Salma al-Rashid, ambassadrice sherpa du W20, défend l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes

«Nous vivons une période extrêmement excitante en Arabie saoudite», a déclaré Salma al-Rashid. (Photo Fournie)
«Nous vivons une période extrêmement excitante en Arabie saoudite», a déclaré Salma al-Rashid. (Photo Fournie)
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Publié le Mardi 20 octobre 2020

Salma al-Rashid, ambassadrice sherpa du W20, défend l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes

  • L’objectif est de veiller à ce que les considérations de genre soient fermement mises sur la table et incluses dans la déclaration des dirigeants du G20
  • « Nous devons nous assurer que les femmes sont représentées à tous les niveaux du processus décisionnel »

RIYAD: En 2018 et 2019, Salma al-Rashid a représenté l'Arabie saoudite au Women 20 (W20) – le groupe d'engagement officiel du Groupe des vingt (G20) sur les femmes – d'abord en Argentine puis au Japon. À présent, alors que Riyad se prépare à accueillir le sommet de 2020 en novembre, Salma al-Rashid est ravie d’avoir été nommée sherpa cette année. Elle a la charge d’entreprendre les travaux préparatoires de la conférence.

Depuis octobre 2019, Mme Al-Rashid est la chef du plaidoyer d’Al-Nahda Philanthropic Society for Women, une organisation caritative saoudienne qui défend l'autonomisation et la participation des femmes. À la tête de l'édition W20 à Riyad, Al-Nahda aidera à faciliter les discussions entre un réseau de délégués représentant des organisations non gouvernementales de femmes, des femmes entrepreneuses et des groupes de réflexion de tous les États membres du G20.  

L’objectif est de veiller que les considérations de genre soient fermement mises sur la table et incluses dans la déclaration des dirigeants du G20 sous forme de politiques et d’engagements qui favorisent l’égalité des sexes et l’autonomisation économique des femmes.

«Je prends la tâche de chef de la délégation et de sherpa très au sérieux», a déclaré Salma al-Rashid à Arab News à la veille du sommet. «J'ai la responsabilité de faire entendre la voix des Saoudiennes sous toutes leurs formes et expériences. Je sers de mécanisme pour projeter la voix des femmes saoudiennes dans ce forum mondial.»

Salma Al-Rashid a représenté l'Arabie saoudite au sommet du Women 20 (W20) d'abord en Argentine puis l'an dernier au Japon. (Photo Fournie)

Rappelant sa longue association avec Al-Nahda, Mme Al-Rashid explique qu'elle a toujours été passionnée par les questions sociales et de développement. «Tout au long de ma carrière, j'ai fermement cru qu'en bâtissant une culture mondiale et inclusive, où toutes les voix sont entendues, quels que soient l'âge, le sexe, la race, les croyances religieuses et l'affiliation politique, nous pouvons rendre le monde plus juste et plus équitable pour tous.» 

Al-Nahda, qui signifie «l'éveil», a été fondée en 1962 pour aider à autonomiser les Saoudiennes économiquement et socialement à travers des projets de développement ciblés. 

En tant que sherpa, Salma al-Rashid est responsable de la gestion opérationnelle du W20 de cette année, de son plaidoyer, de ses communications et du soutien global à la présidente saoudienne du W20, le Dr Thoraya Obaid. Elle apprécie l'occasion qui est donnée de rassembler diverses voix du monde entier dans un objectif commun.

«Le W20 de cette année nous a permis de créer un pont entre les discussions mondiales et locales qui est significatif, et parfois difficile, avec les différentes perspectives de divers secteurs de la communauté sur ce qui compte le plus pour les femmes, et sur la façon dont nous pouvons assurer leur autonomisation économique», explique Mme Al-Rashid. «Le W20 nous a donné l'occasion de contribuer au progrès local des femmes saoudiennes.»

Salma al-Rashid a commencé avec Al-Nahda en tant que volontaire. Elle a ensuite fondé un programme de service bénévole puis s'est tournée vers la gestion de programmes d'orientation académique et de développement de carrière pour donner aux jeunes filles issues de milieux défavorisés un coup de pouce sur la compétition et l’accès à une formation complémentaire. 

