Eaux contestées entre Israël et le Liban: Beyrouth demande la médiation américaine

Le navire de forage d'Energean sur le champ de gaz naturel de Karish, en Méditerranée orientale, le 9 mai 2022 (Photo, Reuters).
Le navire de forage d'Energean sur le champ de gaz naturel de Karish, en Méditerranée orientale, le 9 mai 2022 (Photo, Reuters).
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Publié le Lundi 06 juin 2022

Eaux contestées entre Israël et le Liban: Beyrouth demande la médiation américaine

  • Le navire en question, de l'entreprise britannique Energean Plc basée à Londres, est arrivé dimanche au champ gazier de Karish --situé selon Beyrouth dans une partie des eaux contestées avec Israël-- afin de commencer à l'exploiter
  • Cette annonce a suscité une vague d'indignation de la part de plusieurs hauts responsables libanais, dont le Président Michel Aoun et le Premier ministre sortant Najib Mikati

BEYROUTH: Le Liban a réclamé lundi une médiation américaine après l'arrivée dans les eaux contestées avec Israël d'un navire destiné à commencer à produire du gaz pour l'Etat hébreu, une opération qui pourrait constituer un acte d'agression selon Beyrouth. 

Le Liban et Israël, deux pays voisins officiellement toujours en guerre, avaient entamé en octobre 2020 des négociations inédites sous l'égide de Washington pour délimiter leur frontière maritime, afin de lever les obstacles à la prospection d'hydrocarbures. 

Les pourparlers ont été suspendus en mai 2021 à la suite de différends concernant la surface de la zone contestée entre les deux pays. 

Le navire en question, de l'entreprise britannique Energean Plc basée à Londres, est arrivé dimanche au champ gazier de Karish --situé selon Beyrouth dans une partie des eaux contestées avec Israël-- afin de commencer à l'exploiter, d'après un communiqué de la compagnie. 

Cette annonce a suscité une vague d'indignation de la part de plusieurs hauts responsables libanais, dont le Président Michel Aoun et le Premier ministre sortant Najib Mikati. 

Ils « ont invité le médiateur américain Amos Hochstein à Beyrouth à reprendre les négociations concernant la délimitation des frontières maritimes entre les deux pays », selon un communiqué conjoint. 

Tous travaux « d'exploration, de forage ou d'extraction effectués par Israël dans les zones contestées constituent une provocation et un acte d'agression », poursuit le texte. 

Pour l'experte en ressources pétrolières Laury Haytayan, cet appel au médiateur américain serait « une perte de temps ». Les autorités libanaises devraient plutôt signer un décret pour l'amendement des frontières maritimes, a-t-elle estimé lundi. 

Dans un premier temps, les négociations concernant les frontières maritimes portaient sur une zone de 860 km2 délimitée par la ligne 23, conformément aux revendications libanaises enregistrées auprès de l'Onu en 2011. 

Le Liban avait annoncé plus tard vouloir réclamer un droit supplémentaire sur 1430 km2 limités par la ligne 29, qui comprend une partie du champ de Karish. 

Mais pour Israël, le champ gazier de Karish se trouve dans « la Zone économique exclusive (ZEE) reconnue par l'Onu », a indiqué un haut responsable israélien sous couvert d'anonymat.  

« Les mensonges du Liban qui prétend soudainement qu'il s'agit d'une région contestée peuvent être réfutés (...) par la propre position du Liban dans le passé, » a poursuivi le responsable rappelant que Beyrouth avait reconnu cette région comme étant dans les eaux israéliennes. 

Une porte-parole du ministère israélien de l’Energie a déclaré lundi que le forage était terminé depuis des mois et que « le flux de gaz en provenance de Karish devrait commencer en septembre. » 

Le navire qui est arrivé dimanche sera connecté à Karish via des gazoducs, a-t-elle précisé. 

Le Hezbollah, puissant mouvement chiite libanais pro-iranien, a toutefois averti Israël qu'il s'opposerait aux tentatives d'extraction de pétrole et de gaz du champ de Karish et d'autres régions contestées. 

« Nous sommes capables de les empêcher de le faire », a déclaré le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah dans un discours le mois dernier. 


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.