Comment le Red Sea Project mettra en lumière le patrimoine culinaire de l’Arabie saoudite

Conformément aux objectifs de l’initiative Vision 2030, l’Arabie saoudite tente de revitaliser le secteur hôtelier du Royaume. (Photo fournie/Zadk)
Conformément aux objectifs de l’initiative Vision 2030, l’Arabie saoudite tente de revitaliser le secteur hôtelier du Royaume. (Photo fournie/Zadk)
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Publié le Dimanche 08 mai 2022

Comment le Red Sea Project mettra en lumière le patrimoine culinaire de l’Arabie saoudite

  • Aujourd’hui, les chefs saoudiens et le secteur de l’hôtellerie se tournent de nouveau vers la cuisine pour construire des ponts entre les nations et les cultures
  • La Red Sea Development Company veut répandre les trésors culinaires saoudiens à travers le monde

DUBAÏ: Les cuisines nationales de quelques pays peuvent se vanter des influences variées que l’on retrouve dans les plats saoudiens, grâce au remarquable assortiment de saveurs et d’ingrédients introduits au sein du Royaume par les pèlerins, les marchands et les voyageurs à travers le temps.

La variété des plats traditionnels que l’on trouve à l’échelle du pays reflète ces diverses influences culturelles – en provenance d’Inde, d’Afrique du Nord et de l’Est, d’Asie du Sud et centrale, ainsi que du Levant – qui ont enrichi les traditions du Royaume.

Aujourd’hui, les chefs saoudiens et le secteur de l’hôtellerie se tournent de nouveau vers la cuisine pour construire des ponts entre les nations et les cultures. L’une des organisations à adopter cet art de la «diplomatie culinaire» est la Red Sea Development Company, qui gère le nouveau mégaprojet touristique le long de la côte de la mer Rouge du Royaume.

Le PDG de la Red Sea Development Company, John Pagano, avec un groupe d’étudiants saoudiens en hôtellerie. (Photo fournie)
Le PDG de la Red Sea Development Company, John Pagano, avec un groupe d’étudiants saoudiens en hôtellerie. (Photo fournie)

Conformément aux objectifs de l’initiative Vision 2030 – la stratégie nationale visant à diversifier l’économie –, la Red Sea Development Company cherche à stimuler de nouveaux secteurs, à créer des emplois, à encourager l’entrepreneuriat et à favoriser la croissance dans les secteurs du tourisme, des loisirs et de l’hôtellerie.

 

« Pour le moment, notre objectif est d’attirer les jeunes Saoudiens vers l’industrie hôtelière», déclare Lars Eltvik, conseiller principal en éducation au sein de l’entreprise, dans un entretien accordé à Arab News.

 

« Il s’agit d’une nouvelle industrie pour le Royaume. Auparavant, l’offre en matière d’hospitalité et d’éducation culinaire dans le pays était très limitée. Ce n’est pas différent de ce qui se passait à Dubaï il y a vingt ans. »

 

Le Red Sea Project est un plan pour une station de tourisme durable couvrant environ 28 000 kilomètres carrés le long de la côte ouest de l’Arabie saoudite et comprenant plus de 90 îles préservées. Les cinquante hôtels et 1 300 propriétés résidentielles qui y seront construits seront desservis par certains des meilleurs restaurants du Royaume, selon M. Eltvik.

 

« Nous voulons être en mesure d’attirer, de documenter et de développer des aliments en provenance de toutes les régions d’Arabie saoudite afin qu’ils puissent ensuite être présentés dans des hôtels de luxe à travers le Red Sea Project», dit-il.

La Red Sea Development Company établit des partenariats avec des institutions qui ont été fondées à travers le Royaume pour préserver et promouvoir la cuisine saoudienne. (Photo fournie/Red Sea Development Company)
La Red Sea Development Company établit des partenariats avec des institutions qui ont été fondées à travers le Royaume pour préserver et promouvoir la cuisine saoudienne. (Photo fournie/Red Sea Development Company)

M. Eltvik travaille dans le secteur de l’hôtellerie et de la formation hôtelière depuis trois décennies. Entre 2001 et 2009, il était basé à Dubaï, où il a travaillé au sein de l’Emirates Academy of Hospitality Management.

