Tunisie: le chef du parti Ennahdha interdit de voyage

Le président du Parlement Rached Ghannouchi, chef du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, sourit lors d'un entretien avec l'AFP dans son bureau à Tunis le 31 mars 2022 (Photo, AFP).
Le président du Parlement Rached Ghannouchi, chef du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, sourit lors d'un entretien avec l'AFP dans son bureau à Tunis le 31 mars 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 28 mai 2022

Tunisie: le chef du parti Ennahdha interdit de voyage

  • M. Ghannouchi, 81 ans, est un virulent critique du coup de force du président Kais Saie
  • Un comité de défense accuse Ennahdha d'être impliqué dans ces meurtres

TUNIS: Un tribunal tunisien a imposé vendredi une interdiction de voyager au chef du Parlement dissout et du parti islamo-conservateur Ennahdha, Rached Ghannouchi, dans le cadre d'une enquête pour entrave à la justice en lien avec les assassinats de deux opposants en 2013, a indiqué une porte-parole de la cour.

Cette mesure a été imposée contre "34 suspects dans cette affaire, dont Rached Ghannouchi", a indiqué à l'AFP Fatima Bouqtaya, porte-parole du tribunal de l'Ariana dans la banlieue de Tunis.

La justice tunisienne avait ouvert en janvier une enquête contre ces suspects pour "dissimulation d'information" en lien avec les assassinats des militants de gauche Chokri Belaid et Mohamed Brahimi en 2013. Leur comité de défense accuse Ennahdha d'être impliqué dans ces meurtres.

M. Ghannouchi, 81 ans, est un virulent critique du coup de force du président Kais Saied qui s'est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021 en suspendant le Parlement dominé par Ennahdha avant de le dissoudre, et en limogeant le Premier ministre.


L’Arabie saoudite annonce le lancement de projets de développement vitaux au Yémen

Le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, s’entretient avec le président du conseil présidentiel du Yémen, le Dr Rachad al-Alimi. (SPA)
Le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, s’entretient avec le président du conseil présidentiel du Yémen, le Dr Rachad al-Alimi. (SPA)
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  • Ces initiatives comprennent dix-sept projets de développement dans six secteurs, évalués à 400 millions de dollars
  • 200 millions de dollars supplémentaires serviront à fournir des dérivés du pétrole pour faire fonctionner les centrales électriques

RIYAD: L’Arabie saoudite a annoncé le lancement de plusieurs projets de développement vitaux au Yémen visant à stimuler l’économie, a déclaré jeudi le vice-ministre de la Défense du Royaume.

«Ces initiatives comprennent dix-sept projets de développement dans six secteurs, évalués à 400 millions de dollars (1 dollar = 0,96 euro), ainsi que plus de 200 millions de dollars pour fournir des dérivés du pétrole aux centrales électriques», a tweeté le prince Khaled ben Salmane.

Les projets seront mis en œuvre par le Programme saoudien de développement et de reconstruction du Yémen et ont pour objectif d’aider le peuple yéménite.

Le prince Khaled s’est entretenu avec le président du conseil présidentiel du Yémen, le Dr Rachad al-Alimi, et avec les membres du conseil afin de leur transmettre le soutien et la reconnaissance du Royaume pour leurs efforts.

Le vice-ministre de la Défense a affirmé que l’Arabie saoudite s’engageait à soulager les souffrances au Yémen et à assurer la sécurité, la paix, la stabilité et le développement économique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Libye: les discussions à Genève se terminent sans accord sur les élections, selon l'ONU

Les pourparlers menés à l'ONU entre les présidents des deux chambres libyennes rivales ont pris fin sans accord (Photo, Twitter).
Les pourparlers menés à l'ONU entre les présidents des deux chambres libyennes rivales ont pris fin sans accord (Photo, Twitter).
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  • Deux gouvernements se disputent le pouvoir depuis mars
  • L'un basé à Tripoli et dirigé par Abdelhamid Dbeibah depuis 2021 et un autre conduit par Fathi Bachagha et soutenu par le camp du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est

GENEVE: Les pourparlers menés à l'ONU entre les présidents des deux chambres libyennes rivales ont pris fin sans accord sur un cadre constitutionnel permettant la tenue d'élections nationales.

"Si les progrès réalisés lors des trois cycles de consultations au Caire et de ce cycle à Genève sont importants, ils restent insuffisants", a déclaré l'émissaire de l'ONU, Stephanie Williams, à l'issue de ces trois jours de discussions menées au siège de l'ONU à Genève.

Deux gouvernements se disputent le pouvoir depuis mars: l'un basé à Tripoli et dirigé par Abdelhamid Dbeibah depuis 2021 et un autre conduit par Fathi Bachagha et soutenu par le camp du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est.

Des scrutins présidentiel et législatif devaient initialement se tenir en décembre 2021 en Libye, pour couronner un processus de paix parrainé par l'ONU après les violences de 2020.

Mais ils ont été reportés sine die, en raison de fortes divergences entre rivaux politiques et des tensions sur le terrain, avec des affrontements armés de plus en plus récurrents entre milices rivales à Tripoli.

