Entre sécheresse et guerre en Ukraine, le Maroc craint pour sa croissance

Un berger marocain marche aux côtés de son troupeau le 12 mars 2022 dans le village d'Ezzhiliga, à une centaine de kilomètres à l'est de Rabat. Photo d'illustration ABDERRAHMANE MOKHTARI / AFP
Un berger marocain marche aux côtés de son troupeau le 12 mars 2022 dans le village d'Ezzhiliga, à une centaine de kilomètres à l'est de Rabat. Photo d'illustration ABDERRAHMANE MOKHTARI / AFP
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Publié le Mercredi 01 juin 2022

Entre sécheresse et guerre en Ukraine, le Maroc craint pour sa croissance

  • Une sécheresse exceptionnelle, une mauvaise récolte et une flambée des prix alimentée par la guerre en Ukraine menacent de saper la croissance du Maroc
  • L'économie marocaine reste tributaire du secteur agricole (14% du PIB), lui-même dépendant d'une pluviométrie en chute de 42% cette année par rapport à la moyenne annuelle des 30 dernières années

RABAT: Une sécheresse exceptionnelle, une mauvaise récolte et une flambée des prix alimentée par la guerre en Ukraine menacent de saper la croissance du Maroc, soulignant les faiblesses de son économie, malgré des atouts solides.

Après une récession en 2020 et un rebond de 2021, le pays d'Afrique du Nord tablait sur 3,2% de hausse du PIB cette année mais les "conditions extérieures soudaines et le changement climatique ont chamboulé cette prévision", a reconnu récemment le chef du gouvernement Aziz Akhannouch.

La prévision est abaissée de moitié: la croissance marocaine devrait osciller entre 1,5% et 1,7% en 2022, selon le gouvernement (+1,1% selon le FMI).

En dépit d'efforts pour développer un tissu industriel diversifié, notamment en attirant les géants de l'automobile, cette politique n'a pas "entraîné un changement de la structure économique", a déploré, dans un rapport, la commission sur le "Nouveau modèle de développement" (NMD), créée l'an passé par le roi Mohamed VI et qui fixe les objectifs socio- économiques à atteindre d'ici 2035.

Economie fragile

L'économie marocaine reste tributaire du secteur agricole (14% du PIB), lui-même dépendant d'une pluviométrie en chute de 42% cette année par rapport à la moyenne annuelle des 30 dernières années.

Selon le ministère de l'Agriculture, la production de céréales prévoit 32 millions de quintaux en 2022 au lieu de 80 millions escomptés, soit 69% de moins qu'en 2021.

Malgré une hausse des exportations de fruits et légumes, le PIB agricole devrait plonger de 14% en 2022. Conséquence: la croissance sera amputée d'1,7 point, selon le ministère.

Ce ralentissement aura "un impact direct sur l'emploi et la consommation qui vont baisser, surtout en milieu rural", avertit l'économiste Abderrahim Hendouf.

"Dépendre de l'agriculture qui emploie près de 35% de la population active rend notre économie fragile car liée aux conditions climatiques", souligne à l'AFP ce spécialiste du monde agricole.

Outre la sécheresse, l'impact de la guerre en Ukraine frappe ce pays de 36 millions d'habitants, faisant grimper le coût des importations de denrées alimentaires et des carburants à des niveaux records.

Cette escalade est aussi imputée à la spéculation locale et aux marges excessives des distributeurs pétroliers.

Résultat: en avril, pendant le ramadan, synonyme de dépenses accrues, les prix à la consommation ont augmenté 5,9% sur un an, entraînés par les produits alimentaires, selon le Haut-commissariat au plan.

"Une situation qui affecte le pouvoir d'achat des Marocains et risque d'alimenter la colère sociale", analyse Rachid Aourraz, chercheur à l'Institut marocain d'analyse des politiques (MIPA).

Toutefois, "les conséquences de cette crise devraient être moins dures que par le passé grâce à l'évolution positive d'autres secteurs comme les services et l'industrie", relativise M. Aourraz.

En outre, afin d'atténuer la sécheresse, le gouvernement Akhannouch a annoncé en février un plan d'aide aux agriculteurs d'un milliard d'euro.

Inégalités sociales

Depuis le début de l'année, l'exécutif a doublé les subventions sur le gaz et la farine, qui ont atteint près de trois milliards d'euros à la fin avril. Cette enveloppe englobe une aide directe de 200 millions d'euros aux transporteurs routiers après une grève début mars.

M. Akhannouch, homme d'affaires fortuné, s'est aussi engagé à poursuivre les investissements publics pour créer des emplois.

Mais avant-même cette crise à facettes multiples, le Maroc devait faire face à un ralentissement de sa croissance (+3,5% en moyenne annuelle pour la période 2010-2019 contre +4,8% pour la décennie précédente).

Et le pays reste en proie à de profondes disparités sociales et territoriales avec 20% des Marocains les plus riches concentrant plus de la moitié des revenus, selon des chiffres officiels.

Pour sortir de cette "impasse", le royaume escompte une croissance supérieure à 6% à l'horizon 2035 à travers notamment l'intégration du secteur informel dans le tissu économique et le développement d'industries locales.

Toutefois, cette ambition reste assujettie à un accroissement des investissements privés, encore faibles.

Selon le rapport pour le nouveau modèle de développement, elle est également subordonnée à une réforme de l'environnement économique, gangréné par "les postures oligopolistiques et les pratiques anti-concurrentielles".

"C'est suffisant pour détruire la croissance de n'importe quelle économie", opine le patron Karim Tazi, un des rédacteurs du rapport, citant l'exemple "du secteur bancaire dominé par trois grands opérateurs".


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.