Le pouvoir d'achat, «première des urgences» économiques pour l'exécutif

Les principales mesures de soutien sont déjà connues, ne manquait qu'une figure pour les porter: la première mission de Bruno Le Maire sera de répondre aux attentes persistantes sur le pouvoir d'achat. (AFP)
Les principales mesures de soutien sont déjà connues, ne manquait qu'une figure pour les porter: la première mission de Bruno Le Maire sera de répondre aux attentes persistantes sur le pouvoir d'achat. (AFP)
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Publié le Vendredi 20 mai 2022

Le pouvoir d'achat, «première des urgences» économiques pour l'exécutif

  • Ces injonctions sont lancées alors que l'inflation a continué à s'accélérer ces derniers mois: en avril, les prix à la consommation ont progressé de 4,8% sur un an d'après l'Insee
  • Quelque 26 milliards d'euros ont déjà été mis sur la table avant la présidentielle, répartis entre le «bouclier tarifaire» sur l'énergie et le plan de résilience face à la guerre en Ukraine

PARIS: Les principales mesures de soutien sont déjà connues, ne manquait qu'une figure pour les porter: la première mission de Bruno Le Maire, renommé à la tête d'un ministère  élargi de l'Economie et des Finances, qui englobe désormais aussi la Souveraineté industrielle et numérique, sera de répondre aux attentes persistantes sur le pouvoir d'achat.


"La première des urgences est celle des salaires et du pouvoir d'achat", ont d'ailleurs insisté huit syndicats de la fonction publique dans une lettre ouverte adressée mardi au président et à Elisabeth Borne, nommée la veille Première ministre.


"Je souhaite qu'il y ait une indexation des salaires sur l'inflation", a pour sa part proposé le député LFI François Ruffin la semaine dernière.


"Des réponses rapides pour (...) vivre dignement de son travail" ont enfin été réclamées mardi par Marylise Léon, dans un éditorial publié sur le site de la CFDT, qui ne s'était pas associée à la lettre ouverte.


Ces injonctions sont lancées alors que l'inflation a continué à s'accélérer ces derniers mois: en avril, les prix à la consommation ont progressé de 4,8% sur un an d'après l'Insee.


Une valse des étiquettes qui devrait réduire le pouvoir d'achat des Français de 1,5% au premier trimestre et de 0,5% au deuxième, selon la dernière note de conjoncture de l'Institut national de la statistique.

Calendrier

Dans ce contexte, le gouvernement n'a pas fait mystère des principales mesures de soutien à la consommation qu'il envisage: dégel du point d'indice des fonctionnaires, baisse des cotisations des indépendants, chèque alimentaire, revalorisation des retraites ou suppression de la redevance TV.


Reste à affiner le calendrier. A l'issue du dernier Conseil des ministres du gouvernement Castex, le porte-parole de l'exécutif Gabriel Attal a confirmé que ce paquet de mesures serait intégré à un budget rectificatif, présenté juste après les législatives (12 et 19 juin).


Une échéance plus lointaine qu'initialement annoncé, puisque le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie avait promis de déployer le chèque alimentation "dès après l'élection" d'Emmanuel Macron, réélu président fin avril.


Mi-mars, c'était la ministre de la Fonction publique Amélie de Montchalin qui s'était engagée à accorder une augmentation générale aux 5,7 millions de fonctionnaires "avant l'été".


"Après avoir dégainé 4 à 5 PLFR (Projet de loi de finance rectificative) en extrême urgence lors de la pandémie de Covid-19, on a un peu tendance à oublier le temps" nécessaire à l'élaboration de ce genre de texte, souligne auprès de l'AFP Lisa Thomas-Darbois, chercheuse à l'Institut Montaigne.


Le chèque alimentaire, dont la création avait été annoncée mi-décembre 2020 par Emmanuel Macron, semble particulièrement complexe à mettre en place. 


Par ailleurs, "les périodes de réserve (électorale) rendent certains travaux un peu compliqués", juge Lisa Thomas-Darbois, ancienne conseillère technique au ministère des Comptes publics.

Facture salée 

"On travaille toujours" sur l'élaboration du paquet de mesures, a indiqué Bercy à l'AFP mardi après-midi.


Aucun chiffrage précis du PLFR n'a pour l'heure été communiqué. Mais pas question de renouer avec le "quoi qu'il en coûte", a d'ores et déjà prévenu le gouvernement.


Quelque 26 milliards d'euros ont déjà été mis sur la table avant la présidentielle, répartis entre le "bouclier tarifaire" sur l'énergie et le plan de résilience face à la guerre en Ukraine.


Avec cette facture déjà salée, "il faut cibler très précisément" les mesures d'aide, a averti la semaine dernière le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.


"La difficulté de la situation actuelle repose sur le fait que la hausse des prix de l’énergie", principal moteur de l'inflation, "n’est pas due à une taxe dont on peut redistribuer ou réinvestir les recettes, mais à une tension sur les cours mondiaux qui n’engendre pas de bénéfices fiscaux", pointait fin avril l'économiste Hippolyte d'Albis.


"La compensation par l’État des ménages les plus modestes", frappés plus durement par l'inflation, "se fait donc en accroissant le déficit et la dette publique", soulignait dans sa note le président du Cercle des économistes.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".