Un ministre en danger aux législatives à Paris face à la gauche

Le ministre français des Affaires européennes Clément Beaune quitte après une réunion hebdomadaire du cabinet à l'Elysée à Paris le 14 juin 2022 (Photo, AFP).
Le ministre français des Affaires européennes Clément Beaune quitte après une réunion hebdomadaire du cabinet à l'Elysée à Paris le 14 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 16 juin 2022

Un ministre en danger aux législatives à Paris face à la gauche

  • En ce mercredi de campagne d'entre-deux-tours, M. Beaune a enrôlé l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, également soutien de Macron
  • M. Macron a d'ailleurs appelé les Français mardi à «donner une majorité solide» à son camp

PARIS: Une partie de la presse conservatrice britannique l'avait affublé du surnom de "chien d'attaque" pour ses positions contre le Brexit, mais le ministre français des Affaires européennes, Clément Beaune, se retrouve sur la défensive pour sa toute première campagne électorale.

A 40 ans, Clément Beaune, le "Monsieur Europe" d'Emmanuel Macron, affronte aux élections législatives une candidate de l'union de la gauche dans le centre de Paris.

La représentante de l'alliance Nupes, Caroline Mecary, une avocate de 59 ans, l'a emporté au premier tour dimanche dernier, avec 40,43% des voix contre 35,81% pour M. Beaune, qui se retrouve en ballottage défavorable en vue du second tour dimanche.

Cette bataille très parisienne est pourtant à l'image de l'âpre duel que ce livrent sur le plan national la coalition Ensemble! du président Macron et cette alliance de gauche réunie derrière Jean-Luc Mélenchon.

En ce mercredi de campagne d'entre-deux-tours, M. Beaune a enrôlé l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, également soutien de Macron, et les deux déambulent dans un marché couvert près de la place de la Bastille.

"Il y a un danger dans cette circonscription", déclare M. Beaune à quelques partisans après la visite. "Je pense qu'une victoire de candidats qui ont tenu des propos extrêmement radicaux qui traduisent une agressivité permanente, des tendances complotistes avec beaucoup de fake news, c'est dangereux", ajoute-t-il, en qualifiant son adversaire d'"extrême gauche".

L'idée que la gauche serait source de "désordre" en France est martelée par le président Macron et ses alliés depuis que l'alliance Nupes est arrivée au coude-à-coude avec sa coalition au premier tour du scrutin.

M. Macron a d'ailleurs appelé les Français mardi à "donner une majorité solide" à son camp, mettant en avant le risque "d'ajouter un désordre français au désordre mondial", provoquant la colère de ses opposants qui ont crié au "scandale".

«Jamais à l'Assemblée»

Clément Beaune a étudié en Irlande et en Belgique et est diplômé comme Macron de la prestigieuse ENA, l'école de formation des élites françaises.

Il fait partie du cercle rapproché du président et a été nommé ministre délégué en charge de l'Europe après avoir été secrétaire d'Etat et conseiller.

Mais le président a clairement fixé la règle du jeu: une défaite aux législatives signifie la démission du gouvernement, et M. Beaune, tout comme la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin, se retrouve en danger.

L'allure un peu raide et hésitante, Clément Beaune laisse ce mercredi le plus expérimenté Edouard Philippe prendre les devants lors de cette déambulation dans le 12è arrondissement, en plein centre de Paris.

Décontracté et la barbe blanchie, l'ancien Premier ministre, maire du Havre, dans le nord de la France, plaisante et tape les passants dans le dos.

Il "fait sa pub, quoi, sa campagne", remarque une vendeuse de fruits et légumes, Sybille Costaz, qui se plaint de l'état de ses affaires.

"Depuis le Covid c'est très difficile", déplore-t-elle en parlant d'une "perte de chiffre d'affaires de 30%".

"Mais les charges continuent, c'est ce que je lui ai dit tout à l'heure, aidez-nous, parce que c'est compliqué", dit-elle à l'AFP.

