Ukraine: les séparatistes prorusses revendiquent la prise d'une localité-clé du Donbass

Un homme conduit une voiture GAZ-21 Volga devant un bâtiment endommagé à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, le 26 mai 2022, le 92e jour de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
Un homme conduit une voiture GAZ-21 Volga devant un bâtiment endommagé à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, le 26 mai 2022, le 92e jour de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Vendredi 27 mai 2022

Ukraine: les séparatistes prorusses revendiquent la prise d'une localité-clé du Donbass

  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé jeudi soir Moscou de mener un «génocide» dans le Donbass
  • La dernière vraie route permettant de quitter l'agglomération depuis Lyssytchansk est devenue ces derniers jours un champ de bataille, rendant quasi-impossible la sortie des habitants

LYSSYTCHANSK: Les forces russes intensifiaient leur offensive dans le Donbass vendredi, semblant près d'achever l'encerclement d'une importante agglomération de cette région de l'est de l'Ukraine tandis que les forces séparatistes prorusses revendiquaient la prise de la localité-clé de Lyman.


Sur son compte Telegram, l'état-major de la défense territoriale de l'autoproclamée "république" séparatiste prorusse de Donetsk a indiqué avoir "pris le contrôle complet" de Lyman avec "l'appui" des forces armées russes.


Ni l'armée russe ni l'armée ukrainienne n'ont immédiatement commenté cette information.


Après leur offensive infructueuse sur Kiev et Kharkiv au début de la guerre, lancée par la Russie le 24 février, les forces de Moscou concentrent leurs forces dans l'est de l'Ukraine, avec l'objectif affiché de prendre le contrôle total du bassin minier du Donbass, que des séparatistes prorusses contrôlent partiellement depuis 2014.  


La prise de Lyman leur ouvrirait la route vers les centres régionaux de Sloviansk, puis Kramatorsk, tout en leur permettant de s'approcher d'un encerclement total de l'agglomération formée par les villes de Severodonetsk et Lyssytchansk, plus à l'est.

Ukraine: près de 3 millions de réfugiés dans des pays européens non frontaliers

Près de 3 millions de réfugiés ukrainiens ont quitté les pays frontaliers de l'Ukraine, où ils avaient afflué après l'invasion russe, pour se déplacer vers d'autres pays européens non voisins, a indiqué vendredi le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) de l'ONU.

Au total, 6 659 220 Ukrainiens ont fui leur pays depuis l'invasion russe le 24 février, selon les chiffres du HCR. Parmi eux, plus de 3,5 millions se sont dirigés vers l'ouest, en Pologne. 

"Selon les dernières données dont nous disposons (...) 2,9 millions de réfugiés se sont déplacés au-delà des pays voisins de l'Ukraine", a affirmé Shabia Mantoo, porte-parole du HCR, lors d'un point de presse à Genève.

Les plus grands nombres de réfugiés ukrainiens dans les pays non voisins se trouvaient en Allemagne, en République tchèque et en Italie, selon l'agence de l'ONU.

La Pologne reste le principal pays d'arrivée. Début mars, environ 100 000 réfugiés par jour arrivaient à la frontière polonaise, mais leur nombre a ralenti pour atteindre environ 20 000 au cours du mois de mai. 

Plus de 1,1 million de personnes se sont enregistrées auprès des autorités polonaises et ont reçu un numéro d'identification de l’État qui leur donne accès aux services publics, selon le HCR. 

Les femmes et les enfants représentent 94% des personnes enregistrées. 

"Nous avons également observé davantage de mouvements +pendulaires+, consistant en des allers-retours de certaines personnes entre la Pologne et l’Ukraine pour diverses raisons, notamment pour rendre visite à leur famille, vérifier l’état de leurs biens ou reprendre leur travail", a noté Madame Sarrado.

"Toutefois, la Pologne s’attend à continuer à recevoir et à accueillir un nombre considérable de réfugiés, étant donné le grand nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays, les destructions massives et la poursuite des hostilités en Ukraine", a-t-elle poursuivi. 

