Espagne: Juan Carlos a vu son fils Felipe VI, au terme d'une visite polémique

L'ancien roi Juan Carlos Ier d'Espagne fait un signe de la main depuis une voiture alors qu'il arrive au palais de La Zarzuela à Madrid, le 23 mai 2022, pour rencontrer son fils, le roi Felipe VI d'Espagne (Photo, AFP).
L'ancien roi Juan Carlos Ier d'Espagne fait un signe de la main depuis une voiture alors qu'il arrive au palais de La Zarzuela à Madrid, le 23 mai 2022, pour rencontrer son fils, le roi Felipe VI d'Espagne (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 24 mai 2022

Espagne: Juan Carlos a vu son fils Felipe VI, au terme d'une visite polémique

  • L'ancien souverain a passé toute la journée de lundi au palais de la Zarzuela
  • Cette brève visite intervient après que la justice espagnole a classé sans suite en mars les enquêtes qui le visaient

MADRID: L'ex-roi d'Espagne Juan Carlos Ier a rencontré lundi son fils, le roi Felipe VI, à l'issue d'une visite controversée de quelques jours en Espagne, la première depuis son départ en exil aux Emirats Arabes Unis en août 2020.

L'ancien souverain a passé toute la journée de lundi au palais de la Zarzuela, la résidence officielle du roi d'Espagne, où il a longuement vu son fils, ainsi que son épouse Sofia dont il vit séparé depuis longtemps.

A l'issue de la journée, la maison royale a publié un communiqué indiquant que Juan Carlos continuera à vivre "en permanence" à Abou Dhabi, d'où il est reparti à bord d'un jet privé.

Le communiqué précise aussi que l'ancien chef d'État (1975-2014) ne bénéficiera que d'un logement privé lors de ses prochaines visites et "s'il revient résider en Espagne à l'avenir", une phrase interprétée par les médias espagnols comme un signe que la maison royale laisse la porte ouverte à un futur retour permanent.

Juan Carlos a passé "beaucoup de temps à discuter avec Felipe VI de questions familiales ainsi que de divers événements" qui se sont produits en Espagne depuis son départ, précise encore le communiqué. 

Arrivé jeudi soir d'Abou Dhabi, l'ex-souverain avait passé le week-end en Galice (nord-ouest) pour assister à une régate et voir ses amis dans la localité côtière de Sanxenxo, avant de rejoindre Madrid lundi matin. 

«Occasion perdue» 

Cette brève visite intervient après que la justice espagnole a classé sans suite en mars les enquêtes qui le visaient, portant sur des soupçons de corruption et de blanchiment.

Le parquet avait alors indiqué qu'il ne pouvait poursuivre l'ancien monarque "en raison de l'insuffisance d'indices incriminants, de la prescription des délits et de l'immunité" dont il bénéficiait en tant que chef d'Etat jusqu'à son abdication en 2014 sur fond de scandales. 

Les procureurs avaient cependant mis en avant les "irrégularités fiscales" dont il s'était rendu coupable.

S'il n'est pas poursuivi par la justice, les nombreuses révélations sur son train de vie fastueux et sur l'origine opaque de sa fortune ont terni à jamais, dans une grande partie de l'opinion publique espagnole, l'image de cette figure adulée pendant des décennies pour avoir conduit la transition démocratique de l'Espagne après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975.

"Juan Carlos a perdu une occasion de donner des explications et de demander pardon durant cette visite de quelques jours", a regretté lundi la porte-parole du gouvernement de gauche, Isabel Rodríguez, sur la radio publique RNE.

Dimanche, Juan Carlos avait répondu sèchement à des journalistes "des explications sur quoi?" lorsque ces derniers lui ont demandé s'il comptait en donner à son fils au sujet de sa conduite.

De retour mi-juin

Tentant de redorer le blason de la monarchie espagnole depuis son accession au trône en 2014, Felipe VI avait pris ses distances ces dernières années avec son père. Il avait ainsi décidé en mars 2020 de renoncer à l'héritage de Juan Carlos et de lui retirer son allocation annuelle de près de 200.000 euros.

Plus récemment, il a lancé fin avril, avec le gouvernement, une opération "transparence" pour le palais royal qui devra désormais faire auditer ses comptes, rendre publics ses contrats ou encore dresser un inventaire des cadeaux reçus par la famille royale. 

"Felipe VI fait un travail formidable pour retrouver ce qui fait l'essence d'une institution d'Etat, à savoir la transparence, l'exemplarité", a insisté lundi la porte-parole du gouvernement.

Selon les médias espagnols, cette brève visite a donné lieu à des mois de négociations intenses entre l'entourage de l'ancien monarque, le palais royal et le gouvernement de Pedro Sanchez, qui était farouchement opposé au fait qu'il puisse être hébergé à la Zarzuela. 

El Pais affirme notamment qu'un médiateur, dont l'identité n'a pas été dévoilée, a dû participer à ces discussions. 

Lors de l'annonce de cette visite, le palais avait déjà assuré que Juan Carlos, qui compte désormais revenir "régulièrement en Espagne", logera toujours "dans un lieu de résidence privé".

Sa prochaine visite est prévue dans moins de trois semaines à Sanxenxo, où il assistera de nouveau mi-juin à une régate du "Bribon", voilier avec lequel il a été champion du monde. 


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
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  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
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  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.

 

 


Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires

Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires
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  • Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte
  • Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 48 heures du blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique.

"Dix navires ont été refoulés et AUCUN navire n'a réussi à franchir le blocus depuis son entrée en vigueur lundi", a déclaré le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dans une publication sur X.

Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte.

Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain, même si certains ont ensuite fait demi-tour, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport maritime, notamment d'hydrocarbures, est paralysé par l'Iran depuis le début de la guerre.

Faute d'accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit, l'armée américaine a annoncé dimanche imposer son propre blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens" depuis lundi, à 14H00 GMT.