Pourquoi les marchés redoutent un retour de la crise de la dette en zone euro

L'indice boursier allemand DAX à la bourse de Francfort-sur-le-Main le 15 juin 2022 (Photo, AFP).
L'indice boursier allemand DAX à la bourse de Francfort-sur-le-Main le 15 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 16 juin 2022

Pourquoi les marchés redoutent un retour de la crise de la dette en zone euro

  • L'annonce par la BCE d'un durcissement des conditions monétaires en zone euro pour juguler l'inflation a violemment secoué le marché obligataire
  • Le taux italien à dix ans a dépassé lundi les 4%, un niveau plus vu depuis 8 ans, alors qu'il était encore à 0,50% à l'été 2021

PARIS: La perspective d'une remontée des taux de la Banque centrale européenne, destinée à contrer l'inflation, a mis le feu aux poudres sur les marchés, avec une envolée des taux de certains pays de la zone euro, au point que l'institution monétaire a dû s'employer à rassurer les investisseurs.

Quelle est la situation sur les taux ?

L'annonce le 9 juin par la BCE d'un durcissement des conditions monétaires plus rapide que prévu en zone euro pour juguler l'inflation a violemment secoué le marché obligataire, où s'échange la dette déjà émise.

Les achats d'actifs de la BCE s'arrêteront le 1er juillet 2022 et une remontée des taux directeurs (0,25 point de pourcentage) est prévue le même mois, une première depuis 2011.

En conséquence, les taux d'intérêt des pays les plus endettés ont augmenté beaucoup plus que le taux allemand de référence (le Bund), signe de la défiance des investisseurs.

Cet écart de taux, appelé "spread", s'est amplifié de façon spectaculaire après le message de la BCE de jeudi dernier qui a poussé les experts à anticiper une hausse totale d'environ 1,50 point de pourcentage, d'ici à la fin 2022.

Le taux italien à dix ans a dépassé lundi les 4%, un niveau plus vu depuis 8 ans, alors qu'il était encore à 0,50% à l'été 2021. L'écart avec le Bund s'est creusé à 2,50 points de pourcentage.

Dans le contexte actuel, "une hausse des taux et des spreads est normale mais il y a un aspect irrationnel" sur lequel peut justement jouer la BCE, souligne Gille Moëc, chef économiste d'Axa Investment Managers.

Y a-t-il péril en la demeure ?

Le niveau actuel de "spread" entre l'Allemagne et l'Italie fait ressurgir un risque de défiance à l'égard de la dette italienne et la menace d'une récidive d'une crise de la dette en zone euro après celle de 2011/2012.

Pendant cette crise, environ 5 points de pourcentage séparaient le taux allemand et le taux italien, soit le double du niveau actuel. En 2021, cet écart était en moyenne de 1,35 point de pourcentage.

"Les conditions financières de l'Italie se détériorent beaucoup plus rapidement qu'ailleurs en zone euro", le pays ayant une croissance peu dynamique, constate auprès de l'AFP Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d'Allianz Global Investors.

Tellement vite que cela "remet en cause les projets du gouvernement italien d'il y a trois mois", complète Gille Moëc.

Quels signaux envoyés par la BCE ?

La BCE a décidé de tenir une réunion exceptionnelle mercredi. La dernière fois qu'elle s'était réunie de manière imprévue c'était en 2020 pour mettre en place le programme d'urgence contre la pandémie.

Mercredi, la BCE a voulu montrer sa détermination à prendre le taureau par les cornes et à éviter de faire déraper les taux en zone euro et de créer la panique sur la dette italienne.

À l'issue de cette réunion, l'institution de Francfort a confirmé qu'un nouvel instrument "anti-fragmentation" serait conçu et a chargé ses équipes "d'accélérer" son élaboration.

Elle a aussi promis d'appliquer "une certaine flexibilité dans le réinvestissement" des obligations détenues au titre de son programme d'urgence lancé pendant la pandémie (PEPP).

Concrètement "cela signifie qu'en attendant l'outil spécifique, la BCE va utiliser les réinvestissements du PEPP, peut-être en achetant de la dette italienne", détaille Franck Dixmier.

Pour le reste du contenu de cet outil spécifique, c'est le grand flou pour le moment mais son annonce est néanmoins bienvenue, selon l'expert d'Allianz GI.

D'ailleurs, les taux obligataires se sont largement apaisés dans la foulée des annonces de la BCE.

"C'est une condition nécessaire et suffisante pour que la BCE soit totalement libre dans la conduite de sa politique monétaire, qu'elle ne soit pas handicapée ni freinée dans ses hausses de taux", explique M. Dixmier.

En outre, savoir que "la BCE a pour objectif de lutter contre l'inflation mais qu'elle prend en compte ce qu'il se passe sur le marché financier et notamment les taux d'emprunt" a largement rassuré le marché, selon Ilana Azuelos-Bossard, directrice adjointe chez Kiplink Finance.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.