«Après cela, j'ai cogéré une campagne nationale pour améliorer l'éducation civique parmi les femmes et les hommes saoudiens lors des élections municipales de 2015, lorsque les femmes ont été autorisées à se présenter et à voter. C'était donc une étape importante dans ma carrière», poursuit-elle.

«Le W20 nous a donné l'occasion de contribuer au progrès local des femmes saoudiennes», déclare Salma al-Rashid. (Photo fournie)
«Le W20 nous a donné l'occasion de contribuer au progrès local des femmes saoudiennes», déclare Salma al-Rashid. (Photo Fournie)

L’intérêt de Salma al-Rashid pour le développement et les problèmes sociaux a commencé dès son plus jeune âge grâce à sa mère, elle-même membre d’Al-Nahda depuis plus de vingt-cinq ans.

«J'ai eu le privilège et l'expérience de connaître les réalités et les expériences des femmes saoudiennes», raconte-t-elle. «Enfant, je m'asseyais avec ma mère et j'écoutais simplement les conversations avec les travailleurs sociaux, les bénéficiaires, les dirigeants et les employés d’Al-Nahda.»

«J'ai grandi en écoutant les diverses expériences, luttes, défis et obstacles auxquels les femmes sont confrontées, quel que soit leur milieu socioéconomique. C’est probablement ce qui a déclenché ma passion.»

Avec une expérience aussi impressionnante dans le travail de défense des droits des femmes, Salma al-Rashid semblait la candidate évidente pour le rôle de sherpa. Nommée en décembre de l’année dernière, elle est ravie de voir tous les mois de planification et de discussion aboutir pour le prochain sommet.

«En collaboration avec nos délégués au G20, nous formulons des recommandations politiques concrètes et exploitables pour faire avancer davantage l'égalité des sexes dans les négociations du G20», explique-t-elle.

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«Nous n'avons pas ignoré cette pandémie qui a frappé durement les femmes», explique Salma al-Rashid. (Photo Fournie)

Avant le mois de janvier, dans le cadre du W20 de l’Arabie saoudite, nous avons réalisé une analyse interne. Nous voulions comprendre à quel point le W20 avait été efficace au cours des cinq dernières années et comment les efforts s’étaient reflétés au niveau du G20, en consultant en outre des organisations internationales et des experts que nous appelons “nos partenaires du savoir”», ajoute-t-elle.

Sur la base de cette analyse, les délégués ont établi le cadre de cette année. «Les délégués du W20 sont convenus que nous avons trois domaines d’intérêt principaux: l’inclusion financière des femmes, l’inclusion au travail et l’inclusion numérique. Chaque année, une présidence introduit un quatrième domaine d’intérêt. Nous voulions perpétuer l'héritage des présidences passées et nous appuyer sur leur travail.»

Cette année, la proposition de la présidence est de promouvoir un processus décisionnel inclusif, position convenue d’un commun accord par les 20 délégués du sommet. «Nous devons nous assurer que les femmes sont représentées à tous les niveaux du processus décisionnel», poursuit Mme Al-Rashid.

«Si nous observons le G20, nous avons une seule femme parmi les leaders du Groupe. Nous ne voyons pas beaucoup de femmes à des postes de direction, mais le W20 va au-delà. Il ne s’agit pas seulement d’avoir des femmes dans les conseils d’administration et en tant que PDG. Nous reconnaissons que le processus décisionnel est très complexe et qu'il comporte différentes étapes. Nous devons nous assurer qu'à chaque étape les femmes sont représentées et que la représentation est diversifiée.»

Le manque de femmes embauchées à des postes de direction est un défi permanent que la délégation du W20 souhaite voir aborder au G20. 

«Nous n'avons célébré que récemment la nomination de la première femme PDG de Citigroup. Et nous savons que Wall Street souffre de ne pas avoir assez de femmes. C'est donc un défi à travers le monde », confie Salma al-Rashid.

C’est un défi que l’Arabie saoudite relève ces dernières années avec une série de nouvelles réformes destinées à renforcer la participation et l’autonomisation des femmes.

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«Nous voyons beaucoup de réformes et de progrès à mettre en place pour encourager la participation des femmes au développement économique de l’Arabie saoudite», explique Salma al-Rashid (Photo Fournie)

«Nous vivons une période extrêmement excitante en Arabie saoudite», explique Mme Al-Rashid. «Nous voyons beaucoup de réformes et de progrès à mettre en place pour encourager la participation des femmes au développement économique de l’Arabie saoudite. L’un des objectifs de Vision 2030 est d’accélérer la représentation des femmes sur le marché du travail et aux postes de direction.»

