Au Liban, la classe moyenne disparaît à mesure que les professionnels qualifiés émigrent

Une famille fuyant la crise économique au Liban arrive à l’aéroport international de Larnaca à Chypre le 2 septembre 2021. (AFP)
Une famille fuyant la crise économique au Liban arrive à l’aéroport international de Larnaca à Chypre le 2 septembre 2021. (AFP)
À Beyrouth et ailleurs au Liban, les routes sont vides à la suite d’une grève générale des transports publics et des syndicats de travailleurs au début de cette année en raison de la crise économique. (AFP)
À Beyrouth et ailleurs au Liban, les routes sont vides à la suite d’une grève générale des transports publics et des syndicats de travailleurs au début de cette année en raison de la crise économique. (AFP)
Les difficultés croissantes auxquelles font face les familles au Liban en ont forcé beaucoup à rechercher une vie meilleure à l’étranger. (AFP)
Les difficultés croissantes auxquelles font face les familles au Liban en ont forcé beaucoup à rechercher une vie meilleure à l’étranger. (AFP)
Les difficultés croissantes auxquelles font face les familles au Liban en ont forcé beaucoup à rechercher une vie meilleure à l’étranger. (AFP)
Les difficultés croissantes auxquelles font face les familles au Liban en ont forcé beaucoup à rechercher une vie meilleure à l’étranger. (AFP)
Les difficultés croissantes auxquelles font face les familles au Liban en ont forcé beaucoup à rechercher une vie meilleure à l’étranger. (AFP)
Les difficultés croissantes auxquelles font face les familles au Liban en ont forcé beaucoup à rechercher une vie meilleure à l’étranger. (AFP)
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Publié le Samedi 11 juin 2022

Au Liban, la classe moyenne disparaît à mesure que les professionnels qualifiés émigrent

  • Selon un rapport publié en février 2022 par Information International, le nombre d’émigrés est passé de 17 721 en 2020 à 79 134 en 2021, son taux le plus élevé en cinq ans
  • La Banque mondiale estime qu’une personne sur cinq a perdu son emploi depuis octobre 2019 et 61% des entreprises ont réduit leur personnel permanent de 43% en moyenne.

DUBAÏ: Quand le cardiologue libanais Walid Alami, 59 ans, était âgé de 19 ans, il a travaillé comme bénévole aux urgences, aidant des dizaines de personnes blessées pendant la guerre civile libanaise de 1975-1990.

Après l’explosion massive qui a ravagé le port de Beyrouth le 4 août 2020, il s’est de nouveau retrouvé au cœur d’une action visant à sauver des vies.

Cependant, comme pour des milliers d’autres professionnels libanais de la classe moyenne, les crises du pays, qui durent et se chevauchent, se sont finalement avérées trop dures à supporter, le forçant, sa famille et lui, à s’expatrier à la recherche de la sécurité économique.

Le Dr Alami a abandonné une carrière lucrative de cardiologue aux États-Unis pour retourner à Beyrouth en 2012 afin de se rapprocher de sa famille élargie et de permettre à ses enfants de découvrir leur pays d’origine.

Le Dr Walid Alami. (Photo fournie)
Le Dr Walid Alami. (Photo fournie)

«Je voulais que mes enfants grandissent au Liban et connaissent leur patrie», déclare-t-il à Arab News. «J’espérais pouvoir reproduire ma pratique américaine là-bas, améliorer le système, innover et prendre soin des patients comme je le faisais aux États-Unis.»

«Hélas, sur le plan professionnel, rien ne s’est passé comme prévu puisque notre système est corrompu, y compris le système de santé.»

Le Dr Alami ne se laisse pas décourager et persévère, espérant que le pays finira par se remettre sur les rails. Cependant, la mauvaise gouvernance, la décadence institutionnelle et l’effondrement économique du pays commencent très vite à peser sur le budget de sa famille.