Il espère que le succès que le secteur a connu dans la capitale commerciale des Émirats arabes unis pourra être reproduit en Arabie saoudite dans des délais plus courts et en tenant plus en compte les sensibilités culturelles du pays.

« En Arabie saoudite, les secteurs connaissent un essor remarquable », indique M. Eltvik.

« Nous voulons mettre en place les mêmes progrès (que ceux réalisés à Dubaï), et plus encore, mais dans un délai très court. Au sein de la Red Sea Development Company, nous cherchons à attirer des dizaines de milliers d’employés, en mettant l’accent sur l’accueil et en favorisant les arts culinaires dans le secteur de l’hôtellerie », poursuit-il.

Les chefs saoudiens et le secteur de l’hôtellerie se tournent de nouveau vers la cuisine pour construire des ponts entre les nations et les cultures. (Photo fournie/Zadk)
Les chefs saoudiens et le secteur de l’hôtellerie se tournent de nouveau vers la cuisine pour construire des ponts entre les nations et les cultures. (Photo fournie/Zadk)

La société s’efforce de promouvoir le secteur hôtelier comme choix de carrière pour les jeunes Saoudiens, rapporte-t-il, conformément à la campagne de saoudisation du gouvernement. À cette fin, les autorités éducatives du Royaume ont mis en œuvre un certain nombre de programmes dans lesquels la Red Sea Development Company parrainera des stagiaires qui rempliront à terme des rôles essentiels dans le secteur, ajoute-t-il.

« Nous nous concentrons sur l’amélioration du tourisme et du secteur hôtelier au moyen de la cuisine dans le Royaume et en incitant les jeunes Saoudiens à présenter fièrement leur histoire et leur passé à travers l’expérience culinaire », souligne M. Eltvik.

Tout le monde s’accorde à dire que la simple reproduction du type de restaurants et de cuisines que l’on trouve dans les villes du monde entier ne fera pas de l’Arabie saoudite une destination culinaire unique comme prévu. Mettre l’accent sur la promotion des arts culinaires et des saveurs typiquement saoudiennes est donc clairement une priorité.

FAITS RAPIDES

• Le Red Sea Project est un plan pour une station de tourisme durable sur 28 000 kilomètres carrés. Il devrait être achevé d’ici à 2030.

 

• La Red Sea Development Company devrait contribuer à hauteur de 5,3 milliards de dollars (1 dollar = 0,95 euro) au produit intérieur brut du pays.

Alors que de nombreux plats locaux traditionnels sont communs à travers le pays – comme le kebsa, qui est à base de riz, de viande, de légumes et d’épices, et le hariss, un mélange arabe très apprécié composé de blé moulu, de viande et d’épices –, les saveurs, les ingrédients et les techniques culinaires peuvent êtres très différents d’une région à une autre.

La ville portuaire de Djeddah sur la mer Rouge attire depuis longtemps les voyageurs de la région et du monde, ce qui se traduit par des plats aux influences persanes, levantines, turques, maghrébines et d’Asie centrale et du Sud.

Au Hedjaz, par exemple, les influences des plats populaires comme le riz bukhari, le manté (raviolis farcis au bœuf et à l’oignon), le chich barak (raviolis de viande cuits dans un ragoût à base de yaourt) et le riz kabli remontent à l’Asie centrale et de l’Est, tandis que les origines des ragoûts à base de légumes qui sont populaires dans la région se trouvent en Afrique du Nord et au Levant.

Pendant ce temps, sur le plateau central du Nejd, la cuisine locale comprend des plats plus lourds comme des soupes, des ragoûts et des sauces qui conviennent mieux au climat plus frais de la région.

«J’ai créé Zadk parce que j’ai vu qu’en Arabie saoudite, il nous manquait une école pour en savoir plus sur notre cuisine culturelle», affirme Rania Moualla. (Photo fournie/Zadk)
«J’ai créé Zadk parce que j’ai vu qu’en Arabie saoudite, il nous manquait une école pour en savoir plus sur notre cuisine culturelle», affirme Rania Moualla. (Photo fournie/Zadk)

En mars, la Red Sea Development Company a nommé Lawrence Assadourian comme directeur culinaire avec, pour mandat, de travailler avec des chefs saoudiens pour créer des options alimentaires uniques pour les visiteurs régionaux et internationaux, tout en faisant la promotion des plats locaux.

