Crise au Liban : les militaires souffrent aussi

Des soldats de l'armée libanaise patrouillent pendant les élections législatives dans la capitale Beyrouth, le 15 mai 2022. (AFP).
Des soldats de l'armée libanaise patrouillent pendant les élections législatives dans la capitale Beyrouth, le 15 mai 2022. (AFP).
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Publié le Samedi 28 mai 2022

Crise au Liban : les militaires souffrent aussi

  • La crise économique au Liban affecte non seulement les moyens de subsistance des civils, mais aussi ceux du personnel de l'armée libanaise
  • Un soldat a déclaré que la nourriture de la cantine est parfois satisfaisante, mais que d'autres jours, elle ne l'est pas, en raison de l'augmentation du prix des aliments dans le pays

BEYROUTH : La crise économique du Liban découle de décennies de corruption et de mauvaise gestion de la part des élites politiques qui ont dominé le pays. Depuis le début de l'effondrement, les responsables n'ont pratiquement rien fait pour mettre en œuvre les réformes exigées par la communauté internationale afin de débloquer investissements et prêts. La crise affecte non seulement les moyens de subsistance des civils, mais aussi ceux du personnel de l'armée libanaise.

Avant la crise économique, le salaire d'un soldat libanais équivalait presque à 1 380 000 LL, soit environ 920 dollars (856 euros) selon le taux de change officiel. Cependant, avec l'hyperinflation que connaît le Liban, la valeur réelle de ce salaire a atteint un plancher historique de 37$ (34 euros) le 27 mai - avant de remonter à 50$ (46 euros). Ce avec le changement du taux du dollar.

Lors d'une récente interview télévisée sur la chaîne Al Jadeed, un soldat de l'armée libanaise a confié qu'il ne pouvait rien se permettre avec son salaire actuel. Il doit travailler à l'extérieur comme charpentier mécanique et bétonneur afin de survivre. De nombreux soldats sont également contraints de travailler à temps partiel, par exemple en conduisant des taxis ou en travaillant comme livreurs pour gagner un peu d'argent supplémentaire.

Ce soldat a déclaré que la nourriture de la cantine est parfois satisfaisante, mais que d'autres jours, elle ne l'est pas, en raison de l'augmentation du prix des aliments dans le pays.

Selon le soldat, la hausse du prix du carburant les empêche de se déplacer, malgré les efforts déployés pour obtenir des bus pour transporter les soldats à leur poste de travail. L'homme a également souligné que la plupart de ses confrères se sentent fatigués et qu'ils ne peuvent pas s'exprimer.

« Depuis trois ans, je patiente en espérant que cette crise soit résolue, mais je ne peux plus dépendre de ma famille pour vivre », a-t-il déclaré.

Au Liban, tous les passeports des membres du personnel de sécurité, y compris les militaires et les forces de sécurité intérieure, sont retenus au prétexte de les empêcher de fuir le pays. Il y a environ un mois, les autorités libanaises ont suspendu toutes les demandes de renouvellement de passeports pour tous les citoyens du pays, en raison d'une ruée qui a épuisé les stocks de passeports disponibles. Depuis 2020, les demandes de renouvellement de passeport ont été multipliées par dix ce qui a fait monter la pression sur les centres de passeport et « a affecté les stocks de passeports disponibles », a déclaré la Sécurité générale dans un communiqué. Tout citoyen tenté de chercher ailleurs de meilleures conditions de vie, y compris le personnel de l'armée libanaise, ne pourra donc pas le faire de sitôt.


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.

 


Des explosions retentissent dans le sud de Beyrouth

Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
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  • Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah
  • Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités

BEYROUTH: Des explosions ont retenti dans le sud de Beyrouth aux premières heures de vendredi, selon des journalistes de l'AFP, des médias locaux et l'agence de presse officielle libanaise faisant état de frappes israéliennes.

Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah. On ignore à ce stade si la frappe a fait des victimes dans cette zone visée régulièrement par l'armée israélienne.

Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités.

Quelques heures plus tard, l'armée israélienne a lancé un appel à évacuer aux habitants d'un village du sud du pays et à se déplacer vers le nord de la rivière Zahrani, car "les activités du Hezbollah poussent l'armée israélienne à prendre des mesures fermes contre eux dans le village".

Le Liban a été entraîné dans la guerre début mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne en Iran le 28 février.

Alors qu'Israël manifeste sa détermination à intensifier sa campagne militaire contre le mouvement islamiste, ce dernier a revendiqué une série d'attaques contre les troupes israéliennes qui mènent une incursion terrestre dans le sud du Liban.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi soir qu'Israël était en train d'élargir une "zone tampon" au Liban pour "éloigner la menace des missiles" du Hezbollah.

Le mouvement a déclaré que ses combattants poursuivaient leurs attaques contre les troupes israéliennes dans le sud du Liban tôt vendredi matin.

Jeudi, les médias officiels ont fait état de frappes israéliennes meurtrières sur plusieurs zones du sud du pays. Le Hezbollah a revendiqué plus de 90 attaques contre des cibles israéliennes à l'intérieur du Liban et de l'autre côté de la frontière.

De son côté, l'armée israélienne a déclaré jeudi que deux soldats avaient été tués dans le sud du Liban, tandis que les services d'urgence israéliens ont indiqué qu'une roquette tirée depuis le Liban avait tué un homme dans la région de Nahariya, au nord d'Israël.

Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes menées depuis le 2 mars ont fait au moins 1.116 morts, dont 121 enfants, et plus d'un million de personnes ont été déplacées.