Avant l'invasion russe, l'Ukraine comptait une population de 37 millions de personnes dans les régions sous le contrôle de son gouvernement. Ce chiffre exclut la Crimée (sud) annexée en 2014 par la Russie, et les régions de l'est contrôlées par des séparatistes prorusses.

«Si déprimés qu'ils n'ont plus peur»
Les forces russes continuent parallèlement à pilonner Severodonetsk, dont les autorités ukrainiennes ont averti qu'elle pourrait connaître le même sort que Marioupol, grand port du sud-est dévasté par des semaines de siège.


Au moins cinq civils ont été tués en 24 heures dans la région: quatre à Severodonetsk et un autre à Komychouvakha, à 50 kilomètres de là, a indiqué vendredi le gouverneur régional Serguiï Gaïdaï.


"Les habitants de Severodonetsk ont oublié ce que c'est qu'un cessez-le-feu d'au moins une demi-heure", a-t-il écrit sur Telegram. "Les Russes pilonnent sans cesse les quartiers résidentiels".


La dernière vraie route permettant de quitter l'agglomération depuis Lyssytchansk est devenue ces derniers jours un champ de bataille, rendant quasi-impossible la sortie des habitants, a constaté l'AFP.


Pour rejoindre le reste de l'Ukraine depuis ces deux villes ou chercher du ravitaillement, il ne reste plus qu'une route de campagne poussiéreuse, que même des chars ou des camions militaires équipés de pneus géants peinent à naviguer.


"Les gens sont prêts à prendre tous les risques pour de l'eau et de la nourriture", a indiqué à l'AFP Oleksandr Kozyr, responsable du principal centre de distribution d'aide de Lyssytchansk. "Ils sont si déprimés qu'ils n'ont plus peur. Tout ce qu'ils veulent, c'est trouver à manger".


"Nous pensons que les forces russes ont pu s'emparer de la majeure partie du nord-est de Severodonetsk, même si des combats sont toujours en cours", a indiqué à Washington un haut-responsable du Pentagone.


«Génocide» dans le Donbass
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé jeudi soir Moscou de mener un "génocide" dans le Donbass.


"L'actuelle offensive des occupants dans le Donbass pourrait vider la région de ses habitants", a affirmé M. Zelensky dans son message vidéo quotidien, accusant les Russes de chercher à "réduire en cendres" Severodonetsk et d'autres villes de cette vieille région minière. Les forces russes y procèdent à des "déportations" et des "tueries de masse de civils", a-t-il poursuivi.


En avril, le Parlement ukrainien avait déjà adopté une résolution qualifiant de "génocide" les agissements de l'armée russe, et avait exhorté tous les pays étrangers et organisations internationales à faire de même. Le président américain Joe Biden a lui-même employé cette expression, tandis que son homologue français Emmanuel Macron s'y refuse.


De son côté, Moscou a justifié son invasion de l'Ukraine lancée le 24 février par un "génocide" que mèneraient les Ukrainiens contre la population russophone du Donbass.


Frappes sur Dnipro 
Mais la guerre se poursuit aussi dans le reste de l'Ukraine. 


Des missiles russes ont visé vendredi une installation militaire de la grande ville de Dnipro, dans le centre-est de l'Ukraine sur le fleuve Dniepr, selon les autorités locales. 


"On déplore une dizaine de morts et entre 30 et 35 blessés", a déclaré à une chaîne locale Guennadi Korban, responsable de la défense de la ville, laissant entendre que les victimes étaient toutes militaires.


A Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine située à 50 km de la frontière russe dans l'est du pays, les sirènes d'alerte aérienne ont à nouveau retenti vendredi à l'aube. Des bombardements la veille ont fait 9 morts et 19 blessés, tous des civils, selon M. Zelensky, alors que la ville tentait depuis la mi-mai de revenir à la normale.


