Roland-Garros: Rafael Nadal, roi de la terre... et au-delà

Rafael Nadal a reconnu dimanche après son 14e titre à Roland-Garros qu'il ne pouvait pas continuer de jouer avec la douleur qu'il a au pied et qu'il n'avait pas l'intention d'essayer de le faire si aucune solution pérenne n'est trouvée. (AFP)
Rafael Nadal a reconnu dimanche après son 14e titre à Roland-Garros qu'il ne pouvait pas continuer de jouer avec la douleur qu'il a au pied et qu'il n'avait pas l'intention d'essayer de le faire si aucune solution pérenne n'est trouvée. (AFP)
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Publié le Dimanche 05 juin 2022

Roland-Garros: Rafael Nadal, roi de la terre... et au-delà

  • Rafael Nadal, roi de la terre battue, a remporté 14 de ses 22 titres du Grand Chelem à Roland-Garros, mais il a livré des combats épiques sur toutes les surfaces
  • Avec ses 22 sacres en Grand Chelem, l'Espagnol devance désormais de deux longueurs ses grands rivaux Novak Djokovic et Roger Federer (vingt Majeurs chacun)

PARIS: Sans égal sur terre battue, où il a décroché dimanche un faramineux 14e titre à Roland-Garros, Rafael Nadal a étendu sa domination à toutes les surfaces grâce à son inoxydable mental et sa résilience face aux blessures.

Avec ses 22 sacres en Grand Chelem, l'Espagnol devance désormais de deux longueurs ses grands rivaux Novak Djokovic et Roger Federer (vingt Majeurs chacun).

"Rafa" écrase la concurrence sur l'ocre depuis près de vingt ans, mais réduire sa palette à cette couleur serait une erreur.

Sur dur à Melbourne, il ne s'est imposé que deux fois, mais possède l'un des meilleurs ratios victoires/défaites. En Australie, en début d'année, il est devenu le deuxième joueur de l'ère Open (depuis 1968) à remporter au moins deux fois chacun des quatre tournois du Grand Chelem, après Djokovic.

Roland-Garros: «dans les circonstances actuelles, je ne peux pas et je ne veux pas continuer de jouer», dit Nadal

Rafael Nadal a reconnu dimanche après son 14e titre à Roland-Garros qu'il ne pouvait pas continuer de jouer avec la douleur qu'il a au pied et qu'il n'avait pas l'intention d'essayer de le faire si aucune solution pérenne n'est trouvée.

"Comme je l'ai déjà dit, dans les circonstances actuelles, je ne peux pas et je ne veux pas continuer de jouer", a déclaré le champion espagnol lors d'une conférence de presse, en expliquant avoir subi durant Roland-Garros "plusieurs injections avant chaque match" pour endormir ses nerfs douloureux.

"J'ai été capable de jouer pendant ces deux semaines dans des conditions extrêmes grâce à des injections dans les nerfs pour endormir le pied. C'est pour ça que j'ai pu jouer: j'ai joué sans douleur, mais aussi sans aucune sensation ni sensibilité, comme des dents endormies par le dentiste", a-t-il expliqué en soulignant que cette procédure n'abîmerait pas son pied.

"C'est un risque que je voulais prendre pour jouer ici, pas un risque que je veux prendre dans le futur. C'était un +one shot+", a-t-il assuré dans la foulée de sa victoire contre le Norvégien Casper Ruud en finale dimanche 6-3, 6-3, 6-0. "Jouer avec des antidouleurs oui, avec des anesthésiques, non. Ca peut arriver une fois, mais je ne veux pas en faire une philosophie de vie."

Après avoir remporté l'Open d'Australie en janvier puis Roland-Garros, la prochaine grande échéance est Wimbledon dans trois semaines.

"Je serai à Wimbledon si mon corps est prêt à être à Wimbledon", a-t-il ajouté en précisant qu'il "voulait" y être.

Le joueur et son équipe, dont le médecin de la Fédération espagnole Angel Ruiz qui a pratiqué les injections anesthésiques à Roland-Garros, ont décidé d'entreprendre "la semaine prochaine" un traitement pour "tenter de créer" l'absence de sensation de façon permanente.

