Starliner, la capsule de Boeing, s'apprête enfin à atteindre la Station spatiale internationale

Une fusée United Launch Alliance Atlas V avec le vaisseau spatial CST-100 Starliner de Boeing à bord des lancements le jeudi 19 mai 2022 (Photo, AFP).
Une fusée United Launch Alliance Atlas V avec le vaisseau spatial CST-100 Starliner de Boeing à bord des lancements le jeudi 19 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 21 mai 2022

Starliner, la capsule de Boeing, s'apprête enfin à atteindre la Station spatiale internationale

  • Starliner doit rester amarrée à l'ISS durant environ cinq jours, avant de redescendre vers la Terre pour atterrir dans le désert
  • Une mission enfin réussie permettrait de redorer un peu l'image du géant aéronautique, après des déboires à répétition

WASHINGTON: La capsule de Boeing, Starliner, doit atteindre pour la première fois vendredi soir la Station spatiale internationale, une étape cruciale vers la mise en place d'un nouveau moyen de transport américain pour les astronautes de la Nasa, même si ce test à vide arrive avec des années de retard.

L'amarrage à la Station spatiale (ISS) doit avoir lieu à 19H10 heure de la côte est américaine (23H10 GMT), a confirmé la Nasa vendredi après-midi. Le véhicule "continue de bien fonctionner", a-t-elle rassuré dans un article de blog.

Ce vol d'essai non habité avait déjà été tenté en 2019, mais la capsule avait alors rencontré plusieurs problèmes et dû rebrousser chemin avant d'avoir rejoint la station.

Depuis, Boeing peine à rattraper SpaceX, pourtant nouveau venu dans le secteur aérospatial en comparaison, mais qui transporte déjà des astronautes pour la Nasa depuis 2020, après la réussite des vols de qualification de sa propre capsule, Dragon. 

L'approche de l'ISS vendredi sera suivie de près par les astronautes à bord de la station. Ils commanderont d'abord à un voyant de s'allumer pour vérifier le lien de communication avec le vaisseau, puis ils lui demanderont de se stabiliser à environ 250 mètres de distance. 

Enfin, la délicate manoeuvre de contact avec la station, qui file à 28.000 km/h et 400 km d'altitude au-dessus de nos têtes, sera enclenchée. En cas de besoin, l'équipage pourra aussi annuler l'opération.

L'écoutille de la capsule ne sera ouverte que samedi. Boeing transporte environ 230 kg de ravitaillement pour le compte de la Nasa, dont de la nourriture.

Starliner doit rester amarrée à l'ISS durant environ cinq jours, avant de redescendre vers la Terre pour atterrir dans le désert de l'Etat américain du Nouveau-Mexique, sur la base de White Sands.

Bug de propulseurs

La capsule a décollé jeudi depuis la Floride, au sommet d'une fusée Atlas V de United Launch Alliance (ULA).

Environ 30 minutes après le lancement, Starliner a bien réussi à se placer sur la bonne trajectoire, mais deux de ses 12 propulseurs n'ont pas fonctionné. Des responsables de la Nasa et de Boeing ont minimisé l'incident, qui ne devrait selon eux pas affecter la mission.

"Les équipes sont en train de travailler pour comprendre pourquoi nous avons eu ces anomalies", a déclaré jeudi soir lors d'une conférence de presse Mark Nappi, responsable du programme spatial habité chez Boeing.

Les propulseurs seront de nouveau utilisés en fin de mission, pour la manoeuvre destinée à faire rentrer la capsule dans l'atmosphère terrestre. Mais le problème n'a a priori pas "besoin d'être résolu" d'ici là, les précédentes poussées ayant malgré tout fonctionné, a estimé Steve Stich, de la Nasa. 

Le système "ne pose pas de risque pour le reste du vol test", a également confirmé la Nasa vendredi sur son blog. 

Image écornée

Une mission enfin réussie permettrait de redorer un peu l'image du géant aéronautique, après des déboires à répétition ces dernières années.

En 2019, la capsule n'avait pas pu être placée sur la bonne orbite à cause d'un problème d'horloge. Boeing s'était ensuite aperçu que d'autres soucis de logiciel avaient failli engendrer une grave anomalie de vol.

Puis, en 2021, alors que la fusée se trouvait déjà sur le pas de tir pour retenter le vol, un problème d'humidité avait causé une réaction chimique ayant bloqué l'ouverture de certaines valves de la capsule. Elle avait dû retourner à l'usine pour inspection -- pendant dix mois.

Après le présent test à vide, un deuxième devra être effectué pour que le vaisseau obtienne l'homologation de la Nasa, avec cette fois des astronautes à bord. Le calendrier dépendra des performances de Starliner cette semaine, mais Boeing envisage de le conduire d'ici la fin de l'année.

Pour l'agence spatiale américaine aussi, l'enjeu est de taille, celle-ci ayant beaucoup investi dans le développement du vaisseau. La Nasa a passé des contrats à prix fixe avec Boeing et SpaceX, à hauteur de plusieurs milliards de dollars.

Le choix de recourir à deux entreprises devait permettre d'encourager la concurrence et de ne plus jamais risquer, en cas de problème pour l'une ou l'autre, de se retrouver sans "taxi" américain vers l'ISS. Après l'arrêt des navettes spatiales en 2011, et jusqu'à 2020, la Nasa en était en effet réduite à payer pour des places dans les fusées russes Soyouz.


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com