« L’une de nos missions est le développement communautaire », déclare-t-il à Arab News.

« Comment allons-nous, en tant que groupe, faire en sorte que la mer Rouge ait un sentiment d’appartenance ? (Que) cela ne consiste pas uniquement à reproduire l’expérience d’une autre destination dans le monde » ?

Nous cherchons à y parvenir en mettant en œuvre les programmes nécessaires qui serviront d’incubateur aux chefs basés en Arabie saoudite. Nous estimons que c’est important puisque la pérennité des talents doit être portée par les populations locales, en plus des talents étrangers».

La durabilité est au cœur de ce que la Red Sea Development Company espère réaliser au moment où les secteurs naissants du tourisme, des loisirs et de l’hôtellerie du Royaume cherchent à mettre en place des offres respectueuses des coutumes locales et de l’environnement.

« Nous sommes une destination touristique régénératrice », précise M. Assadourian. « L’environnement et l’intégration des communautés au sein desquelles nous construisons nos projets nous tiennent véritablement à cœur », poursuit-il.

« Nous devons être sûrs de trouver un équilibre solide entre la cuisine internationale et la manière dont nous introduisons le patrimoine culinaire et culturel de l’Arabie saoudite au sein de l’expérience client.»

Alors que de nombreux plats locaux traditionnels sont communs à travers le pays, les saveurs, les ingrédients et les techniques culinaires peuvent êtres très différents d’une région à une autre. (Photo fournie/Zadk)
Alors que de nombreux plats locaux traditionnels sont communs à travers le pays, les saveurs, les ingrédients et les techniques culinaires peuvent êtres très différents d’une région à une autre. (Photo fournie/Zadk)

Pour y parvenir, la Red Sea Development Company établit des partenariats avec des institutions  fondées à travers le Royaume pour préserver et promouvoir la cuisine saoudienne.

Parmi ceux qui soutiennent la mission de l’entreprise de promouvoir les traditions culinaires du Royaume à travers le monde figure Moe Inani, chef et copropriétaire de Chifty, un restaurant élégant et un lounge cosmopolite à Riyad.

Bien qu’il soit ingénieur de formation, M. Inani affirme que la cuisine est son premier amour, une compétence qu’il a acquise très tôt en aidant sa mère à préparer les repas dans la maison familiale à Djeddah, sa ville natale.

Après avoir terminé ses études aux États-Unis, M. Inani est devenu sous-chef chez Saison, un restaurant étoilé Michelin à San Francisco où il a appris à préparer des sushis puis, plus tard, pour les restaurants haut de gamme comme Nobu et Morimoto.

Avec son expérience dans la cuisine japonaise, M. Inani a apporté du nouveau à la cuisine locale plus conventionnelle du poisson de la mer Rouge. Arab News a appris que des discussions sont en cours pour qu’il collabore avec la Red Sea Development Company.

« Nous voulons être en mesure d’attirer, de documenter et de développer des aliments en provenance de toutes les régions d’Arabie saoudite» dit Lars Eltvik, conseiller principal en éducation au sein de la Red Sea Development Company. (Photo fournie)
« Nous voulons être en mesure d’attirer, de documenter et de développer des aliments en provenance de toutes les régions d’Arabie saoudite» dit Lars Eltvik, conseiller principal en éducation au sein de la Red Sea Development Company. (Photo fournie)

« La cuisine nous a toujours unis», déclare Rania Moualla, une philanthrope saoudienne qui est également fondatrice et présidente de Zadk, une école culinaire à but non lucratif à Al-Khobar dans la province orientale, dans un entretien avec Arab News.

L’école a été fondée en 2018, trois ans après que la philanthrope a publié son livre de cuisine, A Spoonful of Home. Sa mission de nourrir le riche patrimoine culinaire de l’Arabie saoudite en responsabilisant les chefs locaux est similaire à celle de la Red Sea Development Company, avec laquelle elle a établi un partenariat.

