Législatives: Fiasco pour Manuel Valls, éliminé dès le premier tour

L'ancien Premier ministre français et candidat de la majorité présidentielle pour la 5e circonscription des Français d'outre-mer, Manuel Valls, pose dans une rue de Madrid le 12 mai 2022, avant les élections législatives françaises. ( OSCAR DEL POZO / AFP)
L'ancien Premier ministre français et candidat de la majorité présidentielle pour la 5e circonscription des Français d'outre-mer, Manuel Valls, pose dans une rue de Madrid le 12 mai 2022, avant les élections législatives françaises. ( OSCAR DEL POZO / AFP)
Ancien Premier ministre français et candidat de la majorité présidentielle pour la 5e circonscription des Français d'outre-mer, Manuel Valls fait des gestes en s'exprimant lors d'un entretien, à Madrid le 12 mai 2022, à l'approche des élections législatives françaises de 2022. (AFP)
Ancien Premier ministre français et candidat de la majorité présidentielle pour la 5e circonscription des Français d'outre-mer, Manuel Valls fait des gestes en s'exprimant lors d'un entretien, à Madrid le 12 mai 2022, à l'approche des élections législatives françaises de 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 06 juin 2022

Législatives: Fiasco pour Manuel Valls, éliminé dès le premier tour

  • Manuel Valls a annoncé dimanche soir son élimination dès le premier tour, un nouveau fiasco pour l'ex-Premier ministre
  • «Si la dissidence et la division ont semé la confusion, je ne peux pas ignorer mon score et le fait que ma candidature n’a pas convaincu», a-t-il dit sur Twitter

MADRID: Investi par la majorité présidentielle pour représenter les Français de l'étranger, Manuel Valls a été éliminé dimanche dès le premier tour, un nouveau fiasco pour l'ex-Premier ministre après l'échec de sa candidature aux municipales à Barcelone.

"Je prends acte des résultats (...) Si la dissidence et la division ont semé la confusion, je ne peux pas ignorer mon score et le fait que ma candidature n'a pas convaincu", a-t-il dit sur Twitter, avant même que les résultats officiels ne soient publiés par le ministère des Affaires étrangères.

"Il m'appartient lucidement d'en tirer les conséquences. La vie est suffisamment belle pour tourner tranquillement les pages", a ajouté M. Valls.

Avant d'appeler à faire barrage au deuxième tour au candidat de la Nupes, Renaud Le Berre, arrivé en tête dans cette cinquième circonscription des Français de l'étranger, qui regroupe l'Espagne, le Portugal, Monaco et Andorre et compte environ 120.000 électeurs inscrits.

Dans la soirée, le compte Twitter de M. Valls, dont tous les tweets avaient été effacés, affichait un message de clôture ("ce compte n'existe pas").

L'ex-ministre de l'Intérieur a recueilli 4.024 voix, derrière Roland Le Berre (6.942) et Stéphane Vojetta (6.123), député sortant élu sous les couleurs de La République en marche (LREM), selon les résultats officiels.

«Parachutage»

L'annonce le 5 mai de l'investiture de l'ex-Premier ministre avait fait l'effet d'une bombe dans cette circonscription, surtout chez les Français résidant en Espagne.

Stéphane Vojetta avait décidé de se maintenir face à ce "parachutage" tout en promettant, s'il était élu, de rester "un soutien loyal" d'Emmanuel Macron. Arrivé en deuxième position, il a appelé dimanche soir la majorité présidentielle à "se réunifier derrière (sa) candidature".

"Mais elle doit aussi prendre acte du message envoyé par les électeurs: une exigence de moins de verticalité, de plus d'écoute du terrain, et d'un véritable renouvellement de nos pratiques et de nos personnels politiques", a-t-il ajouté.

Le résultat du premier tour "signifie que j'avais, dès le début, raison dans la perception que j'avais des sentiments des électeurs", a-t-il ensuite dit à l'AFP.

Le choix de la majorité présidentielle d'investir Manuel Valls était "une décision erronée" sur le "potentiel électoral" de l'ex-Premier ministre, qui "souffrait d'un rejet en particulier en Espagne", a-t-il poursuivi.

«Voix forte»

Pour ces législatives, Manuel Valls pensait pourtant pouvoir rallier les électeurs grâce à son CV et à son réseau.

