Mohamed T. Khairullah, le maire de la petite ville de Prospect Park, dans le New Jersey, a déclaré mercredi dernier que les Américains arabes et musulmans devraient donner la priorité à l’engagement et à la réussite aux États-Unis plutôt qu’à la politique étrangère.
Le maire était l’invité de The Ray Hanania Show, une émission diffusée en direct sur l’Arab Radio Network aux États-Unis et sponsorisée par Arab News. Il se garde toutefois de laisser entendre que ce qui se passe au Moyen-Orient n’est pas important.
L’entrée de cet immigrant syro-américain sur la scène politique remonte au mois d’avril 2001. Mohamed T. Khairullah affirme que les Arabes et les musulmans pourraient être plus efficaces et aider les gens dans leurs pays s’ils réussissaient en tant que leaders aux États-Unis dans les communautés où ils vivent.
«Je suis très fier de mes origines et de la personne que je suis. Mais je pense que, lorsqu’il s’agit de politique, nous devons voter en tant qu’Américains. Nous devons voter en considérant les enjeux. Malheureusement, les communautés se font manipuler en fonction des ethnies. C’est une façon de diviser pour régner et nous devons aller au-delà de cela pour élire de bons politiciens qui garantiront le progrès de nos communautés locales et, surtout, de nos nations», déclare M. Khairullah.
«Ma position, en tant que maire, est politique. Lorsqu’on m’appelle pour me demander de m’adresser aux Arabes américains, je le fais sans aucune hésitation. Toutefois, quand je suis à la mairie, je ne parle pas des Arabes ou des musulmans, j’évoque les problèmes, et c’est exactement ce que nous devons faire. Cela ne m’empêche pas d’être arabe ou musulman ni de les motiver quand je me rends dans la communauté. Je veux écouter leurs problèmes. J’écoute les problèmes des Latinos, des Afro-Américains, etc. Mon succès est en partie dû aux coalitions que j’ai établies. Ces dernières donc sont extrêmement importantes pour notre communauté.»
M. Khairullah affirme que les Américains arabes et musulmans doivent être «pleinement engagés» dans tous les aspects de la vie des États-Unis, ce qui les aidera ensuite à faire la différence pour leur peuple à l’étranger.
«Nous devons être présents dans tous les aspects de la vie. Nous devons faire partie de syndicats. Nous devons être enseignants. Nous devons être infirmiers. Nous devons être policiers. Nous devons faire partie intégrante de la vie américaine. Si vous vivez aux États-Unis, vous devez faire partie de la société. Cela ne signifie pas que vous devez perdre votre identité, mais que vous devez faire partie de la société au sens large», explique M. Khairullah.
Il précise que sa famille a quitté la Syrie en 1980 lors du premier soulèvement contre l’homme fort du pays, Hafez al-Assad. Son grand-père était cheikh dans une mosquée locale. Il a été pris pour cible par le régime d’Al-Assad en raison de son militantisme. La famille s’est d’abord enfuie en Arabie saoudite, où elle a trouvé du soutien, avant d’immigrer aux États-Unis.
Il souligne qu’il s’est immédiatement engagé dans la vie active au sein de sa nouvelle communauté locale américaine, faisant du volontariat dans un hôpital et devenant plus tard pompier bénévole. Au mois d’avril 2001, après être devenu citoyen américain, M. Khairullah remporte un siège au conseil de Prospect Park, dans le New Jersey. En 2005, il est élu maire de cette petite ville et occupe toujours ce poste.
«J’étais engagé auprès de ma communauté. Les gens ont vu en moi la personne bénévole qui a mis sa propre vie en danger pour sauver des vies et des biens. Telle est, je crois, la clé de notre engagement au sein de nos communautés locales», poursuit M. Khairullah.
«Les gens devraient voir qui nous sommes véritablement en tant qu’individus plutôt que de se fier à ce que les médias racontent. C’est ce qui nous permet d’occuper une place importante au sein de nos communautés locales.»
M. Khairullah a été élu après les attentats terroristes du 11-Septembre menés contre les tours jumelles du World Trade Center, à proximité du New Jersey.
«Il faut être un citoyen du monde. L’une de mes devises est d’agir et de penser à l’échelle mondiale. Ce qui se passe dans le monde nous concerne indéniablement. Cela ne sert à rien de se comporter comme si on vivait dans sa propre tour. Ce qui se passe à travers le monde aura sans aucun doute une incidence sur nous», renchérit-il.
«Certes, il faut rester attaché à son héritage. Mais cela ne vous rend pas moins patriote que de servir la communauté locale.»
À la maison, les cinq enfants de M. Khairullah n’ont pas le droit de parler anglais. Il tient en effet à ce qu’ils renforcent leurs liens avec leurs origines arabes. Cependant, ils devraient, selon lui, s’engager pleinement dans la société américaine.
«Quelles contributions positives apportez-vous à votre communauté locale et à la société dans son ensemble? Quelle est l’empreinte que vous laisserez dans ce monde après votre départ? Avez-vous élevé de bons enfants au service de leurs communautés et de l’humanité?», s’interroge M. Khairullah.
«Lorsque j’ai été élu pour la première fois, il y a vingt et un ans, je pense que les responsables musulmans ou arabes se comptaient sur les doigts d’une main. Aujourd’hui, le New Jersey – l’un des plus petits États du pays en termes de superficie – compte probablement le plus grand nombre de représentants musulmans par rapport à n’importe quel autre État. Nous en avons plus de trente en ce moment. Nous venons de battre le record de représentants musulmans au Capitole.»