"C'est ce qu'on va essayer, si ça marche, je vais continuer, si ça ne marche pas, ce sera une autre histoire", a encore dit Nadal.

Avec 92 trophées, le trône de N.1 mondial occupé pendant 209 semaines, cinq Coupes Davis et deux médailles d'or olympique, en simple et double, il possède, à 36 ans (il les a fêtés vendredi), l'un des palmarès les plus foisonnants, avec ceux de Djokovic et Federer.

Lui-même place au-dessus ses deux victoires sur le gazon de Wimbledon en 2008 et 2010, surtout la première, conquise dans un match de légende contre le champion suisse, coauteur avec lui d'un des feuilletons les plus passionnants de l'histoire du sport.

C'est sur la terre battue, le terrain le plus exigeant pour la tête et les jambes, que son art a atteint sa perfection. Depuis plus d'une décennie, d'avril à juin, il est presque imbattable grâce à son énorme lift et à ses glissades: 473 matches gagnés sur 519 disputés, soit 91% de succès.

La presse espagnole applaudit le «dieu» Nadal après sa victoire à Roland-Garros

La presse espagnole ne tarit pas d'éloge sur son "Dieu" Rafael Nadal dans la foulée du 14e sacre du Majorquin à Roland-Garros, acquis dimanche aux dépens du Norvégien Casper Ruud 6-3, 6-3, 6-0.

"Nadal, un Dieu sur terre", a titré le quotidien Marca sur son site internet à l'issue du match, tandis que Mundo Deportivo s'extasie devant "le plus grand champion de l'histoire".

"Longue vie à Nadal", peut-on lire sur le site d'As, qui rappelle que le champion a remporté son 22e Majeur, "plus que quiconque dans l'histoire".

Pour l'édition en ligne de Sport, "Nadal refait l'histoire à Paris" et "personne ne peut lui tenir tête dans +sa maison+".

Bête de combat 

Ses triomphes parisiens, de 2005 à 2008, de 2010 à 2014, de 2017 à 2020 et donc en 2022, sont ses chefs-d'oeuvre. Aucun champion n'a jamais réussi à gagner autant de fois un même tournoi du Grand Chelem.

Personne non plus n'a jamais remporté 81 matches de suite sur terre battue, record établi entre avril 2005 et mai 2007, ni empilé 62 titres sur cette surface.

Né d'une mère commerçante et d'un père chef d'entreprise à Manacor, la troisième ville de Majorque, île à laquelle il reste passionnément attaché, Nadal a passé son enfance dans un immeuble où logeait toute sa famille. Ou plutôt son clan, tant un esprit de corps à la méditerranéenne soudait ses membres - à cet égard la séparation de ses parents, en 2009, a été une rude épreuve.

Ses oncles ont eu une importance décisive: Miguel Angel Nadal, le footballeur du FC Barcelone, qui lui a fait prendre conscience très jeune des exigences du sport professionnel, et surtout Toni, son mentor de l'âge de 4 ans jusqu'à 2018 (quand son compatriote et ami Carlos Moya a pris la relève).

Sous la férule de cet entraîneur, "le plus sévère qu'on puisse imaginer", le petit prodige a sué sang et eau au club de tennis juste en face de la résidence familiale. "Il me mettait une pression très forte, usait d'un langage brutal, criait souvent ; j'avais peur de lui", raconte le joueur.

D'après Toni, c'était le prix à payer pour transformer un garçon plutôt timide et craintif en bête de combat sur le court. Et aussi en gentleman : "interdiction absolue de jeter sa raquette".