"Ma seule candidature a mis les projecteurs sur les Français de l'étranger", avait-il ainsi expliqué dans un entretien avec l'AFP à Madrid. "Je veux faire bénéficier les Français de mon expérience et de mon influence, (...) de ma voix forte", martelait-il.

Son échec marque un nouveau revers pour cet ancien poids lourd du Parti socialiste qui avait quitté la vie politique française il y a quatre ans pour tenter de conquérir en vain en 2019 la mairie de Barcelone, sa ville natale.

Persuadé de pouvoir "gagner" ces municipales, après son échec en 2017 aux primaires socialistes pour la présidentielle française, il n'était arrivé que quatrième avec environ 13% des voix derrière le candidat indépendantiste catalan et la maire sortante de gauche Ada Colau qui a été reconduite.

En couple avec Susana Gallardo, riche héritière d'une société pharmaceutique catalane, Manuel Valls avait finalement quitté en 2021 le conseil municipal de Barcelone pour faire son retour en France comme chroniqueur dans des émissions de RMC et de BFMTV.

Ce nouvel échec de l'ex-Premier ministre a été particulièrement raillé par la Nupes.

"C'est ce qu'on appelle un bon dimanche soir pour entamer la dernière semaine de campagne en France !", a tweeté Manon Aubry, eurodéputée de La France insoumise tandis qu'Adrien Quatennens, numéro deux du parti de Jean-Luc Mélenchon, a publié une photo de ce dernier et d'autres parlementaires de LFI brandissant des pancartes "Bon débarras".


L'Elysée a proposé un hommage pour Bardot, la famille n'a pas donné suite

 L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday
  • Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines"

PARIS: L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron à l'AFP.

"Il y a eu un échange avec la famille avec proposition qu’un hommage ait lieu sans que la famille ne donne suite", a déclaré ce proche, en rappelant qu'une telle démarche correspond à un "usage républicain" et que les hommages sont "systématiquement décidés d'un commun accord avec les proches du défunt".

Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines".

Emmanuel Macron ne se rendra pas aux obsèques, qui se tiendront dans l’intimité le 7 janvier à Saint-Tropez, a également indiqué le proche du président.

En 2023, l'actrice avait adressé une lettre incendiaire au chef de l'Etat, lui reprochant son manque d'action contre la souffrance animale. "Je suis en colère face à votre inaction, votre lâcheté, votre mépris des Français, qui vous le rendent bien il est vrai", avait-elle notamment écrit.

Après une cérémonie à l'église retransmise sur grands écrans, l'inhumation privée de l'actrice et chanteuse au cimetière marin sera suivie d'"un hommage ouvert à tous les Tropéziens et à ses admirateurs", a précisé la Fondation de Brigitte Bardot, dédiée à la protection des animaux.

"À ce moment-là, tout le monde l'évoquera et partagera ses plus beaux souvenirs avec elle. Ce sera un grand moment de communion, simple, à son image", a précisé mardi la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, dans une inteview au quotidien local Var-Matin.

"Mon rôle, c'est de lui organiser des obsèques dignes. Il faut tout mettre en œuvre pour que les Tropéziens et les admirateurs puissent se recueillir", a ajouté l'édile.

Interrogée sur le souhait exprimé il y a quelques années par Brigitte Bardot d’être enterrée à la Madrague, sa propriété en bord de mer, Sylvie Siri a affirmé avoir "respecté ses dernières volontés". "Seule la défunte avait décidé de son lieu d’enterrement", a souligné l'élue.

 


Agriculteurs: nouveaux rassemblements, bénédiction de tracteurs dans le Nord

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
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  • Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer
  • Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur

CAMBRAI: Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Mgr Vincent Dollmann et plusieurs prêtres ont célébré une messe sur un autel de paille en périphérie de Cambrai, en soutien aux agriculteurs "qui font face à des épreuves".

Il a salué la "dignité" des agriculteurs qui manifestent depuis plusieurs semaines contre l'accord de libre échange du Mercosur ou contre l'abattage systématique de troupeaux de bovins touchés par la DNC.

Une petite centaine de tracteurs ont été mobilisés, arborant des panneaux comme "Mercosur = mort de l'agriculture".

Jean Camier, 24 ans, jeune agriculteur d'Hermies qui doit reprendre l'exploitation familiale d'engraissement de bovins d'ici deux ans, se réjouit d'avoir fait bénir son tracteur et participé à la célébration qui selon lui "montre que tout le monde est avec [eux]".

