Les violations israéliennes de l'espace aérien libanais documentées dans une base de données

Un soldat libanais désigne le ciel alors qu'un avion de guerre israélien traverse l'espace aérien du Liban le 9 février 2000 (Photo, AFP).
Un soldat libanais désigne le ciel alors qu'un avion de guerre israélien traverse l'espace aérien du Liban le 9 février 2000 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 11 juin 2022

Les violations israéliennes de l'espace aérien libanais documentées dans une base de données

  • Selon Airpressure.info, 8 231 avions de combat et 13 102 drones ont violé l'espace aérien libanais depuis 2007
  • Le ministère libanais de la Défense, le Conseil de sécurité des Nations unies et les forces de la FINUL surveillent et enregistrent habituellement ces violations

BEYROUTH: Il y a eu 22 111 violations israéliennes de l'espace aérien libanais depuis 2007, selon une base de données qui a pour but de montrer les effets de «l'exposition systématique et prolongée aux bruits de ces avions militaires dans l'espace aérien, et leur impact sur la vie physique et psychologique de ceux soumis à cette pression aérienne constante», depuis le ciel.
Airpressure.info a compilé la base de données pour rendre visibles toutes les violations israéliennes de l'air.
Lawrence Abu Hamdan, un Jordanien de 37 ans qui a vécu à Beyrouth pendant des années, est à l'origine de cette information. Il a révélé vouloir mettre la lumière sur «un événement récurrent et un crime prolongé» qui a eu lieu au cours des 15 dernières années.
Il a affirmé que «c'est une atmosphère de violence qui fait des ravages au fil du temps. C'est pourquoi elle peut être ignorée, alors qu'elle ne devrait plus l'être».
Le Liban et Israël sont toujours en état de guerre malgré le retrait israélien du sud du pays en 2000. La dernière attaque israélienne dont le Liban a été témoin remonte à l'été 2006 et a duré un mois.
Abu Hamdan est également un artiste contemporain qui se spécialise dans les effets politiques de l'écoute, utilisant divers types de sons pour explorer leurs effets sur les droits de l'homme et la loi.
Selon Airpressure.info, 8 231 avions de combat et 13 102 drones ont violé l'espace aérien libanais depuis 2007.
Le site web a avisé que «ces actes d'agression dans l'espace aérien libanais ne sont pas de courts survols, mais durent en moyenne quatre heures et trente-cinq minutes. La durée totale de ces violations s'élève à 3 098 jours. Cela équivaut à huit ans et demi d'occupation continue du Liban par des avions à réaction et des drones».
Ces violations signifiaient que la vie au Liban était sous surveillance de groupe aléatoire, a-t-il ajouté.
«Il s'agit d'une violation sans précédent de la vie privée des gens par un État étranger. Grâce à ces violations de l'espace aérien, les appels téléphoniques et les messages texte des gens sont surveillés et leurs maisons et leurs mouvements sont filmés de manière aléatoire.»
Le journaliste Samer Wehbe, originaire de la ville de Nabatieh, au sud du pays, a déclaré à Arab News que les Libanais vivant au sud s'étaient habitués au bruit des avions israéliens chaque jour.
Wehbe a signalé que «les Libanais qui vivent au sud trouvent étrange lorsque ces avions ne violent pas l'espace aérien pendant un ou deux jours. Outre la surveillance des mouvements des Libanais, les avions espions israéliens, qui vrombissent jour et nuit, provoquent des perturbations, de l'anxiété et du stress. Même les enfants se plaignent de ces bruits».
Le site web s'est appuyé sur les conclusions de 17 articles publiés dans des revues internationales de renom, détaillant «les effets physiologiques graves du bruit des avions».
Ces articles ont montré que «l'hypertension, les troubles circulatoires, les troubles de sommeil et les douleurs psychosociales» étaient généralement associés à une exposition à long terme à ce type de pollution sonore.
Airpressure.info a enregistré 30 fois la violation simultanée de l'espace aérien libanais par 8 à 12 avions, «violant régulièrement le mur du son au-dessus des zones civiles, provoquant un bang sonique capable de briser les fenêtres».
Il est possible que tous les habitants entendent ces avions lorsqu'ils volent vers le nord au-dessus des montagnes et vers le sud jusqu'à la côte, car le Liban ne fait que 88 km à son point le plus large, a précisé le rapport.
Il a mentionné qu'Israël utilisait des avions militaires avancés et des avions de surveillance modernes.
Wehbe a souligné que «Les adultes qui ont vécu les guerres d'Israël et les invasions du Liban souffrent d'anxiété plus que les autres. Au cours de mon travail sur le terrain, j'ai souvent vu des femmes faire des crises de panique parce qu'elles s'attendent à être attaquées après avoir entendu le vrombissement des avions en vol, d'autant plus que ce vrombissement dure des heures et devient inquiétant au fil du temps».
Dans une enquête sur les plaintes du Liban contre les violations aériennes israéliennes, le site web a indiqué que 243 lettres ont été mises en ligne dans la bibliothèque numérique des Nations unies entre 2006 et 2021. «Elles sont adressées au Conseil de sécurité et contiennent toutes les informations radar, notamment l'heure, la durée, le type et l'itinéraire pour chaque violation de l'avion.»
Le ministère libanais de la Défense, le Conseil de sécurité des Nations unies et les forces de la FINUL surveillent et enregistrent habituellement ces violations. Mais Airpressure.info a signalé que ces informations sont stockées de manière «partielle et non coordonnée» par ces trois institutions.
Le site web a publié une carte des violations de l'espace aérien au-dessus des régions du Liban et a montré les itinéraires suivis par les avions sous la forme de cercles se chevauchant pour couvrir la plupart du pays.
Les vols sont concentrés dans le sud, où ils semblent suivre des itinéraires fixes. Mais Beyrouth est également une destination fréquente, tout comme les zones situées au nord de la capitale et plus près de la frontière syrienne.
Une source diplomatique libanaise a déclaré à Arab News: «Les violations sont enregistrées du côté libanais et stockées dans la bibliothèque de l'ONU, mais l'ONU ne peut pas rendre des jugements. C'est comme ça que ça fonctionne.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
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  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.


Iran: les Gardiens de la Révolution disent avoir détruit en Jordanie des équipements militaires américains

La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD
  • Les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD, en représailles aux frappes des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques, ainsi que de l'incendie d'un hangar présenté comme servant à la maintenance d'hélicoptères.

 

 


L'armée iranienne revendique des frappes au Koweït contre des sites militaires américains

L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
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  • L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis
  • Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha, les réservoirs de carburant de la base Ali al-Salem, ainsi que le dépôt de munitions du camp Arifjan", tous situés au Koweït.