Législatives: le duo Le Pen-Bardella tente de ranimer la flamme

Marine Le Pen (C), candidate à la présidence du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), aux côtés du président du parti Jordan Bardella (R), arrive au siège du RN à Paris, le 25 avril 2022, au lendemain des résultats de la second tour de l'élection présidentielle française. (AFP)
Marine Le Pen (C), candidate à la présidence du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), aux côtés du président du parti Jordan Bardella (R), arrive au siège du RN à Paris, le 25 avril 2022, au lendemain des résultats de la second tour de l'élection présidentielle française. (AFP)
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Publié le Dimanche 05 juin 2022

Législatives: le duo Le Pen-Bardella tente de ranimer la flamme

  • La responsable d'extrême droite a même refusé au départ d'avancer un chiffre sur le nombre d'élus possible. En 2017, le RN n'avait obtenu que huit députés
  • Le RN craint plus que d'autres formations l'abstention de ses troupes, classes populaires et jeunes en tête, qui lui avait coûté cher aux régionales

PARIS: Marine Le Pen tente dimanche, après Jordan Bardella samedi, de mobiliser ses troupes pour les élections législatives, sans beaucoup d'entrain après un score pourtant inégalé à la présidentielle.

A une semaine du premier tour, la finaliste de la présidentielle tient à Hénin-Beaumont la première réunion publique de sa campagne, après avoir visité sept départements pour soutenir ses candidats.

A Audruicq (Pas-de-Calais) mercredi matin, elle a fait un passage éclair au marché, sans attendre les journalistes. "Absente" de la campagne, selon le sondeur Brice Teinturier, celle qui a réuni 41,5% des voix au second tour de la présidentielle ne part même pas gagnante, considérant comme acquise la victoire du camp d'Emmanuel Macron.

La responsable d'extrême droite a même refusé au départ d'avancer un chiffre sur le nombre d'élus possible. En 2017, le RN n'avait obtenu que huit députés bien que Marine Le Pen ait réuni près de 34% des voix au second tour de la présidentielle.

Le RN craint plus que d'autres formations l'abstention de ses troupes, classes populaires et jeunes en tête, qui lui avait coûté cher aux régionales, dans le contexte d'un faible intérêt des Français pour ce scrutin: seuls 38% d'entre deux suivent la campagne selon l'institut BVA.

"Il a fallu digérer l'élection présidentielle mais surtout, il n'y avait en face personne sur le ring": Emmanuel Macron "s'est planqué", s'est défendu sur RMC dimanche le député et porte-parole du parti Sébastien Chenu.

Tête ailleurs 

Marine Le Pen a revu depuis ses ambitions à la hausse. Elle évoque la possibilité d'obtenir un groupe, soit au moins 15 députés, voire 60 pour pouvoir saisir le Conseil constitutionnel. Un sondage Ifop de mardi crédite le RN de 20 à 50 sièges. Sinon "ce serait un déni démocratique", a-t-elle estimé mercredi.

La députée sortante juge même gagnables les quelque 150 circonscriptions où le RN est arrivé premier à la présidentielle, tandis que le président par intérim du RN Jordan Bardella caresse l'espoir d'arriver "en tête" au premier tour.

Il s'agit surtout de devancer l'insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui profite de la dynamique générée par son union des gauches (Nupes) pour s'afficher comme le premier opposant, quand elle-même a refusé toute alliance avec son rival Eric Zemmour.

Marine Le Pen a ainsi haussé le ton face aux ratés organisationnels de l'exécutif autour du stade de France, qu'elle a mis sur le compte de "razzias" commises "par des immigrés", accusant le ministre de l'Intérieur de "mensonge gravissime".

La finaliste de la présidentielle semble pourtant avoir la tête ailleurs. Elle ne va pas se représenter "a priori" à la présidentielle de 2027 et présente déjà Jordan Bardella comme son dauphin.

Ils se sont déjà partagés la campagne: le nord pour elle, le sud pour lui. Dans un message vidéo commun dimanche, ils appellent à "aller voter" en invoquant les thèmes phares du parti : pour "le contrôle de l'immigration qui nous ruine et qui fait que nous ne reconnaissons plus nos quartiers", pour "défendre" le pouvoir d'achat, et pour "(refaire) de la nationalité française, un privilège".

«Sans enjeu»

Samedi à Cavaillon (Vaucluse), Jordan Bardella a appelé "les patriotes" à "ne pas disperser leurs voix", alors que dans cette place forte de l'extrême droite, les partisans de Marine Le Pen et d'Eric Zemmour mènent un affrontement fratricide.

Dans la 2e circonscription, celle de Cavaillon, Reconquête! a choisi d'aligner face à la conseillère régionale RN Bénédicte Auzanot, le très médiatique président des jeunes avec Eric Zemmour, Stanislas Rigault, qui aura pour suppléante de luxe Marion Maréchal, la nièce de Marine Le Pen.

