En Russie, un petit imprimeur résiste à coups d'affiches contre «la peur» et pour «la paix»

Le petit atelier commence à fabriquer des affiches antiguerre et une vidéo en montrant la fabrication engrange des millions de vues sur Instagram (Photo, AFP).
Le petit atelier commence à fabriquer des affiches antiguerre et une vidéo en montrant la fabrication engrange des millions de vues sur Instagram (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 08 juin 2022

En Russie, un petit imprimeur résiste à coups d'affiches contre «la peur» et pour «la paix»

  • Le 24 février, les troupes russes entrent en Ukraine
  • Moscou tourne au ralenti pendant quelques jours, dans l'incertitude

MOSCOU: "Tout le monde a besoin de paix": ces mots, imprimés en rouge sur blanc à l'entrée d'un petit atelier d'impression à Moscou, ont l'air anodins. Mais dans le contexte répressif accompagnant en Russie le conflit en Ukraine, ils sont une révolution.

Ils sont l'oeuvre de Sergueï Besov, 45 ans, yeux bleu clair perçants et courte barbe poivre et sel, qui arrive à vélo, vêtu d'une de ses créations, un t-shirt noir floqué des mots: "La peur n'est pas une raison de ne pas agir".

Lunettes de soleil noires sur le nez, il se dirige vers un mur de briques couvert de tags. En quelques gestes, il étale une couche de colle transparente sur une affiche, puis s'écarte pour admirer le résultat: "Il y a des rêves, il y aura des voyages".

Cet imprimeur branché se contentait depuis 2017 d'imprimer - à la main, une par une, sur une presse ancienne et avec de la peinture rouge d'époque - des affiches aux slogans vagues et attrayants, facilement reconnaissables sur les murs de la ville grâce à leur typographie soviétique.

Puis l'actualité l'a rattrapé.

Le 24 février, les troupes russes entrent en Ukraine. Moscou tourne au ralenti pendant quelques jours, dans l'incertitude.

Le petit atelier commence à fabriquer des affiches antiguerre et une vidéo en montrant la fabrication engrange des millions de vues sur Instagram.

"On ne savait pas si la loi martiale allait être déclarée ou non. Jusqu'au 5 mars, c'était la panique, en fait, pour tout le monde. Nous avons imprimé cette affiche et nous avons senti qu'elle dérangeait beaucoup", raconte Sergueï, installé dans une ancienne usine en briques rouges qui accueille désormais cafés, ateliers d'artistes et, jusqu'à sa fermeture début mars, la web-télé d'opposition Dojd.

Dans ce contexte, il propose d'opter plutôt pour le slogan moins explicite "Tout le monde a besoin de paix" dans le but, dit-il, d'"alléger un peu les choses". Immédiatement, une foule se presse aux portes du petit atelier pour obtenir l'affiche.

Puis, la police débarque début mars: "Ils ont emmené deux femmes (qui travaillaient ici). Elles étaient très nerveuses", raconte-t-il à l'AFP. Convoqués au tribunal, les membres de l'équipe attendent désormais de savoir s'ils vont être jugés ou si l'affaire sera classée.

«Dissonance cognitive»

Après quelques semaines de pause en mars - "simplement par peur" -, l'atelier reprend son activité, malgré les menaces.

Entre temps, les règles ont changé: les autorités russes renforcent l'arsenal juridique pour contrôler en Russie la communication sur le conflit, interdisant désormais le mot "guerre" et prévoyant des peines allant jusqu'à 15 ans de prison ceux qui diffusent de "fausses informations" sur l'armée.

Le mot "guerre" disparaît de l'espace publique, et les tags sur les murs disparaissent en un temps record.

Alors que des dizaines de milliers de Russes quittent le pays, Sergueï Besov décide de rester.

"Aujourd'hui, les affiches (imprimées) sont liées à ce qui nous arrive. Elles parlent de la peur. +La peur n'est pas une raison de ne pas agir+ est la première affiche que nous avons imprimée après notre pause".

Toujours vagues et universels, les slogans imprimés depuis sont désormais lourds de non-dits: "Tout sera emporté par la vague", "L'essentiel est de ne pas se perdre", "Dissonance cognitive", "Chaque mur a une porte".

"Tout ce qu'il se passe en ce moment, c'est de la dissonance cognitive, parce que l'esprit ne comprend pas comment ça peut arriver en même temps: ici, c'est super cool, c'est parfait", estime Sergueï Besov, "et en même temps, on comprend que nos amis là-bas (en Ukraine) souffrent. Et pire encore, on comprend que tout le monde s'habitue".

Son atelier, Partisan Press, ainsi que son activité principale, Demon Press, où il imprime cartes de visite et papeterie haut de gamme, risquent eux aussi, d'être "emportés par la vague": en raison des sanctions occidentales, le papier fin qu'il utilise ne sera bientôt plus disponible.

Et en raison du temps qui passe, il n'aura bientôt plus sa peinture rouge, fabriquée dans l'ex-république populaire hongroise, en 1989.


Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz pour ses centres de données

Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
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  • Amazon construit au Texas une centrale à gaz de 7,65 GW dédiée à ses centres de données, avec une autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de GES par an
  • Le projet illustre l’explosion des besoins énergétiques liés à l’IA, tout en soulevant de fortes inquiétudes environnementales et sanitaires malgré les engagements climatiques d’Amazon

WASHINGTON: Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d'émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis, a confirmé vendredi le géant technologique américain.

Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d'immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l'énergie requise par le boom lié à l'IA.

Le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, selon des permis, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n'importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis.

La centrale a l'autorisation d'émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n'importe quelle autre infrastructure dans le pays.

A l'aide d'images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.

Un porte-parole du géant américain a confirmé l'information, en insistant: "Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l'alimentation de nos opérations."

"C'est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos: il sera alimenté par une centrale dédiée qui n'augmentera pas les prix de l'électricité pour les foyers texans", a-t-il ajouté, sur fond d'inquiétude politique sur une hausse des factures.

L'entreprise affirme qu'elle "explore les possibilités" d'ajouter de l'énergie solaire au site et qu'elle utilisera de l'eau non-potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d'ici à 2040.

La soif d'électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d'infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors-réseau, comme d'immenses groupes électrogènes.

Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d'émissions responsables du réchauffement climatique, d'autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.

Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".