« J’ai créé Zadk parce que j’ai vu qu’il nous manquait une école pour découvrir notre cuisine culturelle en Arabie saoudite », poursuit-elle. « La plupart de nos restaurants sont entre les mains d’expatriés. J’ai lancé Zadk parce que je voulais faire quelque chose de durable qui aurait une plus grande incidence sur la communauté ».

Elle dit que l’école cherche des moyens pour développer son partenariat avec la Red Sea Development Company en aidant à former la prochaine génération de chefs saoudiens.

« J’ai hâte que leurs étudiants suivent des cours dans notre école», renchérit-elle.

Le Red Sea Project est un plan pour une station de tourisme durable sur 28 000 kilomètres carrés. Il devrait être achevé d’ici à 2030. (Photo fournie/Red Sea Development Company)
Le Red Sea Project est un plan pour une station de tourisme durable sur 28 000 kilomètres carrés. Il devrait être achevé d’ici à 2030. (Photo fournie/Red Sea Development Company)

Zadk, qui a également établi un partenariat distinct avec la Culinary Arts Academy en Suisse, a pour objectif de promouvoir la scène gastronomique saoudienne et de s’assurer qu’elle répond aux normes internationales.

« Notre mission est de mettre en place la meilleure école culinaire d’Arabie saoudite, d’en faire une plate-forme de changement social et de permettre aux étudiants de se familiariser avec les cuisines internationales et saoudiennes », explique-t-elle.

« Notre objectif est de permettre à nos étudiants de répandre la cuisine et le patrimoine saoudiens partout dans le monde.»

C’est précisément ce type de diplomatie culinaire que la Red Sea Development Company veut offrir aux visiteurs en Arabie saoudite afin qu’ils puissent la savourer et l’apprécier d’ici à 2030, lorsque le Red Sea Project sera achevé.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


«Si le Liban echoue, cela impactera sur la région et sur l'Europe», déclare Haneen Sayed, ministre des Affaires sociales, à Arab News

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  • Haneen Sayed avertit que la guerre et les déplacements risquent d'accélérer l'effondrement institutionnel et le déclin économique du Liban
  • Beyrouth appelle à un cessez-le-feu et à un soutien mondial pour reconstruire l'autorité de l'État et contenir l'influence du Hezbollah

NEW YORK CITY : Haneen Sayed, ministre libanaise des Affaires sociales, a profité de sa visite à New York et à Washington cette semaine pour souligner le besoin urgent de renforcer les institutions de l'État alors que le pays est confronté aux pressions combinées de la guerre, des déplacements massifs de population et de la pression économique.

Elle a déclaré que le renforcement de l'État libanais, de l'armée aux services sociaux, est essentiel non seulement pour répondre à la crise humanitaire immédiate, mais aussi pour restaurer la confiance du public et prévenir toute nouvelle érosion institutionnelle à un moment critique.

Mme Sayed a également souligné l'importance des pourparlers directs entre le Liban et Israël qui auront lieu cette semaine à Washington et qui visent à obtenir un cessez-le-feu entre Israël et la milice du Hezbollah soutenue par l'Iran, affirmant que l'arrêt de la violence est une première étape nécessaire pour rendre les négociations viables.

S'adressant à Arab News au siège des Nations unies à New York avant de participer aux réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, M. Sayed a décrit l'ampleur de la crise à laquelle le Liban est confronté.

"Lorsque le Hezbollah a décidé de lancer six missiles sur la frontière (israélienne) le 2 mars, ce qui nous a entraînés dans cette guerre, notre économie ne s'était pas encore rétablie", a-t-elle déclaré.

"Notre secteur financier et les réformes que nous avons entreprises l'année dernière en tant que gouvernement n'ont pas encore porté leurs fruits. Au niveau régional, nos partenaires du Golfe font face à leurs propres défis et, au niveau mondial, les financements sont en baisse depuis deux ans.

"Nous comprenons les contraintes, mais notre message à la communauté internationale est que le Liban ne peut pas échouer : en tant que pays, en tant que gouvernement ou en tant qu'idée. L'échec du Liban aurait des conséquences pour ses voisins, la région et même l'Europe."