Eric Zemmour, qui a fait 7,07% à la présidentielle, se présente lui à Saint-Tropez (Var) et aura aussi face à lui un candidat RN.

Marine Le Pen a elle surtout sillonné les Hauts-de-France, sa terre d'élection. Sa réélection dans la 11e circonscription semble tellement "sans enjeu" qu'elle ne débattra pas avec ses opposants sur France 3.

Le RN rêve par ailleurs de décrocher son premier siège en Gironde, du côté de Blaye, et espère aussi des élus dans l'Oise et l'Aisne. "On a toujours eu de très bons résultats mais cela ne s’est jamais transcrit en députés. Il faut que ça change", dit Mme Le Pen.

Le parti mise toujours sur sa dédiabolisation. Et a dû pour cela désinvestir Liliane Pradier dans les Hauts-de-Seine après l'exhumation d'anciennes publications à caractère raciste.


Canicule: 784 écoles et collèges en France concernés par des aménagements horaires

Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray. (AFP)
Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray. (AFP)
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  • Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires
  • Le ministre a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours"

LUCE: Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

Ce chiffre comprend les quelque 150 établissements qui ferment complètement, a précisé le ministère à l'AFP.

Le ministre a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours".

"On a 57 centres d'examen", sur les 2.300 présents en France, "pour lesquels les autorités académiques ont décidé de décaler les épreuves de lundi après-midi et de mardi après-midi pour certaines d'entre elles à la semaine suivante", a précisé M. Geffray.

Cinq académies sont concernées par des reports d'examens, selon le ministère: Bordeaux, Lyon, Montpellier, Normandie, Poitiers.

Edouard Geffray a fait ces annonces lors de la visite d'un collège à Lucé (Eure-et-Loir), près de Chartres, alors que 53 départements sont en vigilance orange canicule.

L'épisode de chaleur s'annonce "durable et intense", avertit Météo-France. L'organisme prévoit dans son bulletin de 06H00 que la vigilance sera "très probablement encore étendue dans les prochains jours".

Les aménagements horaires des établissements scolaires, ou leur fermeture complète, sont décidés "au niveau local" par les "maires et les préfets", a rappelé le ministre.

Lors de la vague de chaleur de l'année dernière, "2.200 entités scolaires avaient été fermées. On n'est pas sur une situation nouvelle et celle-ci se reproduira pour des années à venir".

"Il faut adapter nos pratiques: c'est pour ça qu'il n'y aura à l'avenir au baccalauréat ou au brevet plus d'épreuves les après-midi", a-t-il souligné.


La canicule s'installe dans la durée, Macron appelle à une «grande vigilance»

Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées. (AFP)
Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées. (AFP)
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  • À Paris, une "dizaine" de collèges ont pris des "aménagements" pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure. L'accueil des élèves reste néanmoins maintenu
  • Alors que l'été ne commence que dimanche, Météo-France, étend à 53 départements la vigilance orange "canicule" à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu'ici, "le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est"

DIJON: Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées.

Invité sur France 2, le président de la République a incité les Français "à la précaution, à prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables comme des enfants et à bien suivre toutes les préconisations du gouvernement".

Les 40°C ont été atteint à Montmorillon (Vienne), un record pour cette station de MétéoFrance ouverte en 1990. Il a fait plus de 39°C à Tortezais (Allier), Issoudun (Indre) ou Châteaumeillant (Cher).

Alors que l'été ne commence que dimanche, Météo-France, étend à 53 départements la vigilance orange "canicule" à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu'ici, "le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est".

L'épisode de chaleur s'annonce "étendu, durable et intense", avertit l'organisme. Le "pic caniculaire remarquable" est attendu entre dimanche et mardi, avec des "pointes à 40°C en particulier sur l'Ouest et le Centre".

Jeudi matin, un homme de 30 ans est décédé sur une piste d'athlétisme dans le Val-d'Oise, retrouvé en arrêt cardio-respiratoire.

La préfecture de police a recommandé l'interdiction des événements sportifs en plein air à Paris et petite couronne, citant la chaleur mais aussi l'épisode de pollution à l'ozone qui touche l'Ile-de-France. Pour lutter contre les émissions de polluants, la circulation différenciée est mise en place à partir de vendredi dans une partie de l'agglomération parisienne.

De nombreux pans de la vie courante sont affectés.

La SNCF a supprimé 71 trains Intercités qui devaient circuler de jeudi à lundi, pour "prévenir les pannes potentielles de climatisation", sur les lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et Bordeaux-Marseille.

Suspension des cours 

La fournaise met à rude épreuve les élèves planchant dans des salles surchauffées pour les épreuves écrites de spécialités du bac, qui se terminent jeudi.

Plusieurs établissements scolaires ont annoncé que les cours seraient aménagés dès jeudi après-midi, a-t-on appris auprès des autorités académiques, de syndicats et de courriers consultés par l'AFP.

