Les autorités libanaises ont commencé à retirer les barrières autour du Parlement après les élections

La police libanaise monte la garde après que des sections de la barrière en béton ont été retirées à l'entrée du Parlement libanais à Beyrouth, lundi (Photo, AFP).
La police libanaise monte la garde après que des sections de la barrière en béton ont été retirées à l'entrée du Parlement libanais à Beyrouth, lundi (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 24 mai 2022

Les autorités libanaises ont commencé à retirer les barrières autour du Parlement après les élections

  • Plusieurs nouveaux députés demandent l'assouplissement des restrictions avant la première session de la Chambre
  • La zone autour du bâtiment avait été transformée par des murs en béton qui bloquaient toutes les routes menant à la place de l’Étoile

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont commencé lundi à retirer les barrières en béton autour du bâtiment du Parlement du pays après l'élection à la députation d'anciens manifestants.
Les mesures de sécurité avaient été mises en place lors du déclenchement de grandes manifestations anti-gouvernementales en 2019. Elles vont être assouplies après l'élection au Parlement d'une douzaine de nouveaux venus réformateurs, dont plusieurs avaient pris part au mouvement de protestation.
Certains des nouveaux députés avaient demandé l'assouplissement des restrictions avant de participer à la première session du nouveau Parlement.
Le ministre de l'Intérieur, Bassam Mawlawi, a assisté au début des travaux hier après-midi.
Le déblaiement sera achevé avant la tenue de la prochaine session du Parlement, selon une déclaration du bureau du président de la Chambre, Nabih Berri.
Cette décision intervient après l'élection de 15 députés du groupe des Forces du changement, qui manifestaient dans les rues autour du Parlement, en plus d'un certain nombre de députés indépendants.
Pour le député de Beyrouth Ibrahim Mneimneh, des Forces du changement «il n'y a pas besoin des barrières placées autour de la maison du peuple car elle est pour le peuple. Ce sont des barrières inutiles», a estimé le député de Beyrouth Ibrahim Mneimneh, des Forces du changement.
Il a estimé que les mesures décidées par Berri étaient le résultat de la prise de conscience par les forces traditionnelles au pouvoir «du déclin de leur popularité, et qu'elles ont donc décidé de répondre aux demandes populaires».
Le député Waddah Sadiq, un ancien manifestant, a qualifié les clôtures autour du Parlement de mur de séparation. «Aujourd'hui, le Parlement représente le peuple qui demande du changement, donc ils ont décidé d'assouplir les procédures», a-t-il affirmé.
Les crises économiques et la précarisation des conditions de vie «s’intensifient, et les gens pourraient à nouveau éprouver un sentiment de rejet. Nous avons besoin des moyens de pression nécessaires pour les résoudre».
Le gouvernement précédent n'a d‘après Sadiq pris aucune mesure de gestion efficace.
Le plan approuvé par le gouvernement ne comprenait ni la relance ni l'économie, a indiqué le député. «Par conséquent, nous entrons dans une phase difficile et nous serons du côté du peuple.»
Le député Elias Jarada, un ophtalmologue de la ville d'Ibl Al-Saqi, dans le sud du pays, surnommé le «médecin des pauvres», a déclaré que «le Parlement est la maison du peuple, et il n'y a pas de barrières qui peuvent séparer les représentants de la nation et les citoyens».
Il a ajouté que toutes les barrières qui empêchent les gens d'entrer sur la place de l’Étoile doivent être retirées avant que les députés ne soient invités à une quelconque session.
Ali Hamdan, le conseiller média du président du Parlement, a fait remarquer à Arab News que «ces mesures ne sont pas l’indication d'une confiance excessive. Au contraire, des élections ont eu lieu et les résultats ont amené des représentants des manifestants au Parlement».
«Ces personnes représentent une partie de la rue, vous pouvez les appeler un mouvement, un soulèvement ou un changement», a-t-il ajouté.
Il a déclaré que le président du Parlement avait décidé de prendre des mesures pour réduire les mesures de sécurité, mais qu'elles «ne seront pas complètement levées autour du Parlement».
Il a également indiqué que certains au Liban craignaient toujours des revers sécuritaires.
«Il y a des crises successives, notamment le dollar douanier et la hausse des prix des télécommunications, et nous avons été témoins de ce qui s'est passé en Grèce et à Chypre.»
La zone autour du bâtiment avait été transformée par des murs en béton qui bloquaient toutes les routes menant à la place de l’Étoile.
Les hôtels de la zone ont fermé en raison des dommages qu'ils ont subis à chaque vague de protestation ayant visé le Parlement depuis le 17 octobre 2019.
Les institutions, les entreprises et les magasins des environs ont tous quitté la zone du fait des difficultés d’accès. L’absence de passants et les fréquentes coupures de courant ont fait des alentours du bâtiment une véritable ville fantôme.
Suspendues après l'explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, qui a endommagé le bâtiment, les séances du Parlement ont été temporairement déplacées au palais de l’Unesco.
Si ce nouvel emplacement offrait une salle spacieuse, des sièges confortables et une distanciation sociale, comme l'exigeait la pandémie, il ne permettait pas le vote électronique des députés ni le comptage digital de présence des députés.
Bechara Asmar, chef de la Confédération générale des travailleurs libanais, s'est dit préoccupé par «la poursuite de débats stériles alors que les crises deviennent plus complexes».
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah

Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Un soldat français a été tué et trois blessés au sud-Liban lors d’une embuscade contre des Casques bleus, attribuée au Hezbollah, marquant une nouvelle escalade dans le conflit régional
  • La France appelle le Liban à agir contre les responsables, tandis que les tensions persistent malgré les cessez-le-feu et les efforts diplomatiques en cours

PARIS: Deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre contre l'Iran fin février, un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi au sud-Liban, lors d'une embuscade contre des Casques bleus attribuée au Hezbollah.

"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.

"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", a ajouté M. Macron.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français. Il a promis de poursuivre les responsables.

La Force d'interposition de l'ONU au Liban (Finul) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

- "Garantir la sécurité" -

M. Macron s'est entretenu samedi avec M. Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, leur demandant de "garantir la sécurité des soldats de la Finul", déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".

"La Nation s'incline devant la mémoire d'un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté la ministre.

La gravité des blessures des trois autres militaires n'a pas été précisée.

C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région.

Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne. Il était déployé dans une base dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.

Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est en vigueur depuis le 8 mars, et un intense ballet diplomatique est en cours pour tenter de le consolider.

Une trêve est aussi à l’œuvre au Liban, qu'Israël a attaqué en riposte aux attaques du Hezbollah. Des préparatifs de négociations sont en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par ces négociations libanaises avec Israël.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
Short Url
  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.