Au Caire, le tourbillon de couleurs des derviches tourneurs

Cette photo à exposition multiple prise le 20 avril 2022 montre une troupe de derviches tourneurs exécutant la danse traditionnelle "tanoura" (jupe) pendant le mois sacré musulman du Ramadan, au complexe médiéval du Sultan al-Ghuri (construit en 1505) dans le Quartier islamique du Caire. Khaled DESOUKI / AFP
Cette photo à exposition multiple prise le 20 avril 2022 montre une troupe de derviches tourneurs exécutant la danse traditionnelle "tanoura" (jupe) pendant le mois sacré musulman du Ramadan, au complexe médiéval du Sultan al-Ghuri (construit en 1505) dans le Quartier islamique du Caire. Khaled DESOUKI / AFP
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Publié le Jeudi 09 juin 2022

Au Caire, le tourbillon de couleurs des derviches tourneurs

  • Si Istanbul est connue pour ses derviches aux longues robes blanches inscrits au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco, au Caire, l'art des adeptes du soufi Jalal al-Din Roumi se conjugue en couleurs sous le nom de «tannoura»
  • Mohammed Adel, 20 ans, est fils, petit-fils et neveu de derviches tourneurs dans un pays qui compte plus de quinze millions de soufis et près de 80 confréries

LE CAIRE: Au beau milieu d'un théâtre de pierres du Caire, Ali et Mohammed tournoient. Pied gauche, pied droit, bras levés et soudain, ce n'est plus qu'un festival de couleurs: en Egypte, les derviches s'envolent dans un tourbillon de jupes colorées.

Si Istanbul est connue pour ses derviches aux longues robes blanches inscrits au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco, au Caire, l'art des adeptes du soufi Jalal al-Din Roumi se conjugue en couleurs sous le nom de "tannoura", la jupe en arabe.

Mohammed Adel, 20 ans, est fils, petit-fils et neveu de derviches tourneurs dans un pays qui compte plus de quinze millions de soufis et près de 80 confréries. Il a personnellement veillé au dessin de sa robe violette aux volutes cousues de vert et de jaune.

"C'est moi qui ai choisi les couleurs et les formes qui sont cousues sur les jupes", assure-t-il à l'AFP avant d'entrer sur la scène d'un festival folklorique.

Car ce sont ces jupes qui sont le clou du spectacle.

«Je m'évade»

A chaque fois, le rituel est le même: Mohammed commence par tourner dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, le bras droit tourné vers le ciel --pour recueillir les bénédictions divines-- et le bras gauche vers le sol --pour les distribuer au public.

Puis il accélère le rythme.

Au fur et à mesure de la chorégraphie, il délasse les cordelettes qui tiennent les différentes jupes qu'il a enfilées au-dessus de sa longue robe.

Celle du dessus représente le ciel, celle du dessous la terre et en faisant tournoyer la première au-dessus de sa tête alors que la seconde forme un disque ondoyant autour de sa taille, il raconte la création du monde et la séparation du ciel et de la terre.

Une prouesse physique car chaque épaisseur pèse près d'une dizaine de kilos et peut tomber à chaque instant s'il dévie de sa trajectoire ou perd le rythme de ses pieds qui le font tournoyer.

"Au début, bien sûr, j'avais le tournis, parfois même je tombais. Mais à force de m'entraîner tous les jours sans exception, soit sur une scène soit à la maison, je m'évade ailleurs avec la musique", assure Mohammed.

Au son d'incantations soufies, des basses des percussionnistes, des litanies lancinantes des flûtes traditionnelles et des rababs, ces instruments à cordes tendues sur des peaux de bêtes, il semble inarrêtable, tout comme l'autre danseur de tannoura de la troupe des Arts populaires de Giza, Ali Morsi, tout de bleu vêtu.

«Pour l'amour de Dieu»

L'un à côté de l'autre, mais sans que jamais leurs jupes ne se touchent, ils enchaînent les acrobaties, lançant leurs jupes en l'air avant de les rattraper en plein vol ou dépliant et repliant le fanion de leur confrérie tout en continuant de tourner.

"C'est comme si je volais, je ne sens plus mon corps, je ne suis plus sur terre, je ne pense qu'à Dieu et à rien d'autre", assure à l'AFP Ali Morsi, 25 ans et derviche tourneur depuis onze ans "pour l'amour de Dieu et du prophète Mahomet".

Car si en Egypte la tannoura s'est toujours voulue festive, s'invitant dans les concerts, les festivals ou les mariages, elle puise son origine dans la tradition mystique de l'ordre musulman mevlevi fondé au XIIe siècle par le grand poète et mystique persan Jalal al-Din Roumi à Konya, en Turquie actuelle.

