La Cédéao se penche sur les sanctions face aux putschistes ouest-africains

Le drapeau de la CEDEAO avec les drapeaux des membres lors du deuxième sommet extraordinaire sur la situation politique au Burkina Faso, à Accra, Ghana, le 3 février 2022. (Photo, AFP)
Le drapeau de la CEDEAO avec les drapeaux des membres lors du deuxième sommet extraordinaire sur la situation politique au Burkina Faso, à Accra, Ghana, le 3 février 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 04 juin 2022

La Cédéao se penche sur les sanctions face aux putschistes ouest-africains

  • « Cette réunion continuera à se concentrer sur l'instabilité politique qui sévit dans la région et la résurgence des coups d'Etat depuis août 2020», a déclaré le président ghanéen Nana Akufo-Addo
  • « Ce sommet réexaminera et évaluera la situation au Mali, en Guinée et au Burkina Faso à la lumière des récents évènements dans la région et du contexte global qui affectent nos pays»

ACCRA : Les dirigeants ouest-africains se sont réunis samedi à Accra pour décider d'atténuer ou de durcir les sanctions contre le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, où les juntes n'entendent pas lâcher de sitôt le pouvoir pris par la force.

"Cette réunion continuera à se concentrer sur l'instabilité politique qui sévit dans la région et la résurgence des coups d'Etat depuis août 2020", a déclaré le président ghanéen Nana Akufo-Addo à l'ouverture de la session en présence des chefs d'Etat de la plupart des 15 pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Aucun représentant des trois pays concernés n'a en revanche été aperçu.

"Ce sommet réexaminera et évaluera la situation au Mali, en Guinée et au Burkina Faso à la lumière des récents évènements dans la région et du contexte global qui affectent nos pays", a-t-il dit avant que les leaders n'entament leurs travaux à huis clos.

Ils doivent dire en particulier s'ils maintiennent, allègent voire lèvent les sévères mesures de rétorsion infligées au Mali le 9 janvier pour stopper le projet des militaires de gouverner cinq années de plus.

Le Burkina, autre pays sahélien pris dans la tourmente djihadiste, et la Guinée ne sont pour l'heure que suspendus des organes de la Cédéao. Mais les juntes en place entendent y rester trois ans et exposent leur pays aux foudres de la Cédéao.

L'Afrique de l'Ouest a vu se succéder les coups de force des colonels et lieutenants-colonels en moins de deux ans: putsch le 18 août 2020 à Bamako, nouveau fait accompli parachevant le premier le 24 mai 2021, putsch le 5 septembre 2021 à Conakry, putsch le 24 janvier 2022 à Ouagadougou.

Depuis 2020, la Cédéao, alarmée du risque de contagion dans une région vulnérable, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour abréger les périodes dites de transition avant un retour des civils à la direction de leur pays.

Elle se heurte aux résistances des nouveaux hommes forts, qu'il s'agisse du colonel Assimi Goïta au Mali, du colonel Mamady Doumbouya en Guinée ou du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui se sont tous fait investir présidents entre-temps.

Les nouveaux gouvernants en uniforme invoquent la gravité des crises auxquels ils sont confrontés, sécuritaire au Mali et au Burkina, sociale et politique dans les trois pays. Ils veulent avoir le temps nécessaire à ce qu'ils présentent comme leur entreprise de "refondation" de leur Etat, et à l'organisation d'élections crédibles.

Au Mali, la junte s'est dédite de son engagement initial à céder la place au bout de 18 mois après des élections promises en février 2022. Quand elle est allée jusqu'à envisager cinq années supplémentaires, la Cédéao a sévi le 9 janvier, fermant les frontières et suspendant les échanges commerciaux et financiers hors produits de première nécessité.

Un rapport de l'ONU indique que, dans un contexte de crise déjà aiguë, les sanctions ont "sévèrement affecté" certains secteurs et "empiré les conditions de vie, en particulier celles des pauvres".

«Impensable»

Passé les protestations, les autorités ont ramené leurs prétentions à 24 mois. Jusqu'alors la Cédéao a consenti au maximum à 16 mois et indiqué que les sanctions ne seraient levées progressivement que quand le Mali présenterait un calendrier acceptable.

Différents protagonistes ont souligné qu'il y avait l'espace pour un compromis.

"Nous pouvons nous mettre d’accord sur une échéance qui serait comprise entre seize et vingt-quatre mois", a dit dernièrement dans le magazine Jeune Afrique le chef de l'Etat sénégalais, président en exercice de l'Union africaine.

En revanche, "pour la Guinée, la Cédéao va devoir prendre des mesures", a-t-il dit. Il a qualifié d'"impensable" le délai de 39 mois, depuis ramené à 36, que s'impartit le colonel Doumbouya.

Lors d'un précédent sommet le 25 mars, la Cédéao avait donné à la junte jusqu'au 25 avril pour présenter un échéancier "acceptable". A défaut, "des sanctions économiques et financières entreront immédiatement en vigueur", avait-elle prévenu.

