Un double sommet africain s'achève à Malabo sans annonces concrètes

Cette vue générale montre des délégués à Malabo le 27 mai 2022 lors du sommet de l'UA (Photo, AFP).
Cette vue générale montre des délégués à Malabo le 27 mai 2022 lors du sommet de l'UA (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 29 mai 2022

Un double sommet africain s'achève à Malabo sans annonces concrètes

  • Aucune mesure concrète pour y remédier n'a été annoncée dans la capitale de la Guinée équatoriale
  • A la surprise générale, les dirigeants africains sont repartis en catimini dans leur pays en soirée

MALABO, Guinéen Équatoriale: Des chefs d'Etat africains ont clos samedi à Malabo deux sommets extraordinaires en constatant que terrorisme, mauvaise gouvernance et coups d'Etat pouvaient avoir des liens de causes à effets et aggraver les crises humanitaires qui endeuillent le continent.

Mais aucune mesure concrète pour y remédier n'a été annoncée dans la capitale de la Guinée équatoriale aux clôtures, vendredi, du Sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA) sur les crises humanitaires et, samedi, de celui intitulé Terrorisme et changements inconstitutionnels de gouvernements.

A la surprise générale, les dirigeants africains sont repartis en catimini dans leur pays en soirée. Cérémonie et discours de clôture, pourtant annoncés, n'ont pas eu lieu, ce qui laisse présager une absence de consensus.

L'ambassadeur équato-guinéen à l'UA, Crisantos Obama Ondo, a cependant assuré à l'AFP qu'une "déclaration" avait été adoptée contenant "une décision importante" sur le terrorisme et les changements inconstitutionnels, mais a refusé d'en livrer la teneur.

Pourtant des constats sombres et sans complaisance ont été dressés devant les dirigeants africains --dont certains au pouvoir depuis des décennies, issus ou non de coups de force-- par le président de la Commission de l'UA Moussa Faki Mahamat. Il les a exhortés à prendre "des mesures concrètes courageuses".

282 millions d'Africains sous-alimentés

M. Faki a d'abord, vendredi, plaidé pour des mesures "urgentes" pour "environ 113 millions de personnes qui ont besoin d'aide humanitaire" et 282 millions sous-alimentées.

Le diplomate tchadien a ensuite estimé samedi que le "terrorisme" jihadiste était "une gangrène qui infecte progressivement toutes les régions du continent, de la Libye au Mozambique, du Mali à la Somalie, en passant par le Sahel, le bassin du lac Tchad et l'est de la République démocratique du Congo".

Après avoir déploré "une insuffisante solidarité africaine envers les pays victimes", M. Faki a appelé les dirigeants à prendre des mesures concrètes, au premier chef la mise en place d'une force militaire panafricaine, vieux serpent de mer des sommets de l'UA depuis le début des années 2000. "La volonté politique fait défaut alors que nous avons les moyens et les hommes; les forces africaines comptent quelque 2,7 millions d'hommes, en mobiliser seulement 1 à 2% et les doter de moyens nécessaires permettrait de réduire notre dépendance des forces étrangères", a-t-il martelé.

"L'Afrique est sans doute le dernier continent au monde à vivre avec une telle intensité le terrorisme et où existent encore des changements anticonstitutionnels de gouvernements, et ces deux phénomènes inversent nos priorités de développement", a ensuite asséné M. Faki devant un auditoire impassible. 

«Coups d'Etat rampant»

Il a sévèrement condamné "le retour en force de coups d'Etat militaires en Afrique" au motif --fait nouveau invoqué par les putschistes-- de "l'incapacité des gouvernements civils démocratiquement élus à lutter contre le terrorisme". 

Mais il a aussi fustigé les "coups d'Etat rampants" que constituent, entre autres, "les modifications de constitutions aux fins de confiscation du pouvoir".

"Mais certains sont d'avis, non sans raison", que ces pratiques "constituent des sources de contestation et d'instabilité (...) qui bloquent toute possibilité d'alternance" et "débouchent sur des coups d'Etats militaires ou des révoltes, dans certains cas avec un soutien manifestement populaire", a analysé M. Faki.

"Cessons de regarder ailleurs lorsque les pratiques politiques de nos états heurtent les règles et les principes de la gouvernance vertueuse que nous avons unanimement adoptés", a-t-il ajouté.

