L'Algérie suspend un traité de coopération avec l'Espagne après son revirement sur le Sahara

Le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra (Photo, AFP).
Le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 09 juin 2022

L'Algérie suspend un traité de coopération avec l'Espagne après son revirement sur le Sahara

  • L'Algérie a suspendu mercredi un «traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération» conclu en 2002 avec l'Espagne
  • Le traité hispano-algérien prévoyait le renforcement du dialogue politique entre les deux pays à tous les niveaux, et le développement de la coopération dans les domaines économique, financier, éducatif et de la défense

ALGER/ MADRID: L'Algérie a suspendu mercredi un « traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération » conclu en 2002 avec l'Espagne, après le revirement de Madrid sur le dossier du Sahara occidental pour s'aligner sur la position du Maroc. 

L'Espagne a dit « regretter » la décision d'Alger. 

Estimant que la nouvelle position des autorités espagnoles était en « violation de leurs obligations juridique, morale et politique », l'Algérie « a décidé de procéder à la suspension immédiate du Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération qu'elle a conclu le 8 octobre 2002 avec le royaume d'Espagne et qui encadrait le développement des relations entre les deux pays », a indiqué la présidence algérienne. 

L'Espagne «regrette » la décision d'Alger de suspendre un traité de coopération

L'Espagne « regrette » la décision de l'Algérie mercredi de suspendre le traité de coopération qui unissait les deux pays, après le revirement de Madrid sur le dossier du Sahara occidental pour s'aligner sur la position du Maroc, ont indiqué des sources diplomatiques espagnoles. 

« Le gouvernement espagnol regrette l'annonce de la présidence » algérienne « de suspendre le Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération », a-t-on précisé de même source. 

Le traité hispano-algérien prévoyait le renforcement du dialogue politique entre les deux pays à tous les niveaux, et le développement de la coopération dans les domaines économique, financier, éducatif et de la défense. 

L'annonce de sa suspension a été faite à l'issue d'une réunion du Haut conseil de sécurité algérien présidée par la président Abdelmadjid Tebboune. 

« Le gouvernement espagnol regrette l'annonce de la présidence » algérienne ont indiqué des sources diplomatiques espagnoles, ajoutant que l'Espagne « considère l'Algérie comme un pays voisin et ami et réitère sa disponibilité entière pour continuer à maintenir et à développer les relations spéciales de coopération entre les deux pays ». 

Madrid a opéré le 18 mars un changement de position radical sur le dossier sensible du Sahara occidental en apportant son soutien au projet d'autonomie marocain, suscitant la colère d'Alger, principal soutien du mouvement indépendantiste sahraoui du Front Polisario. 

« Injustifiable »  

« Ces mêmes autorités (espagnoles) qui assument la responsabilité d'un revirement injustifiable de leur position depuis les annonces du 18 mars 2022 par lesquelles le gouvernement espagnol actuel a apporté son plein soutien à la formule illégale et illégitime de l'autonomie interne préconisée par la puissance occupante, s'emploient à promouvoir un fait accompli colonial en usant d'arguments fallacieux », a ajouté la présidence algérienne. 

« Cette attitude du gouvernement espagnol s'inscrit en violation de la légalité internationale que lui impose son statut de puissance administrante et aux efforts des Nations unies et du nouvel envoyé personnel du secrétaire général et contribue directement à la dégradation de la situation au Sahara occidental et dans la région », selon la même source 

La question du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole considérée comme un « territoire non autonome » par l'ONU, oppose depuis des décennies le Maroc -qui en contrôle 80%- aux indépendantistes du Front Polisario. 

Au lendemain du revirement espagnol, Alger a rappelé son ambassadeur en Espagne et la compagnie nationale d'hydrocarbures Sonatrach a évoqué une hausse des prix du gaz algérien livré à l'Espagne. 

Le président Tebboune avait qualifié en avril d'« inacceptable moralement et historiquement » le revirement de Madrid. Le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares avait affirmé en réaction ne « pas vouloir alimenter des polémiques stériles » avec l'Algérie. 

« Arme de pression »  

Le revirement espagnol a mis fin à une grave crise diplomatique ayant opposé Madrid et Rabat durant près d'un an, marquée par l'arrivé mi-mai 2021 de plus de 10 000 migrants en 48h dans l'enclave espagnole de Ceuta, à la faveur d'un relâchement des contrôles par les autorités marocaines. 

A cet égard, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a affirmé mercredi que son pays « ne tolérera pas » l'usage de « l'immigration clandestine comme arme de pression »,  dans un avertissement indirect à Rabat. 

La crise entre les deux pays avait été provoquée par l'accueil en Espagne en avril 2021 du chef du Polisario Brahim Ghali, pour y être soigné de Covid-19. 

Dans un rapport confidentiel révélé par El Pais et consulté par l'AFP, les services de renseignements espagnols ont affirmé que l'accueil de M. Ghali avait été utilisé par Rabat « comme une magnifique opportunité pour obtenir de plus grandes concessions » de l'Espagne. 

Et dans un entretien publié mardi par le quotidien El Periódico de España, l'ex-ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha González Laya a accusé le Maroc d'avoir procédé à des « écoutes » visant des responsables espagnols durant la brouille diplomatique avec Madrid. 

Le gouvernement de gauche espagnol avait assuré en révélant ces piratages début mai qu'ils avaient été effectués au moyen du logiciel israélien Pegasus, les décrivant comme une « attaque externe » tout en disant en ignorer l'origine.  Nombre de médias espagnols ont évoqué l'implication de Rabat. 


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.