Si les Hauts-de-France ne sont pas touchés par la DNC, il se dit "de tout cœur" avec les agriculteurs des régions concernées, soulignant avoir "un peu peur que la maladie remonte" vers le nord.

Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer.

Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur", a expliqué à l'AFP Louis Lacheré, des Jeunes Agriculteurs.

En Occitanie, plusieurs barrages emblématiques, à Carbonne Haute-Garonne) sur l'A64, Sévérac (Aveyron) ou Le Buisson (Lozère) sur l'A75, tiennent toujours, tandis que d'autres agriculteurs se remobilisent.

Ainsi, à Foix, une douzaine de tracteurs bloquaient depuis lundi midi l'entrée sud du tunnel de contournement de la ville et commençaient à installer un campement, a constaté un correspondant de l'AFP.

"On veut montrer à l’État qu'on est toujours autant mobilisés", a déclaré sur place Sébastien Durand, président de la Coordination rurale (CR) en Ariège. "Il n'y a pas de Noël, il n'y a pas de Premier de l'An; on sera là".

Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation par un abattage systématique des troupeaux touchés, la vaccination et les restrictions de mouvements.

Cette gestion fortement contestée par certains agriculteurs, notamment de la CR (deuxième syndicat agricole, classé à droite, voire à l’extrême droite) et de la Confédération paysanne (troisième, classé à gauche).

 


Colère agricole en France: Macron reçoit les syndicats, des blocages persistent

Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a reçu les syndicats agricoles, opposés à l’accord UE-Mercosur, dans un contexte de forte colère liée aux crises sanitaires, notamment la dermatose bovine
  • Les blocages routiers se poursuivent dans le Sud-Ouest, alors que de nouveaux cas de la maladie sont confirmés et que la mobilisation agricole se prolonge

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a reçu mardi les syndicats agricoles pour parler de l'accord UE-Mercosur, auquel ils sont opposés, tandis que des axes routiers sont toujours bloqués pour protester contre le traitement par les autorités de l'épizootie de dermatose bovine.

"L'objet du rendez-vous, c'était d'essayer d'éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes", a souligné Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne - un syndicat classé à gauche -, à la sortie de la rencontre, ajoutant qu'il fallait pour cela "des mesures structurelles fortes".

Les syndicats disent avoir par ailleurs rappelé au chef de l'Etat "l'extrême tension" et la "colère" du monde agricole et que des réponses étaient attendues "dès les premiers jours de janvier" sur le Mercosur mais aussi sur les crises sanitaires, au premier rang desquelles la dermatose bovine et la grippe aviaire.

C'était la première rencontre entre le chef de l'Etat et les syndicats agricoles depuis début décembre et l'amorce de la crise qui secoue l'élevage français, face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

C'était aussi la première depuis l'annonce, jeudi dernier, du report a priori au 12 janvier de la signature du traité décrié entre l'UE et des pays du Mercosur.

Cet accord faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées, lesquelles affirment que ces produits ne respectent pas les mêmes normes que les produits européens.

L'accord permettrait en revanche aux Européens d'exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud.

Sur le terrain, la mobilisation a connu un léger regain mardi (53 actions mobilisant 1.600 personnes, selon le ministère de l'Intérieur) par rapport à lundi (35 actions mobilisant 1.200 personnes), mais elle reste nettement inférieure à celle de la semaine dernière (110 actions jeudi).

Certains agriculteurs sont mobilisés depuis plus de 10 jours, notamment contre l'abattage total des troupeaux dans lesquels des cas de DNC sont détectés dans le Sud-Ouest.

Mardi, le ministère de l'Agriculture a confirmé un nouveau cas de la maladie en Haute-Garonne, portant le bilan total à 115 foyers enregistrés depuis juin en France. Ce dernier troupeau concerné a été abattu.

Dans le Sud-Ouest, des blocages d'autoroute étaient notamment maintenus sur l'A63 près de Bordeaux ou sur l'A64 au sud de Toulouse ou près de Bayonne.

Au sud de Bordeaux, les manifestants de la branche locale du syndicat Coordination rurale - classé à droite - ont dit vouloir organiser un réveillon et une messe de Noël mercredi soir sur leur barrage, à l'instar des agriculteurs mobilisés près de Toulouse.