L'adversaire de M. Beaune s'en prend pour sa part à son statut de ministre, disant que "s'il est élu, il ne sera jamais à l'Assemblée" nationale. En France, les ministres élus sont remplacés par leurs suppléants.

"Moi, je serai une députée de terrain et de combat", affirme-t-elle.

La déambulation mercredi porte quelques fruits, une dame faisant ses courses avec son bébé dans une poussette, lançant, "Bien sûr!", lorsque Clément Beaune lui demande s'il peut compter sur son vote.

Mais la paire a aussi été prise à partie.

"C'est des menteurs, des escrocs, des gens qui sont contre le peuple français, qui défendent uniquement une petite caste de riches", lâche Jean-Luc, retraité, qui dit avoir une pension "de misère".

"Si Jean-Luc Mélenchon est nommé Premier ministre, ma retraite va augmenter de 400 euros", croit-il savoir.


Après Chypre, Macron sur le Charles de Gaulle pour souligner l'important déploiement militaire français

Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive
  • "Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger"

A BORD DU CHARLES DE GAULLE: Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient.

Le président français a atterri en hélicoptère sur le porte-avions, qui se trouve désormais au large de la Crète, en Grèce. Il a été redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale après le début du conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive, pour apporter son soutien à son homologue chypriote Nikos Christodoulides.

"Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger", a renchéri à leurs côtés le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, tout en assurant qu'il s'agissait d'actions "strictement défensives, loin de tout engagement militaire". La France, l'Italie et l'Espagne ont dépêché chacune une frégate dans la zone.

Le Charles de Gaulle est au coeur d'un important dispositif naval français appelé aussi à mobiliser "huit frégates" et "deux portes-hélicoptères amphibies" dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe, a détaillé Emmanuel Macron.

Coordination du G7 

Il a notamment annoncé que la France contribuerait "dans la durée" avec "deux frégates" à l'opération Aspides mise en place en 2024 par l'Union européenne en mer Rouge, sous commandement grec. Une frégate française y participait déjà.

Le Premier ministre grec a invité ses "collègues européens à renforcer cette opération avec davantage de moyens flottants".

L'UE s'est justement dite disposée "à adapter et à renforcer davantage" ses missions de protection maritime, ont indiqué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa à l'issue d'une réunion en visioconférence avec plusieurs dirigeants du Moyen-Orient.

Au-delà, "nous sommes en train de mettre en place" une "mission purement défensive, purement d'accompagnement", qui "a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit", "l'escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz", a affirmé le chef de l'Etat français.

C'est, selon lui, "essentiel au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région", alors que l'impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s'envoler les cours ces derniers jours.

Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission "strictement pacifique" avec des partenaires "européens et non européens". Des discussions sont évoquées côté français notamment avec l'Inde et d'autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle.

La France, qui préside cette année le G7, prépare pour mardi une réunion de ministres de l'Energie de ce groupe de pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Canada, Japon) en marge d'un sommet à Paris sur le nucléaire civil. "J'ai souhaité qu'on puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques", a dit le président français, qui a précisé à des journalistes que ces pays envisageaient parmi les "options" possibles de puiser dans leurs réserves stratégiques.

La courte visite à Chypre a permis à Emmanuel Macron de réaffirmer ses autres objectifs, dont la protection des pays du Golfe visés par des frappes iraniennes, et celle des ressortissants français dans la région.

Après s'être entretenu dans la matinée, pendant son vol vers Chypre, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président français a une nouvelle fois appelé le Hezbollah pro-iranien à "cesser toutes frappes depuis le sol libanais".

"Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l'intégrité territoriales du Liban d'être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur sol", a-t-il insisté.


Macron s'est entretenu lundi matin avec Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban selon l'Elysée

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée
  • Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve au large de la Crète, en Méditerranée orientale, où il a été dépêché pour faire face à la situation au Moyen-Orient

PAPHOS: Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée.

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien.

 

 

 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.