Pour capter le CO2 dans l'air, les financements de milliardaires se multiplient

Le PDG de Tesla, Elon Musk, assiste à la cérémonie d'inauguration de la Gigafactory de Tesla Shanghai à Shanghai, en Chine, le 7 janvier 2019. (REUTERS)
Le PDG de Tesla, Elon Musk, assiste à la cérémonie d'inauguration de la Gigafactory de Tesla Shanghai à Shanghai, en Chine, le 7 janvier 2019. (REUTERS)
Short Url
Publié le Mardi 24 mai 2022

Pour capter le CO2 dans l'air, les financements de milliardaires se multiplient

  • Les experts climat s'en rendent compte: le monde va devoir retirer beaucoup de CO2 de l'air pour atteindre la neutralité carbone en 2050, car la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne suffira pas
  • Avec 100 millions de dollars en tout, le «plus grand prix incitatif de l'histoire» - vante son site - veut primer d'ici 2024 des solutions pour stocker à terme des milliards de tonnes de CO2 par an, à bas coût

PARIS : "Ca va nous financer un an de R&D": le patron de la start-up NetZero n'en revient toujours pas d'avoir remporté un million de dollars au concours organisé par Elon Musk, l'un des prix lancés par des milliardaires et des géants de l'internet pour accélérer la technologie balbutiante de captage du carbone de l'air.

Les experts climat s'en rendent compte: le monde va devoir retirer beaucoup de CO2 de l'air pour atteindre la neutralité carbone en 2050, car la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne suffira pas. Des machines existent aujourd'hui, mais trop chères.

Alors le privé s'en mêle, sur le modèle de la recherche contre les vaccins ou du développement des premiers avions.

"Quand on est une start-up, un prix d'un million ça fait beaucoup", raconte à l'AFP Axel Reinaud, PDG de NetZero, l'entreprise française propulsée mi-avril sur la scène internationale après avoir remporté l'un des 15 prix d'étape du "XPrize Carbon Removal" du milliardaire patron de Tesla. 

"Cela vous donne de l'air financier", ajoute-t-il. Le million financera un an de recherche et développement "ou deux tiers d'une usine".

Avec 100 millions de dollars en tout, le "plus grand prix incitatif de l'histoire" - vante son site - veut primer d'ici 2024 des solutions pour stocker à terme des milliards de tonnes de CO2 par an, à bas coût.

Le lauréat est récompensé pour son modèle économique astucieux: il brûle des déchets agricoles, qui stockent naturellement du CO2, et les transforme en "biochar", une "poussière de charbon" qui nourrit les sols. La chaleur de la combustion génère de l'électricité renouvelable, qui est vendue. Au total, l'entreprise dit pouvoir éliminer une tonne de CO2 pour quelques dizaines d'euros, un prix imbattable.

Aux Etats-Unis, Stripe, Alphabet, Shopify, Meta et McKinsey ont garanti l'achat de 925 millions de dollars de "services d’élimination permanente du carbone entre 2022 et 2030", comme une assurance pour ceux qui hésitent à se lancer. Sur le même modèle, une cinquantaine d'entreprises de secteurs "difficiles à décarboner", la "First movers coalition", s'engagent à financer une telle technologie.

De l'air (financier)

Il y a peu de recherche sur l'élimination du carbone dans l'atmosphère, un processus "extrêmement difficile à maîtriser",explique à l'AFP l'historienne des sciences Amy Dahan. "L'idée de Musk, c'est de faire monter un champ de recherche à une certaine visibilité".

Une méthode éprouvée: l'Orteig prize et ses 25.000 dollars promis au premier aviateur à faire New York-Paris sans escale avait dopé la recherche aéronautique jusqu'à ce que Charles Lindbergh le remporte en 1927. Plus récemment, les promesses de financement de Bill Gates au Forum économique mondial en 2010 ont largement contribué à accélérer la course aux vaccins.  

Mais 100 millions de dollars, "c'est inédit", affirme Mme Dahan. 

Même son de cloche à la Climate Foundation, un lauréat américain qui élimine le carbone grâce à des macro-algues, puis le stocke en profondeur dans l'océan. "Nous n'aurions pas pu arriver là sans ces fonds", dit à l'AFP son fondateur Brian Von Herzen, qui avec d'autres financements veut créer son "premier hectare de permaculture marine".

"De tels prix constituent une première étape importante, mais insuffisante pour construire un écosystème robuste de séquestration du carbone", nuance-t-il.

«Goutte d'eau»

Le but ultime, selon le consensus scientifique, est d'éliminer d'ici à 2050 plusieurs milliards de tonnes de CO2 par an.

Puisque la capacité de séquestration actuelle est "microscopique", cela signifie bâtir "en 30 ans" quelque chose "d'aussi grand que l'industrie pétrolière", alerte M. Reinaud, insistant sur le fait qu'il faudrait "plusieurs dizaines de points de PIB" investis dès maintenant, au lieu de la "goutte d'eau" présente.

Un constat partagé par Amy Dahan, pour qui ces milliardaires feraient mieux d'arrêter leur "greenwashing" et de "changer le modèle commercial de leurs entreprises" très émettrices.

"Certes, on ne pourra pas se passer de leur participation à cet effort", tempère la chercheuse, mais une "politique d'État et des accords" contraignants sont nécessaires. 

Malgré les 3,5 milliards de dollars de financement annoncés par Washington pour le secteur, elle estime que "les États ne prennent pas le problème sérieusement en mains".


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Short Url
  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Short Url
  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.