Le 2 mars, le Hezbollah a lancé des roquettes et des drones sur le nord d'Israël en représailles à l'assassinat par les États-Unis et Israël du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 28 février. Israël a répondu par une nouvelle offensive aérienne et terrestre contre le Liban.

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Un volontaire de la Croix-Rouge libanaise inspecte les dégâts subis par ses véhicules de secours sur le site d'une attaque de drone israélien, le 13 avril. (AFP)


Les perspectives de paix restent incertaines après qu'Israël a déclaré le 11 avril qu'il ne discuterait pas d'un cessez-le-feu avec le Hezbollah lors des discussions avec les responsables libanais à Washington, selon les médias.

À ce jour, le conflit a fait plus de 2 000 morts, plus de 6 500 blessés et plus d'un million de personnes déplacées à travers le pays, selon les autorités libanaises.

M. Sayed a vivement critiqué le rôle du Hezbollah dans le conflit et son impact plus large sur le pays. "Le Hezbollah est un groupe armé dont les activités sont illégales", a-t-elle déclaré.

"Je ne crois pas que le Hezbollah ait réussi à défendre le pays et son peuple. Il n'a fait qu'apporter la dévastation à son peuple, à son pays.

Ces propos ont été tenus alors que le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a appelé le gouvernement libanais à annuler les pourparlers directs avec Israël à Washington, les qualifiant d'"inutiles" et d'une forme de "soumission et de capitulation".

Il a également promis que le Hezbollah poursuivrait ses opérations militaires et ne rendrait jamais ses armes, affirmant que le groupe se battrait "jusqu'à son dernier souffle" et qu'il était prêt à une confrontation prolongée.

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Environ 85 % des personnes déplacées ne se trouvent pas dans des abris officiels. (AFP)



La réponse de M. Sayed à cette menace reflète une réalité difficile mais inéluctable. Nous ne nous attendions pas à ce que Naim Qassem vienne nous dire : "D'accord, nous allons nous asseoir à la table avec vous", a-t-elle déclaré.

"Et bien sûr, il y a un facteur externe majeur, à savoir les soutiens du Hezbollah, y compris l'Iran, et cela se joue sur un autre front. Je pense que les décisions ne sont pas prises uniquement par le Hezbollah lui-même.

Il y a, en quelque sorte, un "grand frère" qui prend ces décisions, ce qui est préjudiciable à notre pays. Nous espérons que cette question sera abordée dans le cadre d'un accord régional plus large.

La priorité du Liban reste le renforcement de l'État lui-même, a-t-elle déclaré. "Il faut du temps et de la patience, et maintenir le cap en voulant ce qu'il y a de mieux pour le pays.

"Nous voulons une armée forte. Si l'armée libanaise est en mesure de protéger les citoyens, c'est ce que nous voulons, plutôt qu'une faction armée, qui n'a pas réussi à protéger les gens. Elle a semé la dévastation sur son propre territoire".

M. Sayed a également souligné que l'État devait être le principal fournisseur de services et de sécurité. "Les gens ont besoin d'être rassurés sur la présence de l'État et sur le fait qu'en fin de compte, seul l'État peut vraiment les protéger.

Elle a ajouté que le renforcement des capacités de l'État doit aller de pair avec le soutien international, car le Liban est confronté à des pressions à la fois sécuritaires et sociales. Ces pressions ont alimenté les craintes d'instabilité interne.

Si Mme Sayed s'est déclarée convaincue que le Liban pourrait éviter un retour à la guerre civile, elle a néanmoins reconnu la pression qu'elle subit. "Pour être honnête, nous sommes à bout de souffle", a-t-elle déclaré. "On ne peut pas s'en cacher, et toutes les communautés sont anxieuses.

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Une pelleteuse dégage les décombres d'un bâtiment dans le quartier de Hay al-Selloum à Beyrouth, visé par une frappe israélienne. (AFP)
 


Elle a expliqué qu'elle se rendait régulièrement dans des abris pour personnes déplacées et qu'elle était témoin des difficultés croissantes. "On voit le désespoir sur les visages des mères, les maris et les fils assis dans les abris, attendant que quelque chose se passe.

