A Davos, l’ONU catégorique sur le droit des filles afghanes à l’éducation

Achim Steiner, l’administrateur du Programme des nations unies pour le développement, prend la parole lors du Forum économique mondial. (Photo/Forum économique mondial)
Achim Steiner, l’administrateur du Programme des nations unies pour le développement, prend la parole lors du Forum économique mondial. (Photo/Forum économique mondial)
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Publié le Mardi 24 mai 2022

A Davos, l’ONU catégorique sur le droit des filles afghanes à l’éducation

  • Les talibans ont interdit aux filles d’aller au collège après la sixième, faisant abstraction des promesses que leurs responsables avaient faites
  • Le groupe a imposé d’autres restrictions strictes aux femmes, notamment le port du voile intégral en public

LONDRES: L’Organisation des nations unies est claire sur les droits de l’homme que les autorités afghanes devraient respecter, dont le droit des filles à l’éducation, a déclaré lundi dernier un responsable de l’organisation.
S’exprimant à l’occasion du Forum économique mondial de Davos, Achim Steiner, l’administrateur du Programme des nations unies pour le développement, affirme que les filles du pays devraient être libres de terminer leurs études et d’entreprendre une carrière.
L’ONU «est catégorique sur les droits humains fondamentaux qu’un pays comme l’Afghanistan devrait défendre et respecter. Cela inclut le droit des filles à fréquenter des établissements scolaires», souligne-t-il. «Je ne parle pas uniquement du primaire, mais aussi du secondaire et de leur capacité à faire carrière et à poursuivre leurs études à l’université.»
«C’est très grave que les talibans n’aient pas tenu jusqu’à présent l’engagement qu’ils ont pris à plusieurs reprises envers leur propre public et envers la communauté internationale, c’est-à-dire rouvrir les lycées» aux filles, ajoute M. Steiner.
Les talibans ont interdit aux filles d’aller au collège après la sixième, faisant abstraction des promesses que leurs responsables avaient faites après avoir pris le contrôle du pays, l’année dernière. À l’époque, ils avaient promis que les filles de tous âges seraient autorisées à poursuivre leurs études.
Le groupe a imposé d’autres restrictions strictes aux femmes, notamment le port du voile intégral en public, les forçant ainsi à se couvrir de la tête aux pieds en ne montrant que leurs yeux. Ils ont également publié un décret selon lequel les femmes ne devraient quitter leur domicile qu’en cas d’urgence. Les hommes de la famille seront passibles de sanctions pour toute violation du code vestimentaire par les femmes – allant d’une convocation à une peine de prison, en passant par un procès.
Selon M. Steiner, la première chose qui doit être rétablie dans le pays est «un État de droit au sens des droits fondamentaux». Il ajoute: «C’est sans doute le test le plus important que la communauté internationale fait passer aux talibans – à juste titre, je crois.»
Cependant, M. Steiner avertit que le plus urgent en Afghanistan est d’agir pour sauver l’économie du pays d’un effondrement total.
«Nous ne pouvons abandonner quarante millions d’Afghans simplement pour cause d’indignation morale», affirme-t-il. «C’est pourquoi l’ONU est revenue en Afghanistan, devenant le fer de lance de la présence de la communauté internationale.»
«Nous sommes là parce que nous voyons tout le désespoir du peuple afghan. Pendant que la communauté internationale trouve un moyen pour mettre en place un processus de rapprochement politique avec les talibans, nous essayons avant tout d’intervenir dans une économie qui doit maintenir les gens en vie.»
La prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans il y a neuf mois après le retrait des troupes américaines a déclenché une crise économique. Cela s’appuie sur la décision de l’administration Biden de geler environ 9,5 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) déposés par la Banque centrale afghane auprès d’institutions financières américaines.
Le président Joe Biden a signé un décret pour débloquer 7 milliards de dollars de ces avoirs gelés, mais la moitié seulement sera utilisée pour l’aide humanitaire en Afghanistan. Le reste de cette somme ira aux familles des victimes du 11-Septembre.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.