Journal de Marioupol: la guerre en Ukraine vue par un enfant

Iegor et ses proches sont aujourd'hui logés dans un abri pour déplacés à Zaporijjia et espèrent rejoindre Kiev, la capitale, dans quelques jours (Photo, AFP).
Iegor et ses proches sont aujourd'hui logés dans un abri pour déplacés à Zaporijjia et espèrent rejoindre Kiev, la capitale, dans quelques jours (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 10 juin 2022

Journal de Marioupol: la guerre en Ukraine vue par un enfant

  • La famille vivait à proximité de l'aciérie Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne à être tombée à Marioupol
  • Selon sa mère, le garçon est encore sous le choc et réticent à évoquer ce qu'il a vécu

ZAPORIJJIA: C'est l'un des chapitres les plus sanglants de la guerre en Ukraine raconté avec les mots et les dessins d'un garçon de huit ans: Iegor Kravtsov a tenu un journal intime secret à Marioupol, au moment où la ville tombait sous la coupe des forces russes.

Terré pendant des semaines dans une cave avec sa famille, Iegor s'est maintenu occupé en remplissant les pages de son petit cahier bleu, avec une image idyllique de la Grèce sur la couverture.

"J'ai bien dormi, puis je me suis réveillé, j'ai souri et j'ai lu 25 pages. Aussi, mon grand-père est mort le 26 avril", récite le garçon en lisant une page de son journal, après s'être échappé de la ville dévastée par les combats avec sa mère et sa soeur.

La famille a réussi à rejoindre Zaporijjia, à 225 kilomètres au nord-ouest de Marioupol, se trouvant en territoire sous contrôle ukrainien.

"J'ai une blessure au dos, la peau est arrachée. Ma soeur est touchée à la tête et ma maman s'est déchiré les muscles de la main et a un trou dans la jambe", lit encore ce petit blond à partir d'une page de son journal.

«Tout le monde pleurait»

Sous un ciel ensoleillé à Zaporijjia, Iegor joue au badminton et fait du vélo, à mille lieues des images de destruction qu'il a gribouillées dans son journal avec un stylo bleu.

On y reconnaît des hommes armés, des chars, un hélicoptère et des immeubles en feu. Sur l'un des dessins, on voit le toit de sa maison s'effondrer à la suite d'une frappe de missile.

"Le bruit m'a fait peur", peut-on lire dans le journal du garçon. Sur une autre page, il décrit comment les membres de la famille se soignent les uns les autres ou partent à la recherche d'eau potable.

"Je veux tellement partir", écrit-il encore.

Sa mère, Olena Kravtsova, raconte avoir éclaté en sanglots lorsqu'elle a découvert le journal pour la première fois. "Je l'ai montré à la famille, tout le monde pleurait", explique-t-elle à l'AFP.

"Peut-être avait-il simplement besoin de s'exprimer, pour ne pas avoir à garder toutes ses émotions en lui", suppose-t-elle.

La soeur aînée de Iegor, Veronika, 15 ans, qui a une grosse cicatrice à la tête, espère pour sa part que le journal "sera utile à quelqu'un à l'avenir".

Des images du cahier ont été pour la première fois publiées sur internet par le grand-oncle de Iegor, Evguen Sosnovskiï, un photographe qui a documenté la bataille pour Marioupol avant de fuir la ville portuaire en mai.

La famille vivait à proximité de l'aciérie Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne à être tombée à Marioupol, les combattants y étant retranchés ne s'étant rendus que fin mai, après trois mois de combats intenses.

Iegor et ses proches sont aujourd'hui logés dans un abri pour déplacés à Zaporijjia et espèrent rejoindre Kiev, la capitale, dans quelques jours.

Selon sa mère, le garçon est encore sous le choc et réticent à évoquer ce qu'il a vécu. Si on lui demande s'il veut continuer à écrire à l'avenir, Iegor répond simplement: "Probablement".


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.