Cisjordanie: Charges policières lors des funérailles de Shireen Abu Akleh

La police israélienne affronte des personnes en deuil qui portent le cercueil de Shireen Abu Akleh, journaliste chevronnée d'Al-Jazeera, lors de ses funérailles à Jérusalem-Est, vendredi (Photo, AP).
La police israélienne affronte des personnes en deuil qui portent le cercueil de Shireen Abu Akleh, journaliste chevronnée d'Al-Jazeera, lors de ses funérailles à Jérusalem-Est, vendredi (Photo, AP).
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Publié le Samedi 14 mai 2022

Cisjordanie: Charges policières lors des funérailles de Shireen Abu Akleh

  • Au moins 13 personnes ont été blessées lors de ce raid
  • La police israélienne a fait irruption dans la foule en deuil devant l'hôpital français de Jérusalem, frappant les manifestants à coups de matraque

RAMALLAH: Les troupes israéliennes ont pris d'assaut le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie occupée, vendredi, arrêtant un membre recherché du groupe militant du Jihad islamique et démolissant sa maison.
Au moins 13 personnes ont été blessées lors de ce raid, qui a fait suite à des affrontements entre la police israélienne et des personnes en deuil, lors des funérailles de la journaliste chevronnée d'Al-Jazeera, Shireen Abu Akleh, à Jérusalem-Est.
Abu Akleh a été tué par balle en début de semaine alors qu'elle couvrait un raid militaire en Cisjordanie occupée. L'Autorité palestinienne a attribué sa mort à des tirs israéliens.
La police israélienne a fait irruption dans la foule en deuil devant l'hôpital français de Jérusalem, frappant les manifestants à coups de matraque et forçant les porteurs du cercueil à le baisser.
Des policiers masqués ont fait face à des dizaines de Palestiniens brandissant des drapeaux et scandant des slogans dans l'enceinte de l'hôpital Saint-Joseph, à Jérusalem-Est annexée par Israël.
Les officiers ont foncé dans la foule, repoussant le groupe portant le cercueil d'Abu Akleh contre un mur.
La police a lancé des grenades lacrymogènes et tiré des balles en caoutchouc sur les personnes en deuil, afin de les empêcher de hisser des drapeaux palestiniens au sein de la vieille ville.
Par le biais de haut-parleurs, un officier israélien a prévenu que l'hôpital serait pris d'assaut en quelques minutes si les slogans continuaient.
La police a imposé des conditions strictes pour l'enterrement, notamment l'interdiction de scander des slogans et de brandir des drapeaux.
L'armée israélienne a déclaré précédemment que son enquête initiale avait montré qu'une fusillade intense prenait place à environ 200 mètres de l'endroit où Abu Akleh a été tuée, mais qu'elle n'était pas en mesure de déterminer si elle avait été abattue par les forces israéliennes ou par des combattants palestiniens.
Israël a demandé une enquête conjointe avec l'Autorité palestinienne et la remise de la balle pour une analyse médico-légale afin de déterminer qui a tiré la balle fatale.
L'Autorité palestinienne a refusé l’initiative, affirmant qu'elle mènera sa propre enquête et en transmettra les résultats à la Cour pénale internationale, qui enquête déjà sur d'éventuels crimes de guerre israéliens.
L'administration américaine a également exhorté l'Autorité palestinienne à coopérer avec Israël dans le cadre de l'enquête, mais l'autorité a catégoriquement rejeté cette demande.
Un soldat israélien a succombé à ses blessures lors du raid mené vendredi près de Jénine.
Un grand nombre de soldats israéliens ont pris d'assaut le camp de Jénine tôt ce vendredi, déclenchant des affrontements armés avec des combattants palestiniens.
Les forces israéliennes ont fait exploser la maison de l'homme recherché, Mahmoud Al-Daba'i, du groupe militant du Jihad islamique. Quatre autres maisons civiles ont été bombardées.
Mohammed Al-Daba'i, le père de l'homme recherché, a confirmé que son fils avait été arrêté après que leurs maisons aient été prises pour cible.
Nabil Abu Rudeineh, porte-parole de la présidence palestinienne, estime que «l'attaque de Jénine s'inscrit dans la continuité de la guerre israélienne en cours contre notre peuple, coïncidant avec la politique de colonisation actuelle dans tous les territoires palestiniens, entraînant davantage de tension et d'escalade dont le gouvernement israélien porte l'entière responsabilité.»
Il a averti que «les événements à Jérusalem et dans le reste des territoires palestiniens prendront la situation vers une explosion globale qui ne pourra être contrôlée».
Abu Rudeineh a appelé les États-Unis à mettre fin aux attaques israéliennes, «qui font que la situation atteint le point de non-retour».
Ghassan Al-Khatib, un analyste politique palestinien, a déclaré à Arab News que les funérailles d'Abu Akleh ont montré au monde, par le biais d'une diffusion en direct, la tragédie et la souffrance quotidienne des Palestiniens aux mains des forces d'occupation.
«Pour la première fois, le monde a été informé en direct des attaques brutales et injustifiées des forces d'occupation israéliennes contre les Palestiniens. Même un civil chrétien décédé qui possédait la citoyenneté américaine n'a pas été épargné et a été soumis à ce stade de brutalité», a-t-il ajouté.
L'éminent journaliste palestinien Mohammed Daraghmeh, ami proche d'Abu Akleh, a déclaré à Arab News que les funérailles avaient alimenté à nouveau l'identité palestinienne de Jérusalem.
Daraghmeh a souligné qu'«il est interdit de hisser des drapeaux palestiniens à Jérusalem, mais les drapeaux ont été hissés, et une marée humaine en larmes lui a fait ses adieux, pour son dernier voyage. Les églises chrétiennes de diverses confessions ont fait sonner les cloches, et les mosquées ont effectué des prières pour elle, même si elle était chrétienne.»
«Les Palestiniens ont estimé que le fait de viser Abu Akleh avec des balles israéliennes est considéré comme une attaque contre leur propre voix, ils sont donc sortis pour exprimer leur colère face à cette atrocité», a-t-il ajouté.


