Ferrari accélère pour prendre le virage électrique

Le lancement du premier SUV, un créneau extrêmement porteur et sur lequel Ferrari est l'un des derniers constructeurs à se positionner, était attendu de longue date. (Photo, AFP)
Le lancement du premier SUV, un créneau extrêmement porteur et sur lequel Ferrari est l'un des derniers constructeurs à se positionner, était attendu de longue date. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 16 juin 2022

Ferrari accélère pour prendre le virage électrique

Le lancement du premier SUV, un créneau extrêmement porteur et sur lequel Ferrari est l'un des derniers constructeurs à se positionner, était attendu de longue date. (Photo, AFP)
  • Reflet de sa volonté d'accélérer l'électrification, le constructeur compte élargir son usine à Maranello et créer une troisième ligne de production consacrée à la fabrication de véhicules hybrides et électriques
  • Ferrari a annoncé son intention de dévoiler en septembre son premier SUV très attendu, «Purosangue» (pur-sang), pour des livraisons à partir de 2023

MARANELLO: Le fabricant italien de voitures de luxe Ferrari compte mettre le paquet pour électrifier ses bolides, sans renoncer à son ADN de marque mythique qui fait rêver les passionnés de l'automobile dans le monde entier. 

« Tout ce que nous faisons aura toujours pour but d'être Ferrari » et l'électrification « nous permettra de créer des voitures encore plus uniques », a déclaré jeudi son président, John Elkann, devant des investisseurs réunis à Maranello (nord), siège historique du groupe. 

Reflet de sa volonté d'accélérer l'électrification, le constructeur compte élargir son usine à Maranello et créer une troisième ligne de production consacrée à la fabrication de véhicules hybrides et électriques. 

Le plan stratégique 2022-2026, dévoilé jeudi par le nouveau PDG, Benedetto Vigna, prévoit ainsi la construction d'un nouveau bâtiment qui abritera la production de moteurs hybrides et électriques ainsi que le développement et l'assemblage de batteries électriques. 

Les modèles 100% électriques et hybrides devraient représenter 60% de la production du constructeur d'ici 2026 et 80% d'ici 2030, a annoncé M. Vigna. 

Cet expert des puces électroniques avait pris les commandes du groupe en septembre, succédant à John Elkann qui avait assuré l'intérim après la démission de Louis Camilleri en décembre 2020. 

L'une de ses missions consiste à mener à bien le virage électrique du constructeur. M. Vigna a confirmé que la première voiture 100% électrique de Ferrari serait présentée comme prévu en 2025. 

Emotions au volant 

« La première voiture entièrement électrique de Ferrari sera à 100% sportive », a précisé dans un entretien le directeur commercial du groupe, Enrico Galliera, sans dévoiler d'autres détails techniques. 

La prestigieuse marque au cheval cabré, connue pour ses moteurs à combustion puissants et rugissants, se dit prête à entrer dans l'ère électrique, tout en continuant à garantir des émotions pures au volant. 

« Nous allons développer une voiture électrique qui procurera les mêmes émotions que quand vous conduisez une Ferrari » traditionnelle, a promis M. Galliera. L'accélération y sera, et un son aussi, « un son authentique, pas un son factice », dit-il. 

La marque de luxe compte actuellement quatre modèles hybrides, dont la SF90 Stradale, la première sportive hybride rechargeable de Ferrari. La première voiture hybride a été produite en 2013, la supercar LaFerrari. 

D'ici 2026, au total 40% des investissements consacrés aux produits seront affectés aux voitures hybrides et 35% aux véhicules entièrement électriques, selon le nouveau plan stratégique du groupe. 

Premier SUV en septembre 

Ferrari a annoncé jeudi aussi son intention de dévoiler en septembre son premier SUV très attendu, « Purosangue » (pur-sang), pour des livraisons à partir de 2023. 

Le Purosangue sera doté d'un moteur V12, fidèle à la tradition de la marque mythique, et sera une voiture sportive, selon M. Vigna. 

Le lancement du premier SUV, un créneau extrêmement porteur et sur lequel Ferrari est l'un des derniers constructeurs à se positionner, était attendu de longue date. 

« Le Purosangue apportera de nouveaux clients et augmentera les ventes de Ferrari, ce qui lui permettra de financer l'électrification » des futurs modèles, a commenté Felipe Munoz, analyste du cabinet Jato Dynamics. 

« Avec son savoir-faire et sa technologie, Ferrari réussira certainement à développer un modèle 100% électrique doté d'une grande autonomie, sans compromettre son ADN ou affecter son image de marque sportive », a-t-il estimé. 

