Liban: malgré la grogne, les législatives devraient faire perdurer le statu quo

Les Libanais se rendent aux urnes le 15 mai pour renouveler les 128 députés du Parlement (Photo, AFP).
Les Libanais se rendent aux urnes le 15 mai pour renouveler les 128 députés du Parlement (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 11 mai 2022

Liban: malgré la grogne, les législatives devraient faire perdurer le statu quo

  • Ces élections sont les premières après un soulèvement populaire massif déclenché en octobre 2019 pour exiger le départ d'une classe politique accusée de corruption et d'incompétence
  • Mais cette classe politique, inchangée depuis des décennies, voit dans le scrutin une occasion pour se reproduire et consolider son profond enracinement

BEYROUTH: Les Libanais se rendent aux urnes le 15 mai pour renouveler les 128 députés du Parlement sur fond de crises multiples et aiguës, mais aucun changement majeur n'est attendu même si la classe politique est tenue pour responsable de l'effondrement économique, estiment des experts.

Ces élections sont les premières après un soulèvement populaire massif déclenché en octobre 2019 pour exiger le départ d'une classe politique accusée de corruption et d'incompétence.

Mais cette classe politique, inchangée depuis des décennies, voit dans le scrutin une occasion pour se reproduire et consolider son profond enracinement à la faveur d'un système politique basé sur le partage du pouvoir entre les communautés religieuses.

"Les élections marqueront la fin de ce qui a commencé en octobre 2019 et reproduiront le pouvoir en lui donnant une légitimité interne et internationale", estime Rima Majed, professeur en sociologie à l'Université américaine de Beyrouth (AUB). 

"Peut-être que des candidats de la contestation réaliseront des percées, mais je ne pense pas qu'il y aura un changement sur la scène politique", a-t-elle ajouté. 

«Exercice de loyauté»

Le pays est englué depuis 2019 dans une crise économique classée par la Banque mondiale comme la pire au monde depuis 1850, avec une dépréciation inédite de sa monnaie et une paupérisation de la population. L'explosion dévastatrice au port de Beyrouth en 2020 a encore aggravé la situation.

Profitant de l'absence de l'Etat, désormais incapable de fournir les services de base tels que l'électricité, les médicaments ou le carburant, la classe politique a activé ses réseaux de clientélisme communautaire traditionnel. 

"Plutôt qu'une évaluation de la performance des politiciens, ce scrutin sera un exercice de loyauté envers ceux qui fournissent (à la population) un minimum de services", souligne ainsi Mme Majed.

Certains candidats cherchent à gagner la faveur des électeurs en offrant des aides financières, du carburant et en payant les factures des hôpitaux.

Une approche qui pourrait s'avérer utile dans un contexte de crise profonde, d'autant plus que les candidats indépendants manquent d'expérience, de ressources et ne présentent pas un front uni, selon les experts.

Les candidats opposés à la classe politique auraient eu une possibilité de remporter "la moitié des sièges au Parlement" s'ils étaient unis, mais "la formation de listes concurrentes a déçu les gens et va disperser les votes", juge l'expert électoral Kamal Feghali.

Dans une enquête de l'ONG Oxfam en avril sur la participation électorale, 43,55% d'un échantillon de 4 670 personnes ont dit qu'elles s'abstiendraient. Plus de la moitié d'entre elles a justifié leur décision par l'absence "de candidats prometteurs".

«Relations familiales»

Dans un pays régi par un système confessionnel de partage du pouvoir, les liens familiaux jouent un rôle essentiel dans la détermination des choix et contribuent à la répression de toute tentative d'opposition.

L'enquête d'Oxfam a en effet montré qu'environ 40% des personnes interrogées sur les raisons pour lesquelles elles soutenaient les partis politiques traditionnels, le faisaient "par engagement envers ma famille".  

Les résultats des élections seront déterminés par "les liens familiaux, clientélistes et opportunistes" non pas par "l'humeur de la population", souligne Mme Majed.

Par ailleurs, les candidats indépendants font face à une pression croissante dans les fiefs des partis traditionnels, comme c'est le cas notamment dans les zones contrôlées par les mouvements chiites Hezbollah et Amal. 

Dans la Bekaa (Est), trois candidats chiites se présentaient sur une liste anti-Hezbollah mais ont retiré leur candidature en avril, malgré l'expiration du délai imparti pour le faire.

Cela crée "chez les électeurs le sentiment que tout changement sera rejeté, et peut entraîner une baisse de la participation ou une distorsion du comportement électoral", selon Oxfam.

A Beyrouth, Issam Ayyad, 70 ans, est persuadé que le changement est difficile à obtenir. "Nous ne pourrons pas apporter un changement", dit-il à l'AFP: "La solution au Liban viendra de l'étranger".


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.

 


L’Arabie saoudite en tête du classement de sécurité publique du G20

Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
  • 97,7 % des habitants déclarent se sentir en sécurité en marchant seuls la nuit

RIYAD: L’Arabie saoudite occupe la première place parmi les pays du G20 dans l’Indice de sécurité 2025, selon les données de la base des indicateurs des Objectifs de développement durable des Nations unies, publiées lundi par l’Autorité générale des statistiques du Royaume.

Les résultats indiquent que 97,7 % de la population se sent en sécurité en marchant seule la nuit dans son quartier, selon l’Agence de presse saoudienne (Saudi Press Agency).

Ils montrent également que 94,9 % des femmes, 97 % des citoyens saoudiens et 97,2 % des personnes âgées de 60 à 64 ans se sentent en sécurité en marchant seules la nuit dans les zones résidentielles.

Ces résultats soulignent les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité dans l’ensemble du Royaume, a ajouté la SPA. Ils s’inscrivent dans les initiatives visant à renforcer la sécurité, la stabilité et la qualité de vie dans les secteurs économique, alimentaire, environnemental, sanitaire, social, politique, intellectuel, technologique et de cybersécurité, conformément à la Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

L’Autorité générale des statistiques mène ses travaux selon une méthodologie unifiée basée sur le Statistical Business Process Manual, conforme aux normes statistiques internationales.

Dans un autre rapport, l’autorité a indiqué que 75,3 % de la population saoudienne a participé à des événements ou activités culturelles en 2025, reflétant une participation croissante à la vie culturelle dans le Royaume.

Ces données ont été publiées dans le cadre de l’initiative Raqam Saudi, qui met en avant les réalisations nationales, renforce la fierté nationale et les valeurs de citoyenneté, et souligne le rôle des statistiques officielles dans le suivi des progrès vers les objectifs de Vision 2030 et du développement durable. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com