«J’ai commencé à perdre de l’argent à cause du système bancaire, de la corruption et de la baisse des revenus», dit-il. «Sur les plans financier et professionnel, j’étais au plus bas.»

En 2021, le Dr Alami en a assez de la situation. De nouveau, il fait ses valises et retrouve sa famille aux États-Unis. Il a beaucoup moins d’argent dans les poches et des souvenirs plus douloureux qu’une décennie plus tôt.

La vie de ses deux enfants a également été affectée par l’effondrement économique du Liban. Il avait du mal à payer les frais universitaires de sa fille Noor, 21 ans, qui étudiait à la NYU. Par ailleurs, Jad, 18 ans, a été envoyé dans un pensionnat à la suite de l’explosion dévastatrice du port.

«Je rêvais que mes enfants soient diplômés de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), mais cela ne s’est pas produit», déclare le Dr Alami.

«Au cours des dernières années, je n’ai pas été en mesure de générer suffisamment d’argent pour couvrir même une petite partie des frais de subsistance de ma fille. Je me suis retrouvé dans une situation où je ne pouvais plus me permettre de prendre en charge les frais de scolarité de mes enfants depuis Beyrouth, surtout avec la dévaluation de la monnaie et le fait que nos fonds aient été saisis.»

Un militant libanais exhibe de faux billets de banque appelés «lollars», devant un faux guichet automatique, pour dénoncer le haut niveau de corruption qui règne dans le pays. (AFP)
Un militant libanais exhibe de faux billets de banque appelés «lollars», devant un faux guichet automatique, pour dénoncer le haut niveau de corruption qui règne dans le pays. (AFP)

Le Dr Alami s’est retrouvé dans une position où il a dû emprunter de l’argent à sa famille pour financer les études de ses enfants.

«Je n’avais d’autre choix que de partir. En 2021, j’ai décidé de retourner aux États-Unis», indique-t-il. «J’ai l’impression que mes rêves ont été anéantis. En rentrant au Liban, j’espérais tant redonner à mon pays d’origine, sur les plans professionnel et social.»

Bien que le Dr Alami et sa famille aient pu retrouver leur vie aux États-Unis, les événements de la dernière décennie continuent d’avoir des répercussions sur leur vie.

«J’ai presque soixante ans et je recommence en quelque sorte ma carrière de cardiologue», renchérit-il. «Mais je dois le faire pour subvenir aux besoins de ma famille.»

L’histoire du Dr Alami est très commune au Liban. Ce pays d’environ 6,7 millions d’habitants connaît l’une des plus grandes vagues d’émigration de son histoire.

Depuis 2019, le pays fait face à la pire crise financière de son histoire, aggravée par la pression de la pandémie de Covid-19 et une paralysie politique prolongée.

L’explosion du port de Beyrouth du 4 août 2021, qui a fait 218 morts et 7 000 blessés a été,  pour de nombreux Libanais, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. (AFP)
L’explosion du port de Beyrouth du 4 août 2021, qui a fait 218 morts et 7 000 blessés a été,  pour de nombreux Libanais, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. (AFP)

L’explosion du port de Beyrouth du 4 août 2021, qui a fait 218 morts et 7 000 blessés, a été,  pour de nombreux Libanais, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les dégâts matériels s’élèvent à quinze milliards de dollars (1 dollar = 0,95 euro) et 300 000 personnes se sont retrouvées sans abri.

Près de deux ans plus tard, le pays est en proie à une crise alimentaire qui s’aggrave, au moment où la guerre en Ukraine fait monter en flèche les prix déjà élevés des aliments de base.

Selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut nominal du Liban est passé de près de 52 milliards de dollars en 2019 à 21,8 milliards de dollars en 2021, soit une contraction de 58,1%. À moins que des réformes ne soient adoptées prochainement, le PIB réel devrait chuter de 6,5 % cette année.

En mai, la valeur sur le marché noir de la livre libanaise a atteint son niveau le plus bas –35 600 face au dollar américain. Selon l’ONU, 82% de la population vit sous le seuil de la pauvreté depuis fin 2019 en raison de la crise financière.