«Nous avons célébré la nomination de la première ambassadrice saoudienne aux États-Unis, la princesse Reema benta Bandar, et un certain nombre de nominations de femmes dans les secteurs privé et public.»

«Sommes-nous déjà arrivées? Touchons-nous au but ? Pas encore. C'est un très long parcours, mais nous sommes sur la bonne voie.»

En raison de la pandémie mondiale de Covid-19, le sommet du G20 et tous les groupes d'engagement se tiennent à distance. Pour Salma al-Rashid, le virus et ses conséquences ont mis à nu les vulnérabilités économiques des femmes et le rôle vital du W20.

«Malgré les difficultés et les défis auxquels nous avons été confrontés cette année, nous sommes privilégiés et honorés de pouvoir répondre si on nous demande ce que nous avons fait et ce que nous pouvons faire cette année», poursuit-elle.

«Nous ne sommes pas restés silencieux. Nous n'avons pas ignoré cette pandémie qui a frappé durement les femmes. Nous considérons cela comme une opportunité de mieux reconstruire.»

Salma al-Rashid voit l’occasion pour les dirigeants mondiaux de prendre des mesures concrètes pour faire progresser davantage la participation économique des femmes. «Ce n'est qu'en autonomisant les femmes et en s'attaquant à l'impact de la Covid-19 sur elles que nous pourrons progresser encore et nous remettre durablement de cette pandémie», confie-t-elle.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


Un monde, un film choc sur le harcèlement scolaire

Un monde, le premier long-métrage de Laura Wandel, sort aujourd’hui dans les cinémas en France. (Photo, AFP)
Un monde, le premier long-métrage de Laura Wandel, sort aujourd’hui dans les cinémas en France. (Photo, AFP)
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  • Avec Un monde, la réalisatrice belge Laura Wandel réalise une parabole immersive à hauteur d’enfant qui dépeint également la brutalité de nos sociétés
  • «J’avais envie de montrer l’enfance, ses découvertes, mais aussi une certaine cruauté, parce que c’est aussi ça, l’enfance», explique à Arab News en français la réalisatrice

ABU DHABI : Ultraréaliste à la manière des frères Dardenne, Un monde, le premier long-métrage de Laura Wandel, sort aujourd’hui dans les cinémas en France. À première vue, le film est un récit maîtrisé de la violence et du harcèlement dans une cour d’école. On y suit Nora, 7 ans, qui entre à l’école primaire et découvre les tourments de son frère aîné Abel. Nora cherche à l’aider, mais elle se trouve prise dans un terrible conflit de loyauté, entre l’amour fraternel et son besoin de s’intégrer. 

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Laura Wandel : Le cinéma pour moi, c’est une fenêtre ouverte sur le monde, qui permet de découvrir d’autres cultures, de me projeter dans la vie de quelqu’un d’autre. (Photo fournie)

À travers une histoire sur le monde impitoyable des enfants, la réalisatrice belge met en lumière celui des adultes. Une parabole immersive à hauteur d’enfant qui dépeint aussi la brutalité de nos sociétés. 

Récompensé au dernier festival de Cannes par le prix Fipresci des critiques internationaux dans la catégorie «Un certain regard», Un monde a été présélectionné cette année pour les Oscars parmi quinze films internationaux. Arab News en français a rencontré Laura Wandel, qui dévoile les coulisses de sa création. 

Un monde peut être vu comme un récit du harcèlement à l’école, mais votre réflexion va bien au-delà, c’est un prétexte pour mener une réflexion plus large sur nos sociétés? 

Mon film ne parle pas seulement de harcèlement à l’école. C’est bien plus que ça. Il était important pour moi de renvoyer le spectateur à ses premiers souvenirs personnels, lorsqu’il a ressenti le besoin d’intégration, de reconnaissance, et d’appartenance. Ce besoin que l’on va retrouver dans notre vie d’adulte. J’ai l’impression que c’est vraiment à l’école, lorsque l’on quitte le cocon familial, que l’on est confronté pour la première fois à toutes ces problématiques. 