Roland-Garros: des duels qui ont forgé la légende de Nadal

Rafael Nadal, roi de la terre battue, a remporté 14 de ses 22 titres du Grand Chelem à Roland-Garros, mais il a livré des combats épiques sur toutes les surfaces. En voici une sélection:

 

. Roland-Garros 2005: demi-finale gagnée contre Federer

En route pour le premier Majeur. Federer visait un cinquième titre du Grand Chelem, le premier à Paris. Mais ce jour-là, le jeune Espagnol qui avait enchaîné trois titres sur terre battue les semaines précédentes s'est fait un nom. Nadal a battu le Suisse 6-3, 4-6, 6-4, 6-3 en demi-finale, et s'est qualifié pour sa première finale majeure. Deux jours plus tard le Majorquin décrochait le premier de ses 22 titres en Grand Chelem.

 

. Wimbledon 2007: finale perdue contre Federer

Le tournant. Federer s'impose 7-6, 4-6, 7-6, 2-6, 6-2 pour son 5e titre consécutif à Wimbledon, mais à la suite de ce match, on se dit que Nadal est bien plus proche de battre Federer dans son jardin londonien que le Suisse de battre l'Espagnol sur la terre battue parisienne.

 

. Roland-Garros 2008: finale remportée contre Federer

Fessée. C'est la sévérité du score qui rend ce match incroyable: Nadal a joué quasiment à la perfection pour humilier le N.1 mondial 6-1, 6-3, 6-0.

 

. Wimbledon 2008: finale gagnée contre Federer

La victoire au crépuscule. La rivalité entre les deux hommes est déjà bien établie et l'Espagnol a failli faire chuter le Suisse en son royaume l'année précédente. Cette fois, après 4h48 d'une partie interrompue plusieurs fois par la pluie et alors que la nuit tombait, Nadal a remporté la balle de match à 21h16 sur le score de 6-4, 6-4, 6-7, 6-7, 9-7, mettant un terme à une série de cinq titres de Federer à Wimbledon. Cette rencontre est la plus célèbre de l'histoire du tennis avec le Borg-McEnroe de 1980, au même endroit.

 

. Open d'Australie 2009: finale gagnée contre Federer

Infatigable. Nadal remporte son premier titre à Melbourne en battant Federer 7-5, 3-6, 7-6(3), 3-6, 6-2 et près de 4h30 de tennis d'un très haut niveau. En demies, il avait déjà bataillé 5h14 pour écarter Fernando Verdasco. Vaincu, Federer n'a pu retenir ses larmes pendant la cérémonie de remise des trophées.

 

. US Open 2010: finale gagnée contre Djokovic

Le Majeur manquant. En 2010, l'US Open était le dernier qui manquait au palmarès de Nadal. Malgré la confiance accumulée grâce à sa victoire contre Roger Federer en demi-finale, Djokovic n'a pu arrêter l'Espagnol. Nadal s'est imposé 6-4, 5-7, 6-4, 6-2.

 

. Open d'Australie 2012: finale perdue contre Djokovic

La plus longue. Novak Djokovic s'est imposé 5-7, 6-4, 6-2, 6-7, 7-5 en 5 heures 53, ce qui en fait à ce jour la plus longue finale d'un tournoi du Grand Chelem. Le Serbe a conclu le lundi à 1h37 un match qui avait débuté dimanche soir.

 

. US Open 2019: finale gagnée contre Medvedev

Jamais vaincu. Après deux sets tranquillement gagnés, Nadal s'est fait surprendre par le retour d'un jeune Russe encore inconnu et au jeu étrange. Poussé au cinquième set, l'Espagnol prouve qu'il ne lâche jamais rien et s'impose en 4h51 d'un combat épique 7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4.

 

. Roland-Garros 2020: finale gagnée contre Djokovic

La leçon. L'édition du Majeur sur terre battue se joue en automne à cause de la pandémie de covid qui en a empêché la tenue au printemps. Des conditions humides, venteuses et froides sont autant d'obstacles sur la route d'un 13e titre parisien pour Nadal. Et l'on se dit que Djokovic tient sa chance de battre le roi de la terre en finale de "son" tournoi. En fait, l'Espagnol corrige le Serbe 6-0, 6-2, 7-5 et égale le record de 20 titres du Grand Chelem détenu depuis 2018 par Roger Federer.