Dans ce contexte, les autorités ukrainiennes ont à nouveau réclamé aux Occidentaux davantage d'armes vendredi: "Certains partenaires évitent de donner les armes nécessaires par peur de l'escalade. Escalade, vraiment? La Russie utilise déjà les armes non nucléaires les plus lourdes, brûlent les gens vivants. Peut-être qu'il est temps (...) de nous donner des (lance-roquette multiples) MLRS?", a tweeté Mykhaïlo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne.


Aucune solution négociée n'est en vue. Moscou a rejeté jeudi un plan de paix italien qui prévoyait, sous garantie de l'ONU, un cessez-le-feu et le retrait des troupes, l'entrée de l'Ukraine dans l'UE mais pas dans l'Otan, et un statut d'autonomie au sein de l'Ukraine pour le Donbass et la Crimée.
Pont ferroviaire 
Alors que l'Ukraine, grande puissance agricole, ne peut plus exporter ses céréales en raison du blocage de ses ports, le président Vladimir Poutine a affirmé jeudi être prêt à aider à "surmonter la crise alimentaire" que cela entraîne - mais à condition que les sanctions occidentales draconiennes contre Moscou soient préalablement levées, ce qui lui a valu immédiatement des accusations de chantage.


La Russie a indiqué viser 50 millions de tonnes de céréales exportées dans la saison à venir, contre 37 millions attendues pour la saison en cours qui se termine fin juin.


Pour aider Kiev à contourner le blocus russe, l'Allemagne a mis sur pied un "pont ferroviaire" avec l'Ukraine, a indiqué le prochain chef des forces américaines en Europe, le général Chris Cavoli.


Dans le sud de l'Ukraine, la Russie s'affaire à consolider son emprise sur les territoires conquis depuis trois mois. Elle a notamment annoncé qu'elle allait permettre aux habitants des régions de Zaporijjia et de Kherson de demander un passeport russe via "une procédure simplifiée".


L'Ukraine a dénoncé un octroi "forcé" de la nationalité russe démontrant la volonté de Moscou de mener une annexion pure et simple de ces territoires.


La Russie dit avoir abattu 419 drones ukrainiens dans la nuit, un bébé tué

Une femme marche devant un centre commercial tandis qu'une fumée noire s'élève du site de la raffinerie moscovite de Gazprom Neft, le producteur de pétrole russe, située dans la banlieue sud-est de Moscou, le 18 juin 2026. Moscou repoussait une attaque « de grande envergure » menée par des drones depuis l'Ukraine. (AFP)
Une femme marche devant un centre commercial tandis qu'une fumée noire s'élève du site de la raffinerie moscovite de Gazprom Neft, le producteur de pétrole russe, située dans la banlieue sud-est de Moscou, le 18 juin 2026. Moscou repoussait une attaque « de grande envergure » menée par des drones depuis l'Ukraine. (AFP)
  • Dans la région de Moscou, une maison a pris feu à Iegorievsk, à la suite de la chute d'un drone, selon le gouverneur régional Andreï Vorobiov
  • Se trouvant à l'intérieur au moment de l'attaque, "un bébé de six mois est décédé en route vers l'hôpital"

MOSCOU: La Russie a annoncé mardi avoir abattu dans la nuit 419 drones ukrainiens, y compris au-dessus de la région de Moscou où un bébé de six mois a été tué selon les autorités locales.

"Au cours de la nuit, entre 20H00 heure de Moscou (17H00 GMT) le 29 et 07H00 heure de Moscou (04H00 GMT) le 30 juin, les défenses antiaériennes ont intercepté et détruit 419 drones ukrainiens", a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

La Crimée annexée, la région russe de Krasnodar (sud) et celle de la capitale Moscou ont notamment été concernées par ces attaques.

Dans la région de Moscou, une maison a pris feu à Iegorievsk, à la suite de la chute d'un drone, selon le gouverneur régional Andreï Vorobiov.

Se trouvant à l'intérieur au moment de l'attaque, "un bébé de six mois est décédé en route vers l'hôpital", a-t-il précisé, en ajoutant qu'un autre enfant et deux adultes ont été blessés et hospitalisés.

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, avait indiqué dans une série de messages sur Telegram qu'une soixantaine de drones lancés en direction de la ville avaient été abattus dans la nuit et mardi matin.

