L’autonomisation des femmes au cœur des débats du prochain sommet du G20 à Riyad

Dans le cadre du sommet du G20, en novembre prochain à Riyad, le groupe d’engagement officiel du groupe des vingt a engagé des travaux préparatoires à l’édition Women 20 (W20), dont une large partie est consacrée à l’autonomisation des femmes. (AFP).
Dans le cadre du sommet du G20, en novembre prochain à Riyad, le groupe d’engagement officiel du groupe des vingt a engagé des travaux préparatoires à l’édition Women 20 (W20), dont une large partie est consacrée à l’autonomisation des femmes. (AFP).
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Publié le Vendredi 23 octobre 2020

L’autonomisation des femmes au cœur des débats du prochain sommet du G20 à Riyad

  • Dans le cadre du sommet du G20, en novembre prochain à Riyad, le groupe d’engagement officiel du groupe des vingt a engagé des travaux préparatoires à l’édition Women 20 (W20)
  • «Dans le contexte de pandémie que nous traversons, il nous faudra des plans d’action et des initiatives internationales, comme dans le cadre du G20, mais aussi sur le plan national, en France et en Arabie saoudite»

PARIS: L’autonomisation des femmes dans le domaine économique est la pierre angulaire pour s’assurer d’une croissance inclusive dans les tous les pays. La pandémie de Covid-19 a mis en exergue le rôle socio-économique essentiel des femmes dans le maintien de la vie socio-économique des nations même si, à travers le monde, y compris dans les sociétés les plus développées, les femmes occupent encore majoritairement des postes à temps partiel. Elles sont par ailleurs largement moins rémunérées que leurs collègues masculins.

Mutations sociétales en Arabie saoudite

Dans le cadre du sommet du G20, en novembre prochain à Riyad, le groupe d’engagement officiel du groupe des vingt a engagé des travaux préparatoires à l’édition Women 20 (W20), dont une large partie est consacrée à l’autonomisation des femmes.

Les considérations du genre, les questions de l’égalité et de la parité hommes-femmes, l’accès des femmes aux hautes fonctions des institutions étatiques, diplomatiques, gouvernementales, scientifiques, et la facilitation de l’accès au professorat et à la présidence des universités figurent parmi les nombreuses thématiques qui seront mises sur la table et évaluées lors du prochain sommet du G20 à Riyad.

Dans le cadre de ces travaux préparatoires, l’ambassade d’Arabie saoudite à Paris a organisé, le 19 octobre dernier, une conférence en ligne à laquelle ont participé des femmes saoudiennes et françaises issues de divers horizons. L’objectif de ces débats était d’aborder l’évolution des acquis des femmes dans de nombreux domaines, mais aussi d’évoquer des pistes de réflexion autour des défis à relever pour donner aux femmes la place qu’elles méritent dans la sphère économique et savante des pays occidentaux et orientaux.

«Dans le cadre du W20, nous travaillons, avec nos partenaires, sur l’autonomisation des femmes pour réaliser une croissance durable. […] Cette dernière est envisagée sur divers points: l’accès au marché du travail, l’inclusion financière pour les femmes, car il existe des différences entre les hommes et les femmes, une situation qui fait perdre 15% du PIB», souligne la princesse Haïfa benta Abdelaziz al-Mogrin, ambassadrice permanente auprès de l’Unesco et présidente de la commission «Développement» du G20, lors de l’ouverture de la conférence. Les femmes à travers le monde ont des défis à relever, ainsi que l’ont fait nos grands-mères et nos mères», explique-t-elle.

«En Arabie saoudite, nous mettons en place une autonomisation graduelle. Le système éducatif du pays est constitué à hauteur de 50% de femmes. Les ambitions, les aspirations des femmes ont enregistré des avancées importantes, notamment dans la représentation diplomatique», affirme la princesse Haïfa benta Abdelaziz. «Nous avons des plans nationaux, nous avons avancé sur le plan de la gestion. Désormais, les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans les filières scientifiques, dont l’informatique. J’espère que notre séminaire inspirera des idées pour accentuer leur autonomisation», conclut-elle.

"Dans le cadre du W20, nous travaillons, avec nos partenaires, sur l’autonomisation des femmes pour réaliser une croissance durable" souligne la princesse Haïfa benta Abdelaziz al-Mogrin.