 

. Roland-Garros 2021: demi-finale perdue contre Djokovic

La revanche. Djokovic joue le match de sa vie sur terre battue et s'impose 3-6, 6-3, 7-6, 6-2 au terme d'un match d'une qualité et d'une tension rarement égalées. Nadal confessera par la suite souffrir du pied et ne jouera plus que deux matches de la saison, déclarant forfait à Wimbledon et à l'US Open.

 

. Open d'Australie 2022: finale gagnée contre Medvedev

Renversant. Mené deux sets à rien face au Russe Daniil Medvedev, le Majorquin parvient à s'imposer 2-6, 6-7, 6-4, 6-4, 7-5 après 5h24 de jeu pour s'offrir un 21e titre historique en Grand Chelem. Il avait pourtant contracté le Covid-19 en décembre et manqué six mois de compétition en 2021 en raison de son pied gauche douloureux.

 

. Roland-Garros 2022: quart de finale gagné contre Djokovic

Implacable malgré les doutes. Nadal arrive à Roland-Garros en grand manque de préparation à cause de sa douleur au pied gauche (il reste sur une élimination en 8es de finale à Rome, l'un de ses deux seuls tournois joués sur terre avec celui de Madrid, où la douleur était devenue insupportable). En face, Djokovic est lui en forme ascendante, tout proche de son absolu meilleur niveau, et entend égaler le record de titres du Grand Chelem. Mais contre toute attente, c'est bien Nadal qui s'impose 6-2, 4-6, 6-2, 7-6 (7/4) et s'ouvre la voie d'un 14e titre sur la terre battue parisienne et d'un 22e Majeur.

«Immergé dans son tennis»

Moins doué techniquement que Federer - même s'il ne faut pas sous-estimer l'habileté de sa patte gauche, qu'il n'utilise que pour jouer au tennis, étant droitier - Nadal a triomphé grâce à son mental, à cette "capacité à accepter les difficultés et à les surmonter supérieure à celle de la plupart de (ses) rivaux", dit-il, et à son exceptionnel pouvoir de concentration, lorsqu'il est "entièrement immergé dans (son) tennis solitaire, avec un sentiment de vie intense".

Mais son corps a souvent été son pire ennemi. Dès 2006, il s'est cru perdu à cause d'une malformation congénitale (syndrome de Müller-Weiss) au pied gauche qui l'a obligé à porter des chaussures sur mesure. Cette douleur qui va et vient sans jamais disparaître est devenue franchement handicapante ces derniers mois. Au point que le doute plane sur son retour ou non en 2023.

Roland-Garros: Rafael Nadal à deux longueurs du record de Margaret Court

Rafael Nadal a décroché dimanche à Roland-Garros son 22e titre du Grand Chelem, améliorant son record de titres majeurs sur le circuit masculin, mais l'Espagnol est encore à deux longueurs de l'Australienne Margaret Court, 24 fois victorieuse en Grand Chelem.

 

24 titres en Grand Chelem: Margaret Smith Court (AUS)

23: Serena Williams (USA)

22: Steffi Graf (GER)

22: Rafael Nadal (ESP)

20: Novak Djokovic (SRB), Roger Federer (SUI)

19: Helen Wills Moody (USA)

18: Chris Evert (USA), Martina Navratilova (CZE/USA)

14: Pete Sampras (USA)

12: Roy Emerson (AUS), Billie Jean King (USA)

11: Bjorn Borg (SWE), Rod Laver (AUS)

10: Bill Tilden (USA)

9: Monica Seles (YOU/USA), Maureen Connolly (USA)

8: Ivan Lendl (CZE/USA), Jimmy Connors (USA), Andre Agassi (USA), Fred Perry (GBR), Ken Rosewall (AUS), Suzanne Lenglen (FRA), etc.

7: John McEnroe (USA), Mats Wilander (SWE), Henri Cochet (FRA), René Lacoste (FRA), Justine Hénin (BEL), Venus Williams (USA), etc.

6: Boris Becker (GER), Stefan Edberg (SWE), etc.

Des problèmes au genou et au poignet l'ont également tenu éloigné des courts pendant de longues périodes.

