Grève des diplomates: le Sénat «  comprend  » leur «  émotion  »

La réforme de la haute fonction publique voulue par le président Emmanuel Macron a été le déclencheur du mouvement de contestation lancé à l'appel de six syndicats et d'un collectif de 500 jeunes diplomates. (AFP).
La réforme de la haute fonction publique voulue par le président Emmanuel Macron a été le déclencheur du mouvement de contestation lancé à l'appel de six syndicats et d'un collectif de 500 jeunes diplomates. (AFP).
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Publié le Jeudi 02 juin 2022

Grève des diplomates: le Sénat «  comprend  » leur «  émotion  »

  • La réforme de la haute fonction publique voulue par le président Emmanuel Macron a été le déclencheur du mouvement de contestation lancé à l'appel de six syndicats et d'un collectif de 500 jeunes diplomates
  • Pour les diplomates - environ 700 directement concernés par la réforme - cela se traduit par une fusion puis une "mise en extinction" progressive d'ici à 2023 des deux corps historiques de la diplomatie française

PARIS: Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat Christian Cambon (LR) a dit "comprendre l'émotion" des diplomates français, appelés jeudi à un mouvement de grève pour protester contre la réforme de la haute fonction publique.

"On comprend l’émotion des fonctionnaires qui ont choisi de consacrer leur vie à la France alors que se multiplient les crises internationales (...). C’est une maladie française de casser un outil qui fonctionne !", a déclaré M. Cambon dans un communiqué.

Il pointe une "vision purement technocratique de penser que les fonctionnaires sont interchangeables".

La réforme de la haute fonction publique voulue par le président Emmanuel Macron a été le déclencheur du mouvement de contestation lancé à l'appel de six syndicats et d'un collectif de 500 jeunes diplomates.

Les sénateurs Jean-Pierre Grand (ex-LR, soutien d'Emmanuel Macron) et André Vallini (PS), chargés au Sénat d’un rapport sur l'avenir du corps diplomatique, ont échangé mardi par téléconférence avec les syndicats et organisations représentant les personnels du Quai d’Orsay.

"La réforme ne doit pas affaiblir notre diplomatie, essentielle en ces temps de tensions et d’affrontement", a estimé André Vallini pour qui ces échanges permettront d'enrichir les recommandations qui seront présentées à la commission début juillet.

"Être diplomate, c’est une vocation, une sédimentation d’expériences et de savoirs", a souligné M. Grand.

La réforme de la haute fonction publique crée un nouveau corps d'administrateurs de l'Etat et prévoit que les hauts fonctionnaires ne seront plus rattachés à une administration spécifique mais seront, au contraire, invités à en changer régulièrement tout au long de leur carrière.

Pour les diplomates - environ 700 directement concernés par la réforme - cela se traduit par une fusion puis une "mise en extinction" progressive d'ici à 2023 des deux corps historiques de la diplomatie française, ministres plénipotentiaires (ambassadeurs) et conseillers des affaires étrangères.


Une centaine de livreurs de repas à domicile manifestent à Paris

La reconnaissance du statut de salarié de ces travailleurs, réclamée entre autres par CNT-SO, aurait "une incidence sur leur capacité à être régularisés en France", explique à l'AFP Etienne Deschamps, un de ses représentants. (AFP).
La reconnaissance du statut de salarié de ces travailleurs, réclamée entre autres par CNT-SO, aurait "une incidence sur leur capacité à être régularisés en France", explique à l'AFP Etienne Deschamps, un de ses représentants. (AFP).
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  • «Nous manifestons d'abord parce que nous sommes mal payés», explique à l'AFP Souleymane, un Ivoirien de 30 ans qui dit gagner environ 300 euros par semaine pour des journées de travail de 14 heures
  • La situation la plus précaire parmi les livreurs revient aux travailleurs sans papiers, contraints de louer des comptes ouverts sous une autre identité

PARIS : Une centaine de livreurs travaillant pour des sociétés de livraison de repas à domicile ont manifesté à vélo et à scooter samedi dans Paris pour réclamer de meilleures conditions de travail, la régularisation des travailleurs sans papiers et la reconnaissance du statut de salarié.