Ferrari vise un chiffre d'affaires jusqu'à 6,7 milliards d'euros en 2026, dépassant ainsi largement les recettes d'environ 4,8 milliards d'euros attendues cette année. 

Un objectif ambitieux que le constructeur compte atteindre notamment en lançant quinze nouveaux modèles sur la période 2023-2026. 

Ferrari, qui fête cette année ses 75 ans, a battu tous les records sur le front des résultats en 2021. La marque de luxe a ainsi livré 11.155 voitures, en hausse de 22,3%, et dégagé des recettes de 4,27 milliards (+23,4%). 

La saga avait débuté le 12 mars 1947, quand la première Ferrari, la 125 S, née de l'imagination d'Enzo Ferrari, un ancien pilote de course qui a fait ses armes chez Alfa Romeo, est sortie de l'usine de Maranello pour prendre la route. 

 

 


Le pétrole flambe, la tech recule: les marchés sous pression avant la Fed

Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Les marchés mondiaux restent sous pression face à la flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, tandis que les investisseurs attendent la décision de la Fed sur les taux
  • Les valeurs technologiques, notamment les fabricants de puces et acteurs de l’IA, subissent de fortes ventes, alors que les secteurs de l’énergie profitent de la hausse du brut

PARIS: Les marchés mondiaux hésitent mercredi, tiraillés entre le regain des tensions au Moyen-Orient qui fait bondir les prix du pétrole, la poursuite du repli des valeurs technologiques et l'attente de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Les marchés ont de nouveau été pris dans les turbulences, au cours des dernières 24 heures, entre la volatilité des prix du pétrole et la poursuite de la chute des valeurs liées aux semi-conducteurs", résume Jim Reid, économiste pour Deutsche Bank.

Les cours du brut ont bondi à la suite de la reprise des frappes au Moyen-Orient. Vers 15H45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord flambait de 7,66% à 90,53 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, grimpait de 7,03% à 84,83 dollars.

Donald Trump a averti que les États-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit au Moyen-Orient.

"Cette escalade a renforcé les inquiétudes concernant une guerre régionale prolongée, notamment en raison des risques pesant sur les routes d'approvisionnement pétrolier, les coûts du transport maritime et les anticipations d'inflation", souligne Patrick Munnelly de Tickmill Group.

- Nouveau record pour le "footsie"  -

"Contrairement à certaines séances précédentes, ces tensions géopolitiques n'ont toutefois pas entraîné un repli généralisé du marché", remarque M. Munnelly.

En Europe, la Bourse de Londres a terminé en hausse de 0,34% peu après que son indice phare, le FTSE 100 a battu un nouveau record historique en séance, proche des 11.000 points. Il profite en effet de sa faible exposition aux valeurs technologiques, plombées à travers le monde, et du poids des minières et pétrolières dans sa composition.

Les valeurs énergétiques se sont illustrées avec la flambée du brut, BP gagnant 3,39% et Shell 2,75% à Londres. A Oslo, le géant Equinor a grimpé de 4,00%. Eni a flambé de 7,09% à Milan.

La Bourse de Francfort a, elle, terminé quasi à l'équilibre (-0,01%).

"Seule l'absence d'ADN technologique soutient en ce moment l’indice phare allemand", estime Andreas Lipkow de CMC Markets. "Alors que de nombreux autres indices subissent de fortes pressions vendeuses pour cette raison, les investisseurs se tournent davantage vers les actions de la vieille économie."

- Ventes massives dans la tech -

A New York, vers 15H45 GMT, le Dow Jones perdait 1,64%, l'indice Nasdaq reculait de 1,32% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,97%.

Les valeurs de fabricants de composants électroniques cèdent du terrain, à l'image du mastodonte Nvidia (-2,57%), AMD (-5,76%), Broadcom (-2,28%) ou Micron (-5,48%).

En Europe, Infineon a terminé en baisse de 5,69% à Francfort. Le géant des machines spécialisées pour la gravure de puces ASML a reculé de 1,89% à Amsterdam.

Le recul de la "tech" et de l'IA se fait surtout sentir à la Bourse de Séoul, son indice phare Kospi ayant terminé sur une chute de 5,98%  plombé par la dégringolade de SK Hynix (-9,61%). Ses prévisions de dépenses d'investissement inquiètent les investisseurs.

Pour Stephen Innes, gérant de SPI AM, "l'onde de choc reste largement concentrée sur l'univers de l'IA, où une quantité excessive de capitaux s'était concentrée sur un nombre trop restreint de valeurs."

