Droits de l'Homme: Bachelet ne briguera pas de second mandat à l'ONU

La haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet (Photo, AFP).
La haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 14 juin 2022

Droits de l'Homme: Bachelet ne briguera pas de second mandat à l'ONU

  • Mme Bachelet n'a donné aucune autre indication aux délégués présents dans la salle du Conseil sur les raisons de son choix
  • Le secret sur ses intentions avait été jusque-là bien gardé

GENÈVE: La Haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a annoncé lundi qu'elle ne briguerait pas de second mandat à son poste, très exposé, pour passer du temps avec sa famille et dans son pays, le Chili.

Deux des plus grandes organisations de défense des droits de l'homme, Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), en ont profité pour réitérer leurs sévères critiques pour son attitude envers la Chine.

La Haute-commissaire a créé la surprise dès l'ouverture de la 50ème session du Conseil des droits de l'homme.

"Alors que mon mandat de Haute-commissaire arrive à son terme, cette cinquantième session du Conseil sera la dernière à laquelle je m'exprimerai", a lancé l'ancienne présidente du Chili, âgée de 70 ans.

Le secret avait été bien gardé. Mme Bachelet a informé son "patron" Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, de sa décision il y a deux mois.

"Il voulait que je reste mais (...) je ne suis plus une jeune femme et après une longue et riche carrière, je veux retourner dans mon pays, dans ma famille", a-t-elle expliqué lors d'un point de presse.

M. Guterres a salué Mme Bachelet, qui "vit et respire les droits humains" et qui a "fait avancer les choses dans un contexte politique extrêmement difficile."

Première femme présidente du Chili et victime de la torture, Mme Bachelet avait été nommée en 2018 Haute-commissaire, poste où elle a recherché le dialogue.

"Continuez à chercher le dialogue", a-t-elle lancé au Conseil, avant d'insister: "Soyez prêts à écouter l'autre, à comprendre les points de vues respectifs et à travailler activement à trouver un terrain d'entente."

Épine chinoise

L'ancienne présidente a été sévèrement critiquée ces derniers mois par les Etats-Unis mais aussi d'importantes ONG, qui lui reprochent un manque de fermeté face aux violations des droits de l'Homme en Chine.

"Il reste seulement deux mois et demi à Michelle Bachelet pour redresser ses manquements sur la Chine", a souligné Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty dans un communiqué, appelant la Haute-commissaire "à finir son mandat avec le courage et l'adhésion aux principes exigés par ce poste".

Mme Bachelet a promis que le rapport de l'ONU sur les violations des droits de l'homme au Xinjiang - où vivent les Ouïghours persécutés par Pékin - réclamé à cor et à cri par de nombreux pays et des ONG - y compris lundi par Amnesty et HRW - serait publié avant son départ le 31 août.

Elle a indiqué qu'elle le partagerait d'abord avec les autorités chinoises, comme le veut la tradition.

Détention et torture

Née le 29 septembre 1951 à Santiago, Michelle Bachelet a passé son enfance à sillonner le Chili au gré des mutations de son père, pilote de l'armée de l'air.

Le 11 septembre 1973, date du coup d'Etat d'Augusto Pinochet, son père est arrêté. Il mourra six mois plus tard en détention, torturé par ses pairs - une mort prématurée qui marquera sa fille à jamais.

En janvier 1975, alors jeune militante socialiste, elle est arrêtée avec sa mère par les services secrets. Les deux femmes sont torturées.

Mme Bachelet sera ensuite deux fois présidente du Chili.

Après un premier mandat (2006-2010) achevé avec une popularité record, elle en fera un second (2014-2018) avant de prendre son poste à Genève.

Au suivant

Le Haut-commissaire aux droits de l'Homme est généralement soumis à de fortes pressions politiques et le poste est souvent décrit comme le plus difficile de tous ceux de l'ONU. Presque tous les prédécesseurs de Mme Bachelet ont évité de faire un second mandat.

Il revient donc désormais à Antonio Guterres de nommer un successeur à Mme Bachelet.

Agnès Callamard a d'emblée pesé dans le débat en appelant M. Guterres "à s'assurer que la nomination du prochain Haut-commissaire se fasse de façon ouverte et transparente, sur la base de critères clairs".

"Ce poste important demande une personne qui a des principes et qui est indépendant, et qui a démontré son profond engagement en faveur des droits de l'homme", a-t-elle insisté.

L'exemple de Mme Bachelet démontre aux yeux de Kenneth Roth, le directeur exécutif de HRW, "l'importance de nommer un successeur qui est à l'aise avec l'outil le plus efficace de ce poste pour améliorer les droits de l'homme: la volonté de critiquer y compris les plus puissants parmi ceux qui violent les droits humains".


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.