Dans l'académie de Poitiers les épreuves de grand oral des élèves de terminales prévues l'après-midi lundi et mardi sont reportées d'une semaine. Deux demi-journées où les écoles resteront fermées à Tours, une décision que la plupart des parents ont découverte en venant chercher leurs enfants.

"C'est une bonne chose. Ma fille était indisposée par la chaleur. Il faisait 36°C dans la classe à 16H00", a déclaré à l'AFP Caroline, dont la fille est en CP. Une autre mère de famille, Ruth, est plus partagée. "Nous sommes au onzième étage d'un ancien bâtiment. Il fait encore plus chaud qu'à l'école".

À Paris, une "dizaine" de collèges ont pris des "aménagements" pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure. L'accueil des élèves reste néanmoins maintenu.

La chaleur met également en péril la populaire Fête de la musique, prévue dimanche. Animations annulées à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Nanterre ou encore Claye-Souilly (Seine-et-Marne), "dans un souci de sécurité pour les artistes, les bénévoles, les agents mobilisés et l'ensemble du public".

Dans un rapport publié jeudi, la Fondation pour le logement des défavorisés rappelle que les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d'été et au phénomène des "logements bouilloires".

"On étouffe", explique Léria, 32 ans, femme au foyer dans les tours Nuage de Nanterre (Hauts-de-Seine). "Avant, c'était l'hiver qui était pourri, on crevait de froid, mais maintenant, j'ai peur quand l'été approche".

C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites.

Le pays subit "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

En Haute-Corse, un incendie sur la commune de Castello-di Rostino, vraisemblablement lié à des travaux de débroussaillage, a parcouru jeudi 64 hectares de végétation.

Si le sud-est de la France est largement épargné par la canicule, le danger de feux oscillera vendredi entre modéré et élevé, selon Météo France.

Dans les Hautes-Alpes, un épisode orageux a provoqué des coulées de boue qui ont causé quelques dégâts, en particulier sur la RN1091 où la circulation a dû être coupée vers le col du Lautaret, avec une réouverture prévue dans la nuit, selon le conseil départemental.


Macron prudent sur l'accord Iran-USA, ne croit pas que la guerre «soit totalement terminée»

Le président français Emmanuel Macron s'est montré prudent jeudi sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient, affichant son absence de certitude sur le fait que la guerre "soit totalement terminée". (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'est montré prudent jeudi sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient, affichant son absence de certitude sur le fait que la guerre "soit totalement terminée". (AFP)
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  • "C'est toujours mieux d'avoir un accord que la guerre, surtout quand il peut y avoir des risques d'escalade", a ajouté le président français qui tirait sur France 2 les leçons du sommet du G7 à Evian qu'il a présidé de lundi à mercredi
  • "On rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération, du dialogue, qui est mieux que la guerre", a-t-il ajouté

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est montré prudent jeudi sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient, affichant son absence de certitude sur le fait que la guerre "soit totalement terminée".

"C'est toujours mieux d'avoir un accord que la guerre, surtout quand il peut y avoir des risques d'escalade", a ajouté le président français qui tirait sur France 2 les leçons du sommet du G7 à Evian qu'il a présidé de lundi à mercredi.

"On rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération, du dialogue, qui est mieux que la guerre", a-t-il ajouté.

Pour autant, le chef de l'Etat a également affiché des doutes. "Je ne crois pas qu'on puisse dire qu'elle (la guerre, ndlr) soit totalement terminée", a-t-il estimé.

Comme à Evian, Emmanuel Macron a redit la disponibilité de la France à oeuvrer, aux côtés d'autres pays comme la Grande-Bretagne, à la reprise de la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz.

Très symboliquement et de façon inattendue, Donald Trump a signé cet accord avec l'Iran alors qu'il se trouvait au château de Versailles mercredi soir, où Emmanuel Macron l'avait convié pour un dîner dans la foulée du G7.

Le chef de l'Etat a rapporté que la décision du président américain d'y signer ce texte "s'est faite de manière assez spontanée".

Concernant le volet libanais du conflit, Emmanuel Macron a appelé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à "faire preuve d'esprit de responsabilité et de rationalité", jugeant que l'offensive contre le Hezbollah pro-iranien au Sud-Liban "est dans la durée contraire aux intérêts d'Israël".

"Le Hezbollah est un risque pour Israël, c'est tout à fait vrai", mais la sécurité de l'Etat hébreu "ne peut pas être assurée par la conquête d'un territoire voisin", a-t-il dit, soulignant que la politique de M. Netanyahu, aussi bien au Liban qu'à Gaza et en Cisjordanie, "alimente le ressentiment, la violence de toutes les populations de la région".

Il a ajouté qu'il allait de nouveau chercher à mobiliser la communauté internationale pour "aider l'armée libanaise à reprendre le contrôle de son territoire".