Les élections parlementaires de mai sont une lueur d’espoir pour un revirement de situation. Le parti des Forces libanaises est, pour la première fois, le plus grand parti chrétien représenté au Parlement, tandis que le bloc du Hezbollah a perdu sa majorité. Cependant, on ne sait toujours pas si les opposants au Hezbollah seront en mesure de former une coalition cohérente et stable capable de mettre en œuvre des réformes administratives et économiques.

Ces incertitudes simultanées ont poussé des milliers de jeunes Libanais à s’installer à l’étranger en quête de sécurité et de possibilités, y compris de nombreuses personnes parmi les meilleurs professionnels de la santé et de l’éducation du pays.

Selon un rapport publié en février 2022 par Information International, le nombre d’émigrés est passé de 17 721 en 2020 à 79 134 en 2021, son taux le plus élevé en cinq ans. Le centre de recherche basé à Beyrouth affirme que ce taux d’émigration est «le plus élevé enregistré au Liban en cinq ans».

Une forte augmentation de l’émigration a également été enregistrée entre mi-décembre 2018 et mi-décembre 2019, avec 66 800 Libanais émigrés, contre 33 841 durant la même période en 2018.

Historiquement, de nombreux Libanais ont choisi de s’installer en Europe occidentale, aux États-Unis, en Australie et dans les États arabes du Golfe. Plus récemment, ils se sont également rendus en Turquie, en Géorgie, en Arménie, en Serbie et même en Irak.

Selon les autorités irakiennes, plus de 20 000 personnes en provenance du Liban sont arrivées entre juin 2021 et février 2022, sans compter les pèlerins visitant les villes saintes chiites de Najaf et de Kerbala. 

En bref

Le produit intérieur brut nominal du Liban est passé de près de 52 milliards de dollars en 2019 à 21,8 milliards de dollars en 2021. (Banque mondiale)

En mai, la valeur sur le marché noir de la livre libanaise a atteint son niveau le plus bas –35 600 face au dollar américain.

«Le déplacement (de personnes) a récemment augmenté», précise Ali Habhab, ambassadeur du Liban en Irak, à l’Agence France-Presse. Il affirme que le secteur de la santé a particulièrement été touché par le flux de personnes, sachant que «des dizaines de médecins libanais offrent leurs services» aux hôpitaux irakiens.

Les Émirats arabes unis continuent d’être une destination privilégiée pour les Libanais ayant les moyens financiers de déménager. Marianna Wehbe, 42 ans, qui dirige une société de relations publiques de luxe, a emménagé à Dubaï en août 2021 pour être avec sa fille, Sophie, 17 ans, qui a quitté le Liban après l’explosion de Beyrouth.

«Même pendant la révolution (2019), l’explosion et la crise, nous avons tous trouvé des moyens de poursuivre nos activités et de travailler avec des clients à l’étranger», déclare-t-elle à ​​Arab News.

«La plupart de ceux qui sont partis l’ont fait pour être avec leurs familles et avoir un environnement sûr et stable pour leurs enfants. Ma fille avait besoin d’un endroit pour étudier en toute sécurité et préserver sa santé mentale. Beyrouth, avec ses coupures d’électricité et d’Internet, n’était plus le lieu adéquat pour cela.»

Des peintures murales représentant des jeunes Libanais qui migrent le long d’une rue du quartier de Hamra à Beyrouth. (AFP)
Des peintures murales représentant des jeunes Libanais qui migrent le long d’une rue du quartier de Hamra à Beyrouth. (AFP)

Elle dit qu’au sein de cette nouvelle génération d’émigrés, certains commenceront inévitablement à avoir le mal du pays après un certain temps et, dans un élan d’espoir, pourraient décider de rentrer.

«Le Liban a toujours été ainsi: on part puis l’on revient», soutient-elle. «On décide de baisser les bras puis l’on reprend espoir parce qu’on a tous envie de rentrer chez nous. Ainsi, de nombreuses familles reviennent dans l’espoir que les choses pourront s’améliorer.»

