Dmytro Firtach, un oligarque controversé au secours des civils de Severodonetsk

Sanctionné par l'Ukraine dans le passé pour ses liens étroits avec la Russie, Dmytro Firtash, l'un des citoyens les plus riches du pays, a fait la une des journaux internationaux cette semaine pour avoir déclaré qu'il abritait des centaines d'Ukrainiens dans son usine chimique. (AFP)
Sanctionné par l'Ukraine dans le passé pour ses liens étroits avec la Russie, Dmytro Firtash, l'un des citoyens les plus riches du pays, a fait la une des journaux internationaux cette semaine pour avoir déclaré qu'il abritait des centaines d'Ukrainiens dans son usine chimique. (AFP)
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Publié le Dimanche 12 juin 2022

Dmytro Firtach, un oligarque controversé au secours des civils de Severodonetsk

  • Magnat de l'industrie ukrainienne, Dmytro Firtach a bâti sa fortune sur l'importation de gaz russe et d'Asie centrale en Ukraine en lien avec le géant Gazprom
  • C'est surtout avec l'annonce mardi, par son avocat américain Lanny Davis, que 800 civils avaient trouvé refuge dans les sous-sols de l'usine chimique d'Azot, propriété de son groupe, que Dmytro Firtach a fait parler de lui

VIENNE, Autriche : Il doit sa fortune au gaz russe mais depuis l'invasion de l'Ukraine, Dmytro Firtach a pris fait et cause pour son pays, mobilisant ses puissants moyens et ouvrant son usine de Severodonetsk à des centaines de civils.

Menacé d'extradition vers les Etats-Unis sur des soupçons de malversations, l'oligarque de 57 ans mène combat depuis ses bureaux de Vienne, où il vit sous strict contrôle judiciaire.

Dans un communiqué publié cette semaine, il s'est insurgé contre une guerre «complètement inutile», une «tragédie humanitaire intolérable».

Ancien proche de l'ex-président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch, M. Firtach assure aujourd'hui n'avoir «jamais» été l'allié du Kremlin.

«Mais vous devez comprendre que je suis un homme d'affaires. Mon objectif est de gagner de l'argent», arguait-il dans une récente interview sur la chaîne NBC.

- Magnat du gaz -

En Ukraine, il n'est guère fait mention de l'aide apportée dans le conflit par l'oligarque, qui avait été sanctionné par la présidence de Volodymyr Zelensky en juin 2021 pour avoir vendu des produits à base de titane à des entreprises militaires russes.

Magnat de l'industrie ukrainienne, Dmytro Firtach a bâti sa fortune sur l'importation de gaz russe et d'Asie centrale en Ukraine en lien avec le géant Gazprom.

Né le 2 mai 1965 dans la région de Ternopil (ouest) de père chauffeur et de mère comptable, il aidait tout jeune ses parents à cultiver des tomates pour arrondir les fins de mois, selon une biographie publiée sur le site internet de sa compagnie.

Diplôme en poche, il se lance en 1988 dans les affaires et diversifie ses activités, qu'il rassemblera en 2004 au sein de la holding Group DF.

Présente dans l'énergie, la chimie, les médias, les banques et l'immobilier en Ukraine et dans d'autres pays en Europe et Asie, elle compte quelque 100.000 employés.

- Refuge -

A la nouvelle de l'offensive russe, le puissant patron, parmi les hommes les plus riches d'Ukraine, a mis à disposition des véhicules et autres moyens logistiques pour délivrer de l'aide humanitaire.

Il a également converti sa chaîne de télévision Inter, considérée comme prorusse avant la guerre, en un instrument au service des autorités ukrainiennes.

Sur l'antenne, est désormais diffusé un populaire «marathon» d'information en continu reflétant la position officielle, de concert avec d'autres chaînes.

Mais c'est surtout avec l'annonce mardi, par son avocat américain Lanny Davis, que 800 civils, dont 200 employés, avaient trouvé refuge dans les sous-sols de l'usine chimique d'Azot, propriété de son groupe, que Dmytro Firtach a fait parler de lui.

Le bâtiment se situe dans la ville assaillie de Severodonetsk, ville stratégique dans la volonté de conquête par Moscou de l'intégralité du bassin du Donbass, dans l'est de l'Ukraine.

Vladimir Poutine «ne sortira pas vainqueur. Quoi qu'il arrive, la Russie perdra», lance M. Firtach.

- Dans le viseur des Etats-Unis -

Barbe blanche et costume impeccable, ce père de trois enfants a demandé aux procureurs l'autorisation de retourner en Ukraine pour participer à l'effort de guerre. Une requête qui lui a été refusée, rapportait CNN en mai.

Verrait-il dans le conflit une porte de sortie à sa prison dorée viennoise?

Car depuis 2014, Dmytro Firtach ne peut quitter l'Autriche, où il avait été arrêté à la demande du FBI, la police fédérale américaine. Il a été remis en liberté contre une caution record de 125 millions d'euros.

Les Etats-Unis veulent le juger pour des faits de corruption liés à l'exploitation d'une mine de titane en Inde. Lui-même rejette les accusations.

En 2019, la Cour suprême autrichienne avait donné son feu vert à son extradition mais depuis, ses avocats ont interjeté des recours.

En attendant le dénouement de cette bataille judiciaire, Dmytro Firtach ronge son frein à Vienne, loin du conflit qui ravage son pays.

Il se réjouit cependant de voir l'Ukraine soudée comme jamais. «Pour cela, on peut remercier Vladimir Poutine», ironisait-il sur NBC: «en 30 ans, c'est le seul politicien à avoir réussi à unir» cette «singulière nation».

 

 


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.