En effet, l’un des objectifs du prochain sommet du G20, sous la présidence de l’Arabie saoudite, sera centré sur l’autonomisation des femmes. «Nous accueillons le G20, et pour nous c’est historique, car c’est la première fois qu’un pays arabe accueille la présidence de ce sommet dont les membres rassemblent 80% de la production mondiale et trois quarts des échanges internationaux», déclare la docteure Hala Al-Touijri, présidente du groupe de travail dédié à l’autonomisation de la femme du G20 et secrétaire générale du Conseil des affaires de la famille saoudienne.

«Il faudra impliquer les femmes à tous les niveaux de la prise de décision, y compris dans les décisions politiques. Cette perspective du genre sera mise en œuvre par des mesures», explique Hala al-Touijri. Ces deux dernières années, Il y a eu beaucoup de réformes en Arabie saoudite et cela fait partie intégrante de notre plan Vision 2030, une stratégie qui permettra d’instaurer une société prospère et une nation ambitieuse».

Lors de son intervention, la présidente du groupe de travail dédié à l’autonomisation de la femme du G20 a affirmé que ce sera possible grâce aux efforts de toutes les composantes de la société. «Nous avons, certes, progressé, mais nous avons encore fort à faire», déclare-t-elle. «Il y a eu des amendements aux réglementations pour favoriser l’accès à la protection sociale. Nous devons continuer à améliorer l’accès des femmes au marché du travail pour passer de 22% à 30% à l’horizon 2030.»

"En Arabie saoudite, nous avons mis en place une équipe qui sera chargée de donner un élan à l’autonomisation des femmes et des filles" affirme Hala Al-Touijri

Hala Al Touijri recommande donc de lutter contre les obstacles sociaux et d’amender la réglementation pour favoriser l’autonomisation des femmes, notamment via l’égalité salariale. «En Arabie saoudite, nous avons mis en place une équipe qui sera chargée de donner un élan à l’autonomisation des femmes et des filles, sur le thème “Réaliser les opportunités du XXIe siècle pour tous et pour toutes”. L’Arabie saoudite compte mettre en avant cet objectif lors du prochain G20», souligne-t-elle.

La parité, une cause mondiale

Lors de son intervention, Gabriela Ramos, sous-directrice générale pour les sciences sociales et humaines de l’Unesco, a tenu à remercier la princesse Haïfa benta Abdelaziz Al Mogrin de l’avoir invitée à cette conférence. Elle a également exprimé sa reconnaissance envers l’ambassadrice d’Arabie saoudite pour tous les efforts qu’elle a fournis en vue de l’essor de la participation des femmes, saluant son engagement à enrichir le travail avec les autres membres de la délégation pour la mise en place du W20. «Je me suis occupée, au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du G20, de fédérer les dirigeants autour d’un accord concret en faveur de l’égalité hommes-femmes, de la parité. Cette question de l’égalité du genre a toujours fait partie de nos programmes au sein du G20 et l’Arabie saoudite n’a pas été absente du débat, bien au contraire. Cette initiative est très importante pour que les femmes puissent apporter leur contribution, et briser ce plafond de verre», poursuit-elle.

Gabriela Ramos indique avoir constaté «des changements en Arabie saoudite, avec des progrès concrets». Elle ajoute: «Il y a huit ans, j’ai été invitée en Arabie saoudite, et je peux vous dire que lors des réunions, je n’avais pas rencontré de femmes ministres députées. Mais, depuis deux ans, elles participent aux affaires politiques, et des décisions très importantes ont été prises pour augmenter leur accès à l’investissement, à l’éducation et à l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, nous avons une Saoudienne ambassadrice qui préside le groupe “Développement” au sein du G20», s’est réjoui la sous-directrice générale pour les sciences sociales et humaines de l’Unesco lors son intervention.

"J'ai constaté des changements en Arabie saoudite", affirme Gabriela Ramos, sous-directrice générale pour les sciences sociales et humaines de l’Unesco

La Dr Hala Alhalaissi, membre du conseil de la Choura, indique de son côté que l’Arabie saoudite connaît aujourd’hui des changements sociétaux acceptés partout dans le Royaume, répondant aux questions centrales de la société et aux problèmes quotidiens des Saoudiens. «Ces changements ne sont pas arrivés par hasard, au contraire. Ils font partie d’une évolution normale et atypique pour un pays en développement, tout en prenant en considération des éléments importants comme la mentalité, les traditions. Nous ne pouvons pas tout bousculer, au risque d’un retour en arrière», explique Hala Alhalaissi. Nous sommes en train de changer, et nous ne nions pas que des obstacles existent, comme partout dans le monde.»