Cependant, l’Observatoire de crise de l'Université américaine de Beyrouth a déclaré en août 2021 que la perte actuelle de talents sera difficile à surmonter pour le Liban puisque ce sont les jeunes du pays qui s’en vont.

La célèbre Université américaine de Beyrouth a perdu son attrait en raison de la crise économique désastreuse du pays. (AFP)
La célèbre Université américaine de Beyrouth a perdu son attrait en raison de la crise économique désastreuse du pays. (AFP)

Selon les résultats d’un sondage d’opinion sur les jeunes Arabes, publié en 2020, environ 77% des personnes interrogées au Liban ont déclaré qu’elles envisageaient d’émigrer. Ce pourcentage est le plus élevé parmi tous les pays arabes cette année-là.

Il est facile de comprendre pourquoi tant de jeunes Libanais cherchent une stratégie de sortie. La Banque mondiale estime qu’une personne sur cinq a perdu son emploi depuis octobre 2019 et 61% des entreprises ont réduit leur personnel permanent de 43% en moyenne.

 «L’exode de la classe moyenne au Liban anéantit le pays», déclare le Dr Alami à Arab News depuis son exil volontaire aux États-Unis.

Les difficultés croissantes auxquelles font face les familles au Liban en ont forcé beaucoup à rechercher une vie meilleure à l’étranger. (AFP)
Les difficultés croissantes auxquelles font face les familles au Liban en ont forcé beaucoup à rechercher une vie meilleure à l’étranger. (AFP)

«C’est la classe moyenne qui permet de construire une nation. Avec tous les ingénieurs, banquiers, avocats et professionnels de la classe moyenne quittant le Liban, je pense que nous verrons toute la fondation s’effondrer. Ce sera très difficile de reconstruire compte tenu de la situation actuelle.»

L’Organisation mondiale de la santé a estimé en septembre 2021 que plus de 40% des médecins et du corps infirmier libanais ont quitté le pays depuis octobre 2019.

«Plus de 35% des professionnels de la santé sont partis pour le Golfe, l’Europe ou les Amériques pour poursuivre leur carrière», souligne le Dr Alami.

«Je ne me vois pas y retourner dans les dix prochaines années, d’un point de vue professionnel, puisque les choses ne changeront pas d’un coup de baguette magique au Liban dans la prochaine décennie. J’ai besoin d’assurer un meilleur avenir pour mes enfants.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tunisie: deux soldats blessés dans un accrochage avec des djihadistes présumés

Les autorités tunisiennes affirment avoir réalisé des progrès significatifs dans la lutte contre les djihadistes. (Photo, AFP)
Les autorités tunisiennes affirment avoir réalisé des progrès significatifs dans la lutte contre les djihadistes. (Photo, AFP)
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  • L'accrochage s'est produit au cours d'une opération de l'armée dans la zone du Mont Salloum, près de Kasserine, se trouvent des maquis djihadistes
  • « Il y a eu des blessés parmi les terroristes qui ont pris la fuite" et "deux militaires ont subi des blessures sans gravité»

TUNIS : Deux soldats tunisiens ont été légèrement blessés vendredi dans un échange de tirs avec des djihadistes présumés dans une zone montagneuse du centre de la Tunisie, a appris l'AFP auprès du ministère de la Défense.

L'accrochage s'est produit au cours d'une opération de l'armée dans la zone du Mont Salloum, près de Kasserine (centre-ouest), ville proche de la frontière avec l'Algérie, où se trouvent des maquis djihadistes, selon les médias locaux.

"Il y a eu un échange de tirs entre des militaires et un groupe de terroristes dans la zone de Kasserine", a indiqué à l'AFP Mohamed Zekri, porte-parole du ministère de la Défense.

Selon lui, "il y a eu des blessés parmi les terroristes qui ont pris la fuite" et "deux militaires ont subi des blessures sans gravité".