Nous passons plus de douze ans de notre vie, huit heures par jour, à l’école, et cela influence notre vision du monde en tant qu’adulte, notre rapport à l’Autre. C’est comme si des choses s’ancraient en nous à ce moment-là. J’aborde ici aussi la question de la territorialité: par exemple, le terrain de foot prend toute la place dans la cour de récréation, et j’ai l’impression que c’est assez universel. Dans la plupart des cours de récréation, les enfants qui n’ont pas envie de jouer au foot ont le droit à de tout petits espaces à côté. C’est assez révélateur de notre société, et je pense profondément que les conflits dans le monde sont liés à tous ces rapports de force. 

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Selon vous donc, le monde est en quelque sorte une grande cour de récréation?  

Oui j’ai l’impression. C’est vraiment un miroir de notre société, de notre monde. 

Vous avez aussi écrit le scénario du film. Comment vous avez eu l’idée de traiter ce sujet? 

Dans mon travail, je pars toujours d’un lieu, et cette fois, j’avais envie d’explorer l’école. C’est un microcosme et j’aime beaucoup les lieux qui représentent un microcosme. J’ai fait le choix de parler d’une enfant qui arrive dans la même école que son frère. J’avais envie de montrer l’enfance, ses découvertes, mais aussi une certaine cruauté, parce que c’est aussi ça, l’enfance.  

Maya Vanderbeque, la jeune fille qui incarne Nora, capte le spectateur par ses émotions dès les premiers instants du film. Sur quels critères vous avez fait le casting des enfants? 

Pour le rôle de Nora, je savais que j’avais besoin d’une enfant qui ait les épaules pour porter ce film. J’ai vu environ 200 enfants pendant le casting. Mais quand Maya est arrivée, la première chose qu’elle m’a dit a été «je vais donner toute ma force à ce film», alors qu’elle n’avait que 7 ans. Cela m’avait vraiment impressionné. Et devant la caméra, elle dégageait quelque chose d’incroyable et de très beau, juste par son visage. C’est ça aussi la magie du cinéma. C’est quand la caméra arrive à révéler quelque chose que l’on ne voit pas spécialement à l’œil nu. Une fois que nous l’avons choisie, nous avons organisé tout le casting en fonction d’elle et nous avons sélectionné Günter Duret pour le rôle d’Abel, le frère de Nora. 

Quel a été le processus que vous avez mis en place pour préparer les enfants à la thématique du harcèlement? 

J’ai travaillé avec Maya pendant environ deux ans. La première étape a été de lui apprendre à nager. Cela nous a permis de bien nous connaître et de construire une relation de confiance. Ensuite, nous avons mis en place une méthode particulière avec une orthopédagogue. Chaque enfant devait créer la marionnette de son personnage. Il fallait qu’ils fassent bien la distinction entre eux et le personnage, qu’ils ne mélangent pas les deux. C’était une étape très importante. Ensuite, on leur a expliqué le début d’une scène et on leur a demandé d’improviser la suite pour qu’ils puissent aussi engager leur corps et proposer des dialogues par eux-mêmes. Lors de la dernière étape, ils devaient dessiner chaque scène et cela devenu leur scénario visuel, leur propre story-board. 

Les enfants n’ont jamais reçu de scénario, contrairement aux adultes, parce qu’il était très important pour moi qu’ils gardent une part de créativité et qu’il puissent participer à l’histoire. Pendant deux mois avant le tournage, nous avons travaillé avec eux tous les week-ends. 

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Laura Wandel: Les enfants n’ont jamais reçu de scénario, contrairement aux adultes, parce qu’il était très important pour moi qu’ils gardent une part de créativité et qu’il puissent participer à l’histoire. (Photo fournie)

Dans le film, vous explorez aussi le sujet de la fraternité, la relation entre frère et sœur? 

C’était une manière presque symbolique de dire qu’on est tous frères et sœurs, en tant qu’humains, et de montrer jusqu'où l’on peut aller, renier sa propre identité afin de s’intégrer. 

Vous avez fait le choix de positionner votre caméra à hauteur d’enfant. Était-ce pour plonger le spectateur encore plus dans l’histoire? 