Cet homme immensément riche (près de 130,5 millions de dollars de gains, sans compter les revenus publicitaires) et célèbre se décrit comme un homme ordinaire qui n'aime rien tant qu'aller à la pêche avec ses amis, regarder des matches de football - qu'il préférait au tennis étant enfant - et passer du temps avec son épouse Francesca, une Majorquine dont il partage la vie depuis 2005.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.


Les présidents américain et iranien signent à distance le protocole d'accord

Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. (AFP)
Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. (AFP)
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  • Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump, en visite en France
  • "Je viens de le signer", a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l'on voit le républicain signer l'accord aux côtés d'Emmanuel Macron

WASHINGTON: Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington.

Washington et Téhéran sont convenus cette semaine d'un accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump, en visite en France.

"Je viens de le signer", a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l'on voit le républicain signer l'accord aux côtés d'Emmanuel Macron, le pouce levé et sourire aux lèvres.

Le texte a été signé par le président iranien Massoud Pezeshkian et son homologue américain, a déclaré de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï.

Réouverture d'Ormuz 

Cela signifie que le détroit d'Ormuz sera "instantanément" rouvert et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin "immédiatement", a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.

Il a par ailleurs confirmé qu'une cérémonie aura lieu vendredi en Suisse pour "commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Une signature formelle par le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, était initialement prévue en Suisse à la fin de la semaine.

"Cet accord acte l'échec des Etats-Unis" face à l'Iran, a déclaré mercredi soir M. Ghalibaf à la télévision d'Etat.

Le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a lui qualifié cet accord de "grande victoire" pour l'Iran, qu'il a remercié d'avoir insisté pour y inclure le front libanais.

Dans un message télévisé, il a appelé à "tirer profit" de cet accord pour "expulser Israël" du Liban. Le Liban a été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a tiré le 2 mars des roquettes contre Israël en soutien à l'Iran.

Le chef du Hezbollah a également appelé le gouvernement libanais à arrêter les négociations directes avec Israël, engagées depuis avril sous l'égide de Washington. Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que le processus était "indépendant" de l'accord américano-iranien.

Période de négociations de deux mois 

Le texte du protocole d'accord, lu mercredi par un haut responsable américain à des journalistes, prévoit que les Etats-Unis suspendent, dès sa signature, leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Ils s'engagent également à lever l'ensemble de leurs sanctions contre Téhéran en cas de conclusion d'un accord définitif, au terme d'une période de négociations de 60 jours.

Au cours de ces deux mois, les deux pays discuteront d'un mécanisme permettant de traiter les stocks iraniens "en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)", a souligné ce responsable, voulant y voir une "victoire majeure" pour Washington.

Selon la même source, l'Iran devra permettre de son côté, dans un délai de 30 jours, le plein rétablissement de la circulation maritime dans le stratégique détroit d'Ormuz, dont le blocage persistant pèse sur l'économie mondiale.

Les Etats-Unis s'engagent par ailleurs, en cas d'accord définitif, à faciliter "avec leurs partenaires régionaux", notamment du Golfe, le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l'Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.

L'Iran a publié mercredi le texte de l'accord, via l'agence de presse gouvernementale Irna.

Les pays membres du G7, réunis en France pour un sommet, ont salué dans une déclaration commune "une opportunité historique d'empêcher l'Iran d'acquérir toute arme nucléaire et de s'attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques".

La Chine a de son côté estimé "essentiel" que "toutes les parties" appliquent scrupuleusement cet accord et évitent les "ingérences" extérieures, lors d'un entretien téléphonique de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, selon Pékin.

Le chef de la diplomatie chinoise, dont le pays est largement dépendant des importations de pétrole du Golfe, a insisté sur la nécessité que la navigation dans le détroit d'Ormuz soit "correctement gérée, en répondant avec prudence aux vives préoccupations de la communauté internationale".

Les cours du pétrole ont terminé en légère progression mercredi, les opérateurs se montrant prudents quant à la signature du protocole d'accord, le Brent, référence mondiale du brut, progressant de 0,75 %, à 79,55 dollars le baril.


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
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  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.