Des inégalités révélées par la pandémie

«Dans le contexte de pandémie que nous traversons, il nous faudra des plans d’action et des initiatives internationales, comme dans le cadre du G20, mais aussi sur le plan national, en France et en Arabie saoudite, pour accélérer et monter en puissance dans nos efforts quant à la question de l’égalité hommes-femmes», déplore Gabriela Ramos.

Lors de son intervention, la sous-directrice générale pour les sciences sociales et humaines de l’Unesco a affirmé que les chiffres montraient une sous-représentation des femmes dans les postes d’encadrement et décisionnels pendant la gestion de la crise de la Covid-19. Une période durant laquelle, selon elle, la représentation des hommes était excessive. Or, ajoute-t-elle, «nous avons constaté que les meilleurs résultats ont été obtenus dans les pays présidés par des femmes».

La sous-directrice générale pour les sciences sociales et humaines de l’Unesco a aussi évoqué la place des femmes dans la sphère économique, un domaine où beaucoup d’entre elles ont souffert de la pandémie. «Pendant le confinement, les secteurs les plus affectés sont occupés par les femmes», souligne Gabriela Ramos. Il est aussi inacceptable de constater, ici et là, des augmentations très inquiétantes des violences faites aux femmes, notamment pendant le confinement. Cela nous incite à lancer des initiatives pour empêcher cette recrudescence des violences envers elles», conclut-elle.

Égalité hommes-femmes, la grande cause du quinquennat en France

De son côté, Amelia Lakrafi, députée française de la circonscription des Français établis hors de France, regroupant l’Afrique, le Moyen-Orient et l’océan Indien, et vice-présidente du groupe d’amitié France-Arabie saoudite, revient sur les nombreux acquis en matière de droits des femmes. «Nous avons des acquis, et des faiblesses», explique Amelia Lakrafi. Elle considère que la féminisation dans le milieu politique est loin d’être simple. «En 2011, des réformes ont été mises en œuvre, mais les femmes sont rares dans les conseils d’administration. L’égalité hommes-femmes est la grande cause du quinquennat. Cela sera présenté à l’Assemblée nationale en juin 2021», assure-t-elle.

La vice-présidente du groupe d’amitié France-Arabie saoudite a souligné, lors de son intervention, que les travaux qui seront engagés au mois de juin prochain concernent, entre autres, sur la délicate question des quotas, l’évolution de carrière après un congé maternité, l’amélioration de la place des femmes dans les métiers d’avenir (cybersécurité, engineering, big data et analyses des données…) ainsi que l’égalité des salaires.

«J’espère que nous trouverons les moyens pour inciter les femmes à embrasser des carrières scientifiques et technologiques qui sont passionnantes, et que les entreprises pourront comprendre l’intérêt qui est le leur à diversifier le recrutement», explique Amelia Lakrafi. Concernant la sphère politique, la députée affirme que «la France a accompli, tout de même, de gros progrès, mais cela reste insuffisant car [ses politiciennes] restent minoritaires dans le paysage politique, que ce soit au niveau local ou national. À titre d’exemple, ajoute-t-elle, dans les exécutifs locaux, moins de 20% des mairies ont une femme à leur tête et, au niveau national, la France compte 39% de femmes députées et 33% de sénatrices. Nous constatons que le chemin est encore long pour atteindre la parité.»

"J’espère que nous trouverons les moyens pour inciter les femmes à embrasser des carrières scientifiques et technologiques" souhaite la vice-présidente du groupe d’amitié France-Arabie saoudite Amelia Lakrafi

Lors de son intervention, Amelia Lakrafi a expliqué que la voie de la législation est privilégiée pour atteindre des objectifs fixés. «La loi reste bien plus efficace et plus rapide que le fait d’attendre que tout vienne des corps sociaux, car la loi permet de fixer tous les contours, la lisibilité, et elle n’est pas forcément opposée aux traditions. Elle peut être évolutive pour l’intérêt de toutes et de tous.»

