A Lille, Quatennens tambour battant pour sa réélection

Derrière sa batterie ou à la guitare, modèle rock-star: Adrien Quatennens a assuré le « show » mardi le temps d'un meeting-concert à Lille  (Photo, AFP)
Derrière sa batterie ou à la guitare, modèle rock-star: Adrien Quatennens a assuré le « show » mardi le temps d'un meeting-concert à Lille (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 08 juin 2022

A Lille, Quatennens tambour battant pour sa réélection

Derrière sa batterie ou à la guitare, modèle rock-star: Adrien Quatennens a assuré le « show » mardi le temps d'un meeting-concert à Lille Photo, AFP)
  • Adrien Quatennens a assuré le «show» mardi le temps d'un meeting-concert à Lille, où cette figure de la «génération Mélenchon» part favori pour sa réélection
  • Ce fan de rock --et de Johnny-- aura décliné les points clés du programme de la Nupes, SMIC à 1 500 euros et retraite à 60 ans

LILLE: Derrière sa batterie ou à la guitare, modèle rock-star: Adrien Quatennens a assuré le « show » mardi le temps d'un meeting-concert à Lille, où cette figure de la « génération Mélenchon » part favori pour sa réélection. Déjà prêt, dit-il, à entrer au gouvernement.  

C'est baguettes en main, devant ses cymbales et sa caisse claire que l'élu LFI à l'inimitable brosse rousse démarre son meeting dans une salle lilloise, avec son groupe, Les Insousols. 

Il enchaîne ensuite « la fille du coupeur de joint », cette fois à la guitare, au côté de l'autre tête d'affiche de la soirée: le chanteur Hubert-Félix Thiéfaine, venu en « ami ».  

Entre-temps, ce fan de rock --et de Johnny-- aura décliné les points clés du programme de la Nupes, SMIC à 1 500 euros et retraite à 60 ans. Par ce mélange des genres, le député entend combattre « la résignation » et l'abstention. 

En 2017, ce conseiller clientèle alors âgé de 27 ans est quasi-inconnu quand il est élu député, à 46 voix près, dans la 1ère circonscription du Nord. Il est depuis devenu le numéro deux du principal parti français de gauche, au poste de coordinateur. 

« On voit mal comment la circonscription peut lui échapper », estime Tristan Haute, professeur de sciences politiques à Lille. 

« La marche est haute »  

Dans la « reine » des circonscriptions lilloises, qui regroupe le cœur de Lille et plusieurs quartiers populaires de la métropole, l'homme fait notamment face à Vanessa Duhamel, une commerçante centriste pour LREM, Thomas Fabre, un jeune professeur UDI pour la droite, et Carole Leclercq, figure locale du RN. 

Le secteur, longtemps acquis aux socialistes, a voté à plus de 40% pour Mélenchon au premier tour de la présidentielle et peut compter sur une organisation de jeunesse bien implantée. 

La Nupes ambitionne d'être présente au second tour dans « 400 à 500 » circonscriptions sur 577, souligne l'autre député LFI du Nord, le trentenaire Ugo Bernalicis, également bien placé pour être réélu dans la 2ème circonscription. 

Mais d'ici à obtenir une majorité, « la marche est haute », reconnaît Adrien Quatennens. « Le ‘gap’ à franchir dépend du niveau de mobilisation populaire. » 

La campagne s'est donc faite à coups de matchs de foot et tournoi de pétanque, pour toucher « ceux qui ne votent pas ». 

Ce soir là, certains sont surtout venus, gratuitement, pour Thiéfaine. D'autres pour le candidat, comme Théo Malherbe Barré, étudiant en cinéma de 21 ans, qui apprécie son côté « percutant mais paisible ». « Et puis Mélenchon, ce n'est pas la même classe d'âge », souligne-t-il. 

« Percutant mais paisible »  

Fils d'un agent EDF et d'une employée peu intéressés par la politique, élevé dans une banlieue aisée de Lille où il fréquente une institution privée, le député sortant entame son parcours à l'organisation ATTAC. 

Elle représente pour lui des valeurs de justice sociale et environnementale, « l'étiquette ‘extrême gauche’ en moins », explique-t-il dans une autobiographie récente, « Génération Mélenchon ». 

Devenu cadre de la France insoumise dans le Nord, il continue à travailler comme conseiller téléphonique sur un plateau d'EDF, s'attirant le sobriquet de « député call center ». 

En 2017, il pose cinq semaines de congés sans solde pour faire campagne. Ses adversaires « ne donnaient pas cher de (ma) peau », dit-il. 

Mais face au macroniste Christophe Itier, il est soutenu au second tour par le PS, tandis que le candidat FN appelle à ne pas renforcer la majorité présidentielle. 

Le sens de la formule et la pugnacité de ce benjamin du groupe Insoumis à l'Assemblée nationale lui ouvrent la porte des médias nationaux. Dans sa circonscription, il est de toutes les manifestations, comme samedi dernier, en tête du cortège de la Gay Pride lilloise. 

« C'est un gros bosseur, qui a des convictions très fortes », salue un de ses adversaires de 2017, l'ex-ministre socialiste François Lamy. 

« Très motivé » aussi par son ambition de succéder à Mélenchon, selon le politologue lillois Rémy Lefebvre 

Dans l'immédiat, l'intéressé se voit bien entrer « au gouvernement » si Mélenchon arrive à Matignon. 

 


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.