"Nous manifestons d'abord parce que nous sommes mal payés", explique à l'AFP Souleymane, un Ivoirien de 30 ans qui dit gagner environ 300 euros par semaine pour des journées de travail de 14 heures.

Sa situation comme celle de beaucoup d'autres autour de lui est dénoncée par un tract de la Confédération Nationale des Travailleurs - Solidarité ouvrière (CNT-SO) distribué peu avant le départ de la manifestation, place de la République, avec ce slogan: "Stop à l'exploitation numérique".

"Nos tarifs doivent augmenter avec une rémunération minimale garantie égale au smic horaire", y est-il écrit.

La situation la plus précaire parmi les livreurs revient aux travailleurs sans papiers, contraints de louer des comptes ouverts sous une autre identité.

Ceux-ci sont à la merci d'une déconnexion soudaine de la part des plateformes. Ainsi début septembre Uber Eats a annoncé avoir déconnecté 2 500 comptes identifiés comme frauduleux parmi ses quelques 60 000 livreurs actifs en France.

La reconnaissance du statut de salarié de ces travailleurs, réclamée entre autres par CNT-SO, aurait "une incidence sur leur capacité à être régularisés en France", explique à l'AFP Etienne Deschamps, un de ses représentants.

En attendant, M. Deschamps demande aux pouvoirs publics d'autoriser les préfectures à accepter les dossiers de régularisation sur présentation de factures et non de bulletins de salaires, les livreurs n'en ayant pas, relevant du statut d'indépendants.

Les syndicats Sud Commerces, la CNT-SO et le Clap avaient déjà interpellé le gouvernement le 19 septembre afin qu'il facilite la régularisation administrative, encadré par une circulaire dite "circulaire Valls" datant de 2012.

Une manifestation sur le même thème, partant de la place de la République jusqu'au siège français de la firme américaine Uber Eats, s'était par ailleurs tenue le 12 septembre.


TotalEnergies : le mouvement reconduit, la CGT souhaite s'inscrire dans la durée

Les syndicalistes de Force ouvrière (FO) de Totalenergies Carling se rassemblent devant le site pétrochimique de Carling, dans le nord-est de la France, le 27 septembre 2022, pour réclamer une augmentation des salaires, un déblocage de l'intéressement, la reprise des embauches. (AFP).
Les syndicalistes de Force ouvrière (FO) de Totalenergies Carling se rassemblent devant le site pétrochimique de Carling, dans le nord-est de la France, le 27 septembre 2022, pour réclamer une augmentation des salaires, un déblocage de l'intéressement, la reprise des embauches. (AFP).
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  • «On va lancer une caisse de grève pour que ça puisse durer», selon Pedro Afonso, élu CGT à la raffinerie de Feyzin (Rhône)
  • Selon la direction du groupe, il n'y a toutefois «que six grévistes sur le site de Feyzin» et les opérations et travaux actuellement en cours «se poursuivent normalement» sur la plateforme qui n'est «pas en grève»

PARIS : Les grévistes de TotalEnergies ont reconduit samedi le mouvement pour les salaires dans trois des cinq raffineries françaises du groupe, selon la CGT qui souhaiterait inscrire dans la durée ce mouvement lancé à son initiative.

Si les raffineries de Donges (Loire-Atlantique) et de Grandpuits (Seine-et-Marne) -en cours de reconversion en "bio-raffinerie"- ont, comme prévu, suspendu le mouvement pour ce week-end, tous les autres sites de raffinage et dépôts de carburants "sont encore dans la bataille", a déclaré à l'AFP Pedro Afonso, élu CGT à la raffinerie de Feyzin (Rhône).

"On va lancer une caisse de grève pour que ça puisse durer", a-t-il indiqué à propos de la raffinerie de Feyzin, ajoutant que les grévistes d'autres sites souhaitaient prendre des mesures similaires.