«Les enjeux de l’émancipation des femmes dans l’espace public sont nombreux. Cette émancipation permet à la société d’évoluer favorablement en termes de développement, d’attractivité, de compétitivité, de croissance et de stabilité. Les hommes ne vont pas nous faciliter toutes ces acquisitions, nous allons nous opposer frontalement, mais nous devons être inventives, négociatrices, revendicatives. Nous sommes incontournables, en plus d’être complémentaires», conclut la vice-présidente du groupe d’amitié France-Arabie saoudite.

«Je suis très honorée de partager avec vous nos expériences avec nos amies les Saoudiennes, ce pays que j’ai connu, où j’ai rencontré des femmes formidables. Et, si je peux me permettre d’être provocatrice, je dirais que, parmi toutes les richesses que détient le pays, il en est une qui est essentielle: ces femmes saoudiennes que j’ai rencontrées. Elles sont largement majoritaires dans les universités», explique la députée française, qui ajoute que «les Saoudiennes sont les hydrocarbures de l’Arabie saoudite de demain».

En France, les salaires des femmes sont inférieurs à ceux des hommes de l’ordre de 9% à 27% selon les fonctions, les filières et les grades.

Associer les femmes aux métiers de demain

Les femmes sont celles qui pâtissent à tous les niveaux. Elles représentent la grande majorité des refugiées climatiques. Pourtant, elles sont absentes de la table des négociations et des prises de décision. «Elles sont seulement 6% à être représentées dans les filières de la transition écologique et la sociabilité», insiste Chiara Corazza, directrice générale du Women Forum for Economy and Society. «Il est important de mettre sur la table, lors de ce G20, la question du leadership au féminin. Pour que les femmes deviennent des patronnes de grands groupes, là où on détermine les stratégies de demain.» Chiara Corazza conclut qu’il est primordial que «les femmes aient accès aux ressources et aux technologies au même titre que les hommes».

La directrice générale du Women Forum for Economy and Society indique en outre que, pour réussir la construction de la nouvelle société, pour mieux connaître les métiers de demain et y avoir accès, il est impératif d’associer les femmes à cette transformation. Elles doivent avoir les mêmes outils, opportunités et atouts que les hommes. Donc, avoir accès aux métiers du futur. L’un des combats que nous menons au Women Forum a pour but d’augmenter, de rendre plus attrayants et de retenir tous les talents dans les Stem (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Un secteur dans lequel les femmes ne représentent que 24% des effectifs. Elles sont également sous-représentées dans les filières d’avenir comme le numérique, la cybersécurité, l’urbanisme… Nous voulons une société plus juste et plus inclusive», a martelé Chiara Corazza lors de cette conférence.

«Notre rencontre d’aujourd’hui inspirera la tenue d’autres rencontres afin de débattre des sujets importants qui nous concernent toutes et tous», déclare la princesse Haïfa benta Abdelaziz Al Mogrin, qui souhaite «conjuguer les efforts entre les deux pays, la France et l’Arabie saoudite, mais aussi à l’échelle mondiale, pour défendre la cause des femmes, l’inclusion des femmes, et le développement des compétences, en y associant, bien évidemment, les hommes.»


Trump accuse l'Iran de développer des missiles pouvant «atteindre bientôt les Etats-Unis»

Donald Trump a accusé mardi l'Iran de concevoir des armes capables de frapper les Etats-Unis, affirmant toutefois lors de son discours de politique générale devant le Congrès qu'il privilégiait la voie diplomatique avec Téhéran. (AFP)
Donald Trump a accusé mardi l'Iran de concevoir des armes capables de frapper les Etats-Unis, affirmant toutefois lors de son discours de politique générale devant le Congrès qu'il privilégiait la voie diplomatique avec Téhéran. (AFP)
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  • L'Iran a "déjà développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases" militaires et "travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis"
  • "Ils avaient été avertis de ne plus tenter à l'avenir de reconstituer leur programme d'armement, en particulier les armes nucléaires

WASHINGTON: Donald Trump a accusé mardi l'Iran de concevoir des armes capables de frapper les Etats-Unis, affirmant toutefois lors de son discours de politique générale devant le Congrès qu'il privilégiait la voie diplomatique avec Téhéran.