Le dernier accrochage similaire en Tunisie remonte à mars dernier quand des djihadistes présumés avaient tiré sur des gendarmes à l'entrée d'une caserne de la garde nationale à Kairouan, grande ville située à environ 150 km à l'est de Kasserine.

Après la révolte populaire de 2011 en Tunisie, le pays a connu un essor des groupes djihadistes qui ont mené plusieurs attaques sanglantes ayant fait des dizaines de morts parmi les touristes et les forces de sécurité.

Les autorités tunisiennes affirment avoir réalisé des progrès significatifs dans la lutte contre les djihadistes.

La dernière attaque d'ampleur menée par les djihadistes contre les forces de sécurité remonte à 2016 à Ben Guerdane (sud-est) au cours de laquelle 13 membres des forces de sécurité et 7 civils avaient péri, de même que 55 djihadistes.


Alors que son mandat touche à sa fin, l’ambassadeur danois revient sur son séjour en Arabie saoudite

M. Moesby évoque certains de ses plus beaux souvenirs dans le Royaume, l’interaction avec la communauté locale aux voyages et l’épanouissement personnel qu’il a trouvé à travers la culture et le patrimoine de l’Arabie saoudite. (Photo/Yawed Abdullah)
M. Moesby évoque certains de ses plus beaux souvenirs dans le Royaume, l’interaction avec la communauté locale aux voyages et l’épanouissement personnel qu’il a trouvé à travers la culture et le patrimoine de l’Arabie saoudite. (Photo/Yawed Abdullah)
Les routes larges et peu encombrées de Riyad sont très agréables pour faire du vélo. (Photo fournie)
Les routes larges et peu encombrées de Riyad sont très agréables pour faire du vélo. (Photo fournie)
L’ambassadeur fait du vélo – pour défendre une cause – avec le personnel de l’ambassade dans le quartier diplomatique de Riyad. (Photo fournie)
L’ambassadeur fait du vélo – pour défendre une cause – avec le personnel de l’ambassade dans le quartier diplomatique de Riyad. (Photo fournie)
L’ambassadeur profite d’une balade à dos de chameau dans les déserts de Riyad, loin de l’agitation de la vie urbaine. (Photo fournie)
L’ambassadeur profite d’une balade à dos de chameau dans les déserts de Riyad, loin de l’agitation de la vie urbaine. (Photo fournie)
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  • Ole Emil Moesby est ambassadeur du Danemark auprès de l’Arabie saoudite, d’Oman, de Bahreïn, du Koweït et du Yémen depuis le 5 septembre 2017
  • L’ambassadeur soutient que les gens ne devraient pas se faire une opinion d’un pays sans l’avoir visité et sans s’approprier sa culture

RIYAD: L’ambassadeur du Danemark auprès de l’Arabie saoudite, Ole Emil Moesby, fera ses adieux au Royaume à la fin de sa période de service à Riyad, plus tard au cours du présent mois.

«Je tiens à dire merci du fond du cœur», déclare-t-il à Arab News. «J’ai passé un moment fantastique ici. On est plus ou moins touché lorsqu’il s’agit de changement, mais, en tant que diplomate, on est assez habitué à changer de pays.»

«Je n’ai jamais ressenti cela auparavant. J’ai l’impression d’abandonner quelque chose derrière moi. Cela va me manquer en raison de la façon dont j’ai été reçu et de l’inspiration que j’ai trouvée ici. Par ailleurs, la communication avec les gens a été extraordinaire», confie M. Moesby.

«L’expérience que j’ai vécue a été remarquable. Je tiens donc à dire merci.»

L’ambassadeur Ole Emil Moesby rend une visite de courtoisie au roi Salmane. (Photo fournie)
L’ambassadeur Ole Emil Moesby rend une visite de courtoisie au roi Salmane. (Photo fournie)

M. Moesby est ambassadeur du Danemark auprès de l’Arabie saoudite, d’Oman, de Bahreïn, du Koweït et du Yémen depuis le 5 septembre 2017. Son dernier jour de service est le 31 août.