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un groupe de défense des droits de l’homme appelle à la libération des détracteurs de la mauvaise gestion de la pandémie en Iran

Human Rights Watch (HRW) appelle à leur libération dans un contexte de répression plus large de l’activisme politique, menée par le régime de Téhéran. (Photo, AFP)
Human Rights Watch (HRW) appelle à leur libération dans un contexte de répression plus large de l’activisme politique, menée par le régime de Téhéran. (Photo, AFP)
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  • Cinq militants risquent jusqu’à quatre ans de prison pour avoir exercé leurs droits constitutionnels
  • Bien que le pays compte plus de 140 000 décès liés à la Covid-19, les autorités iraniennes ont d’abord interdit l’achat de vaccins produits aux États-Unis et en Grande-Bretagne

défense des droits de l’homme pour annuler la condamnation de cinq militants qui risquent jusqu’à quatre ans de prison pour avoir déposé une plainte contre la gestion par le gouvernement de la pandémie de Covid-19.

Mehdi Mahmoudian et Mostafa Nili ont été condamnés à quatre ans de prison chacun, et ont été interdits de paraître dans les médias pendant deux ans, tandis qu’Arash Keykhosravi, Mohammedreza Faghili et Maryan Afrafaraz ont été condamnés respectivement à des peines de deux ans, d’un an et de quatre-vingt-quinze jours.

Human Rights Watch (HRW) appelle à leur libération dans un contexte de répression plus large de l’activisme politique, menée par le régime de Téhéran.

Tara Sepehri Far, chercheuse sur l’Iran à HRW, estime que «le fait d’emprisonner des défenseurs des droits de l’homme pour avoir tenté de tenir le gouvernement pour responsable de sa gestion lamentable de la crise de la Covid-19 n’est malheureusement pas surprenant en Iran».