L'Iran a "déjà développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases" militaires et "travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis", a déclaré le président américain, qui a massé une imposante armada militaire dans la région du Golfe.

"Ils avaient été avertis de ne plus tenter à l'avenir de reconstituer leur programme d'armement, en particulier les armes nucléaires. Pourtant, ils continuent et (...) poursuivent à l'heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires", a-t-il ajouté.

"Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre: je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme (...) de se doter d'une arme nucléaire", a affirmé Donald Trump lors de son "discours sur l'état de l'Union".

"Nous sommes en négociations avec eux. Ils veulent conclure un accord, mais nous n'avons pas encore entendu ces mots clés: +Nous n'aurons jamais l'arme nucléaire+", a encore dit M. Trump.

Téhéran se défend de telles ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.

L'Iran a averti lundi que toute attaque américaine, y compris une "frappe limitée", le pousserait à riposter "avec force", après que le président américain a évoqué une telle option en cas d'échec des pourparlers avec Téhéran.

"Nos missiles ne peuvent pas atteindre le sol américain. Nous devons donc manifestement trouver une autre solution (...) et frapper la base américaine dans la région", a affirmé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, sans préciser laquelle.

D'après un rapport parlementaire américain daté de 2025, l'arsenal iranien peut atteindre des cibles allant jusqu'à 3.000 kilomètres, soit loin du territoire des Etats-Unis.

Mardi, le ministre iranien a cependant indiqué qu'un accord avec les Etats-Unis était "à portée de main", à l'avant-veille d'une nouvelle session de pourparlers entre les deux pays prévu jeudi à Genève.

La Chine absente 

Dans son discours, le dirigeant républicain ne s'est guère attardé sur la politique étrangère.

Outre l'Iran, il a évoqué l'opération militaire ayant permis le 3 janvier de capturer le président du Venezuela, Nicolas Maduro, et salué dans ce pays "un nouvel ami et partenaire" des Etats-Unis.

Il s'est aussi vanté d'avoir restauré "la domination" américaine en Amérique latine, et a répété avoir "mis fin à huit guerres", ce que les observateurs jugent pour le moins exagéré.

Alors que la guerre en Ukraine est entrée mardi dans sa cinquième année, M. Trump n'y a fait qu'une courte allusion, tout en saluant la décision de l'Otan de consacrer 5% du produit intérieur brut à la défense.

En revanche, le président américain n'a pas dit un mot de la Chine, malgré le fait que les Etats-Unis considèrent Pékin comme leur principal rival.

 

 


Trump vante devant le Congrès un «redressement historique» de l'Amérique

 Dans un discours fleuve au Capitole, Donald Trump a célébré mardi son bilan sans faire d'annonces majeures ni esquisser le moindre changement de cap face au mécontentement manifesté par les Américains dans les sondages. (AFP)
 Dans un discours fleuve au Capitole, Donald Trump a célébré mardi son bilan sans faire d'annonces majeures ni esquisser le moindre changement de cap face au mécontentement manifesté par les Américains dans les sondages. (AFP)
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  • "L'inflation chute, les revenus augmentent vite, l'économie est florissante comme elle ne l'a jamais été", a assuré Donald Trump sous les applaudissements des élus du parti républicain scandant "USA, USA, USA""
  • Le chef de file des sénateurs démocrates Chuck Schumer l'a accusé de présenter une vision "déconnectée de la réalité"

WASHINGTON: Dans un discours fleuve au Capitole, Donald Trump a célébré mardi son bilan sans faire d'annonces majeures ni esquisser le moindre changement de cap face au mécontentement manifesté par les Américains dans les sondages.

"Ceci est l'âge d'or de l'Amérique", a clamé le président républicain, reprenant l'un de ses slogans préférés.

Dans son allocution d'une durée d'une heure quarante-sept minutes, un record pour un "discours sur l'état de l'Union", le dirigeant républicain de 79 ans a présenté son bilan comme la meilleure plateforme de campagne possible pour son parti avant des législatives cruciales en novembre.

"L'inflation chute, les revenus augmentent vite, l'économie est florissante comme elle ne l'a jamais été", a assuré Donald Trump sous les applaudissements des élus du parti républicain scandant "USA, USA, USA".

