Candidature à l'Otan: la Suède et la Finlande envoient une délégation à Ankara

Le ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto signe une pétition pour l'adhésion à l'OTAN à Helsinki le 17 mai 2022. (AFP)
Le ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto signe une pétition pour l'adhésion à l'OTAN à Helsinki le 17 mai 2022. (AFP)
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Publié le Mardi 24 mai 2022

Candidature à l'Otan: la Suède et la Finlande envoient une délégation à Ankara

  • Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, et le vice-ministre Sedat Onal participeront à la réunion qui se tiendra mercredi
  • La Turquie veut des «garanties» qui peuvent être données dans un accord officiel et signé

DAVOS: La Suède et la Finlande vont envoyer des délégations à Ankara cette semaine, avec l'espoir de convaincre la Turquie de ne plus s'opposer à leur candidature pour rejoindre l'Otan, a indiqué mardi le ministre finlandais des Affaires étrangères.


"Quand on voit les problèmes arriver, bien sûr, on prend la voie diplomatique. Nous envoyons nos délégations visiter Ankara, depuis à la fois la Suède et la Finlande. Cela se passera demain", a dit Pekka Haavisto lors d'une table ronde à Davos, où le Forum économique mondial organise une réunion cette semaine.


L'invasion de l'Ukraine par la Russie a poussé Helsinki à repenser la position qui l'avait longtemps fait rester en dehors de l'Alliance atlantique, a rappelé le ministre.


"Nous pensons que l'Otan est un groupe de 30 pays démocratiques avec des valeurs communes et une coopération transatlantique très forte, et c'est ce que nous recherchons en ce moment", a-t-il ajouté.


Selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères, le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin, et le vice-ministre Sedat Onal participeront à la réunion qui se tiendra mercredi. 


Selon la télévision privée turque NTV, qui cite le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, Ankara a préparé un "projet d'accord" qui servira de base aux discussions. La Turquie veut des "garanties" qui peuvent être données dans un accord officiel et signé.

Otan: Suède et Finlande présentes au sommet de Madrid

La Suède et la Finlande, qui ont soumis la semaine dernière leur demande d'adhésion à l'Otan, seront présentes lors du sommet de l'Alliance fin juin à Madrid, a assuré mardi le Premier ministre espagnol lors du forum de Davos.


Les deux pays nordiques seront "bien sûr" à Madrid lors de ce sommet qui se tient du 28 au 30 juin, a répondu Pedro Sanchez, interrogé sur le sujet par le président du Forum économique mondial (WEF), Borge Brende.


"Ce sont deux grandes démocraties (...) et je crois qu'il est très important (...) de les avoir de notre côté en tant qu'alliés de l'Otan", a poursuivi M. Sanchez.


"L'ambiance, le contexte actuel et la volonté politique des alliés est de travailler au sujet de ces deux pays", a encore dit le dirigeant socialiste espagnol, en assurant que l'Espagne allait pour sa part "accélérer le processus parlementaire" en vue de ratifier cette adhésion.


Conséquence de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la Suède et la Finlande, qui partage 1.300 km de frontière avec la Russie, ont présenté le 18 mai leur dossier de candidature au secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, qui a salué "un moment historique".

Pour M. Sanchez, le "but principal" du sommet de Madrid sera "l'unité entre les alliés" et "entre l'Otan et l'Union européenne". Un "dîner informel" lors de ce sommet "entre les Etats membres de l'UE - dont certains ne sont pas membres de l'Otan - et l'Otan est en préparation", a-t-il ajouté.

La Turquie a longtemps accusé les pays nordiques, et en particulier la Suède qui compte une large communauté d'immigrants turcs, d'abriter des militants kurdes ainsi que des soutiens du prédicateur Fethullah Gülen, installé aux États-Unis depuis 1999 et accusé d'avoir orchestré la tentative de coup d'Etat de juillet 2016.


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a encore prévenu samedi qu'il s'opposerait à la candidature des deux pays à l'Otan tant qu'ils ne répondraient pas à ses demandes en matière de lutte contre le terrorisme - ce qui pourrait représenter un obstacle majeur, car un consensus est nécessaire pour les décisions de l'Alliance.


"Nous comprenons que la Turquie a des inquiétudes qui lui sont propres en matière de sécurité, comme le terrorisme", a commenté M. Haavisto. "Nous pensons que nous avons de bonnes réponses" et "que ce problème peut être réglé".


Certains analystes pensent que l'opposition d'Ankara vise peut-être aussi à arracher des concessions à d'autres membres de l'Otan, par exemple obtenir des livraisons d'avions chasseurs par les Etats-Unis.


"Il pourrait y avoir aussi d'autres questions qui ne sont pas directement liées à la Finlande et la Suède", a d'ailleurs commenté mardi M. Haavisto, se disant persuadé que "l'Otan peut résoudre ce problème".


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.