Livraisons d'armements: Kouleba salue le «précédent» créé par Berlin

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg (à droite, à l'écran) donne une conférence de presse avec la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock à l'issue d'une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN sur le conflit en Ukraine le 15 mai 2022 à Berlin. (AFP)
Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg (à droite, à l'écran) donne une conférence de presse avec la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock à l'issue d'une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN sur le conflit en Ukraine le 15 mai 2022 à Berlin. (AFP)
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Publié le Dimanche 15 mai 2022

Livraisons d'armements: Kouleba salue le «précédent» créé par Berlin

  • Sur l'obtention par l'Ukraine du statut de candidat à l'entrée dans l'Union européenne, le ministre ukrainien des AE a appelé Berlin à jouer un rôle moteur en ce sens
  • Pendant sa visite en Allemagne, M. Kouleba a participé à une réunion des ministres des affaires étrangères du G7

BERLIN: Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba s'est félicité dimanche du "précédent" créé par la décision de l'Allemagne de fournir de premières armes lourdes à Kiev, dans une vidéo postée sur son compte Facebook.


"Le jour où je suis arrivé à Berlin, il y avait une formation pour des soldats ukrainiens à l'utilisation d'artillerie automotrice allemande de 155 mm de calibre", a déclaré M. Kouleba, à l'issue d'une visite de quatre jours à Berlin. "Bientôt, ces Howitzer automoteurs frapperont l'ennemi. Un précédent a été créé. L'obstacle psychologique (à la fourniture d'armes lourdes à l'Ukraine) a été surmonté", a-t-il estimé.


Le ministre ukrainien s'est aussi réjoui de l'évolution de la position de Berlin quant à sa dépendance aux hydrocarbures russes.


"Nous avons beaucoup parlé d'un embargo sur le gaz" russe, a souligné M. Kouleba, et "mon impression est que la décision politique fondamentale quant au fait que la dépendance allemande est un énorme problème et qu'il faut y mettre fin, cette décision a été prise".


Sur l'obtention par l'Ukraine du statut de candidat à l'entrée dans l'Union européenne - sur laquelle les 27 Etats-membres, divisés, doivent statuer en juin - il a appelé Berlin à jouer un rôle moteur en ce sens. 


"Le choix des élites allemandes est très simple: soit vous prenez la tête de ce processus et vos noms resteront gravés dans l'histoire de l'Europe, soit cela aura lieu de toutes façons, mais sans votre leadership".


Pendant sa visite en Allemagne, M. Kouleba a participé à une réunion des ministres des affaires étrangères du G7 (Allemagne, France, Italie, Canada, Etats-Unis, Japon et Royaume-Uni) à Wangels.


Samedi, en marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Otan, il a rencontré à Berlin le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.


Le chef de la diplomatie américaine a à cette occasion souligné à nouveau "l'engagement durable des Etats-Unis pour la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine face à la guerre non provoquée de la Russie", selon le porte-parole du département d'Etat Ned Price.


Les deux hommes ont également discuté des "solutions" possibles pour exporter des céréales ukrainiennes malgré le blocus des ports ukrainiens par la flotte russe en mer Noire. 


Ce blocage de la production agricole ukrainienne, grand exportateur de céréales, menace d'accroître l'insécurité alimentaire de nombreux pays, notamment africains. 


Thaïlande: une fusillade dans une crèche fait «au moins 30 morts» dont 23 enfants

Le bilan de la fusillade est monté à «au moins 30 morts», dont 23 enfants. (AFP)
Le bilan de la fusillade est monté à «au moins 30 morts», dont 23 enfants. (AFP)
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  • La police a lancé un avis de recherche pour retrouver le principal suspect, un ancien policier âgé de 34 ans, en fuite, en possession d'un fusil, d'un pistolet et d'un couteau
  • Le bilan de la fusillade est monté à «au moins 30 morts», dont 23 enfants

BANGKOK: Le bilan de l'attaque contre une crèche dans le nord de la Thaïlande, à Na Klang, est monté à "au moins 30 morts", dont 23 enfants, a indiqué jeudi un colonel de police de la province de Nong Bua Lamphu.