"Déconnecté" 

Le chef de file des sénateurs démocrates Chuck Schumer l'a accusé de présenter une vision "déconnectée de la réalité".

Dans un sondage YouGov/Marketwatch publié mardi, près de 47% des personnes interrogées jugent que leur pouvoir d'achat s'est dégradé depuis qu'il est revenu au pouvoir en janvier 2025.

Les conservateurs observent avec inquiétude l'impopularité croissante de leur chef à l'approche des "midterms", ces élections de mi-mandat qui pourraient leur coûter cet automne la majorité au Congrès.

"Notre pays a retrouvé le chemin de la victoire", a répété Donald Trump, avant de faire entrer dans l'hémicycle les joueurs de l'équipe a de hockey sur glace, tout juste sacrés champions olympiques.

Avec leur médaille d'or autour du cou, ils ont été longuement acclamés par les parlementaires des deux camps dans une rare manifestation d'unité politique, l'un des moments marquants d'une soirée qui n'en a pas offert beaucoup.

Fraude 

Le président américain a attaqué à plusieurs reprises les élus de l'opposition démocrate, sans toutefois les accabler d'injures ou de quolibets comme il peut le faire sur son réseau Truth Social ou en meeting.

"Vous devriez avoir honte", a-t-il lancé à l'intention des démocrates, qui sont restés assis lorsqu'il a fait applaudir sa politique de lutte contre l'immigration illégale. A cette occasion, il a à nouveau appelé le Congrès à voter une loi exigeant que les électeurs présentent des pièces d'identité dans les bureaux de vote.

Donald Trump a évoqué, sans apporter de preuves, des fraudes d'ampleur autant dans les élections que dans les aides sociales, imputées aux immigrés.

Il a d'ailleurs chargé le vice-président JD Vance d'une mission de lutte contre les détournements d'aides sociales, en visant plus particulièrement certains Etats démocrates.

"Malades", a-t-il aussi jeté, quand certains parlementaires démocrates ont contesté à voix haute le chiffre de huit conflits auxquels il prétend avoir mis fin dans le monde.

Cour suprême et Iran 

Mais le président a fait preuve de retenue face aux quatre juges de la Cour suprême présents, dont trois ont soutenu la récente décision de l'institution invalidant une bonne partie des droits de douane décidés par Donald Trump.

Après leur avoir serré la main à son arrivée, il a parlé d'une "décision très regrettable", sans embrayer sur de violentes attaques personnelles, comme il l'avait fait vendredi en réagissant à chaud à cette décision qui ébranle son programme économique et sa stratégie diplomatique.

L'ancien promoteur immobilier se dit de toute façon persuadé de pouvoir poursuivre son offensive protectionniste par d'autres voies légales.

Attendu sur l'Iran, le président américain n'a pas donné d'indice très clair sur ses intentions.

Il a dit sa préférence pour la "diplomatie", tout en multipliant les accusations contre Téhéran.

Lame de fond 

L'Iran "travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis", a déclaré Donald Trump, qui a massé une armada dans la région.

Les Iraniens "poursuivent à l'heure actuelle leurs sinistres ambitions" nucléaires, a-t-il ajouté.

Plusieurs dizaines de parlementaires de l'opposition avaient choisi de laisser leurs sièges vides.

Le Parti démocrate a confié à la nouvelle gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, le soin de prononcer la traditionnelle réponse de l'opposition au président.

Elue après une campagne centriste et pragmatique, elle incarne, pour son camp, les espoirs d'une lame de fond anti-Trump lors des législatives de novembre.

 

 


Le chef de l'ONU dénonce la montée en puissance de «la loi du plus fort» dans le monde

Le secrétaire général de l'ONU a dénoncé lundi la montée en puissance de "la loi du plus fort", qui se traduit par "une attaque de grande envergure partout dans le monde" contre les droits humains et qui est portée notamment par l'intelligence artificielle. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU a dénoncé lundi la montée en puissance de "la loi du plus fort", qui se traduit par "une attaque de grande envergure partout dans le monde" contre les droits humains et qui est portée notamment par l'intelligence artificielle. (AFP)
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  • "Cette agression n'est menée ni en secret, ni par surprise. Elle a lieu au grand jour, souvent sous la direction des plus puissants. Partout dans le monde, les droits humains sont sacrifiés, de manière délibérée et stratégique, et parfois avec fierté"
  • Et "quand les droits humains s'effritent, tout le reste s'écroule", a-t-il ajouté, déplorant que nous vivions "dans un monde où les souffrances massives sont admises... où les êtres humains sont utilisés comme monnaie d'échange... "

GENEVE: Le secrétaire général de l'ONU a dénoncé lundi la montée en puissance de "la loi du plus fort", qui se traduit par "une attaque de grande envergure partout dans le monde" contre les droits humains et qui est portée notamment par l'intelligence artificielle.