S’adressant à Arab News, M. Moesby évoque certains de ses plus beaux souvenirs au Royaume, où il a passé cinq ans. Il parle de l’interaction avec la communauté locale, des voyages et de son épanouissement personnel grâce à la culture et au patrimoine de l’Arabie saoudite.

«Ce fut une période fantastique au cours de laquelle j’ai pu assister aux changements mis en place en Arabie saoudite», précise-t-il.

«Bien sûr, la région d’AlUla a connu un essor remarquable. Toutefois, même des endroits comme Yanbu ou Djeddah ont beaucoup changé, en réalité. Sans oublier Riyad, évidemment.»

L’ambassadeur est en équilibre sur le «Bout du monde» – Jebel Fihrayn –, qui fait partie de l’escarpement Tuwaiq, à Riyad, et comprend des falaises de 300 mètres de haut. (Photo fournie)
L’ambassadeur est en équilibre sur le «Bout du monde» – Jebel Fihrayn –, qui fait partie de l’escarpement Tuwaiq, à Riyad, et comprend des falaises de 300 mètres de haut. (Photo fournie)

«Il est en outre intéressant de constater de quelle manière l’évolution a changé les attitudes et la culture dans ces endroits, tout en gardant intact le patrimoine de ces lieux», explique M. Moesby.

L’ambassadeur a été témoin de nombreux changements, notamment l’ouverture de salles de cinéma dans le Royaume et la levée de l’interdiction de conduire imposée aux femmes, en 2018.

«C’est vraiment exceptionnel d’assister à cette évolution», poursuit-il. «J’ai assisté aux premières projections de films dans les cinémas et, auparavant, mon équipe de travail, essentiellement composée de femmes, était conduite à l’ambassade le matin. Désormais, elles conduisent elles-mêmes», fait-il observer.

«Ainsi, au lieu de connaître des problèmes de circulation comme c’était le cas autrefois, nous avons désormais des difficultés de stationnement», plaisante l’ambassadeur.

«C’est un changement notable qui restera dans ma mémoire une fois que je serai parti.»

L’ambassadeur s’est également rendu dans l’emblématique Centre du roi Abdelaziz pour la connaissance et la culture (Ithra) à Dhahran, construit par Saudi Aramco. (Photo fournie)
L’ambassadeur s’est également rendu dans l’emblématique Centre du roi Abdelaziz pour la connaissance et la culture (Ithra) à Dhahran, construit par Saudi Aramco. (Photo fournie)

M. Moesby soutient qu’il lisait Arab News tous les matins pour se tenir au courant des derniers événements.

«Tout a changé depuis le 5 septembre 2017. Ainsi, chaque jour, Arab News m’informe de ce qui se passe ici. Cela a été une expérience extraordinaire en raison des changements que vous avez mis en place», indique-t-il.

L’ambassadeur souligne la manière dont sa mission a renforcé les relations bilatérales entre le Danemark et l’Arabie saoudite grâce à des initiatives et des collaborations dirigées par l’ambassade.

«En tant qu’ambassadeur, il faut comprendre ce qui se passe en Arabie saoudite et en informer les Danois. Il faudrait également faire comprendre aux gens d’Arabie saoudite ce que pense le Danemark. C’est ainsi que s’établit une relation bilatérale», précise-t-il.

La plupart de ses initiatives s’articulent autour du commerce, des partenariats commerciaux et de la promotion des échanges culturels. L’une d’elles consiste à organiser un tournoi international de football féminin – la coupe Global Goals – en Arabie saoudite avec vingt-huit équipes venues de l’ensemble du Royaume.

«Nous avons été très actifs dans la mise en place du football féminin. Le tournoi que nous avons organisé a été un grand succès […] puisqu’il a également montré le rôle que les femmes peuvent jouer dans les événements sportifs», déclare-t-il.