«Les autorités judiciaires iraniennes semblent plus soucieuses de protéger l’État de tout contrôle que de rendre justice aux gens ordinaires.»

Ces condamnations font suite à l’arrestation, en août 2021, de sept défenseurs des droits de l’homme, dont quatre sont des avocats, alors qu’ils se préparaient à déposer une plainte devant le tribunal en vertu du droit iranien pour dénoncer la mauvaise gestion de la réponse des autorités à la pandémie.

D’après l’article 34 de la Constitution iranienne, «le recours à la justice est un droit incontestable pour tout individu, et toute personne peut saisir les tribunaux compétents pour demander justice». De même, selon les articles 170 et 173, tout citoyen a le droit de porter plainte devant un tribunal lorsque les décrets et règlements gouvernementaux sont contraires aux lois et aux règlements islamiques.

Le groupe de travail national chargé de la lutte contre la pandémie a été spécifiquement identifié dans leur plainte, le ministre de la Santé et d’autres fonctionnaires étant également soumis à un contrôle de la part des militants.

Parmi les sept personnes arrêtées figuraient les avocats Leila Heydari et Mohammed Hadi Erfanian, qui ont tous les deux été libérés sans inculpation après quelques heures. Quant aux autres, ils ont notamment été accusés de «création d’un groupe illégal» et de «propagande contre l’État».

Mehdi Mahmoudian purge déjà une peine de quatre ans de prison à laquelle il a été condamné pour ce que HRW qualifie d’accusations «politiquement motivées» de «propagande contre l’État» et de «rassemblement et collusion pour agir contre la sécurité nationale».

Il a été inculpé pour son soutien aux victimes de la répression d’État, notamment pour avoir appelé à une veillée en hommage aux victimes de l’attentat perpétré par les Gardiens de la révolution iranienne contre le vol 752 de la compagnie Ukraine International Airlines en janvier 2020.

«Les défenseurs des droits de l’homme en Iran devraient pouvoir mener leurs activités pacifiques sans craindre les représailles de l’État», a ajouté Mme Sepehri Far. 

Bien que le pays compte plus de 140 000 décès liés à la Covid-19, les autorités iraniennes ont d’abord interdit l’achat de vaccins produits aux États-Unis et en Grande-Bretagne, choisissant plutôt de donner la priorité à la production d’un vaccin national et de la promouvoir grâce à d’importantes ressources gouvernementales.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Premier ministre égyptien demande à l'Algérie de faire progresser les relations politiques et économiques entre les deux pays

Le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli, tient actuellement des pourparlers avec des responsables algériens. (Fichier/AFP)
Le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli, tient actuellement des pourparlers avec des responsables algériens. (Fichier/AFP)
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  • Moustafa Madbouli est arrivé mercredi soir à l'aéroport international Houari Boumediene de la capitale algérienne
  • Le Premier ministre algérien, Ayman ben Abd al-Rahman, y a accueilli Madbouli

LE CAIRE: Le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli, tient actuellement des pourparlers avec des responsables algériens sur la progression des relations politiques et économiques entre les deux pays, au cours de sa visite de deux jours.

Madbouli, accompagné d’une délégation ministérielle de haut niveau, est arrivé mercredi soir à l'aéroport international Houari Boumediene de la capitale algérienne, pour présider la huitième session du comité supérieur conjoint entre les deux pays.

Le Premier ministre algérien, Ayman ben Abd al-Rahman, a souhaité la bienvenue à Madbouli et exprimé la fierté de l’Algérie d’entretenir des rapports solides avec l'Égypte, de même que son souci de renforcer la coopération avec ce pays.

La visite comprendra des rencontres avec de hauts responsables algériens, ainsi que la signature d'un certain nombre de protocoles d'accord entre les deux parties, notamment dans les secteurs du pétrole et du logement. Le Forum égypto-algérien des chefs d'entreprise se tiendra également afin d’examiner les opportunités d'investissement et de commerce existant dans les deux pays.