Aujourd'hui, elle fait les beaux jours du tourisme égyptien qui tente de se relever de dix années de tourments politiques depuis la "révolution" qui renversa en 2011 l'autocrate Hosni Moubarak et de la pandémie de Covid-19.

Et ceux d'Ali et de Mohammed qui assurent ne pas pouvoir imaginer vivre d'autre chose que de leur art.


Liban: l'armée israélienne dit frapper le Hezbollah à Beyrouth

Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
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  • L’armée israélienne a lancé des frappes à Beyrouth contre le Hezbollah après avoir appelé à l’évacuation de quartiers du sud, bastion du mouvement
  • Le conflit s’intensifie au Liban (plus de 1 000 morts et 1 million de déplacés), tandis que des appels à des négociations directes avec Israël émergent malgré la poursuite des combats

Jérusalem: L'armée israélienne a annoncé avoir lancé samedi matin des frappes sur Beyrouth visant le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran, après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de la banlieue sud d'évacuer.

Les forces armées israéliennes "frappent actuellement des cibles de l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth", ont-elles indiqué dans un bref communiqué.

Auparavant, un porte-parole de l'armée avait enjoint les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, à évacuer avant le lancement de frappes.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional début mars après des frappes sur Israël du mouvement pro-iranien Hezbollah en réprésailles à la mort du guide suprême Ali Khamenei tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne le 28 février

Dans le sud du Liban, zone principale des affrontements entre Israël et le Hezbollah, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées samedi à l'aube dans une "lourde frappe" israélienne contre une maison dans le district de Bint Jbeil, a annoncé l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'agence nationale a également fait état de nouvelles frappes sur la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, et sur la ville de Naqoura, à proximité de la frontière avec Israël.

Le Hezbollah a affirmé que ses combattants ont ciblé des troupes israéliennes dans six villages du sud du Liban et lancé des roquettes au-delà de la frontière. L'armée israélienne a indiqué que les sirènes aériennes ont été activées.

Selon le ministère libanais de la Santé, le conflit a tué plus de 1.000 personnes au Liban et déplacé plus d'un million de personnes.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa, a salué vendredi la proposition du président libanais Joseph Aoun d'entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre avec le Hezbollah "car aucun accord ne peut être trouvé sans dialogue", a-t-il déclaré à des médias libanais, à l'issue d'une rencontre avec le patriarche maronite Béchara al-Raï à Beyrouth.

Mais ne croyant pas "qu'Israël ait décidé de mettre fin" aux combats, il a ajouté que "le Liban doit décider s'il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances".


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
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  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.

 

 


L'Arabie saoudite abat plusieurs drones alors que les attaques iraniennes se poursuivent

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
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  • Le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont également signalé qu'ils étaient confrontés à des tirs de missiles et à des menaces de drones
  • La raffinerie du port de Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau fait l'objet d'attaques iraniennes

RIYAD: Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent.

Les autorités du Koweït et des Émirats arabes unis ont déclaré qu'elles étaient également confrontées à des tirs de missiles et à des menaces de drones.

La raffinerie portuaire Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau été la cible d'attaques de drones iraniens, qui ont provoqué un incendie dans plusieurs de ses unités. Aucun blessé n'a été signalé.

Les pompiers tentent de maîtriser l'incendie dans l'installation, et certaines unités ont été fermées par précaution, a rapporté l'agence de presse nationale UNA.

Le ministère de l'intérieur de Bahreïn a déclaré que des éclats d'obus provenant de ce qu'il a décrit comme une "agression iranienne" ont déclenché un incendie dans un entrepôt, qui a été maîtrisé sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer.

Selon le ministère saoudien de la défense, la majorité des drones ont été abattus au-dessus de la province orientale, où se trouvent les principales raffineries de pétrole du royaume, tandis qu'un autre a été intercepté au-dessus de la province septentrionale d'Al Jouf.

Cette nouvelle vague d'attaques survient un jour après qu'un drone a frappé une raffinerie de pétrole saoudienne sur la mer Rouge et provoqué des incendies dans deux autres installations au Koweït, alors que l'Iran intensifie sa campagne contre les infrastructures énergétiques du Golfe.

Ces frappes font suite aux dommages importants subis mercredi à Ras Laffan - la vaste plate-forme de gaz naturel du Qatar et la plus grande au monde - après que l'Iran a riposté aux frappes aériennes israéliennes sur son champ gazier de South Pars.

Ces derniers chiffres portent le nombre total de frappes de drones visant l'Arabie saoudite à au moins 503 depuis le 28 février, selon un décompte basé sur les rapports du ministère de la défense. Outre les drones, les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté 42 missiles balistiques et sept missiles de croisière au cours de la même période, ce qui souligne la nature soutenue et variée de la campagne aérienne menée contre le royaume.