Plusieurs chefs d'Etat intervenant, ou leurs représentants, ont, eux, blâmé les "ingérences" étrangères, le "néocolonialisme" de certaines puissances et les "mercenaires" pour expliquer les putschs ou justifier la perpétuation de pouvoirs forts .

Les représentants du Mali, du Soudan, de Guinée et du Burkina Faso, étaient exclus du sommet. Des militaires ont renversé les régimes civils dans ces pays ces deux dernières années et l'UA les a suspendus de ses instances et leur a imposé des sanctions, au diapason d'autres organisations africaines, internationales ou des capitales occidentales. 

Le cas du Tchad n'a pas été évoqué, du moins publiquement. Le 20 avril 2021, le jour de l'annonce de la mort du président Idriss Déby Itno, l'un de ses fils, le général Mahamat Idriss Déby Itno, a pris les rênes du pays à la tête d'une junte de 15 généraux en limogeant le gouvernement, dissolvant le Parlement et abrogeant la Constitution.

L'UA, l'UE et la France avaient pourtant immédiatement adoubé le jeune chef de la junte tchadienne, présent au sommet de Malabo, quand elles vilipendaient et sanctionnaient les militaires putschistes ailleurs sur le continent, prêtant le flanc aux accusations de pratiquer une politique de deux poids deux mesures.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.

 

 


Espagne: au moins 21 morts et des dizaines de blessés dans une collision entre deux trains

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
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  • Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés
  • Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train

MADRID: Un accident ferroviaire impliquant deux trains à grande vitesse a fait dimanche au moins 21 morts et une trentaine de blessés graves dans le sud de l'Espagne, selon la Garde civile, après une collision très violente qui a projeté des wagons hors des rails.

Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a souligné sur le réseau social X que "le choc a été terrible".

"Toutes les personnes blessées nécessitant des soins hospitaliers ont été évacuées", a-t-il déclaré ensuite lors d'un point presse tôt lundi matin. "On parle de 30 personnes blessées gravement qui ont été transférées dans des hôpitaux", a-t-il précisé.

Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés.

Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train de la compagnie nationale Renfe qui circulait dans le sens inverse sur une voie adjacente en direction de Huelva.

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".

La Garde civile a indiqué à l'AFP, dans un dernier bilan, qu'il y avait au moins 21 morts, les autorités régionales andalouses évoquant au moins 73 blessés, dont six très graves, et "une nuit (qui s'annonce) très difficile".

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a évoqué "une nuit de profonde douleur" après "le tragique accident ferroviaire". Il a précisé suivre de près les opérations, le gouvernement central à Madrid "collabor(ant) avec les autres autorités compétentes" mobilisées sur place.

De son côté, la famille royale espagnole a fait part dans un communiqué de sa "grande inquiétude" à la suite de ce "grave accident".

"Tout est complètement détruit", a déclaré Francisco Carmona, chef des pompiers de Cordoue, à la chaîne de télévision publique TVE.

"Nous avons même dû déplacer des corps pour pouvoir accéder à des personnes vivantes", a-t-il ajouté.

"Un film d'horreur" 

"On se croirait dans un film d'horreur", a raconté un passager, Lucas Meriako, qui se trouvait à bord du train Iryo, à la chaîne La Sexta.

"Il y a eu un choc très violent à l'arrière et l'impression que tout le train allait se disloquer (...) De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre", a-t-il dit.

C'est comme si "un tremblement de terre" avait secoué le wagon, a témoigné de son côté un journaliste de la radio publique RNE qui voyageait dans l'un des deux trains, à la télévision publique TVE.

Les occupants du wagon ont pris les marteaux de secours pour briser les vitres et commencer à sortir du convoi, a-t-il encore raconté.

Selon des médias espagnols, plus de 300 personnes se trouvaient dans le train d'Iryo et plus de 100 dans l'autre train de Renfe.

Dans la grande gare madrilène d'Atocha, des "équipes de soutien vont être déployées pour accompagner les familles" des personnes touchées, a annoncé la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso.

Le président français Emmanuel Macron a adressé ses "pensées" aux victimes de l'accident, évoquant "une tragédie" et promettant le soutien de la France à l'Espagne.

Face à la situation, "le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva (des villes dans le sud de l'Espagne, ndlr) sera interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier", a, par ailleurs, indiqué sur X le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).