Oui, c’est une manière d’immerger le spectateur et de le confronter à la vision d’un enfant. J’ai aussi fait appel au hors champ. Il était très important pour moi que spectateur participe à la narration et j’ai impression que ce choix le permet. C’est aussi le cas pour le fond sonore, qui pourrait paraître placé là par hasard, mais qui a été réalisé avec beaucoup de précision. Je l’ai construit comme une véritable partition musicale. Les ingénieurs du son sont allés capter des vrais sons dans des cours de récréations pendant des mois. L’un travaillait uniquement sur les sons intérieurs et l’autre a enregistré les sons extérieurs. Ensuite, chaque cri et chaque son ont été placés à des endroits très précis pour faire monter ou baisser la tension dans le film. 

Avant sa sortie en salle, Un monde a déjà été visionné par de nombreux enfants dans les écoles. Ce film a-t-il été réalisé dans un but pédagogique? 

Pas au départ, non. Ce film était a priori davantage destiné aux adultes, mais en Belgique et en France, il est beaucoup demandé par les écoles. Il est en fait, en train de devenir un outil pédagogique. C’est quelque chose qui me touche beaucoup, parce que je ne m’y attendais pas. C’est très beau qu’il ne soit plus juste un «objet cinématographique». 

Combien de temps avez-vous travaille sur ce film? 

J’ai travaillé dessus pendant sept ans, dont cinq ans sur l’écriture du scenario. J’ai passé d’ailleurs énormément de temps à observer les enfants dans des cours de récréation, parce que je ne voulais pas me baser uniquement sur mes souvenirs personnels. J’ai aussi rencontré pas mal d’instituteurs et des parents d’élèves. 

Vous avez terminé le film avant la pandémie, pourtant Un monde sort seulement aujourd’hui au cinéma. Comment avez-vous vécu cette période de la pandémie? 

En effet, le film devait sortir en 2020, mais nous avons décidé de reporter sa sortie, à cause de la Covid-19. D’ailleurs, le dernier jour de la postproduction était le premier jour du premier confinement en Belgique. J’ai vraiment eu peur que ce film n’existe jamais, mais aujourd’hui je ne regrette pas ma décision. 

Pendant la pandémie et les confinements, cela a été difficile pour tout le monde. En revanche, il y a quelques semaines, une très belle chose est arrivée: les salles de cinéma ont résisté face au gouvernement belge qui voulait les fermer à nouveau. Je trouve cela vital parce que la société a besoin de culture et qu’il faut revendiquer ses droits. L’accès à la culture est un droit.

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Laura Wandel: C’était une manière presque symbolique de dire qu’on est tous frères et sœurs, en tant qu’humains, et de montrer jusqu'où l’on peut aller, renier sa propre identité afin de s’intégrer. (Photo fournie)

 Un monde est votre premier long-métrage. Vous avec étudié le cinéma à l’IAD (Institut des arts de diffusion) en Belgique et depuis vous avez tourné plusieurs courts-métrages. Qui sont vos grands maîtres dans le cinéma? 

Je suis entrée à l’IAD tout de suite après l’école secondaire, à 18 ans. Je savais que je voulais faire du cinéma. À la sortie de l’école j’ai beaucoup travaillé sur des tournages, j’avais besoin de me confronter au milieu professionnel. Aujourd’hui, je suis tout d’abord influencée par les frères Dardenne – ma grande référence –, mais aussi par l’Iranien Abbas Kiarostami, Bruno Dumont, un réalisateur français, et le cinéaste autrichien Michael Haneke.  

Laura Wandel, qu’est-ce que le cinéma pour vous? 

Le cinéma pour moi, c’est une fenêtre ouverte sur le monde, qui permet de découvrir d’autres cultures, de me projeter dans la vie de quelqu’un d’autre. C’est ça, pour moi la puissance du cinéma, sa force empathique. Pendant une heure ou deux, on peut rentrer dans la vie de quelqu’un d’autre et comprendre ce qu’il vit. En ce moment, c’est très important et peut-être qu’on ne le fait pas assez. Le cinéma, c’est ce qui me fait vivre. C’est vraiment mon lien à la vie et aux autres. 


Disney+ sera lancé en Arabie saoudite et dans 41 autres pays du Moyen-Orient, d’Europe et d’Afrique

(Photo, AN)
(Photo, AN)
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  • Nouveaux pays pour Disney+ : Algérie, Bahreïn, Égypte, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, la Libye, Maroc, Oman, Palestine, Qatar, Arabie saoudite, Tunisie, Émirats arabes unis et Yémen
  • Disney+ propose un contenu original exclusif et des milliers d’épisodes et de films

RIYAD: Le service de streaming Disney+, de Walt Disney Company, a confirmé qu’il sera lancé en été dans 42 pays et 11 nouveaux territoires, y compris 16 marchés de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (zone Mena).  