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a effectué une visite officielle en Égypte en janvier dernier, au cours de laquelle il a rencontré son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi.

Tebboune a déclaré que ses entretiens avec le président égyptien «offraient l’opportunité de promouvoir la coopération économique» ainsi que de faciliter les investissements entre les deux pays.

Au début de ce mois, l'Algérie et l'Égypte se sont mises d'accord sur la nécessité de transformer leurs relations historiques en «partenariats réciproques» dans le secteur pétrolier, lors des entretiens officiels virtuels tenus entre le ministre algérien de l'Énergie et des Mines, Mohammed Arkab, et le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Tarek el-Molla.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rare visite de parlementaires français à Gaza

Une délégation de sénateurs français s'est rendue jeudi dans la bande de Gaza, rare visite de parlementaires étrangers dans l'enclave palestinienne (Photo, AFP).
Une délégation de sénateurs français s'est rendue jeudi dans la bande de Gaza, rare visite de parlementaires étrangers dans l'enclave palestinienne (Photo, AFP).
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  • Les six sénateurs de la commission des Affaires étrangères ont visité dans le nord de Gaza une station d'épuration --un projet de l'Agence française pour le développement
  • En 2019, une délégation de députés membres du groupe d'amitié France-Palestine à l'Assemblée nationale s'était rendue à Gaza

GAZA: Une délégation de sénateurs français s'est rendue jeudi dans la bande de Gaza, rare visite de parlementaires étrangers dans l'enclave palestinienne gouvernée par le Hamas islamiste et sous blocus israélien depuis 2007.

Emmenée par Christian Cambon (LR), président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, la délégation a effectué la première visite sénatoriale depuis 2004 à Gaza, territoire palestinien auquel l'accès restreint par Israël nécessite des autorisations préalables pour des représentants étrangers.

"Je suis particulièrement heureux que nous ayons pu avoir cette autorisation de venir à Gaza, qui n'est pas une autorisation facile à obtenir", a déclaré M. Cambon à l'AFP.

"Ce qui nous a intéressés (...) ce n'est pas seulement d'être le porteur d'un message d'amitié mais aussi de toucher du doigt un certain nombre de réalisations car la France ne fait pas que tenir de belles paroles mais elle agit", a-t-il ajouté.

Les six sénateurs de la commission des Affaires étrangères, dont le déplacement d'une semaine en Israël et dans les Territoires palestiniens est axé sur la processus de paix, ont visité dans le nord de Gaza une station d'épuration --un projet de l'Agence française pour le développement (AFD).

Ils se sont également entretenus avec des responsables de l'Unrwa, agence onusienne d'aide aux réfugiés palestiniens, acteur fondamental dans l'enclave minée par la pauvreté, le chômage et les guerres.

En 2019, une délégation de députés membres du groupe d'amitié France-Palestine à l'Assemblée nationale s'était rendue à Gaza.

"Les parlementaires sont des gens qui ont une parole parfois plus libre que nos ministres, même parfois que nos diplomates et donc il faut se servir de cette liberté pour essayer d'explorer toutes les solutions qui doivent mener un jour à la paix", a affirmé M. Cambon dans les locaux de l'Institut français de la ville de Gaza.

Plus de 2,3 millions de Palestiniens vivent dans le bande de Gaza, où le Hamas, organisation jugée terroriste par l'Union européenne, et Israël se sont livré quatre guerres depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes en 2007.

La délégation, composée de Pierre Laurent (PCF), Sylvie Goy-Chavent (LR), Nicole Duranton (LREM), Guillaume Gontard (EELV) et Olivier Cigolotti (UC), doit rencontrer vendredi le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh, en Cisjordanie occupée. Elle avait rencontré en début de semaine des parlementaires et des responsables israéliens.