Il a précisé que les secours s'étaient déployés dans les zones de retombée des débris, sans plus de détails.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé sur X que les attaques de longue portée avaient touché un centre de communications par satellite dans la région de Moscou, utilisé pour le renseignement et la coordination des troupes russes en Ukraine.

Cette nouvelle vague massive d'attaques survient après une nuée de 660 drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi, un nombre parmi les plus élevés depuis le début du conflit en février 2022. La Russie avait également annoncé leur destruction.

L'Ukraine a intensifié ces derniers mois ses frappes sur le territoire russe, Moscou comprise, et parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de la Russie à financer son offensive.

La Russie continue pour sa part à frapper quotidiennement l'Ukraine.

 


Hostilités en pause entre Téhéran et Washington, réunions annoncées au Qatar

Un avion de chasse F-16 de l’US Air Force patrouille dans le ciel au-dessus du Moyen-Orient. (Central Command)
Un avion de chasse F-16 de l’US Air Force patrouille dans le ciel au-dessus du Moyen-Orient. (Central Command)
  • L’Iran et les États-Unis prévoient des échanges au Qatar, mais Téhéran exclut toute négociation directe
  • Tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz après des attaques et un ralentissement du trafic maritime

WASHINGTON: L'Iran et les Etats-Unis ont annoncé lundi des réunions cette semaine au Qatar après leurs attaques des derniers jours, mais Téhéran évoque des rencontres techniques sans négociations directes avec le camp adverse quand Washington parle de "réunions de haut niveau".

Les deux camps ont décidé, selon un responsable américain, de cesser leurs attaques, menées en dépit de la signature d'un protocole d'accord à la mi-juin pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

Et le président américain a écrit sur son réseau Truth Social: "L'IRAN A DEMANDE UNE REUNION. ELLE AURA LIEU DEMAIN (mardi) A DOHA !".

Peu après, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a annoncé sur Fox News que les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner se rendraient sur place "cette semaine pour participer à des réunions de haut niveau".

D'après CNN, qui cite deux responsables américains, Steve Witkoff est déjà en route pour Doha.

Un diplomate au fait des pourparlers a confirmé à l'AFP une rencontre "ces prochains jours des équipes techniques", ajoutant que "les canaux de communication pour désamorcer les incidents étaient opérationnels".

- Tensions autour d'Ormuz -

Après avoir d'abord démenti toute réunion, la diplomatie iranienne a confirmé lundi l'envoi d'une "délégation d'experts" cette semaine à Doha. Mais "dans les prochains jours, nous ne négocierons pas avec la partie américaine, à aucun niveau", a insisté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Les tensions se cristallisent autour de la gestion du stratégique détroit d'Ormuz, où le trafic a ralenti ce week-end après deux attaques de navires.

Au total, 29 bateaux transportant des matières premières ont franchi le détroit samedi et 12 dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, un chiffre en net recul par rapport aux jours précédents.

L'Iran répète depuis des semaines en dépit de l'opposition des Etats-Unis qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit. Et il a menacé les navires tentés de contourner l'itinéraire autorisé.

Accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires la semaine dernière, les Etats-Unis ont bombardé le pays en retour, et l'Iran a ciblé ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn.

De quoi fragiliser le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington.

- Frais de service -

L'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur le transit dans le détroit et envisagent donc des frais de service. Pourtant la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, non ratifiée par Téhéran, garantit la liberté de navigation "sans entrave" des navires dans les détroits servant à la navigation internationale.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, cette voie maritime cruciale pour le commerce mondial d'hydrocarbures a rouvert peu après la signature du protocole d'accord.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes.

Oman entretient de son côté le flou et a annoncé l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués.

Le sultan d'Oman, Haïtham ben Tariq, et le président français Emmanuel Macron ont plaidé lundi pour une "navigation libre, sans conditions ni restrictions" et convenu d'y mener des "opérations de déminage conjointes". Ce à quoi la diplomatie iranienne a répondu en sommant la France de ne pas "compliquer davantage" la situation.