Selon elle, l'aggravation des conditions pourrait intensifier la pression sur des communautés déjà fragiles, d'autant plus que la plupart des personnes déplacées ne sont pas dans des abris formels mais restent dans des communautés d'accueil ou comptent sur des économies qui s'épuisent rapidement.

La situation humanitaire est gérée sous une forte pression financière. Le Liban a lancé un appel d'urgence de 308 millions de dollars auprès des Nations unies, mais n'a reçu qu'à peine 30 % des fonds nécessaires.

"Nous sommes déjà dans le deuxième mois, et nous ne savons pas exactement où cela va nous mener", a-t-elle déclaré.

Elle a souligné la nécessité d'un soutien urgent en matière d'abris, de nourriture, d'eau et de services d'assainissement, notant que les municipalités sont également soumises à une forte pression alors que les systèmes d'infrastructure luttent pour absorber l'impact des déplacements massifs.

Environ 85 % des personnes déplacées ne sont pas dans des abris formels - elles vivent avec des proches, louent un logement ou comptent sur leurs économies.

"Ces économies s'épuiseront si la guerre se prolonge", a-t-elle averti, ajoutant que l'économie libanaise, déjà fragile, pourrait voir sa croissance récente s'inverser si le conflit se poursuit.

"L'économie se contracte et les 5 % de croissance atteints en 2025 pourraient être effacés en quelques mois. Si la guerre se poursuit pendant l'été, période où le Liban reçoit habituellement des envois de fonds et des activités touristiques, la contraction de l'économie devrait s'aggraver de manière significative."


Les services municipaux des régions accueillant des populations déplacées, notamment Beyrouth, Sidon et le Mont-Liban, sont particulièrement sollicités, avec une demande accrue d'eau, d'électricité et de services de gestion des déchets.

Malgré la crise, M. Sayed a déclaré que le renforcement des institutions de l'État était une priorité essentielle. "Les institutions de l'État sont encore plus importantes aujourd'hui, c'est une priorité absolue", a-t-elle déclaré.

Elle a souligné que l'armée libanaise était une institution clé nécessitant un soutien, aux côtés des services publics tels que l'éducation et les programmes de protection sociale.

"Nous avons mis au point un programme très solide", a-t-elle déclaré, faisant référence aux transferts directs d'argent liquide conçus pour créer un lien plus fort entre les citoyens et l'État. "Le citoyen sait alors que c'est le gouvernement qui l'aide.

Elle a également souligné l'importance de maintenir la présence de l'État sur le terrain. "L'État est là, nous sommes là pour aider les gens", a-t-elle déclaré.

Mme Sayed a déclaré que la crise libanaise avait des implications plus larges au-delà des frontières du pays. "Le Liban ne peut pas échouer en tant que pays, en tant que gouvernement, en tant qu'idée", a-t-elle déclaré. "L'échec du Liban aura des conséquences ... pour les voisins, pour la région et même pour l'Europe.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a exhorté Israël et le Liban à saisir une "occasion historique" lors de l'ouverture mardi à Washington de pourparlers directs - les premiers depuis 1993 - afin de tracer la voie vers un cessez-le-feu et une stabilité à long terme.

Ces pourparlers interviennent alors que les États-Unis craignent que le conflit entre Israël et le Hezbollah ne déstabilise le fragile cessez-le-feu lié à l'impasse plus large avec l'Iran, après que la diplomatie avec Téhéran la semaine dernière n'a pas abouti à une percée.

Le Hezbollah a lancé des salves de roquettes simultanées sur 13 villes du nord d'Israël peu après le début des pourparlers, soulignant ainsi l'instabilité de la situation.

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Une boule de feu s'élève d'un bâtiment touché par une frappe aérienne israélienne dans la région d'Abbasiyeh, à la périphérie de la ville de Tyr, au sud du Liban, le 8 avril. (AFP)



Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré mardi qu'il était peu probable que les pourparlers aboutissent à une percée immédiate. "Personne ne s'attend à ce que ces pourparlers aujourd'hui résolvent tous les problèmes", mais il a souligné qu'ils pourraient contribuer à modifier des dynamiques de longue date.

