Mali: «Hausse exponentielle» des violations des droits imputées à l'armée par l'ONU

Un soldat britannique de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), ajuste un drapeau de l'ONU sur le toit d'un véhicule blindé léger lors d'une patrouille à Ménaka, au Mali, le 28 octobre 2021 (Photo, AFP).
Un soldat britannique de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), ajuste un drapeau de l'ONU sur le toit d'un véhicule blindé léger lors d'une patrouille à Ménaka, au Mali, le 28 octobre 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 31 mai 2022

Mali: «Hausse exponentielle» des violations des droits imputées à l'armée par l'ONU

  • Le nombre de personnes tuées par toutes les parties (groupes armés islamistes ou autres, milices et groupes d'autodéfense, forces de défense) a plus que quadruplé d'un trimestre à l'autre
  • La junte au pouvoir depuis août 2020 dans ce pays en proie à la propagation djihadiste et aux violences de toutes sortes a réfuté ces affirmations

DAKAR: Le nombre de morts civiles et de violations des droits imputables à l'armée malienne soutenue par des militaires étrangers a connu une "hausse exponentielle" au premier trimestre de 2022, a indiqué lundi la mission de l'Onu (Minusma) dans le pays.

La junte au pouvoir depuis août 2020 dans ce pays en proie à la propagation djihadiste et aux violences de toutes sortes a réfuté ces affirmations.

Si les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l'organisation Etat islamique (EI) sont restés les principaux auteurs des violences contre les civils, la Minusma a dénombré 320 violations imputables aux forces de sécurité appuyées "à certaines occasions par des éléments militaires étrangers" au cours des trois premiers mois de l'année, contre 31 le trimestre précédent.

Sur ces 320, 248 se sont traduites par la mort de civils, dit la Minusma dans une note trimestrielle. Elle parle "d'exécutions extrajudiciaires", de disparitions forcées et d'actes de torture.

Il n'appartient pas à la Minusma de dire l'origine des "éléments étrangers", a déclaré en visioconférence Guillaume Ngefa, directeur de la division des droits de l’Homme de la mission, malgré le soupçon pesant sur l'organisation de sécurité privée russe Wagner.

La junte s'est détournée ces derniers mois de la France et de ses partenaires européens, et tournée vers la Russie. Les Européens ont annoncé en février leur retrait militaire du Mali en invoquant le recours selon eux de la part des colonels au groupe Wagner, malgré les agissements controversés de celui-ci, ainsi que les "multiples obstructions" de la part des autorités maliennes à leur action après des années d'engagement.

La junte parle de coopération renforcée d'Etat à Etat avec la Russie.

M. Ngefa a précisé que les décomptes "n'incluent pas les évènements de Moura", toujours à l'enquête selon lui malgré le refus opposé jusqu'à présent par la junte à un déplacement des experts de l'ONU su place.

Cette localité du centre du pays a été le théâtre fin mars de ce que Human Rights Watch décrit comme le massacre de 300 civils par des soldats maliens associés à des combattants étrangers, peut-être russes. L'armée malienne dément et revendique l'élimination de plus de 200 djihadistes.

La Minusma détaille une série de cas comme la mort d'au moins 21 civils sommairement exécutés selon elle par les forces maliennes et 18 autres portés disparus le 31 décembre dans la région de Nara.

«Aucune preuve»

La Minusma écrit que "la majorité des victimes de ces violations étaient membres de la communauté peule". Celle-ci est volontiers considérée par une partie des Maliens comme une source de recrues pour les djihadistes.

La Minusma a soumis la note aux autorités de Bamako avant sa publication. Dans un mémorandum de réponse consulté par l'AFP, les Affaires étrangères maliennes fustigent des "allégations (...) très souvent tendancieuses, non recoupées" et ne "s'appuyant sur aucune preuve tangible". Elles visent à "discréditer" les forces maliennes, assurent-elles.

Les Affaires étrangères répètent à plusieurs reprises qu'un strict respect des droits humains est pris en compte dans la formation des soldats et la préparation des opérations.

Répondant à chaque cas exposé par la Minusma, elles objectent plusieurs fois que les autorités ont ouvert leur propre enquête, et que le propos de la mission repose sur des documents "montés de toutes pièces".

Dans le cas de Nara, elles arguent qu'une "franche couche de la population (...) est acquise à la cause des terroristes" et "serait même en mesure d'inventer des histoires en vue de ternir l'image de l'armée".

Le mémorandum reproche à la Minusma d'ignorer les "progrès remarquables" accomplis pour protéger les droits humains et améliorer la sécurité. La junte revendique régulièrement de pousser les djihadistes à la "débandade".

La note de la Minusma dresse un tableau beaucoup plus sombre.

Le nombre de personnes tuées par toutes les parties (groupes armés islamistes ou autres, milices et groupes d'autodéfense, forces de défense) a plus que quadruplé d'un trimestre à l'autre, passant de 128 à 543, dit la Minusma.

L'ONU est "très préoccupée" devant la situation sécuritaire générale, et la dégradation observée selon elle dans le centre, la zone dite des trois frontières avec le Burkina Faso et le Niger, et le nord, a déclaré Daniela Kroslak, représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies.

La Minusma rapporte une intensification des attaques des groupes djihadistes, un renforcement de leur présence dans le centre et au nord, et une "expansion inquiétante" vers le sud.

La Minusma déplore par ailleurs un "rétrécissement continu de l’espace civique et du débat démocratique et la restriction dans l’exercice des libertés publiques".


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.