La police a lancé un avis de recherche pour retrouver le principal suspect, un ancien policier âgé de 34 ans, en fuite, avec un fusil, un pistolet et un couteau en sa possession.

L'attaque a commencé à 12h30 locale (06h30 GMT) dans une crèche, avant que l'assaillant ne prenne la fuite en voiture et percute plusieurs piétons, selon le colonel Jakkapat Vijitraithaya.

Les enfants tués ont entre deux et trois ans, a-t-il indiqué.

Une fusillade perpétrée par un officier de l'armée, qui s'était disputé avec un supérieur, s'était produite en février 2020 en Thaïlande dans un centre commercial de Nakhon Ratchasima, faisant 29 morts.


Argentine: l'urgente quête des identités «volées» sous la dictature

Les membres des Grands-mères de la Place de Mai se réunissent à Buenos Aires le 19 décembre 2011, alors que le Congrès argentin reconnaissait le groupe de défense des droits à l'occasion de son 35e anniversaire. (AFP)
Les membres des Grands-mères de la Place de Mai se réunissent à Buenos Aires le 19 décembre 2011, alors que le Congrès argentin reconnaissait le groupe de défense des droits à l'occasion de son 35e anniversaire. (AFP)
Les membres des Grands-mères de la Place de Mai se réunissent à Buenos Aires le 19 décembre 2011, alors que le Congrès argentin reconnaissait le groupe de défense des droits à l'occasion de son 35e anniversaire. (AFP)
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  • Sous la dictature militaire (1976-1983), un peu moins de 500 enfants ont été «appropriés», nés d'une mère détenue puis disparue, et donnés à un foyer souvent ami du régime
  • Depuis, 130 cas ont été «résolus» --c'est-à-dire l'identité originelle de l'enfant restituée-- souvent en d'émouvantes retrouvailles, parfois après la mort. Mais rien, aucune «restitution», depuis juin 2019

MORON: Les "Grands-mères" de la Place de Mai s'éteignent l'une après l'autre, les souvenirs -et les doutes- s'enfouissent,et le temps presse : en Argentine la quête, toujours délicate, de l'identité d'enfants "volés" sous la dictature, reprend depuis peu alors que les restitutions se raréfient.

Le doute, ce peut être cette dissemblance physique d'avec ses parents, qui avec le temps a fini par interpeller. Cette absence dans l'album-photos de la grossesse de sa mère, ou ces trous dans le récit familial. Le déclic, c'est parfois le décès d'un parent, parfois sa propre paternité, maternité, qui fait réaffleurer le doute : "Je viens de donner la vie, mais ma vie à moi vient d'où ?"

"Ils viennent à nous dans divers états, avec cette +chaîne de doutes+, ils ont porté une charge de silence pendant 20 ans, parfois plus, sans en parler à personne, même pas leur conjoint. Certains ont pris rendez-vous plusieurs fois, et finalement ne sont pas venus", explique à l'AFP Laura Rodriguez, de la jeune génération de l'organisation "Abuelas" qui regroupait à l'origine ces grands-mères d'enfants "volés" à leurs filles ou fils sous la dictature.

Aussi Abuelas multiplie depuis quelques semaines des sessions dites d'"approche spontanée", les décentralise dans la vaste province de Buenos Aires. Pour aller à la rencontre, au plus près, de ceux auxquels ce pas coûte. Il n'est jamais facile de venir dire qu'"+on n'est pas sûr d'être qui on nous a toujours dit qu'on était+", excuse Laura.