"Cette agression n'est menée ni en secret, ni par surprise. Elle a lieu au grand jour, souvent sous la direction des plus puissants. Partout dans le monde, les droits humains sont sacrifiés, de manière délibérée et stratégique, et parfois avec fierté", a tonné Antonio Guterres, à l'ouverture d'une session du Conseil des droits de l'homme à Genève.

"L'état de droit est écrasé par la loi du plus fort", a-t-il déploré, sans citer de pays ou dirigeants.

Et "quand les droits humains s'effritent, tout le reste s'écroule", a-t-il ajouté, déplorant que nous vivions "dans un monde où les souffrances massives sont admises... où les êtres humains sont utilisés comme monnaie d'échange... où le droit international est considéré comme un simple désagrément".

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a également considéré qu'"une lutte acharnée pour le pouvoir, le contrôle et les ressources se joue actuellement sur la scène mondiale, à une intensité et un rythme inédits depuis 80 ans", avec un recours à la force qui se "banalise".

"Les gens se sentent désemparés, anxieux et vulnérables. Les rouages du pouvoir mondial sont en pleine mutation", a-t-il relevé, appelant à faire contrepoids "aux tendances autocratiques".

"Les démocraties s'érodent" 

Le constat des Nations unies est amer : les conflits se multiplient, l'impunité se propage, les droits humains sont piétinés et les besoins humanitaires explosent tandis que les financements chutent, dans un contexte de coupe drastique de l'aide extérieure américaine décidée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche.

Et selon le chef de l'ONU, "les technologies – en particulier l'intelligence artificielle – sont de plus en plus utilisées d'une manière qui réprime, accentue les inégalités et expose les personnes marginalisées à de nouvelles formes de discrimination, en ligne et hors ligne".

Dans une veine similaire, Volker Türk a attaqué les dirigeants, dont il a tu les noms, qui "propagent la désinformation pour détourner l'attention, réduire au silence et marginaliser", tandis qu'"une petite clique de magnats de la technologie contrôle une part démesurée des flux d'information (...), faussant le débat public, les marchés, et même les systèmes de gouvernance".

Dénonçant plus globalement "la main de fer qui resserre l'espace civique", M. Guterres a cité, entre autres, l'emprisonnement de journalistes et de militants des droits humains, la fermeture d'ONG, le recul des droits des femmes et l'exclusion des personnes en situation de handicap.

"Les démocraties s'érodent. (...) Les personnes migrantes sont harcelées, arrêtées et expulsées au mépris total de leurs droits humains et de leur humanité. Les réfugiés sont montrés du doigt. Les communautés LGBTIQ+ sont vilipendées. Les minorités et les peuples autochtones sont pris pour cible", a-t-il également énoncé.

Iran et Ukraine 

Antonio Guterres, qui quittera ses fonctions à la fin de l'année après dix ans à la tête de l'ONU, a rappelé que "grandir sous la dictature de Salazar" au Portugal lui avait appris que lorsque les droits humains "sont bafoués, ce sont tous les aspects de la société qui en souffrent".

Dans son dernier discours annuel devant le Conseil des droits de l'homme, que les Etats-Unis de Donald Trump boycottent, il n'a toutefois évoqué que trois crises actuelles, condamnant notamment une nouvelle fois "la répression violente des manifestations en Iran".

A la veille du quatrième anniversaire de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, il a aussi affirmé qu'"il est plus que grand temps de mettre fin à l'effusion de sang" alors que le conflit "a entraîné la mort de plus de 15.000 civils".

Enfin, il a mentionné le conflit entre Israéliens et Palestiniens, déplorant que la solution à deux Etats soit "ouvertement rendue inapplicable".