La Cédéao a déjà annoncé le gel des avoirs financiers des membres de la junte et de leurs familles. Ils ont l'interdiction de voyager au sein de la Cédéao.

Le Burkina, lui, "semble plus raisonnable" au président de l'Union africaine.

Le sommet de mars avait fixé au Burkina le même ultimatum qu'à la Guinée. Mais à la demande de la junte, la Cédéao a dépêché fin mai une mission de trois jours pour évaluer la situation au Burkina, où les attaques jihadistes sanglantes se succèdent.

Le rapport de la mission, soumis samedi au sommet d'Accra, constate que "la situation humanitaire et sécuritaire reste difficile" et "il faut évidemment prendre la mesure de cette situation", a déclaré le président de la commission de la Cédéao Jean-Claude Kassi Brou.


Espagne: un incendie brûle des milliers d'héctares en Aragon

Quelques 300 pompiers combattent les flammes, appuyés par des hélicoptères. (Photo d'illustration/AFP).
Quelques 300 pompiers combattent les flammes, appuyés par des hélicoptères. (Photo d'illustration/AFP).
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  • Le feu, qui s'est déclenché samedi dans la commune d'Añón de Moncayo, était actif dimanche dans un périmètre de 50 kilomètres, «estimé entre 8 000 et 10 000» hectares
  • Au moins 1 500 personnes ont été évacuées dans cette zone rurale qui comprend un parc naturel, dans la province de Saragosse

MADRID : Un incendie a brûlé dimanche plusieurs milliers d'hectares dans la région d'Aragon, dans le nord de l'Espagne, obligeant l'évacuation d'au moins 1 500 personnes, ont annoncé les autorités locales.

Le feu, qui s'est déclenché samedi dans la commune d'Añón de Moncayo, était actif dimanche dans un périmètre de 50 kilomètres, "estimé entre 8 000 et 10 000" hectares, à l'intérieur duquel la superficie brûlée, appréciée "en milliers", n'était pas encore déterminée, ont indiqué les services d'urgences d'Aragon à l'AFP.

La "propagation rapide" des flammes, alimentées par le vent, a été jugée "critique" par le président de la région, Javier Lambán, s'adressant à la presse.

Au moins 1 500 personnes ont été évacuées dans cette zone rurale qui comprend un parc naturel, dans la province de Saragosse, a annoncé le gouvernement régional.

Quelques 300 pompiers combattent les flammes, appuyés par des hélicoptères.

Depuis le début de l'année, 388 incendies ont détruit près de 261 930 hectares en Espagne d'après le Système européen d'information sur les feux de forêts (EFFIS). C'est le plus lourd bilan des pays de l'Union européenne cette année, et le plus important en Espagne depuis 2000, année des premières mesures.

Ces incendies ont été favorisés par les températures anormalement élevées cet été en Espagne, qui a déjà connu trois vagues de chaleur en à peine deux mois.

La recrudescence de ces épisodes caniculaires est, selon les experts, une conséquence directe du réchauffement climatique, qui accroît à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.


Mali: 49 militaires ivoiriens accusés d'être des «mercenaires» inculpés et écroués

"Les 49 militaires sont effectivement inculpés et mis sous mandat de dépôt pour 'atteinte à la sûreté de l’état', et d'autres motifs". (AFP).
"Les 49 militaires sont effectivement inculpés et mis sous mandat de dépôt pour 'atteinte à la sûreté de l’état', et d'autres motifs". (AFP).
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  • «Les 49 militaires ivoiriens ont été inculpés vendredi pour 'tentative d’atteinte à la sûreté de l’état' et mis sous mandat de dépôt»
  • Abidjan assure que ces soldats étaient en mission pour l'ONU, dans le cadre d'opérations de soutien logistique à la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et exige leur libération

BAMAKO : Les 49 soldats ivoiriens détenus depuis plus d'un mois à Bamako et accusés par les militaires au pouvoir au Mali d’être des "mercenaires", ce que nie Abidjan, ont été inculpés pour "tentative d'atteinte à la sûreté de l’état" et écroués.

"Les 49 militaires ivoiriens ont été inculpés vendredi pour +tentative d’atteinte à la sûreté de l’état+ et mis sous mandat de dépôt", a déclaré à l’AFP une source judiciaire malienne proche du dossier. Un proche collaborateur du procureur et un responsable du ministère de la Justice ont confirmé l’information à l'AFP.

Abidjan assure que ces soldats étaient en mission pour l'ONU, dans le cadre d'opérations de soutien logistique à la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et exige leur libération.

La négociation semblait pour l'instant la voie privilégiée pour obtenir la libération de ces 49 soldats arrêtés le 10 juillet à leur arrivée à l'aéroport de Bamako.

Médiation togolaise

Le Togo joue le rôle de médiateur entre la Côte d'Ivoire et le Mali, mais de premières négociations le 28 juillet à Lomé, n'ont pas permis d'enregistrer de progrès.

Selon une source proche de ces négociations, "les discussions, pourtant avancées, ont buté sur certains points, ce qui peut expliquer ce retour judiciaire en force dans le dossier".

