sauf celles menées par des célébrités complaisantes, il a privilégié des vidéos sur YouTube qui cherchent à les présenter, lui et sa riche famille, comme des Philippins ordinaires.

La réécriture de l'histoire familiale est aussi passée par une campagne massive de désinformation sur les réseaux sociaux visant l'électorat jeune qui n'a pas connu la période du père, marquée par la corruption et les violences.

La popularité de M. Marcos Jr s'est encore renforcée grâce à l'alliance formée avec la fille du président sortant, Sara Duterte, qui brigue la vice-présidence, et par le soutien de plusieurs dynasties politiques rivales.

Quelques jours avant l'élection, les défenseurs des droits et plusieurs prêtres catholiques se sont exprimés pour empêcher un retour de la famille Marcos au palais Malacanang.

"Ce sera six nouvelles années d'enfer", a prévenu le militant et satiriste politique Mae Paner, 58 ans, qui a participé au soulèvement populaire ayant mis fin à la dictature et qui a fait campagne pour Mme Robredo.

Des centaines de prélats catholiques ont soutenu publiquement Mme Robredo et son candidat à la vice-présidence Francis Pangilinan, estimant qu'il s'agissait d'une "bataille pour l'âme" du pays.

 


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.