Les investisseurs attendent désormais la publication des résultats trimestriels des géants de la tech américaine Microsoft et Meta (Facebook, Instagram) mercredi après la clôture de Wall Street. Ils seront suivis par ceux d'Apple et Amazon jeudi.

- L'attention sur la Fed -

La nouvelle flambée des cours du brut survient alors que les investisseurs attendent, à 14H00, heure locale (18H00 GMT), la décision du comité de politique monétaire de la Fed à propos de ses taux directeurs.

Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d'un quart de point, selon l'outil de veille du CME, FedWatch.

"Si la Fed décidait effectivement de relever ses taux (...), cette décision ne serait pas fondée sur la situation actuelle du marché du travail ou sur les dernières données d'inflation, mais relèverait plutôt d'une logique de gestion des risques, au cas où ces indicateurs se dégraderaient à l'avenir", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB. 


Talc et cancer : Johnson & Johnson propose 5,5 milliards de dollars pour clore la bataille judiciaire

Short Url
  • J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020
  • J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers

NEW YORK: Johnson & Johnson (J&J) est prêt à payer 5,5 milliards de dollars pour régler des dizaines de milliers de procédures judiciaires liées à des produits à base de talc accusés de provoquer des cancers ovariens, a annoncé le géant pharmaceutique américain lundi.

La proposition d'accord vise à mettre un terme à des années de bataille judiciaire en couvrant 76.000 plaintes, soit presque tous les recours liés à ces produits qui pèsent encore sur le groupe basé dans le New Jersey, selon la même source.

J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020.

Pour Erik Haas, vice-président du groupe chargé du contentieux, les plaintes "manquent de fondement scientifique".

La proposition sur la table "permet à l’entreprise de tourner la page de cette affaire et de rester concentrée sur sa mission: développer des médicaments et des dispositifs qui sauvent des vies", a-t-il déclaré dans un communiqué.

J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers.

Le géant américain est également visé par une plainte au Royaume-Uni, déposée en 2025 sur la base d'accusations similaires.

Le cabinet qui a engagé cette procédure devant la Haute Cour de Londres dit représenter plus de 3.000 plaignants et estime que le montant du dédommagement réclamé pourrait s'élever "à plus d'un milliard de livres" (1,3 milliard d'euros).

Les plaignants affirment qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille ont développé différents types de cancer de la plèvre, du péritoine ou des ovaires après avoir utilisé la poudre pour bébé de J&J.

Le produit incriminé avait été retiré du marché britannique en 2023, trois ans après les Etats-Unis et le Canada

 

 


Devoir de vigilance : TotalEnergies fait appel de la décision lui enjoignant d'intégrer les émissions CO2 de ses clients

TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
Short Url
  • Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027
  • Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement

PARIS: TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance.

"Imposer à des entreprises du secteur de l'énergie ou de la défense, de l'aéronautique ou de l'automobile… un contrôle des risques résultant de l'utilisation de leurs produits par leurs clients n'apparaît pas conforme aux objectifs de la loi, ni aux principes de sécurité juridique et de liberté d'entreprendre", fait valoir le géant français de l'énergie dans son communiqué.

Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027.

Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement liés à leurs activités et à celles de leurs partenaires commerciaux, et de mettre en oeuvre des "mesures de vigilance raisonnable" pour les prévenir.

L'injonction du tribunal a été assortie de l'exécution provisoire, ce qui signifie que le groupe doit s'y conformer immédiatement, et que son appel ne suspend pas la décision.

TotalEnergies précise avoir décidé de faire appel "après délibération de son conseil d'administration".

Dans son communiqué, le groupe s'appuie sur la décision du ministère public, qui a "estimé que le changement climatique est un phénomène mondial qui est +l'affaire de tous mais essentiellement une responsabilité de la communauté internationale des Etats+".

TotalEnergies argue également que "la loi sur le devoir de vigilance vise à responsabiliser les entreprises sur les risques d'atteinte résultant de leurs activités, de celles de leurs filiales et de leurs fournisseurs et sous-traitants, mais ne vise pas les activités de leurs clients sur lesquelles l'entreprise ne dispose pas de contrôle".

"Ce n'est pas TotalEnergies qui décide si un automobiliste choisit de rouler à l'essence, au biodiesel ou avec un véhicule électrique", ajoute le géant pétrogazier.

Ce dossier s'inscrit dans une vague mondiale de contentieux climatiques visant les multinationales.

Dans une affaire similaire, la Cour suprême des Pays-Bas doit notamment se prononcer en dernière instance sur le groupe Shell, après l'annulation en appel d'un jugement historique de 2021 qui lui ordonnait de réduire ses émissions de 45% d'ici 2030.