Il a décrit un cycle dans lequel "le Hezbollah et Israël se sont toujours aidés mutuellement à déstabiliser le gouvernement libanais", les actions de chaque partie fournissant à l'autre une justification pour l'escalade.

Les opérations israéliennes, a-t-il dit, permettent au Hezbollah d'affirmer que "nous ne pouvons pas désarmer", tandis que les tirs de roquettes du Hezbollah donnent à Israël des raisons de mener de nouvelles attaques à grande échelle.

M. Guterres a souligné que le gouvernement libanais recherchait à la fois l'intégrité territoriale et "le monopole de l'usage de la force", ce qui implique le désarmement du Hezbollah, et a appelé à une évolution vers la coopération afin que le Liban ne soit plus "la victime" de ce cycle "négatif".

M. Sayed a déclaré qu'un arrêt immédiat de la violence était essentiel.

"Avant toute chose, nous avons besoin d'un cessez-le-feu. Nous devons arrêter les bombes qui nous tombent sur la tête", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'un cessez-le-feu rendrait également les négociations plus réalisables.

"J'espère qu'il y aura une désescalade et un cessez-le-feu. Je pense qu'en fin de compte, même pour les Israéliens, ce n'est pas dans leur intérêt. S'il y a un véritable conflit civil au Liban, cela ne fera qu'engendrer le chaos".

Le 8 avril, le Liban a été frappé par une importante vague de frappes aériennes israéliennes qui ont touché plusieurs zones, notamment Beyrouth, la banlieue sud, Sidon, Tyr et la vallée de la Bekaa, quelques heures seulement après l'annonce d'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et alors que le Hezbollah signalait une pause dans ses attaques.

Les frappes ont touché sans préavis des quartiers résidentiels et commerciaux très fréquentés, ont submergé les hôpitaux de blessés et ont fait au moins 350 morts et plus de 1 000 blessés, certains rapports libanais et internationaux faisant état d'un bilan encore plus lourd.

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Un volontaire de la Croix-Rouge libanaise inspecte les dégâts subis par ses véhicules de secours sur le site d'une attaque de drone israélien, le 13 avril. (AFP)


Certains Libanais craignent qu'Israël n'essaie délibérément d'attiser les divisions sectaires internes au Liban avec de telles attaques.

"C'est possible, c'est possible", a déclaré M. Sayed. "Je pense que ce qu'a fait Israël aurait pu facilement attiser les tensions. Mais heureusement, je fais confiance aux Libanais pour qu'ils voient plus loin. Il y a eu de la retenue et beaucoup de sympathie. Les communautés se sont rassemblées.

Elle a également répondu aux avertissements israéliens selon lesquels le Liban pourrait connaître le même sort que Gaza, en déclarant que la population libanaise est profondément consciente des risques, mais qu'elle s'efforce d'éviter l'escalade.

"Ces menaces, nous les avons entendues à maintes reprises de la part des Israéliens. Il faut prendre au sérieux ce que disent les Israéliens, surtout après ce qui s'est passé lors du 'mercredi noir' il y a une semaine. Ils ne s'arrêteront probablement pas là.

"Le peuple libanais se méfie donc et c'est pourquoi, en tant que gouvernement, nous avons pris des mesures. Le président a déclaré il y a plus d'un mois que nous étions prêts pour des négociations et des pourparlers directs, et c'est ce qui se passe.

"Espérons que ce sera le début d'un processus.

Mme Sayed a déclaré que le but ultime de sa visite était d'obtenir un soutien humanitaire et politique de la part de la communauté internationale - "l'assurance pour le peuple libanais que la communauté internationale est toujours à ses côtés".


Le Hezbollah a tiré une trentaine de roquettes sur le nord d'Israël mercredi matin 

Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
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  • Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah
  • "Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite

JERUSALEM: Les combattants du mouvement libanais Hezbollah ont tiré une trentaine de roquettes sur Israël à partir du Liban mercredi matin, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée israélienne.

Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah. A l'issue de ces discussions, Israël et le Liban ont accepté d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable, selon le département d'Etat américain qui accueillait la rencontre.

"Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite, allié de l'Iran.

 

 


Liban: frappe israélienne au sud de Beyrouth 

Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
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  • "L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle)
  • Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable.

"L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques.