Hué, le Premier ministre d'Irak quitte les obsèques d'un poète engagé

Une photo publiée par le bureau des médias du Premier ministre irakien montre le Premier ministre Mustafa al-Kadhimi ( à gauche) et des officiels irakiens accompagnant le cercueil du défunt poète irakien Muzaffar al-Nawab, porté par la garde d'honneur à son arrivée à l'aéroport international de Bagdad, le 21 mai 2022. (PHOTO AFP / HO / BUREAU DE PRESSE DU PREMIER MINISTRE IRAKIEN)
Une photo publiée par le bureau des médias du Premier ministre irakien montre le Premier ministre Mustafa al-Kadhimi ( à gauche) et des officiels irakiens accompagnant le cercueil du défunt poète irakien Muzaffar al-Nawab, porté par la garde d'honneur à son arrivée à l'aéroport international de Bagdad, le 21 mai 2022. (PHOTO AFP / HO / BUREAU DE PRESSE DU PREMIER MINISTRE IRAKIEN)
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Publié le Samedi 21 mai 2022

Hué, le Premier ministre d'Irak quitte les obsèques d'un poète engagé

  • Agé de 88 ans, Muzaffar al-Nawab est décédé vendredi dans un hôpital des Emirats arabes unis. Le poète s'est fait connaître pour ses poèmes à l'ardeur révolutionnaire
  • Le cortège funèbre, accompagné par le PM irakien M. Kazimi, s'est rendu au siège de l'Union des écrivains. Là, de jeunes militants ont scandé des slogans antipouvoir et hué le Premier ministre: «Dehors! dehors!»

BAGDAD : Hué par des militants antipouvoir, le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi a dû quitter dans la précipitation samedi les obsèques à Bagdad du célèbre poète engagé Muzaffar al-Nawab connu pour son passé de révolutionnaire.

Agé de 88 ans, Muzaffar al-Nawab est décédé vendredi dans un hôpital des Emirats arabes unis. Son cercueil transporté par avion présidentiel est arrivé samedi à l'aéroport de Bagdad, où l'attendait M. Kazimi.

Le cortège funèbre, accompagné par M. Kazimi, s'est ensuite rendu au siège de l'Union des écrivains dont les abords étaient envahis par des centaines de personnes, toutes générations confondues, venues rendre un dernier hommage au poète lors d'une cérémonie officielle.

Là, de jeunes militants ont commencé à scander des slogans antipouvoir et hué le Premier ministre: "Dehors! dehors!", "Vous êtes tous des voleurs"!

Dans cette ambiance tendue, la famille a à peine eu le temps de se recueillir sur le cercueil recouvert du drapeau irakien. Et M. Kazimi, entouré de ses gardes du corps, n'a pu que très brièvement s'en approcher, avant de quitter les lieux dans la précipitation.

Après les obsèques écourtées, des manifestants ont caillassé des voitures de responsables à leur passage.

Des participants à la cérémonie ont déploré ces incidents estimant qu'ils entachaient l'hommage rendu au poète.

Né en 1934 dans une famille de la haute société de Bagdad, diplômé de la faculté des lettres, Muzaffar al-Nawab s'est fait connaître pour ses poèmes à l'ardeur révolutionnaire et à la gouaille populaire marqués par son engagement communiste et ses critiques des dictatures arabes.

Ses positions politiques le mèneront en prison et le jetteront sur la route de l'exil, en Iran, puis à Damas et Beyrouth, mais aussi en Europe.

Les poèmes de Nawab ont été repris en masse lors du soulèvement populaire inédit de 2019 en Irak contre une classe politique accusée de mauvaise gouvernance et de corruption.

"Muzaffar al-Nawab fait partie de ceux qui ont contribué à l'éveil de notre conscience politique", a indiqué à l'AFP Mohamed Hicham, 27 ans, venu rendre hommage au poète.

"C'est un poète populaire et non un poète de l'élite", avait indiqué à l'AFP Omar al-Saray, porte-parole de l'Union des écrivains avant les incidents à la cérémonie. "Il représente le combat contre la dictature."

Comme il le souhaitait, Nawab sera enterré près de sa mère dans la ville sainte chiite de Najaf, au sud de Bagdad.


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.

 

 


Le Koweït attaqué par des missiles et des drones 

L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
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  • "Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens"
  • L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones

KOWEIT: L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.

Six personnes ont été blessées lundi au Koweït après des attaques de missiles et de drones iraniens, ont annoncé les autorités du pays, alors que Téhéran poursuit ses frappes contre ses voisins du Golfe.

Les secours sont intervenus à l'aube "après la chute de projectiles et des débris sur une zone résidentielle dans le nord du pays", soignant six personnes, dont une a été transportée à l'hôpital, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué.

L'armée koweïtienne avait fait état dans la nuit de plusieurs attaques de missiles et de drones.

"Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens", a indiqué, sur le réseau X, l'armée, qui avait déjà fait part de deux autres alertes dans la nuit de dimanche à lundi.

L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.


Liban: frappe israélienne à proximité du principal hôpital de Beyrouth

 Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
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  • Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé
  • La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale

BEYROUTH: Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer.

Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé.

La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale.

Une équipe de l'AFP a vu une vingtaine de personnes, certaines en pleurs, devant l'entrée de l'hôpital, alors que des ambulances, sirènes hurlantes, transportaient des blessés.

"Nous avons perdu nos maisons, où pouvons-nous aller?", s'écriait Nancy Hassan, 53 ans, une habitante du quartier visé. "Ma fille qui avait 23 ans a été tuée" lors de la précédente guerre avec Israël, "et aujourd'hui, ses voisines et amies ont été tuées", a-t-elle ajouté.

Deux Soudanais ont été tués, ainsi qu'une adolescente de 15 ans, a indiqué à l'AFP le docteur Zakaria Tawbé, directeur adjoint de l'hôpital, où sont soignés 31 des blessés.

"La frappe a été très violente" et des "malades ont fait des crises de panique", a-t-il raconté, ajoutant que l'établissement n'a subi que des dégâts mineurs.

"Ils ont frappé une zone totalement civile, il y a surtout des migrants, des Soudanais... Les gens étaient chez eux, et ils les ont frappés. C'est ça leurs objectifs militaires?", s'insurgeait Abou Qassem, un habitant du quartier.

Médecins sans Frontières (MSF) a condamné cette frappe sur X, rappelant que "des frappes aussi proches d'un hôpital suscitent la peur et peuvent dissuader les gens de se faire soigner".

"Lorsque des frappes touchent sans avertissement des zones résidentielles densément peuplées, les conséquences sont graves, tant en termes de pertes humaines que de capacité des hôpitaux à faire face", a dénoncé l'ONG.

Stations-service visées 

Une frappe a en outre visé un appartement d'un immeuble d'habitation à Aïn Saadeh, ville à l'est de Beyrouth, faisant trois morts dont deux femmes, selon le ministère libanais de la Santé.

Un responsable local des Forces libanaises, un parti chrétien opposé au Hezbollah pro-iranien, serait mort dans cette frappe, selon l'Agence nationale d'informations (Ani).

Les frappes israéliennes ont fait 1.467 tués et près de 4.500 blessés depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale début mars, et plus d'un million de déplacés.

L'aviation israélienne, qui a survolé la capitale à basse altitude, a également mené huit frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, désertée par une grande partie de ses habitants et dont s'élevaient d'épaisses colonnes de fumée.

L'armée israélienne a annoncé avoir lancé des frappes à Beyrouth "sur des centres de commandement du Hezbollah", et a affirmé avoir touché "plus de 15 stations-service" de la compagnie Al-Amana depuis le début de la guerre, qu'il accuse d'être "contrôlée" par la formation pro-iranienne.

Depuis le sud du Liban où Israël poursuit son invasion, le chef d'état major israélien Eyal Zamir a promis d"intensifier" les opérations contre le Hezbollah, selon un communiqué militaire.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Ces bombardements interviennent alors que le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie a fermé après des menaces israéliennes de le viser samedi soir. Israël l'avait déjà bombardé en 2024 lors de sa précédente guerre contre le Hezbollah.

Famille décimée 

Dans le sud du pays, où l'aviation israélienne a continué de bombarder, six membres d'une même famille ont été tués dans la localité de Kfar Hatta. Ils n'avaient pas pu évacuer à temps, malgré un avertissement samedi sur ce village à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière.

Cette famille, déjà déplacée d'un village plus au sud et sans moyen de transport, attendait un proche venu les évacuer, selon la Défense civile. Cet homme a également été tué, portant le bilan à sept morts, dont une fillette de quatre ans.

A Toul, toujours dans le sud du Liban, une autre frappe a tué un couple et blessé leurs deux enfants, selon le ministère de la Santé.

Alors que l'armée israélienne progresse dans la zone frontalière du sud, provoquant de larges destructions sur son passage, le président libanais Joseph Aoun a renouvelé son appel à des négociations directes avec Israël pour éviter que le sud du pays ne devienne "un nouveau Gaza".

"Pourquoi ne pas négocier pour arrêter ces tragédies (...) sauver ce qui reste de maisons qui n'ont pas encore été détruites?", a-t-il dit dans un discours.