M. Khairullah affirme qu’une devise simple, mais importante, guide sa vie au quotidien.
«La politique est l’art de savoir qui obtient quoi, quand, comment et pourquoi. Vos impôts sont perçus par un gouvernement dirigé par des personnes qui représentent ou non vos valeurs», lance-t-il.
«Donc, si vous voulez des gens qui représentent vos valeurs, vous devez vous engager vous-même, voter ou vous présenter aux élections. Sinon, les représentants prendront des décisions qui ne vous plairont peut-être pas et tout ce que vous allez pouvoir faire, c’est vous en plaindre. Cela ne nous mènera nulle part.»
The Ray Hanania Show est une émission de l’Arab Radio Network des États-Unis sponsorisée par Arab News. Elle est diffusée sur WNZK AM 690 chaque mercredi à Détroit et sur WDMV AM 700 dans la capitale américaine, Washington, D.C. Elle est rediffusée les jeudis à 7 heures (heure de l’Est) sur WNZK AM 690 à Détroit et à midi sur WNWI AM 1080 à Chicago.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
"Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre, auquel ils appartiennent. En attendant, les discussions se poursuivent", a lancé le président américain lors d'une allocution aux Américains depuis la Maison Blanche.
"S'il n'y a pas d'accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément", a-t-il ajouté.
Lors de sa première allocution à la nation depuis les premières heures du conflit il y a un peu plus d'un mois, le président américain a vanté des victoires "décisives" et "écrasantes" obtenues par les Etats-Unis, réaffirmant que les frappes étaient nécessaires pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire.
Malgré tout, le locataire de la Maison Blanche a martelé que la fin du conflit n'était pas encore venue.
"Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre auquel ils appartiennent", a-t-il lancé.
Donald Trump a de nouveau menacé de s'en prendre aux infrastructures énergétiques iraniennes, affirmant qu'en l'absence d'accord, les Etats-Unis allaient "frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément".
Le président américain a également appelé les pays qui dépendent du détroit d'Ormuz à "s'occuper" de résoudre le blocage par l'Iran de cette voie maritime stratégique pour la distribution d'hydrocarbures à travers le monde.
Demandes "maximalistes"
Dans la matinée, il avait pourtant exclu toute trêve sans réouverture de détroit, dont le blocage déstabilise l'économie mondiale. Sans levée du blocus, l'Iran serait bombardé "jusqu'à l'anéantissement", avait-il averti.
La quasi-fermeture de ce passage maritime a entraîné une envolée des cours du pétrole, nourrissant la peur d'une inflation durable.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont réaffirmé mercredi que le détroit resterait fermé aux "ennemis" du pays.
Dans ce contexte, Londres a annoncé la tenue jeudi d'une réunion virtuelle impliquant une trentaine de pays prêts à garantir la sécurité dans le détroit une fois les hostilités terminées.
Avant son allocution, Donald Trump avait assuré sur son réseau Truth Social que son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, aurait réclamé "un CESSEZ-LE-FEU".
Des affirmations "fausses", a balayé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, qui a aussi démenti l'existence de négociations directes avec les Etats-Unis, et a qualifié les demandes de Washington de "maximalistes et irrationnelles".
Massoud Pezeshkian avait évoqué mardi une volonté "de mettre fin" à la guerre, mais il avait listé des exigences, comme des garanties de sécurité et des compensations financières.
Le Brent repart à la hausse
Portées par un espoir d'une désescalade, les Bourses européennes et Wall Street avaient terminé en hausse mercredi avant le discours de Donald Trump.
Mais après l'allocution, le baril de pétrole Brent -- référence mondiale -- est reparti à la hausse, au-delà des 105 dollars.
Les répercussions économiques du conflit continuent de se faire sentir dans le monde.
Dans un entretien à l'AFP, le directeur général de la Banque mondiale, Paschal Donohoe, s'est dit mercredi "très inquiet" des conséquences de la guerre, notamment "sur l'inflation, les emplois et la sécurité alimentaire".
Dans la journée de mercredi, les pays du Golfe ont été encore visés par des attaques iraniennes, comme aux Emirats, où un Bangladais a été tué.
Comme aussi en Israël, où l'armée a dit avoir contré des tirs de missiles depuis l'Iran dans la nuit de mercredi à jeudi, après une journée marquée par d'autres tirs qui ont fait 14 blessés près de Tel-Aviv.
Dans son allocution, Donald Trump a promis qu'il n'abandonnerait pas ces alliés du Golfe, nommément "Israël, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn".
"Vengeance"
De son côté, Israël a également poursuivi ses bombardements, avec une "vague de frappes de grande ampleur" à Téhéran.
De puissantes explosions ont retenti mercredi après-midi dans l'ouest de la ville, selon un journaliste de l'AFP.
Malgré les frappes, des milliers d'Iraniens ont assisté dans la capitale aux funérailles d'un commandant, tué par une frappe israélienne. "Vengeance", proclamait en anglais une pancarte tenue par un enfant.
Côté israélien, si le gouvernement a estimé qu'une partie de ses objectifs était atteint en portant "un coup" aux programmes nucléaires et balistiques iraniens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté: la "campagne n'est pas terminée".
Au Liban, le bilan d'un mois de frappes israéliennes s'élève désormais à plus de 1.300 tués, selon le gouvernement qui a fait état mercredi de sept morts dans la région de Beyrouth.
Le mouvement pro-iranien Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, dès le premier jour du conflit le 28 février.
Israël a averti qu'il prévoyait d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée.







