Allemagne: des Ukrainiens en quête d'emploi se heurtent à la barrière de la langue

Dans cette photo d'archives prise le 02 juin 2022 Des réfugiés d'Ukraine font la queue pour obtenir des informations à un stand lors d'un salon de l'emploi pour les Ukrainiens organisé par la Chambre d'industrie et de commerce (IHK) à Berlin, le 2 juin 2022. (Photo de John MACDOUGALL / AFP)
Dans cette photo d'archives prise le 02 juin 2022 Des réfugiés d'Ukraine font la queue pour obtenir des informations à un stand lors d'un salon de l'emploi pour les Ukrainiens organisé par la Chambre d'industrie et de commerce (IHK) à Berlin, le 2 juin 2022. (Photo de John MACDOUGALL / AFP)
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Publié le Dimanche 05 juin 2022

Allemagne: des Ukrainiens en quête d'emploi se heurtent à la barrière de la langue

  • Trois mois après le début de l'offensive russe qui a entraîné l'exode de plus de 6 millions d'habitants du pays en guerre, c'est l'Allemagne, parmi les pays non frontaliers de l'Ukraine
  • Les autorités allemandes estiment que plus de 700 000 personnes sont arrivées depuis le 24 février, sans qu'on sache exactement combien ne font que transiter par le pays

BERLIN : Ganna Nikolska revient dépitée du stand d'un assureur, pourtant prêt à embaucher des Ukrainiens réfugiés à Berlin: "Ce n'est pas possible car je ne parle pas allemand", soupire-t-elle dans un anglais rudimentaire.

Cette médecin de 42 ans a fui en mars la ville de Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, "avec son sac à dos et sa fille", raconte sa soeur, Olena Nikitochkina, 36 ans, qui l'héberge dans la capitale.

Elle aimerait rester en Allemagne mais peine à y trouver un emploi dans sa branche, "car elle a besoin que son diplôme soit reconnu et surtout de parler la langue", constate Mme Nikitochkina.

Ils sont un millier de réfugiés ukrainiens à s'être présentés, cette semaine, aux stands des entreprises réunies à la Chambre du commerce et d'industrie de Berlin (IHK) pour une bourse à l'emploi.

Trois mois après le début de l'offensive russe qui a entraîné l'exode de plus de 6 millions d'habitants du pays en guerre, c'est l'Allemagne, parmi les pays non frontaliers de l'Ukraine, qui accueille le plus grand nombre d'entre eux, selon l'ONU.

Les autorités allemandes estiment que plus de 700 000 personnes sont arrivées depuis le 24 février, sans qu'on sache exactement combien ne font que transiter par le pays.

Pénurie de main-d'oeuvre

Après l'urgence des premières semaines se pose pour ces personnes - les femmes comptent pour 80% des adultes en exil - la question de l'intégration, et de l'emploi.

Hôtels, cliniques privées, entreprises de construction... une soixantaine d'entreprises ont participé au forum de l'IHK. "Deux fois plus ont demandé à participer", assure Yvonne Meyer, une responsable à la Chambre de commerce et d'industrie.

La main-d'oeuvre ukrainienne attire les employeurs de la première économie européenne. En Allemagne, pays vieillissant et en situation de quasi plein emploi, le personnel manque dans presque toutes les branches, en particulier dans l'industrie, le commerce et la santé.

Selon l'Institut de recherche sur le travail et l'emploi (IAB), il y a actuellement 1,69 million de postes vacants en Allemagne, un nouveau record.

"Nous sommes toujours à la recherche de personnel, c'est donc une très bonne opportunité pour nous", admet sur le forum un recruteur pour les Berliner Stadtreinigungsbetriebe, la société chargée de nettoyer les rues de la capitale.

Certaines entreprises, à l'instar des restaurants Grill Royal ou du groupe de cliniques Policum, vantent la possibilité pour leurs employés de suivre un cours d'allemand.

Mais aucune de celles qui intéressent Yuliia Bokk n'offre cette possibilité. "Ca ne suffit pas de parler anglais. A chaque stand, on me dit: +Apprenez les bases de l'allemand et revenez nous voir!+", s'exaspère la femme de 24 ans, qui avait un bon poste à Kiev dans une société de vente au détail.

Le précédent syrien

Yuliia Bokk s'estime néanmoins chanceuse d'être en Allemagne. Depuis le 1er juin, les réfugiés ukrainiens peuvent bénéficier des minima sociaux à hauteur de 449 euros par mois et sont inscrits à la sécurité sociale.

La jeune femme a également pu commencer un "cours d'intégration" gratuit d'environ six mois sur la langue et la culture allemandes. Comme elle, plus de 80.000 réfugiés ukrainiens ont déjà été admis à ce cours, selon le Bureau fédéral de la migration et des réfugiés (Bamf).

"Le cours est très demandé, mais comme beaucoup de réfugiés sont venus en Allemagne en 2015 de Syrie ou d'Afghanistan, les structures étaient déjà en place", explique Martin Eckermann, référent au Bamf.

En 2015, l'Allemagne avait ouvert ses portes à des centaines de milliers de Syriens et d'Irakiens, si bien que le nombre de bénéficiaires de l'asile occupant un emploi en Allemagne a été multiplié par plus de six depuis cette date, selon l'agence pour l'emploi.

Diplômée en gestion et économie de l'énergie, Daria Tatarenko, 23 ans, a postulé pour un emploi de vendeuse en boulangerie, par défaut et "parce qu'il n'était pas nécessaire de parler allemand".

C'est de toute façon une solution provisoire pour la jeune femme, qui a fui Kiev en mars: "Je suis reconnaissante aux Allemands pour leur aide, mais je veux retourner en Ukraine quand la guerre sera finie. Parce que c'est mon pays".


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.