Selon la direction du groupe, il n'y a toutefois "que six grévistes sur le site de Feyzin" et les opérations et travaux actuellement en cours "se poursuivent normalement" sur la plateforme qui n'est "pas en grève".

La CGT estime qu'une inscription du mouvement dans la durée pourrait compliquer l'approvisionnement en carburant des stations-service. Certaines ont déjà été confrontées à des indisponibilités de carburants, conséquence de la ruée des automobilistes (+30% de fréquentation en septembre) attirés par une remise à la pompe accordée par le groupe afin de limiter les hausses de prix.

Interrogée samedi par l'AFP, la direction du géant des hydrocarbures a réitéré son message de la veille, confirmant implicitement des tensions sur l'offre de carburants en raison de la forte fréquentation, tout en indiquant que "malgré les mouvements sociaux, le réapprovisionnement (des) stations se poursuit dans le contexte de l’opération de baisse des prix", à l'aide de "moyens logistiques supplémentaires".

Autre conséquence du mouvement, les opérations de mise à l'arrêt de la raffinerie de Normandie, la plus importante de France, se poursuivaient samedi.

En cas d'arrêt effectif de cette raffinerie, qui représente plus de 20% de la capacité de raffinage du pays, il n'y aurait plus que deux raffineries en activité sur les huit que compte la France métropolitaine, un autre mouvement de grève affectant celles de Esso-ExxonMobil.

La CGT réclame notamment une revalorisation salariale à hauteur de 10% pour l'année 2022. De son côté, la direction rappelle avoir octroyé une augmentation moyenne de 3,5% en début d'année et renvoie à l'ouverture de négociations, initialement prévues en janvier 2023, et avancée à mi-novembre dans le contexte actuel d'inflation.


Affaire Quatennens: le député a été auditionné par la police lilloise

M. Quatennens s'est mis en retrait de sa fonction de coordinateur de La France Insoumise, reconnaissant des violences envers son épouse dans un communiqué publié sur Twitter. (Photo, AFP)
M. Quatennens s'est mis en retrait de sa fonction de coordinateur de La France Insoumise, reconnaissant des violences envers son épouse dans un communiqué publié sur Twitter. (Photo, AFP)
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  • Le député nordiste a été entendu dans le cadre d'une audition libre, a précisé cette source, confirmant une information du JDD
  • Le parquet de Lille avait indiqué le 19 septembre avoir ouvert une enquête après la main courante déposée contre le député par son épouse

LILLE : Le député LFI Adrien Quatennens a été entendu lundi au commissariat de Lille, dans le cadre de l'enquête pour violences conjugales le visant après une main-courante déposée par son épouse, a indiqué samedi une source proche du dossier.

Le député nordiste a été entendu dans le cadre d'une audition libre, a précisé cette source, confirmant une information du JDD.

Le parquet de Lille avait indiqué le 19 septembre avoir ouvert une enquête après la main courante déposée contre le député par son épouse, dans le cadre de sa "politique pénale volontariste pour le traitement des violences conjugales".

Dans un communiqué le 13 septembre, après la révélation de cette main courante par Le Canard Enchaîné, Céline et Adrien Quatennens avaient dit avoir appris "par voie d'avocats" que le parquet s'était saisi des faits.

M. Quatennens s'est dans la foulée mis en retrait de sa fonction de coordinateur de La France Insoumise, reconnaissant des violences envers son épouse dans un communiqué publié sur Twitter.

Il a notamment admis lui avoir "donné une gifle", il y a "un an", "dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle", affirmant avoir "profondément regretté ce geste".

Sollicités, ni le parquet de Lille ni l'avocate du député n'ont réagi dans l'immédiat.

L'affaire a alimenté une forte polémique, jusqu'au sein même de LFI. Jean-Luc Mélenchon et le député Manuel Bompard se sont attiré la colère notamment des milieux féministes pour des prises de position accusées de relativiser les violences conjugales, ce dont ils se sont tous les deux défendu.