Sous la dictature militaire (1976-1983), un peu moins de 500 enfants ont été "appropriés", nés d'une mère détenue puis disparue, et donnés à un foyer souvent ami du régime, dans un curieux mélange de service à une famille voulant un enfant et de délire de voir élever un être "bien pensant" politiquement.

«Saut dans le vide»

Depuis, 130 cas ont été "résolus" --c'est-à-dire l'identité originelle de l'enfant restituée-- souvent en d'émouvantes retrouvailles, parfois après la mort. Mais rien, aucune "restitution", depuis juin 2019. La faute en grande partie à la pandémie, qui a tari les contacts, les recherches.

Dans la province de Buenos Aires, plus de 600 "présentations spontanées" étaient ainsi reçues par an vers 2012-14, chiffre tombé à 250 -et tout en virtuel- en 2020. Et six "Grands-mères" sont décédées durant les années Covid.

Aussi Moron, à 40 km de Buenos Aires, accueille une de ces sessions  --une demi-douzaine sont prévues sur les semaines à venir-- où Abuelas, et Defenseur du peuple, vont au contact, invitent, incitent, quiconque aurait des doutes sur son identité à venir s'exprimer.

Car parler n'est pas facile. "C'est un saut dans le vide", insiste Guillermo Amarilla Molfino, "petit-fils N.98" qui a lui-même mis des années à verbaliser, puis récupérer son identité, sa fratrie, en 2009 après un long processus. Il dispense à présent des conseils à l'équipe qui va accueillir en présentiel des quadra, quinquagénaires, nés dans cette fourchette fin des années 70-début des 80. Et qui "doutent".

"Il y a beaucoup de craintes, il y a une culpabilité, cette culpabilité qui nous fait taire : +pourquoi je doute de mes parents, pourquoi je trahis ceux qui m'ont donné à manger, un toit ?", poursuit-il. "Il y a le silence qui parfois devient un allié avec lequel on vit". Et venir parler  "c'est comme +remettre sa vie+" à quelqu'un.

D'où l'importance du doigté, de qui va recueillir ces doutes, en tête-à-tête. Equilibrisme entre une écoute empathique et le "devoir, pas forcément agréable, de doucher les espoirs, trier ce qui est une information fiable dans ce que nous dit la personne, et ce qui relève du récit qu'elle a commencé, seule, à se tisser", pose patiemment Luciano Lahiteau, Défenseur des droits.

Je doute, donc je suis 

La quête, poursuit-il, emprunte ensuite un protocole établi : stricte confidentialité bien sûr, prise de toute donnée, document, acte, dont dispose cette personne, croisement avec les données de la "grande" histoire, registres récupérables, état-civil, hôpitaux, témoignages ou éléments émergés lors de procès de militaires.

Puis, s'il y a "présomption", un prélèvement ADN est proposé, croisé avec la Banque nationale de données génétiques, qui détient une grande partie -pas tous- des ADN des familles recherchant un enfant "approprié" sous la dictature.

"Quand on en retrouve un, c'est le gros lot à la loterie !", convient Laura Rodriguez. "Mais on se conçoit comme travaillant dans un +univers plus vaste+". Qu'ils soient enfants adoptés, illégitimes, confiés, "on reçoit énormément de gens qui ne sont pas fils de disparus. Et on s'assure d'accueillir, d'aider de la même façon, donner les outils, à quiconque fait ce pas" d'exprimer son doute sur sa vraie identité.


Grèce: au moins 15 morts dans le naufrage d'une embarcation de migrants

La Grèce a connu cette année une augmentation du trafic migratoire, les passeurs empruntant souvent la route la plus longue et la plus périlleuse au sud du pays. (AFP)
La Grèce a connu cette année une augmentation du trafic migratoire, les passeurs empruntant souvent la route la plus longue et la plus périlleuse au sud du pays. (AFP)
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  • Les corps de 15 femmes apparemment d'origine africaine ont été repêchés à l'est de l'île de Lesbos, voisine des côtes turques en mer Egée, après que leur embarcation a sombré
  • Neuf autres femmes ont pu être secourues mais 14 autres personnes sont portées disparues, une quarantaine de personnes se trouvaient à bord de l'embarcation au moment du drame

ATHENES: Au moins 15 personnes sont mortes et une trentaine d'autres portées disparues en Grèce dans le naufrage de deux embarcations de migrants, poussées par des vents violents, ont annoncé jeudi les gardes-côtes grecs.

