Exécutions massives en Iran en 1988: Un crime contre l'humanité, selon HRW

L'exécution massive de milliers de prisonniers politiques en 1988 par le régime iranien, constitue un crime contre l'humanité, selon HRW (Photo, AFP).
L'exécution massive de milliers de prisonniers politiques en 1988 par le régime iranien, constitue un crime contre l'humanité, selon HRW (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 09 juin 2022

Exécutions massives en Iran en 1988: Un crime contre l'humanité, selon HRW

  • Des milliers de prisonniers politiques assassinés «en violation du droit fondamental à une procédure judiciaire équitable»
  • «Il est essentiel que les procureurs des autres pays fassent en sorte que justice soit rendue pour ces crimes odieux»

LONDRES: L'exécution massive de milliers de prisonniers politiques en 1988 par le régime iranien constitue un crime contre l'humanité, a déclaré Human Rights Watch (HRW) mercredi.
Des «preuves accablantes» indiquent que le chef suprême de l'époque, Ruhollah Khomeini, a ordonné les exécutions de masse, a révélé HRW, ajoutant qu'elles ont eu lieu dans au moins 32 villes et que jusqu'à 5 000 prisonniers ont été assassinés.
Dans un document de questions-réponses approfondi, HRW a indiqué que les preuves désignent également la responsabilité de hauts responsables politiques iraniens actuels, dont le président, Ebrahim Raïssi.  
Des tribunaux étrangers sont intervenus pour aider à obtenir justice pour les victimes, avec un procès en Suède qui a poursuivi un Iranien accusé d'avoir participé aux exécutions de masse.
Le procès a débuté en août 2021 et devrait donner lieu à un verdict cette année, ce qui, selon HRW, constituerait «un développement important pour les victimes auxquelles on refuse depuis longtemps reconnaissance et justice».
Tara Sepehri Far, chercheuse senior sur l'Iran à HRW, a signalé: «Pendant des décennies, les familles des victimes des exécutions massives de 1988 ont cherché sans relâche à obtenir la vérité et la justice pour leurs proches, sans succès.
«Maintenant qu'un procès en Suède a braqué les projecteurs sur l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire moderne de l'Iran, il est essentiel que les procureurs d'autres pays fassent en sorte que justice soit rendue pour ces crimes odieux.»
Le document approfondi de HRW présente les preuves recueillies par les survivants et les groupes de défense des droits de l’homme pendant des décennies, avec des sections consacrées aux hauts responsables impliqués dans l'ordre et la supervision des meurtres, que le régime iranien n'a jamais reconnus.
Non seulement les autorités iraniennes n'ont pas mené d’enquêtes sur ces exécutions massives, mais elles ont également réduit au silence ceux qui ont tenté d’en parler.
HRW a relevé le cas d'Ahmed Montazeri, le fils d'Hussein Ali Montazeri, le leader suprême adjoint au moment des exécutions, qui a publié en 2016 un enregistrement de hauts responsables détaillant la manière dont ces exécutions ont été menées.
Le tribunal spécial du clergé a reconnu Ahmed coupable de plusieurs chefs d'accusation, notamment de «diffusion de propagande contre le système» et de «révélation de plans, de secrets ou de décisions concernant la politique intérieure ou extérieure de l'État... d'une manière équivalente à de l'espionnage».
Il a été condamné à vingt et un ans d'emprisonnement en novembre 2016, mais la peine a ensuite été suspendue.
«Les preuves disponibles montrent que les autorités iraniennes, de juillet à septembre 1988, ont exécuté des milliers de prisonniers en violation de leur droit fondamental à un processus judiciaire équitable», a souligné HRW.
«En vertu du droit international, les exécutions extrajudiciaires et autres abus commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile sont des crimes contre l'humanité.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Short Url
  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Short Url
  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
Short Url
  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.