Quand Cannes s'empare des attentats de Paris en 2015

L'actrice belge et maîtresse de cérémonie de la 75e édition du Festival de Cannes Virginie Efira prononce un discours lors de la cérémonie d'ouverture de la 75e édition du Festival de Cannes, dans le sud de la France, le 17 mai 2022. (Valery HACHE / AFP)
L'actrice belge et maîtresse de cérémonie de la 75e édition du Festival de Cannes Virginie Efira prononce un discours lors de la cérémonie d'ouverture de la 75e édition du Festival de Cannes, dans le sud de la France, le 17 mai 2022. (Valery HACHE / AFP)
Short Url
Publié le Samedi 21 mai 2022

Quand Cannes s'empare des attentats de Paris en 2015

  • «Revoir Paris», à la Quinzaine des réalisateurs, suit le parcours de deux rescapés de l'attaque terroriste d'une brasserie, qui se croisent dans un groupe de parole revenu sur les lieux quelques mois plus tard
  • «Novembre» (hors compétition) est une plongée au cœur de l'anti-terrorisme les jours suivant les évènements, avec Jean Dujardin

CANNES : "Revoir Paris", film émouvant avec Virginie Efira et Benoît Magimel, a été projeté samedi au Festival de Cannes, avant la présentation dimanche de "Novembre" de Cédric Jimenez, autre long-métrage sur les lendemains des attentats de Paris en 2015.

"Revoir Paris", à la Quinzaine des réalisateurs, suit le parcours de deux rescapés de l'attaque terroriste d'une brasserie, qui se croisent dans un groupe de parole revenu sur les lieux quelques mois plus tard. "Novembre" (hors compétition) est une plongée au cœur de l'anti-terrorisme les jours suivant les évènements, avec Jean Dujardin. 

Ces deux films s'inscrivent dans une année 2022 où le grand écran s'est attaché aux attaques jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, en banlieue. Ces attentats ont fait 130 morts, dont 90 dans la salle du Bataclan avec un assaut en plein concert.

En février, un film en compétition à la Berlinale, "Un año, una noche", dressait d'ailleurs le bouleversant portrait de survivants de l'attaque du Bataclan. Dans "Amanda" (2018), l'attentat n'était pas relié à ceux de 2015. 

Pour "Revoir Paris", Alice Winocour s'est inspirée de l'histoire de son frère, un rescapé du Bataclan et de la communauté des survivants qu'elle a pu approcher.

Mia, jouée par Virginie Efira, ne se souvient plus de l'attaque quand Thomas, incarné par Benoît Magimel, se souvient de tout. 

«Comme des fantômes»

"L'attentat est comme un trou noir, le miroir a éclaté, après il faut recoller les morceaux, elle le fait dans cette relation et dans toute une sorte de chaîne (de rencontres d'autres survivants)", explique à l'AFP la cinéaste, après une projection longuement applaudie.

"Les personnages de Mia et de Thomas sont un peu pour moi comme des fantômes, un peu dans les limbes, ne font plus partie de la communauté humaine". "Elle déambule dans sa mémoire mais revient petit à petit dans le monde réel", glisse la réalisatrice.

Le sujet est lourd mais jamais cafardeux. Alice Winocour, dont c'est le 4e long-métrage, a choisi Virginie Efira car elle collait à ce personnage "qui ne s’apitoie pas sur elle-même".

Benoît Magimel, rencontré par l'AFP, s'est également retrouvé dans Thomas. "Avec le temps, j'aime bien trouver des rôles en résonance avec des choses que je peux avoir vécues, là j'y ai trouvé des choses que je comprenais, comme se réparer à plusieurs, et puis il ne se victimise pas". Benoît Magimel a combattu dans sa vie des addictions à la drogue.

Le comédien est parfait dans le rôle de cet homme cassé qui répare les autres. "J'aime filmer dans tous mes long-métrages une sorte de fragilité derrière la carapace, comme Matt Dillon dans +Proxima+ ou Matthias Schoenaerts dans 'Maryland' qui abordait déjà le sujet du post-traumatisme", dissèque la cinéaste.

«La mort, pour parler de la vie»

"Ça m'a rappelé 'De son vivant' (Emmanuelle Bercot) où on partait aussi de la mort pour parler surtout de la vie", met en parallèle Benoît Magimel, qui a obtenu un César pour ce film.

"Revoir Paris" aborde aussi les proches, ceux qui n'étaient pas sur les lieux des attentats, et qui n'arrivent plus à communiquer avec les survivants. "Comment votre compagnon, votre épouse peut comprendre ça ? C'est pour ça qu'ils ont besoin d'être au contact des autres survivants", insiste Benoît Magimel. 

"Ça m'a fait penser à +Voyage au bout de l'enfer+, Robert de Niro a besoin de son ami (Christopher Walken), il repart là-bas (au Vietnam) pour le ramener, pour se guérir avec lui", développe-t-il.

Chez Michael Cimino, ça finit mal. Dans "Revoir Paris", on entrevoit la lumière. "Tous ce que les terroristes veulent détruire est toujours là, la chaleur humaine, les lumières de Paris" conclut Alice Winocour.


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Short Url
  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

--
« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Short Url
  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
Short Url
  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.