Parmi ces nouveaux pays figurent l’Algérie, Bahreïn, l’Égypte, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, le Maroc, Oman, la Palestine, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Tunisie, les Émirats arabes unis et le Yémen. 

Proposant un contenu original exclusif et des milliers d’épisodes et de films de Disney, Pixar, Marvel, Star Wars, National Geographic, et des émissions de divertissement général diffusées sur Star, Disney+ est la maison de streaming de certaines des histoires les plus appréciées au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

 


France: «Illusions perdues» en tête des nominations pour les César

«Illusions perdues», ce film de Xavier Giannoli faisant la course en tête avec 15 nominations dont le meilleur film et la meilleure réalisation. (Photo, AFP)
«Illusions perdues», ce film de Xavier Giannoli faisant la course en tête avec 15 nominations dont le meilleur film et la meilleure réalisation. (Photo, AFP)
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  • Les nominations pour les prix les plus prestigieux du cinéma français ont été annoncées mercredi
  • Les 4 363 professionnels du cinéma membres de l'Académie ont désormais un mois pour voter

PARIS: Adaptation enlevée du grand roman de Balzac, fresque acide sur la presse et ses dérives, le film « Illusions perdues » fait figure de favori pour les César 2022, qui seront décernés le 25 février à Paris et tenteront de redorer l'image de cette institution. 

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Les nominations dans les principales catégories pour la 47e cérémonie des César du 25 février à l'Olympia à Paris. (Graphique, AFP)

Les nominations pour les prix les plus prestigieux du cinéma français ont été annoncées mercredi, ce film de Xavier Giannoli faisant la course en tête avec 15 nominations dont le meilleur film et la meilleure réalisation.

D'ici à la cérémonie, la course reste ouverte pour succéder à « Adieu les Cons » d'Albert Dupontel, qui avait triomphé l'an dernier avec sept statuettes. 

Derrière l'adaptation du grand roman balzacien, les membres de l'Académie ont placé l'opéra-rock « Annette » de Leos Carax, qui décroche 11 nominations, dont celui de meilleur acteur pour l'Américain Adam Driver, qui côtoie dans sa catégorie Benoît Magimel et Pierre Niney. 

Fermant le trio de tête, « Aline », le biopic de Valérie Lemercier consacré à la star québécoise Céline Dion, obtient dix nominations, dont logiquement la meilleure actrice pour elle, aux côtés de Léa Seydoux ou Laure Calamy, qui avait remporté le titre l'an dernier. 

Dans la catégorie reine du « meilleur film », outre ces trois œuvres, l'Académie a plébiscité « BAC Nord » de Cédric Jimenez, sur les dérives policières dans les quartiers Nord de Marseille, dans le sud-est de la France, « L'évènement » d'Audrey Diwan, qui a décroché le Lion d'Or à Venise, « la Fracture » de Catherine Corsini sur la France agitée par le mouvement social des « Gilets jaunes » ainsi que « Onoda, 10 000 nuits dans la jungle » d'Arthur Harari. 

Du côté de la meilleure réalisation, décernée une seule fois dans l'histoire des César à une réalisatrice, l'Académie a retenu quatre hommes, MM. Carax, Jimenez, Giannoli et Harari, et trois femmes, Valérie Lemercier, Audrey Diwan et Julia Ducournau, qui a décroché la Palme d'Or à Cannes pour « Titane ». 

Les 4 363 professionnels du cinéma membres de l'Académie ont désormais un mois pour voter. 

Malgré un profond renouvellement, la cérémonie de l'an dernier a fait un flop d'audience et suscité un torrent de critiques déplorant le nombrilisme du monde du cinéma en pleine pandémie. 

Cette année, les organisateurs ont misé sur des valeurs sûres, avec l'animateur et humoriste Antoine de Caunes comme maître de cérémonie et la scénariste et réalisatrice Danièle Thompson en présidente. Mais ils auront fort à faire tant le désamour pour les grandes cérémonies semble croissant, à l'instar des Golden Globes, évincés de la télévision américaine.