"La justice va continuer son travail, mais les négociations  vont continuer aussi", a-t-il ajouté.

Le Mali a exigé que la Côte d'Ivoire reconnaisse sa responsabilité et exprime "des regrets" pour le déploiement de soldats sur son territoire sans cadre légal, selon des sources diplomatiques proches des négociations.

Bamako demande également à Abidjan de lui livrer des personnalités maliennes présentes en Côte d'Ivoire et recherchées par la justice du Mali, selon ces sources.

Autant de conditions rejetées par le gouvernement ivoirien, qui a affirmé que le processus de libération "sera peut-être long".

Cette affaire illustre les tensions entre le Mali et la Côte d’Ivoire, accusée par Bamako d’avoir incité ses partenaires ouest-africains à durcir les sanctions contre les militaires maliens auteurs de deux coups d’Etat depuis 2020, sanctions finalement levées début juillet.

Selon Bamako, ces soldats n'avaient "ni ordre de mission, ni autorisation" à leur arrivée au Mali le 10 juillet. Dès le lendemain, ils étaient accusés par les autorités maliennes d'être des "mercenaires" venus au Mali avec le "dessein funeste" de "briser la dynamique de la refondation et de la sécurisation du Mali, ainsi que du retour à l'ordre constitutionnel".

Eléments nationaux de soutien

Pour Abidjan, leur présence était au contraire "bien connue des autorités maliennes". Ils faisaient partie des Eléments nationaux de soutien (NSE), procédure de l'ONU permettant aux contingents des missions de maintien de la paix de faire appel à des prestataires extérieurs pour des appuis logistiques.

C'est aussi ce que soutient la Minusma, et son porte-parole Olivier Salgado, le lendemain de leur arrestation.

Dans la foulée, le Mali avait durci le ton contre la Minusma, présente sur son territoire depuis 2013 pour l'aider à lutter contre les groupes jihadistes qui le déstabilisent par la violence.

Les rotations des contingents militaires et policiers de l'ONU sont suspendues - elles reprennent ce lundi - et M. Salgado est expulsé pour avoir publié des "informations inacceptables" sur le sujet, selon Bamako.

Quelques jours plus tard, l'ONU reconnait des "dysfonctionnements" dans une note adressée au gouvernement malien et admet que "certaines mesures n'ont pas été suivies".

"La Minusma note que les éléments ivoiriens ont été déployés à Sénou (Bamako) pour assurer la sécurité à la base des NSE allemands dans cette même localité, au lieu de Tombouctou (nord) où est basé le contingent ivoirien de la Minusma", est-il notamment expliqué.


Ukraine: «Les risques augmentent chaque jour» à la centrale nucléaire de Zaporijjia

Plusieurs bombardements dont les deux parties s'accusent mutuellement ont visé la centrale de Zaporijjia depuis la semaine dernière, faisant craindre une catastrophe nucléaire et provoquant jeudi une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. (AFP).
Plusieurs bombardements dont les deux parties s'accusent mutuellement ont visé la centrale de Zaporijjia depuis la semaine dernière, faisant craindre une catastrophe nucléaire et provoquant jeudi une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. (AFP).
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  • «Les risques augmentent chaque jour», a déclaré le maire d'Energodar, dénonçant un «terrorisme nucléaire pur et simple» de la Russie
  • Energodar est, comme la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée depuis début mars par les troupes russes

ZAPORIJJIA : Les risques autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, où Moscou et Kiev s'accusent depuis plus d'une semaine de bombardements, "augmentent chaque jour", a assuré dimanche le maire de la ville où elle est située.

"Les risques augmentent chaque jour", a déclaré par téléphone à l'AFP Dmytro Orlov, le maire d'Energodar, dénonçant un "terrorisme nucléaire pur et simple" de la Russie, qui "peut se terminer de façon imprévisible à n'importe quel moment".

"Des tirs de mortier sur la centrale nucléaire sont effectués chaque jour et chaque nuit depuis les villages occupés", a-t-il ajouté, expliquant que "la situation est grave et le plus préoccupant est qu'il n'y a pas de processus de désescalade".

Energodar est, comme la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée depuis début mars par les troupes russes. Fidèle à Kiev, Dmytro Orlov a lui trouvé refuge à Zaporijjia, la grande ville de la région.

Selon lui, la ville d'Energodar a commencé durant les dernières 24 heures à être bombardée, "ce qui n'était jamais arrivé auparavant" et a tué dimanche un civil, un homme de 45 ans.

Plusieurs bombardements dont les deux parties s'accusent mutuellement ont visé la centrale de Zaporijjia depuis la semaine dernière, faisant craindre une catastrophe nucléaire et provoquant jeudi une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les premières frappes, le 5 août, ont notamment touché un transformateur de ligne électrique à haute tension, entraînant l'arrêt automatique du réacteur n°3 de la plus grande centrale nucléaire d'Europe et le démarrage de ses groupes électrogènes de secours.

Kiev accuse Moscou d'utiliser la centrale comme base d'attaque, sans que l'armée ukrainienne ne puisse riposter. Samedi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé un "chantage russe" autour du site.