Au mois de février, l’ambassade a organisé les célébrations du jubilé d’or de la reine Margrethe II du Danemark et l’ambassadeur a convié de jeunes artistes saoudiennes pour peindre un portrait de la reine en vue de commémorer l’événement.

«On assiste à un développement incroyable des capacités et des possibilités culturelles en Arabie saoudite. Pour la reine du Danemark, c’est un indicateur des bonnes relations à long terme entre l’Arabie saoudite et le Danemark», affirme M. Moesby.

L’ambassadeur Ole Emil Moesby a visité l’ancienne ville d’AlUla, une merveille archéologique située dans la région nord-ouest de Médine. (Photo fournie)
L’ambassadeur Ole Emil Moesby a visité l’ancienne ville d’AlUla, une merveille archéologique située dans la région nord-ouest de Médine. (Photo fournie)

 


Transfert de Syrie en Irak de près de 700 Irakiens liés à l'EI

Un membre de la force des gardes-frontières fidèle aux Forces démocratiques syriennes (SDF) surveille depuis une position dans la campagne près de la ville syrienne d'al-Hol, dans la province nord-est de Hasakah, une clôture frontalière en béton érigée du côté irakien , le 29 mars 2022. (Photo, AFP)
Un membre de la force des gardes-frontières fidèle aux Forces démocratiques syriennes (SDF) surveille depuis une position dans la campagne près de la ville syrienne d'al-Hol, dans la province nord-est de Hasakah, une clôture frontalière en béton érigée du côté irakien , le 29 mars 2022. (Photo, AFP)
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  • D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), il s'agit de 620 Irakiens, des proches de combattants de l'EI retenus dans le camp d'Al-Hol, et de 50 chefs et combattants de l'EI
  • Cette opération effectuée en coordination avec les autorités irakiennes est la quatrième du genre depuis le début de l'année

BEYROUTH : Les autorités kurdes dans le nord-est de la Syrie ont transféré dans leur pays près de 700 Irakiens liés au groupe djihadiste Etat islamique (EI), a indiqué vendredi une ONG syrienne.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), il s'agit de 620 Irakiens, des proches de combattants de l'EI retenus dans le camp d'Al-Hol, et de 50 chefs et combattants de l'EI détenus dans une prison des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de combattants dominée par les Kurdes.

Cette opération effectuée en coordination avec les autorités irakiennes est la quatrième du genre depuis le début de l'année. Le camp d'Al-Hol, sous contrôle des forces kurdes, est situé dans la province de Hassaké, à moins de 10 km de la frontière irakienne.

Environ "620 personnes, des proches de membres de l'EI, ont quitté le camp d'Al-Hol" conformément à une opération coordonnée entre la direction du camp et le gouvernement irakien, a précisé l'OSDH.

Ces membres de 150 familles irakiennes, "des femmes, des enfants et des hommes, dont certains sont malades", ont quitté le camp jeudi, a dit à l'AFP un responsable de l'administration autonome kurde installée dans les régions du nord-est de la Syrie, pays morcelé par la guerre déclenchée en 2011.

Mercredi, l'agence de presse officielle irakienne INA, citant le porte-parole du ministère des Déplacés, a affirmé que "500 familles du camp Al-Hol devraient être rapatriées cette année".

Ces derniers mois, des centaines d'Irakiens liés à l'EI ont quitté le camp surpeuplé d'Al-Hol, qui abrite quelque 56.000 personnes selon l'ONU.

Au total, "3 500 détenus irakiens" se trouvent dans les prisons kurdes dans le nord-est syrien, avait indiqué en juin un haut responsable militaire irakien.

En première ligne dans le combat contre l'EI, les FDS, soutenues par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, ont vaincu en 2019 le groupe djihadiste en Syrie en le chassant de son dernier fief dans l'est syrien.

Fin 2017, l'Irak a proclamé sa victoire contre l'EI chassé de la totalité de ses fiefs dans le pays.