La veuve d’un photographe assassiné par Kadhafi demande à localiser le corps de son mari

Anton Hammerl et sa femme Penny Soukhraj-Hammerl. (Photo fournie)
Anton Hammerl et sa femme Penny Soukhraj-Hammerl. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 21 mai 2022

La veuve d’un photographe assassiné par Kadhafi demande à localiser le corps de son mari

  • Anton Hammerl, basé au Royaume-Uni, a été tué en Libye par les forces prorégime en 2011
  • Sa veuve, Penny Soukhraj-Hammerl, affirme que le gouvernement sud-africain n'a pas précisé comment il a obtenu le passeport de son mari décédé

LONDRES: La veuve d'un photographe basé au Royaume-Uni, assassiné en Libye par les forces du colonel Kadhafi en 2011, exhorte le gouvernement sud-africain à divulguer des informations qu'elle juge cruciales pour localiser le corps de son mari.

Anton Hammerl a été emprisonné pendant quarante-quatre jours avant d'être tué lors de l'incident de mai 2011 ayant entraîné l'enlèvement de James Foley, qui a ensuite été décapité par Daech. Malgré une campagne de plusieurs années menée par la veuve du photographe Penny Soukhraj-Hammerl, le corps de son mari n'a jamais été retrouvé.

La veuve du photographe cherche à comprendre comment le passeport de Hammerl est tombé entre les mains du gouvernement sud-africain, qui l'a remis à Soukhraj-Hammerl. Celle-ci pense que la divulgation de ces informations aidera à localiser le corps du photographe.

«Le passeport a été envoyé par la poste à mon bureau, mi-2016. J'étais assez bouleversée car je ne m'y attendais pas», a-t-elle déclaré au Guardian, expliquant que son mari aurait porté sur lui dans une pochette qu’il avait autour de sa taille sa pièce d'identité au moment de sa mort.

Malgré des efforts répétés, notamment une demande d'accès à l'information, pour savoir comment l'Afrique du Sud est entrée en possession du passeport, le gouvernement a constamment bloqué les demandes, The Guardian affirmant que cela a conduit Soukhraj-Hammerl à rendre l’information publique.

«Cela fait près d'un an que je vous ai écrit pour la première fois, à vous et à votre gouvernement, pour demander une réunion concernant le cas de mon défunt mari... qui a été assassiné par les forces de Kadhafi en Libye en avril 2011», a-t-elle écrit à Nomatemba Tambo, haut-commissaire sud-africain à Londres, adressant une copie au président du pays, Cyril Ramaphosa, en début de semaine.

«Entre-temps, nous avons signalé publiquement et en privé à plusieurs reprises que nous aimerions les rencontrer d'urgence pour discuter d'une question préoccupante dans le traitement de notre dossier. Plus d'une décennie après la mort d'Anton, nous ne connaissons toujours pas l'emplacement de sa dépouille», a-t-elle écrit.

«Nous n’avons toujours pas de tombe sur laquelle nous recueillir. Nous ne connaissons toujours pas la vérité. Comme réponse de la part de votre administration, nous n’avons eu que le silence.»

«Je suis déconcertée par leur réaction. Ils n'ont montré aucune considération à notre demande d’obtenir des comptes. Nous avons demandé des rendez-vous qui n'ont pas été accordés. S'ils avaient des informations, ils auraient dû partager avec nous. Il y a tellement de fonctionnaires impliqués que j'ai du mal à croire que personne n’ait d’informations sur la manière dont le passeport a été remis», a-t-elle expliqué au quotidien britannique. 

L'ancien président sud-africain, Jacob Zuma, a laissé croire à la famille qu'il soulèverait la question lors d'une visite à Tripoli, dans les derniers jours du régime de Kadhafi en Libye, bien qu'il n'existe aucune preuve qu'il l'ait fait.

Zuma a ensuite été pris dans une série de scandales financiers – il est soupçonné d’avoir reçu 30 millions de dollars de Kadhafi, avec qui il entretenait une relation étroite, pour cacher l’argent en son nom.

Soukhraj-Hammerl a ajouté: «Nous demandons justice et vérité. Nous n'avons pas obtenu, en tant que famille, ce que nous aurions dû avoir. Cela a été vraiment pénible. C'est horrible de réaliser que le gouvernement sud-africain avait l'occasion de faire plus et a choisi délibérément de nous ignorer. «Nous avons le droit de savoir. Ils nous doivent une explication. C'est le moins qu'ils puissent faire.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com