Les corps de 15 femmes apparemment d'origine africaine ont été repêchés à l'est de l'île de Lesbos, voisine des côtes turques en mer Egée, après que leur embarcation a sombré, a indiqué un porte-parole des garde-côtes, Nikos Kokkalas, sur la chaîne de télévision publique ERT.

Neuf autres femmes ont pu être secourues mais 14 autres personnes sont portées disparues, a-t-il ajouté, en précisant qu'une quarantaine de personnes se trouvaient à bord de l'embarcation au moment du drame. "Les femmes étaient complètement paniquées", a-t-il décrit.

Quelques heures plus tôt, les autorités avaient fait état de disparus après le naufrage d'une autre embarcation, un voilier transportant quelque 95 personnes, cette fois-ci au large de l'île de Cithère, proche de la péninsule du Péloponnèse.

A la nage 

Certains des survivants ont pu rejoindre la côte à la nage, et une opération combinée mobilisant des navires en mer et les services de pompiers et de police à terre a permis de retrouver 80 personnes.

Le voilier a coulé près du port de Diakofti. Il a été "complètement détruit", selon M. Kokkolas.

Aucune précision n'a été fournie quant à la nationalité des naufragés.

Dans la région de Cithère, les vents atteignaient 102 km/h, ont indiqué les garde-côtes.

La Grèce a connu cette année une augmentation du trafic migratoire, les passeurs empruntant souvent la route la plus longue et la plus périlleuse au sud du pays.

Les embarcations de fortune partent du Liban, et non plus de la Turquie, pour contourner les patrouilles en mer Égée et tentent de rejoindre l'Italie.

Les garde-côtes ont assuré avoir secouru quelque 1.500 personnes au cours des huit premiers mois de l'année, contre moins de 600 en 2021.

La traversée périlleuse de quelques milles nautiques entre les îles grecques, porte d'entrée dans l'Union européenne, et les côtes turques en mer Egée, située en Méditerranée orientale, coûte la vie à de nombreux migrants et réfugiés qui tentent la traversée à bord d'embarcations de fortune pour fuir guerres et misère.

Depuis janvier 2022, 64 personnes ont péri en tentant de passer en Europe depuis les côtes turques proches, contre 111 pour l'ensemble de l'année 2021, selon les données de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

En décembre dernier, au moins 30 personnes ont péri dans trois naufrages distincts de bateaux de migrants en mer Égée. Mais les données précises sont difficiles à établir car certains corps ne sont jamais repêchés ou sont retrouvés sur le rivage des semaines plus tard.

Accusations 

Athènes accuse Ankara de fermer les yeux sur les pratiques des passeurs et de laisser des migrants venir en Grèce en violation de l'accord de mars 2016 qui prévoyait un effort de la Turquie pour limiter les départs de réfugiés et migrants depuis son territoire.

La Turquie nie ces accusations.

De son côté, la Grèce est pointée du doigt par des ONG et des médias pour ses responsabilités dans des refoulements illégaux et souvent violents à ses frontières maritimes et terrestres.

Le gouvernement conservateur grec a toujours démenti ces refoulements vers la Turquie, contraires au droit international, malgré les enquêtes sérieuses et documentées menées par des médias internationaux et des ONG.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé la Grèce de transformer la mer Egée en "cimetière" avec "ses politiques oppressives". Le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, lui a rétorqué que la Turquie poussait les migrants "avec violence" vers les eaux territoriales grecques "en violation du droit international".