- "Détermination" -

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans les pourparlers avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes ce week-end, malgré la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre pour une "paix durable".

Selon un média d'Etat libanais, une frappe israélienne a encore eu lieu lundi dans le sud du pays.

L'accord-cadre prévoit notamment qu'Israël continue à occuper le sud du Liban, comme depuis le début de cette nouvelle guerre contre le Hezbollah, jusqu'à ce que le mouvement chiite soutenu par l'Iran rende les armes.

Une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en oeuvre malgré la pression des Etats-Unis.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a justement affiché sa "détermination" à asseoir l'autorité de l'Etat en déployant son armée jusqu'à la frontière avec Israël, dans une zone où le Hezbollah est implanté.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le nord d'Israël en soutien à son parrain iranien, visé par l'offensive américano-israélienne. Israël a riposté en jurant d'"éliminer" le mouvement, et déployé ses troupes dans le sud. Ses frappes ont depuis fait plus de 4.200 morts, selon Beyrouth.


Les Etats-Unis et l'Iran cessent les hostilités «pour le moment»

Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
  • Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord
  • Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain.

"Il est prévu que les discussions techniques continuent sur tous les points du protocole d'accord. Les deux parties vont cesser (leurs attaques) pour le moment et les navires peuvent circuler librement" dans le détroit d'Ormuz et autour, a expliqué dans un mail transmis à l'AFP ce responsable.

Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord.

Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, ce qui a déstabilisé le commerce mondial d'hydrocarbures et fait flamber les cours du pétrole, le détroit a rouvert la semaine dernière.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire contrevenant. "Aucune autre institution ni aucun autre pays" que l'Iran n'est "responsable" de la gestion du détroit, a martelé dimanche le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.

"Toute ingérence" dans la gestion du détroit conduira "à des retards dans (sa) réouverture et augmentera les tensions", a-t-il lancé.

Possible rencontre au Qatar 

L'Iran a vu d'un mauvais oeil l'annonce par Oman de l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués. Des dizaines de bateaux l'ont empruntée cette semaine.

Et depuis jeudi, deux navires ont été touchés par des projectiles d'origine inconnue - des attaques attribuées à Téhéran par l'armée américaine qui a riposté deux jours de suite en bombardant l'Iran.

Téhéran a de son côté répliqué en tirant missiles et drones vers ses voisins du Golfe, notamment le Koweït et Bahreïn.

Citant deux responsables américains et une troisième source ayant connaissance du dossier, le média Axios a affirmé que des discussions devaient avoir lieu mardi au Qatar pour résoudre les différends concernant Ormuz, voie par laquelle transite habituellement quelque 20% des hydrocarbures mondiaux.

Si l'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur Ormuz, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée en 1982, garantit un droit de "passage en transit" dans les détroits qui servent à la navigation internationale, comme celui d'Ormuz, incontournable pour relier le Golfe au reste du monde.

Le texte, non ratifié par Téhéran, dispose que "tous les navires et aéronefs" dont le but est le transit "continu et rapide" du détroit jouissent d'une liberté de navigation "sans entrave".

Frappes israéliennes au Liban 

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans le protocole d'accord avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes dimanche. Et ce malgré, aussi, la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre en vue d'une "paix durable".

Dans un communiqué conjoint, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense israéliens Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit un long et profond tunnel du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'Agence libanaise d'information ANI (officielle) a rapporté des bombardements, le ministère de la Santé faisant état de deux blessés après le lancement d'une grenade par "l'ennemi israélien" sur une localité du sud du pays.

Le chef du Parlement libanais allié au Hezbollah pro-Iran, Nabih Berri, a affirmé dimanche que l'accord avec Israël "ne sera pas adopté" en l'état.

Le mouvement chiite, qui rejette lui aussi cet accord, a dit se réserver le droit de "défendre sa patrie" après les dernières attaques israéliennes.

L'accord conditionne le retrait d'Israël du Liban - dont les troupes occupent un secteur dans le sud - au désarmement du Hezbollah. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en oeuvre.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.