"Malgré les progrès réalisés pendant les négociations cette semaine entre les chefs des chambres, un désaccord persiste sur les conditions d'éligibilité des candidats aux premières élections présidentielles", a affirmé Mme Williams.

Selon les médias libyens, les divergences portent notamment sur la possibilité pour les double nationaux de se présenter ou pas.

L'exclusion des double nationaux reviendrait en effet à exclure Khalifa Haftar, qui détient la nationalité américaine.

"J'exhorte les deux chambres à surmonter le désaccord pendant dès que possible. Je continue également d'exhorter tous les acteurs et toutes les parties en Libye à ne pas prendre de mesures précipitées et à souligner que le calme et la stabilité doivent être maintenus", a indiqué Mme Williams.

Elle a par ailleurs fait état "de consensus sans précédent sur un certain nombre de questions de longue date, notamment la désignation du siège et la répartition des sièges pour les deux chambres du pouvoir législatif".

Mme Williams a également cité "la répartition des responsabilités entre le président, le Premier ministre, le cabinet et le gouvernement local; la forme spécifique de décentralisation, y compris la délimitation du nombre de gouvernorats et leurs pouvoirs; un mécanisme de répartition des revenus pour les différents niveaux de gouvernement; et une représentation accrue des composantes culturelles".

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.


De hauts responsables politiques britanniques préviennent qu'un nouvel accord sur le nucléaire iranien «déstabiliserait le Moyen-Orient»

Les changements comprennent l'introduction d'un régime de surveillance plus strict de l'activité nucléaire iranienne. (Fichier/AFP)
Les changements comprennent l'introduction d'un régime de surveillance plus strict de l'activité nucléaire iranienne. (Fichier/AFP)
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  • Les députés Travaillistes et Libéraux-démocrates soutiennent les anciens ministres conservateurs qui insistent sur des modifications au nouveau projet d'accord
  • Ces changements comprennent l'adoption d'une attitude plus sévère pour contrôler les activités «déstabilisatrices» de l'Iran

LONDRES: Trois anciens ministres britanniques entendent mettre en garde sur le fait qu'un nouvel accord nucléaire iranien déstabiliserait le Moyen-Orient, en guise d’avertissement au soutien du gouvernement à cet accord.

L'ancien secrétaire à la défense Liam Fox, l'ancien secrétaire aux communautés Robert Jenrick et l'ancien secrétaire gallois Stephen Crabb soutiennent tous une motion qui sera débattue au Parlement, énumérant une série de modifications au projet qui ont été proposées et qui, selon eux, compromettront la volonté de Téhéran de se diriger vers les armes nucléaires.

Ces changements comprennent l'introduction d'un régime de surveillance plus strict de l'activité nucléaire iranienne et l'adoption d'une attitude plus sévère pour contrôler les activités «déstabilisatrices» de l'Iran.

La motion qui sera débattue aujourd'hui stipule ce qui suit: «Cette Assemblée exprime sa profonde inquiétude face à la perspective imminente d'un Iran doté de l'arme nucléaire; demande au gouvernement, dans le cadre de ses négociations en cours concernant l'accord sur le Plan d'action global conjoint, de chercher à prolonger les clauses de suspension, d'adopter un régime de surveillance plus strict, de maintenir les interdictions relatives au terrorisme et d'élargir son champ d'action pour y inclure les autres activités déstabilisatrices de l'Iran dans la région.»

Les députés conservateurs et les partisans des partis d'opposition travaillistes ainsi que les Libéraux-démocrates seraient préoccupés par l'accord actuel remodelé, qui reste sujet à des négociations et vise à remplacer l'accord de 2015 dont les États-Unis se sont retirés sous le mandat de l'ancien président Donald Trump.

Cet accord nucléaire iranien initial, appelé Plan d'action global conjoint (PAGC), avait été signé avec le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine, la France, l'Allemagne, la Russie et l'UE. En vertu de cet accord, Téhéran acceptait de freiner son développement nucléaire en échange de la levée des sanctions économiques.

S'adressant au Telegraph, Jenrick a déclaré: «Le PAGC était une réponse inadéquate au programme nucléaire iranien en 2015. Pourquoi reviendrions-nous à cet accord alors qu'il a singulièrement échoué à réduire l'enrichissement d'uranium de l'Iran?»

«En cette période cruciale, l'Occident doit de toute urgence changer de cap dans sa stratégie. Tolérer avec faiblesse les agressions et les violations flagrantes de l'Iran par crainte d'un échec des pourparlers nous a conduits sur une voie dangereuse. Il est temps d'adopter une approche plus ferme, d’imposer à nouveau des sanctions à l'Iran et de resserrer la vis économique jusqu'à ce que ce pays soit prêt à accepter des propositions sérieuses.»

Il a ajouté: «Le Royaume-Uni devrait suivre la trace des États-Unis et considérer le Corps des gardiens de la révolution islamique comme une organisation terroriste.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com